imiiiHSft X .D31 vol.Q 1868/69 I ADANSOIVIA RECUEIL D'OBSERVATIONS BOTANIQUES IX u Pnris.— Iniprimerip de E. MartinkT; rue Mignon, S. ADANSONIA RECUEIL D'OBSERVATIONS BOTANIQUES RKDIGE Par le W II. BAIliLiOM TOME NEUVIÈME PARIS 5, RUE DE L'ANGIENNE-COMÉDIE ET CHEZ F. SAVY, 24, RUE H AU TE F EU 1 L L E SEPTEMBRE 1868 — DÉCEMBRE 1870 ^-^ i- ^P ADANSONIA RECUEIL PÉRIODIQUE D'OBSERVATIONS BOTANIQUES TRAITÉ DO DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT L'importance des éludes organogéniques est aujourd'hui géné- ralement reconnue. A part quelques obscurs détracteurs, les botanistes de notre temps s'accordent à admettre que la recher- che des développements, «appliquée successivement à des organes variés et à des plantes de familles diverses, jettera beaucoup de jour sur l'organisation végétale, et permettra d'apprécier l'exac- titude des différentes théories sur la constitution des plantes et de quelques-uns de leurs organes » (Ad. Brongniart). La grandeur des services rendus à la science par la publication du Traité d'organogénie comparée de la fleur ^ de J. Payer, nous engage à étendre ses recherches à ceux des groupes, la plupart exotiques, qu'il ne lui a pas été donné d'observer. Nous essayerons, d'autre part, d'appliquer la même méuiode d'investigation aux fruits, toutes les fois qu'il sera utile et possible de le faire. Comme les plantes non étudiées jusqu'ici fleurissent presque toutes très- rarement dans nos cultures, il nous faudra les prendre à mesure que l'occasion s'en présentera. De là une apparence de désordre dans l'exposition du sujet ; la bienveillance du lecteur y sup- pléera, jusqu'à la fin du travail, où l'ordre des parties sera rétabli, en même temps que nous pourrons tirer des faits observés quel- ques conséquences générales. IX. 1 TRAITÉ SANTA LACEES. Les Snnlalîirt'os de l;i |»lii|»;irt dos auteurs ne sont, à notre avis, qu'iuie Iraction do la grande liimille des Loranthacées. Nous en avons donc fait ( \\ dans celte famille, une tribu des Santalées. Nousavons dcjà donné (2)en partie les motifs dctenninants d'une fusion entre ces deux familles considérées avant nous comme distinctes. Comme les observations que nous allons reproduire dans cc[ onvraiie n'ont fait que confu^mer l'opinion que nous avions ('mise siu^ cette question, il y a quelques années, nous y reviendrons plusieurs fois dans la suite de cet article. Pour le moment, nous jtouvons dire, d'une manière générale : qu'une Santalée est une Loranthacée, dont l'ovule ou les ovules, au lieu d'être dressés sur un support court ou à peu près nul, dans le fond d(- la lope ovarienne, sont au contraire soutenus par un pla- centa plus loiii:, qu(;lqucfois même extrêmement allongé (3), et s'insèriMil ;'i une liaiilein' variable de ciîtlr colonne saillante, en descendant plus ou moins obliquement [d) dans l'intérieur ij les Sanlahicées en gt'iu'ral ; diess«5, iians les Anlliobolées, les L()ianiliac(5('s vraies; iransvprsn! (i'ai)oi(l, puis descendaul dans les Cansjera. Dans plusieurs S;inlalacées et Ohcinée.s il est plus on moins oblique, el son grand axe reprtîsenle une ligne inlermédiaire comme dire'"lion à celle des ovules transversaux el des ovules verticaux. DÎJ DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT, 3 (riiuipaiTnitement établie. Dans la (leur des Sanlalacées, les bota- nistes s'aceordent (i) à reconnaître que toutes les parties sont ap- pendiculaires, sauf un rameau modifié qui pénètre successive- ment, suivant l'axe de la (leur, au travers des pièces du périantlie, de l'androcée et du gynécée, et se conlinue dans l'intérieur même de l'ovaire, sous forme d'une colonne libre qui va donner inser- tion aux ovules. C'est la seule portion axile de la fleur; et, quand tous les appendices floraux auront été détruits, il ne restera plus que celte sorle de petite branche, supportant dans sa partie supé- rieure la graine ou les graines. L'examen organogénique des Santalacées est difficile, soit à cause del'exlrème petitesse de leurs organes, et surtout de leur diffluence dans les fleurs des espèces indigènes, soit à cause de l'impossibilité où nous nous trouvons d'étudier sur le frais, dans nos cultures, les fl(3urs des genres exotiques. Ces derniers sont rarement introduits dans les serres où l'on suppose que leur parasitisme est un obstacle à leur culture et à leur développe- ment (2). Les difficultés auxquelles nous faisons allusion ont été parfaitement reconnues par JM. A. De Candolle (ju'elles ont mal- heureusement éloigné des recherches organogéniques. u N'ayant pas, dit ce savant (3), rencontré dans les jardins des Santalum... en fleurs, et sachant combien l'origine de ces organes serait difli- cile à constater dans des fleurs aussi petites que celles de nos Tliesium^]Q\\'M pas scruté beaucoup l'organogénie de la famille.» Une semblable déclaration a été pour nous un motif de plus d'essayer de surmonter ces difficultés. Nous avons pu suivre un grand nombre de fois le développement des fleurs du Thesium (1) Il n'en est qu'un seul auquel j'aie entendu dire que le placenta des Santala- cées est, comme celui de toutes les autres plantes, de nature foliaire et appendi- culaire, mais sans donner à l'appui de celte opinion d'autre preuve que l'analogie et l'unilé de composition des parties des plantes. (2) iXous croyons plus que jamais que le parasitisme, réel ou apparent, de cer- taines Sanialacées disparaît à partir d'un certain âge. Voyez Adansonia, III, 73. Les Osyris dont il est question dans ce passage ont encore vécu plusieurs années après la mort de leurs nourrices. (3) Noie sur la famille des Santalacées, in Biblioth. univ. de Genève (1857), 11. 4 TRAITÉ humifusum DC. qui rroît n>sez ahonil;immcnt dans certaines localités des environs de l^u^is (1), et nous avons réussi à faire les mêmes observations sur des floins de Santal inn album L., qu'il est l'acile de taire venir de l'Inde, conservées dans différents licjuides ("2). Nous avons donc pu répéter un grand nombre de fois nos observations depuis neuf ans; et comme nous sommes toujours arrive aux mômes résultats, nous croyons pouvoir les faire connaître, les dévelop|)er d'une manière définitive, et surtout les placer sous les yeux du lecteur, à l'aide de figures qui nous parais- sent extrêmement fidèles (3), et qui en disent plus que toutes les descriptions possibles. L'axe pédonculaire des fleurs du Thesium se renfle d'abord en une sorte de petite tête déprimée. Sa surface supérieure est tout à fait lisse et à peine convexe ; son contour est circulaire. Bientôt, il conunence à devenir polygonal ; cinq anples, très-obtus d'abord, puis de plus en plus saillants, égaux et équidistants, se produisent sur ce contour et sont placés de telle façon que l'un d'eux est antérieur, deux postérieurs et deux latéraux. Telle est l'origine du périanthe. Dans les fleurs tétramères qu'on rencontre çà et là sur la plante, il n'y a qu'un seul de ces mamelons au côté pos- térieur; l'ensemble du jeune bouton, vu par la partie supérieure, a pendant quelque temps une forme exactement carrée. Peu de temps après, la surface supérieure du réceptacle cesse d'être lisse en dedans des pièces du périanthe. S'il s'agit d'une fleur pentamèrc, il se produit sur cette surface, par suite d'accrois- sements inégaux dans ses ditférentes régions, six saillies surbais- sées, formées d'un parenchyme très-mou. L'ime d'elles occupe le centre; elle est beaucoup plus large que les cinq autres qui sont (1) Nous avons constaté le même mode de développement dans deux autres es- pèces françaises, les T. divaricatum Jan. et alpinum L. (2) Sur des rameaux conservés dans une solution de sublimé, de sel marin et d'alun, que nous avons déposés au Muséum, on pourra vérifier toutes nos obser- vations. (3) Elles ont été exécutées sous nos yeux ou d'après nos croquis cl sont dues au crayon habile de M. Faguet. DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 5 interposées chacune à une des pièces du périantlic et à la saillie centrale, et qui forment à tout âge un verticille très-régulier. Ces cinq mamelons équidistants sont les étamines, et l'élévation cen- trale n'est autre chose que le sommet du réceptacle floral. Les dix saillies qui représentent les pièces du périanthe et de l'androcée grandissent rapidement. Les cinq premières deviennent obovales, aplaties, puis concaves en dedans; les cinq autres forment de petites sphères très-saillantes, puis elles s'atténuent un peu à leur base; elles présentent déjà un léger rétrécissement dans la portion qui sera le filet staminal. Mais ces dix pièces sont encore toutes indépendantes les unes des autres ; il y a à ce moment cinq tblioles au périanthe et cinq étamines libres, superposées ; et les unes et les autres seraient hypogynes si la saillie centrale représentait déjà un gynécée. Cette saillie centrale s'élève alors davantage et devient un véri- table cône, presque aussi haut que large, et à sommet un peu obtus. Pendant très-longtemps sa surface demeure parfaitement Hsse, et c'est en vain qu'on y cherche quelque chose qui réponde aux premiers rudiments d'un gynécée, du moins dans les régions où apparaissent d'ordinaire ces parties. Mais en examinant la base du cône, tout à fait contre le pied des étamines, on voit qu'il s'y pro- duit un petit anneau circulaire, légèrement saillant ; c'est le début de la portion extérieure du gynécée; cet anneau représente l'en- semble des sommets entièrement confondus des différentes feuilles carpellaires qui entrent dans sa (îomposition (i); et il faut dès à présent faire remarquer qu'à tout âge il y aura semblable fusion de tous ces appendices; si bien qu'on n'en pourrait jamais savoir le nombre, si l'analogie et les phénomènes dont le fruit devient ultérieurement le siège dans plusieurs autres Santalacées, ne nous fournissaient à cet égard quelques indications. Bientôt l'enceinte carpellairc s'élève; son ouverture supérieure (1) A cet égard, le Santalum esl au Thesium ce que, dans une famille analogue, les Samolus sont aux autres genres à carpelles distincts dès le début ; ce qui prouve qu'il ne faut pas attacher une importance trop absolue à un semblable caractère. 6 TRAITÉ devient un peu pins ('(roite rpic sa hase; elle aHeint le niveau du sommet du cùne réeei)(aeiilair(\ puis elle le dépasse légèrement. Alors le iM-ceplacle commence aussi à présenter, dans sa portion périi>liériqiie, une déformation toute particulière. Ses bords s'élè- vent et forment une sorte de coupe à parois assez épaisses. L'en- semble du n'ceptacle est alors semblable à celui de certaines Rosacées; el, poiu' employer une comparaison vulgaire qu'on a faite à i)ropos de ces dernières plantes, l'axe floral serait exacte- ment re|)réscnlé [)ar une hoiilcillo ordinaire dont on aurait cou[)é borizoutaleuKMit la paioi un peu au-dessus delà saillie centrale que forme le fond relevé de celte bouteille. Celte saillie représente le support du gynécée; la surface de section répond à la base organi(pie du réceptacle; c'est là que s'insèrent maintenant le périantlie eti'androcée devenus périgynes. La périgynie succédant à l'iiypogynie primitive, telle est ici, comme partout ailleurs, la première eoriséqnence de la déformation du réceptacle floral. L'enceinte circulaire formée par ses bords relevés est encore très- peu prononcée à cette époque; elle s'allongera plus tard, elle formera ce qu'on appelle le tube, et ce tube devient fort étiré dans un grand nondore de Santalacées. Mais son origine nous montre déjà (pi'il est de nature réce|)taculaire, que c'est sur son ouverture supérieure que seront portées les pièces du périantlie et de l'an- drocée, et qu'il faudra sans doute renoncer à lui donner le nom de tube calicinal, que les botanistes lui appliquent d'ordinaire dans leurs descriplions. C'est très-tardivement que la surface inférieure de ce lubese recouvre d'une couche de tissu glanduleux, conslituîuit le disque épigync des Thesium. Ici cette couche n'a pas grande épaisseur. Ses bords sont peu saillants et ne présen- tent (pie des crénelnres peu prononcées au niveau de l'inserlion des pièces ilu p('rianllie. Nous ne pourrons cependant pas consi- (h'-rer comme étant d'une nature différente les expansions glamlu- lenscs, ordinairement Irès-développées, (pii, dans les divers Saiitaluui, proéminent dans rinlervalle des étamines. Outre ce développement en tube court et large de sa partie siipé- DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 7 rieure, la portion réceptaciilairede la fleur présente dans sa portion inférieure, des inégalités de développement bien plus marquées, qui ont pour résultat de rendre l'ovaire en partie infère, tandis qu'il était réellement supèrc au début. 11 se produit notamment ufi sillon eireulaire profond entre la base du placenta et l'enccinlc que forme la réunion des feuilles carpellaires ; non qu'il se creuse là une sorte de fossé circulaire par suite de la destruction d'une certaine quantité de tissu cellulaire, mais parce que les bords de ce fossé s'élèvent rapidement, tandis que son fond demeure presijuc immobile. Ce fond se trouve bientôt plus bas que celui de la dépression analogue qui sépare de la surfa<'e extérieure de l'ovaire la paroi interne de la coupe réceptaculaire. Il y a un moment où, de deux |)lans horizontaux, peu distants l'un de l'autre, menés suivant le fond même de ces deux excavations annulaires, l'un passant naturellement par la base du placenta qu'il détacherait tout entier, l'autre serait exactement tangent à son sommet. Mais cette période ne dure pas longtemps. La base du placenta descend chaque jour davantage, et la portion delà flem^ qui est interposée aux deux plans augmente ainsi de hauteur. C'est cette portion qu'on appelle bien à tort la partie adhérente du calice des Santalacées, quoique le calice ne commence qu'au-dessus d'elle, là précisément où elle finit. 11 n'y a plus à signaler dans le gynécée, à partir de cette époque, que des changemenis dans les dimensions et la configuration des parties. La paroi ovarienne s'élève; son ouvertm^e supérieure se rétrécit. La cavité ovarienne, devenue tout à fait tuhiileuse au sommet, consliîue le canal stylaii-e, et le style lui-même s'allonge et se dilate en haut en une petite tête qui se recouvrira de papilles stigmatiques et dont une petite dépression occupera le cenire, seul vestige de l'ouverture supérieure de la cavité unique du gynécée. Le placenta s'allonge en même temps et devient une colonne dont le sommet conique gagne le haut de la cavité ovarienne. Tout près du sommet se montrent deux ou trois bosselures latérales équidis- tantes. Ces mamelons cellulaires sont les ovules, lis deviennent 8 TRAITÉ spliériqiies, puis ils s'nllonpoiil en sac, et leur sommet orpranique se trouve fléliiiilivenK'iit dirigé en bas. On s;iil (pie c'est là loiil l'ovnlo: mi nucellc, sans enveloppe. Si, pins lard, on aperçoit au niveau du sommet organique une petite ouvorlure circulaire par laquelle sort un prolongement conique |)rovenanl de rintérieurde l'ovule, on sait qu'il ne s'agit pas là d'iui sommet nucellaire qu'en- tourerait l'orifice d'un tégument particulier; c'est simplement un sac embrvonaire qui commence à se dégager du milieu des autres cellules nucellaires, et qui va débuter dans cette marche singulière qu'il accomplit ■normalement à la rencontre de l'organe l'éconda- teur. i^]n même temps, le placenta n'a pas cessé de s'allonger ; et quand sou sommet est voisin de celui de la cavité ovarienne, comme il continue de grandir encore, il est forcé de se replier sur lui-même vers le milieu de sa hauteur, et de former en ce point deux coudes inégaux dirigés en sens inverse. L'évolution du fruit ne présente rien dans les Thesium (pii mérite de nous arrêter longtemps. Toutes les parties de la fleur persistent dans le fruit, en changeaiii un peu de volume et de consistance. Pendant que les pièces du périanthe et de l'androcée se flétrissent et se dessèchent, les parois ovariennes s'épaississent un peu et deviennent dénnilivcment cellesd'mi achaine. La consistance légè- renienl charnue du mésocarpe disparaît à la fin, et les faisceaux fibro-vasculaires proéminent davantage à la smface de l'épicarpe, sous forme d'un réseau assez régulier. Un seul ovule devient une graine fertile; et de nombreux travaux, publiés depuis un demi- siècle, ont fait connaître son évolution complète. On sait en un mot, qu'ici, comme dans l)eaucou|> d'autres plantes, le sac em- bryonaire, une fois sorti de la masse nucellaire, dirige son sommet vers le haut de l'ovaire et marche ainsi à la rencontre (Ui tube l)()llini(iuc dont le contact doit le féconder; puis, qu'après la fécon- dation, il se développe dans son inl(''rienr, d'une part un embryon, de l'autre un albiuncn charnu (jui s'avance de la périphérie du sac vers l'embryon lui-même. Les conséquences de ce mode d'évolu- tion sont: l" que malgré la direction descendante de l'ovule et la DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEl!R ET DU FRUIT. 9 position infcrieiire du sommet du nucelle, l'embryon du Thesimn a sa radicule supère, c'est-à-dire répondant au sommet organique du sac embryonaire, el non au sommet du nucelle; "â" que l'ovule ne contribue pas à la formation du tégument séminal, et que celui-ci, entourant d'une membrane mince l'embryon et l'al- bumen, n'a pour origine que la paroi du sac embryonaire lui- même. L'ovule stérile et le nucelle de l'ovule fertile s'atrophient au sommet du placenta vers le haut du(]uel la graine se trouve suspendue. Le réceptacle de la fleur du Santalum album est au début tout à fait semblable à celui des fleurs tétramères de Thesium, c'est-à-dire une tête renflée, à peine convexe au sommet, arron- die d'abord, puis déformée de telle façon par l'apparition des quatre pièces du périanthe, qu'elle devient tout à fait carrée. Les quatre angles à sommet mousse qui se montrent alors sont placés, deux en avant et deux en arrière ;ils naissent tous en même temps et sont parfaitement égaux et équidistants au début. Tels ils demeurent le plus ordinairement à tout âge ; mais nous avons fait observer ailleurs que deux des divisions du périanihe, les posté- rieures, pouvaient prendre, au bout de quelques jours, un accrois- sement plus rapide que les deux autres ; avantage qu'elles per- daient, il est vrai, plus tard, mais qui pourrait induire en erreur l'observateur qui croirait pouvoir substituera l'examen de la pre- mière apparition des organes, celui de leur état très-jeune; ce qui peut être fort différent. Quand les quatre folioles du périantbe, après avoir passé parla forme de petits triangles, puis de croissants à concavité intérieure, ont acquis celle de capuchons arrondis qui s'avancent les uns vers les autres et vers le centre du bouton, on voit, en les écar- tant, que le réceptacle a encore au-dessus d'eux la forme carrée, et que chacun de ses angles présente un petit mamelon placé en face de chacune des pièces périgoniales. C'est le rudiment d'une étamine ; et la première différence qu'on constate ici entre les Thesium et les Santalum^ c'est que ces derniers ne présentent pas 10 TRAITÉ au inilioii des |)icccs de l'androcce une large saillie ré|ioiid:ni( au sommet du réeeplacle; il n'y a là qu'une surlace plane, el elle devient même rapidement un peu eoneave ; le réceplaelea Tairde se creuser un peu an ecnlrc. C'est en réalité sa périphérie ([i/i s'accroît et s'élève [tins vite que son sommet organique. C'est d;ins celt(! fosse que se monîrcnt les premières traces du gynécée. (>ontrairemtMit à ce (pie nous avons constaté dans les Thesium, les lenillcs carpellaires des Santalum sont tout à fait indépendantes les unes des autres au début. Nous avions déjà (1) amioncé ce f;iif, et nous l'avons, depuis lors, vérifié un grand nomi)re de Ibis. Seconde dissemblance bien rcinanjuablc entre les (\cu\ gcnns, et (pii ju^onve suffisamment rpie, dans des types d'ailleurs très-voisins d'mie famille naturelle, les éléments du gynécée peuvent se comporter à leur apparition (Vuuc façon tout à lait différente, sans que leur valeur morphologique cesse d'être a[)solumenl la même. Il y a beaucoup d'autres appendices floraux que les feuilles carpellaires, el beaucoup d'antres groupes égale- ment naturels, où ces différences peuvent également s'observer; nous en verrons ultérieurement plusieurs exem|)les. Quand les feuilles carpellaires sont au nombre de trois, et c'est là le cas le plus ordinaire (2), leurs sommets se montrent sous forme de trois petits croissards qui se regardent par leur concavité et (pii ne se toiiclienl pas |)ar leurs extrémités. Deux d'entre eux sont postérieurs, et le troisième antérieur. Bientôt ils grandissent, se rejoignent tons par les bords et limitent, dans la grande fosse réceptacnlaire, mic plus petite fossette centrale, dont le rebord est découpé de trois festons. Les trois fouilles ainsi cormécs s'élèvent alors ohli(|uement vers le centre et formeid une sorte de pelil toi! coni(pie à ouverture apicale garnie de trois créne- lures. Alors senlemeid l'axe de la fleur, ai'rêté quelque temps dans son évolution, s'alloiige à son tour et produit une saillie conique (pii va, dirait-on, se mouler sm' la cavité également (1) Adansom'a, II, 3i2. (2) Il est rare qu'il y en ail quatre, avec autant d'ovules superposés. DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 11 conique du sac carpellaire. Le cône plein intérieur sera le placenta. Et c'est là une troisième différence avec les Thesium : la colonne placentaire centrale libre, qui préexistait chez ces dernieis à la portion pariétale de l'ovaire, ne se développe ici qu'à une époque où les parois ovariennes présentent déjà des dimensions relative- ment considérables. Qui voudrait cependant admettre que l'axe placentaire n'a pas la môme signification dans les Thesium et dans les Santalum? C'est à cette époque que les étamines vont présenter en petit leur configuration définitive, que l'on va distinguer leur filet rétréci et leur anthère biloculaire et introrse sur laquelle se dessinent déjà les deux sillons longitudinaux de débiscence, et que l'androcée va cesser d'être hypogyne. Son insertion s'élève en même temps que la partie supérieure du réceptacle s'accroît et forme le tube qu'on a attribué, ici, comme dans les T/iesmw, au calice. Déjà la sur- face interne de ce tube se recouvre d'une couche de tissu glan- duleux qui n'est pas coupée dro't au niveau de la base du périan- the, mais qui déjà se festonne et proémine sous forme de quatre glandes, dans l'intervalle des filets staminaux. Ces glandes devien- dront plus tard très-saillantes, alors qu'à l'âge adulte, le réceptacle aura pris tout à fait la forme d'im cône creux à parois fort épaisses, et que l'ovaire sera, comme l'on dit, adhérent dans la moitié environ de sa hauteur. Sa portion libre se sera atténuée en un style conique au sommet duquel on ne distinguera plus que diffi- cilement les trois petits lobes qui représenteront les sommets des feuilles carpellaires. La fusion de ces sommets qui n'est pas ici congénitale, comme dans les Thesium, se produit cependant à un certain âge d'une façon presque complète. Le placenta 's'allonge graduellement, de manière que son sommet atteigne le voisinage du sommet de la loge, absolument comme dans les Thesium. ; im\\s il demeure épais et reclilignc ; c'est un long cône charnu qui s'insinue dans le canal dont est creusée la base du style et qui va de la sorte à la rencontre des organes fécondateurs, tandis que près de sa base il se gonfle à 12 TRAITK des intervalles égaux |)oiir produire les premiers rudiments de trois ou (juaire ovules superposés aux feuilles carpellaires; le premier de ces nombres est de beaucoup le plus fréfjuent. L'ovule est rétiuil à ini nneelle cellulaire, globuleux d'abord, puis allongé dans le sous vei'lical. Il devient graduellement suspendu ; et lors- (]u"à son sommcl lunnidi ou voit apparaître une saillie aiguë, c'est l'indice que le sac embryonaire va longuement sortir de la masse du nncelle, absolument comme dans le Thesium. Quant aux filicuomènes dont ce sac est alors le siège, il n'y a (|u'à répéter ce que nous avons observé à ce sujet (1), après tant de célèbres botanistes (2) : « Lescellules.de la surface de l'ovule (\w San- (iilum deviennent saillantes, de manière à lui donner l'aspect ma- melonné d'iuic framboise. Une des cellules de l'intérieur, le sac embryonaire, prend un énorme développement, et écartant les cellules du sommet de l'ovule, c'est-à-dire de l'extrémité inférieure de ce corps, sort sous forme d'un long boyau conique qui se re- courbe sur lui-même, et s'infléchit an sortir du nncelle. Je l'ai vu alors s'appuyer sur la surface convexe du cône placentaire, en dedans de l'ovule, et monter à mesure qu'il s'allonge, le long de ce placenta sur leijucl il s'ap[>lique si exactement qu'il se creuse dans son tissu un sillon superficiel où il demeure incomplètement incrusté. Le sillon qu'il occupe ainsi est tantôt à peu près vertical, tantôt légèrement contourné en spirale. Lorsque le sac embryo- naire a acfpiis huit ou dix lois la longueur même de l'ovule, en se portant de bas en haut à la rencontre des tubes polliniques, ceux-ci, qui marchent en sens contraire, le rejoignent non loin du sommet (lu placenta. Là, un ou deux lubes s'appliquent par leur extrémité sur le sommet du sac, et paraissent lui adhérer en ce point. Il y a alors au sommet de ce sac une masse allongée qui représente (1) Adansonia, 11, o/ji. (2) ÎÎRONGN.,in Ann. se. nat. (1827), 29^, l. Zi;3.— GRiFF.,iii Tratis. Linn. Soc, XVIll, 58, t. 1-3. — Dkcne, in Ann. se. nat., sér. 2, XI, il/i ; Xlll, 300, 487, t. 17, 18. — llENi'R., in Trans. Linn. Suc., XXII, 69, l. 17, 18. - Decne et Le.m,, Trailr çit-n. de bot., 125. — A. OC, Prodr., \IV, G19. — Schacht, in Pr/ugsh. Jahrbuecli., IV, p. I, 1-22. — Hoi-meist., in Ann. se. nat., sér. h, XII, 30. DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 13 probablement !a vésicule embryonaire, et vers la base du pro- cessus que forme le sac, des masses qui représentent, je suppose, les antipodes. L'allongement des sacs embryonaires au dehors des ovules est si rapide, qu'il commence seulement dans des bou- tons adultes, dont la taille porte à croire qu'ils se seraient épa- nouis après deux ou trois jours. Dans un môme ovaire, j'ai vu tous les ovules produire ainsi simultanément leurs sacs embryo- naires au dehors. » Il résulte de cette évolution du sac, qu'ici, comme dans les Thesium, la graine n'est pas développée dans Tovule (1), que son tégument extérieur dépend du sac embryo- naire, que l'albumen et l'embryon occupent l'intérieur de ce sac, que là radicule est dirigée en haut, quoique le sommet de l'ovule orthotrope hit tourné en bas, et que sur le côté de la graine qui remplit la cavité du péricarpe, on trouve dans le Santalum une sorte de faux raphé qui représente les vestiges du placenta. De là encore, nous pouvons tirer une conclusion, jusqu'ici générale, quant au mode de fécondation des Santalacées et du groupe plus considérable de plantes dans lequel nous les faisons rentrer, la famille des Loranthacées. Que l'ovule ou les ovules soient ascen- dants, transversaux ou descendants, dans cette famille, il n'y a là rien d'important au point de vue physiologique. Mais ces ovules sont ortliotropes et formés de cellules. Cerlaines cellules du nu- celle ont la propriété de se développer outre mesure, sous forme de sacs allongés, de tubes, de poils, pour marcher à la rencontre de l'agent fécondateur. Une seule de ces cellules prend ce déve- loppement excessif dans les Santalum^ Thesium, etc. Mais dans les Eooocarpos, par exemple, il peut y en avoir tout un faisceau. Quand l'ovule est dressé, comme celui des Viscum, Loranthus^ Exocarpos, etc., les sacs montent tout droit vers le sommet de l'ovaire, sans présenter de courbure. Celle-ci se fait à angle à peu près droit quand l'ovule est sensiblement horizontal. Dans l'ovule descendant, la flexion est plus prononcée; elle peut aller (1) Voyez MiERS, Contrib., I, ZiO. 14 TRAITÉ jiisqn'n un anglo (ivs-aigu. I.o n'sullal est toujours le même au point de vue de la louclion : le soiDuiel du sac cmbryonaire se met eu rapport avec les luhes polliiiif|ues, dans la partie supé- rieure de la cavité du gynécée, et les organes mâle et femelle se rencontrent en uti point varialtle d'une route dont ils parcourent chacun une portion, allant au devant l'un de l'autre. Il y a un point de l'Iiistoire de la fécondation des Santalacées qui nous i)araît peu connu. Nous ne l'avons entrevu qu'en exami- nant de près les poils que porte intérieurement le périanlhe, dans certains Thesium et dans plusieurs autres genres de la famille. On trouve ces poils parfois fort développés, entremêlés de tubes polliniques auxijuels ils servent comme de support. La raison en est que, dans nos Thesium , si les grains de pollen qui tombent sur le stigmate y germenr, comme dans la plupart des plantes, il y a beaucoup de ces grains qui, de même que dans plusiem^s Cistinées et dans des types appartenant à d'autres faiîiilles, n'ont pas besoin pour émettre les tubes polliniques d'entrer en contact avec le tissu papilleux sligmaliiiue. 11 leur suffit qu'une certaine (pianlité d'humidité pénètre dans les loges de l'anthère; les grains germent alors sur place; les boyaux polliniques sortent par les lignes de déhiseence qui sont à la face interne de l'anthèn;; ils sont quelquefois très-nombreux, gagnent en s'allongcanl les [)oils dont nous avons parlé, et, s'appuyant sur eux, se dirigent pinson moins direc^tement vers le centre de la Heur, jusqu'à la rencontre de la surface stigmati(pie. De façon qu'on peut, dans ces plantes, suivre sans interruption des tubes polliniques, depuis l'intérieur de la colonne stylaire jusqu'aux grains qui les ont produits et qui sont encore logés dans les cavités des anthères. Les fleurs dont nous venons d'étudier le développement, doivent maintenant être exaoïinées à uu point de vue cpii a longtemps partagé les botanistes. Ils sont loin même d'être d'accord aujourd'hui sur cette question, et l'organogénie seule nous permettra de la trancher définitivement; car les savants de nos jours n'ont pas adopté sans réserves les conclusions aux- DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 15 quelles a conduit la méthode analogique. L'opinion la plus ancienne considère les Santalacées comme des plantes apétales. Elle est encore adoptée par quelques botanistes contemporains, notam- ment par MM. Decaisne et Planchon (1), qui ne reconnaissent point dans le périanthe des Snntalacées un organe correspondant à la corolle des Vignes, desCissus, et qui déclarent que « la corollt des Ampélidées, par exemple, n'est pas comme la prétendue corolle des Crow^i'a, un périanthe simple de nature calicinale». L'opinion contraire, c'est-à-dire que les Santiilacées à périanthe simple n'ont qu'une corolle, a été sérieusement détendue pour la première fois par M. Miers, en 185/( (2). M. A. De Candolle l'a pleinement adoptée, en s'appuyant principalement sur l'organisa- tion florale des Huckleya (3), et nous croyons l'avoir entièrement confirmée en 1862 (4), à l'aide des données organogéniques. On verra que les recherches auxquelles nous nous sommes livré depuis cette époque, n'ont pu en aucune façon modifier notre manière de voir. Quant à la plupart des auleurs classiques de notre pays, ils n'ont pas été, sans doute, suffisamment con- vaincus par les arguments apportés en faveur de l'une ou l'autre des deux manières de voir, car ils demeurent à cet égard dans une grande indécision. M. Decaisne ne se prononce plus, il est vrai, dans son grand ouvrage (5), sur la signification de l'enve- loppe florale des Santalacées, qu'il appelle un périanthe simple; mais il admet toujours qu'on doit considérer comme un calice l'enveloppe florale homologue des Loranthacées et des Olacinées. M. Duchartre, dans ses Éléments (6), accorde des pétales aux Olacinées, aux Loranthacées à fleurs grandes et belles; il consi- (1) In Bull. Soc. bût. de France, II, 86. (2) Contrit., I, 2.'. Cependant, ce savant rappelle que R. Brown [Prodr. Nov,- HolL, 352) avait songé à l'analogie du périanUie des Santalacées ei de la corolle des Olacinées (3) In Bibl. unio. de Genève, lue. cd., l\- (Û) Adansonia, II, 3/i7. (5) Traité gén. de bot., hlh. (6) Èlém. de bot., 1867, 96/i. 16 TRAITÉ dèrc comme flépoiirvucs de corolle les Loranthacées à Heurs petites el verdatrcs, cl il décrit dans les Sanfalacées, « un périan- thc simple, à 4-5 lobes, coloré intérieurement» (\). Nous étions en 1862 ('i) entièrement de l'avis des botanistes qui pensent qu'il y a liomologie complète entre le petit périanthe verdatre de cer- taines Loranlhacées, telles que les Visciim^ Arceulobitmi, P/iora- dendron, etc., le grand périanUie coloré d'un grand nombre de Loranthus des pays cliauds, les folioles que M. Decaisne appelle sépales dans les Olacinées, et le verticille unique que nous avons vu naître dans le périanthe des Tliesium et des Santalum. Au- jourd'hui, comme il y a six ans, nous nous appuyons, pour con- sidérer ce verticille unitjue comme une corolle, sur deux ordres de preuves tirées de l'étude organogénique que nous venons d'exposer. r Nous avons vu toutes les folioles du périanthe apparaître simultanément ; c'est ainsi que naît la corolle dans toutes les plantes à Heurs régulières appartenant à des types analogues aux Sanlalacées: les Rubiacées, Cornées, Ondtelliléres, Ampélidées, Primulacées, etc. Dans toutes, les pièces du calice naissent au contraire d'une manière successive. !2" Les folioles du périanthe sont situées au début, dans les deux types que nous avons étudiés, de telle façon qu'il y en a toujours deux du côté de l'axe, quel que soit leur nombre total, el qu'il s'en trouve deux ou trois du côté de la bractée axillante. Cette situation est celle des pièces d'une corolle, car un calice aurait normalement un sépale postérieur, à moins d'exceptions rares, telles que la résupinalioii de la Heur, qu'on n'a aucun motif de sup[)osei' dans des fleurs régulières comme celles de nos Sanlalacées. (1) Ce pi^riantlio simple csi .s;ms doute considéré aussi par l'auteur comme un calice, car il donne, à la paj^e prOcédenle, connue caractère général des Sanlaii- nées : « un calice libre ou adhérent à l'ovaire, à prélloraison valvaire, portant les élaniines ». (2) Adansonia, II, 338, 367. DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 17 Si donc l'étude organogénique nous conduit à admettre que la plupart des Santalacées n'ont pour tout périanthe qu'une corolle, il tant encore nous demander si quelques-unes d'entre elles peuvent avoir un calice proprement dit en dehors deceverlicille. On l'admet pour le Buckleya, où l'on voit, en dehors des pétales et dans leurs intervalles, quatre longues foHoles vertes, articulées à leur base. 11 n'y aurait là rien d'impossible après tout; car dans bien des familles naturelles, analogues aux Santalacées, comme les Rubia- cées, les Ombellifères, les Composées, les Valérianées, il y a à la fois des fleurs sans calice et des fleurs qui en sont pourvues. Mais les savants qui regardent comme un calice le périanthe normal de la plupart des Santalacées, ne peuvent guère considérer que comme un calicule l'ensemble des quatre grandes folioles vertes dont il vient d'être question. Outre cette enveloppe extérieure, on a décrit dans la fleur des Santalacées, un calycode, organe que MM. Decaisne et Planchon définissent de cette façon : « Le calice apparent dont le tube recouvre l'ovaire (du Viscum), n'est pour nous que la portion inférieure d'un périanthe simple, dont la soi- disant corolle est la portion supérieure » . L'organogénie réfute cette interprétation, et l'un des savants cités ci-dessus s'est chargé lui-même de la contredire. M. Decaisne dit en effet (1), et ici nous nous rangeons complètement à son opinion, que, dans les Fiscum, le périanthe, supère dans les fleurs femelles, s'y insère autour d'un disque qui couronne le sommet de l'ovaire. Puisque le pré- tendu calycode ne s'élève pas au-dessus de ce niveau, il n'arrive que jusqu'à la base du périanthe et ne saurait être une portion de ce verticille floral. Nous avons bien vu quelle est l'origine de ce tube qui supporte le périanthe et qui varie de forme dans les Thesium et les Santalum ; c'est le réceptacle floral lui-même. Le calycode des Santalacées est donc une portion de l'axe floral, et non un organe particulier. En admettant même qu'on veuille réserver ce nom pour la portion saillante en dehors du bord supé- (1) Traité gên. de hot., [\10. IX. 2 18 Tlt\ITK rieur de la coii|>e réccplaculairc, il l'iiiidra bien reconnaître que ce (ju'on a[)|»('llerail ici calycode, est ce (ju'on décrit comme im cahjx ubaolelus d;ins les Galium, lis Hubia^ etc. (1). Enfin l'examen orj^ano^énique dévoile an.ssi le mode d'inllores- eence des deux genres (jue nous venons d'étudiei'. Dans le San- Uilufu album, les lleurs sont disposées en cymes bipares. La pre- mière ileur (pii parait termine Taxe de l'intlorescence. Au-dessous d'elle, il y a deux paires de bractées opposées. La supérieure est sonvcnl slt'rilc. Les bractées de la paire inférieure ont à leur aisselle, ouunetleur accompagnée de deux bractées latérales sté- riles, ou une petite cyme bipare. Ceseymes partielles sont réunies en une petite grappe assez longuement pédonculée et sur l'axe de la(piellc elles sont opposées et décussées. Tantôt une semblable intlorescenee, c'est-à-dire un grappe de cymes bipares opposées, est placée dans l'aisselle d'une leuille, avec un petit bourgeon au(juel elle est iniuiédiatement su[)er{)osée. Tantôt, au contraire, deux de ces intlorescences sont superposées l'une à l'autre dans une même aisselle. Eidin, à l'extrémité des rameaux, il n'y a plus (pie Gr-ranccs (ou des baulals). Les or^'anes homologues doivent, dans loules les plantes, porter les mêmes noms. Ajoutons une observation relative aux Viscum. Là où s'insèrent les feuilles, on voii l'écorce s'épaissir et former un bourrelet circulaire saillant, limité en haut pur un sillon profond, é^çalement circulaire. C'est l'écorce du rameau creux appelé réceptacle lloral, qui se boursoufle do même et forme un bourrelet sous les letiilles du périaiiliie. Ferait-on aussi un organe particulier de l'épaississement circulaire qui est au-dessous des feuilles caulinaires? Dernière conséquence de ces faits : c'est une expression parfaitement logique que celle employée vulgairement (((l'écorce d'un fruit », quand elle s'applique à la couche superlicielle d'un de ces fruits qui strccèdent ;\ un ovaire infère. Ctlte couche est en ellel la continuation de l'écorce de la lige et des rameaux qui supportent le fruit. DU DÉVELOPPEMENT DE L\ FLEUR ET DU FRUIT. 19 même se termine par une fleur ou par une petite cyme, cl l'in- florescence terminale totale est une grappe de cymesbipares, une (les sortes de thyrses décrites [)ar les botanistes. Dans le Thesiam^ l'inflorescence générale est aussi une grappe sur laquelle se disposent des cymes alternes. Au sommet des rameaux, dans l'aisselle des feuilles ou des bractées qui leur succè- dent, il se développe une fleur, accompagnée de deux bractées laté- rales. Cette fleur, d'abord sessile, a ensuite un pédicelle assez long, qui entraîne avec lui sa feuille ou sa bractée axillante et les deux bractées latérales. Le pédicelle supporte ainsi à son sommet une fleur et trois folioles qui semblent former un involucre; à sa base, par conséquent, on ne trouve aucune bractée à l'âge adulte. Dans plusieurs Thesium, les bractées latérales qui accompagnent la fleur sont fertiles, ou du moins l'une d'elles. L'inflorescence totale devient alors une grappe terminale de cymes bipareson unipares. EXPLICATION DES FIGURES. Plancbe L Les mêmes parties sont désignées dans toutes les figures par les mêmes lettres : b, bractée-mère; 6', bractées latérales de la fleur; p, pétales; e, étamines; p/, placenta; c, feuilles carpellaires; l, tube ou coupe réceptaculaire; d, disque; ol, ovule; s, sac embryonaire. Santalum album L. FiG. \ . Boulon vu par sa partie postérieure, à l'époque de l'apparition des quatre pétales p, dont deux sont postérieurs, et deux tournés^du côté de la bractée- mère de la fleur b. Outre les deux bractées latérales b' qui seront fertiles, on voit une des bradées décussées avec celles-là b", qui demeureront ordinairement stériles. FiG, 2. Cyme bipare triflore, à un âge plus avancé et alors que déjà la fleur ter- minale porte une articulation à la base de son pédicelle. Sous cette arlicu'a- tion se voit la cicatrice d'une des bractées stériles qui a été coupée. Les fleurs latérales sont elles-mêmes accompagnées de deux bractées latérales stériles. FiG. 3, 4, 6, 7, 8. Différents âges de l'évolution des pétales, depuis la forme de petits n.amelons, puis de croissants, jusqu'à celle de gros lobes arrondis, concaves en dedans, se rejoignant presque vers le centre du réceptacle. 20 TRAITÉ FiG. 5. Une des (leurs dans lesquelles les deux pétales postérieurs sont le siège passager d'un développement plus considérable que les pétales antérieurs. FiG. 9. Naissance des étaniinese en face des quatre pétales p qui ont été écartés. FiG. 10. Pétales et étamines à un âge plus avancé. FiG. H . Section longitudinale de la fleur vue par le sommet dans la figure 10. Le réceptacle eA devenu légèrement concave, FiG. 1 2. Apparition des trois feuilles carpellaires c autour du centre de la dé- pros.sion réceptaculaire ; les pétales p et les étamines e sont écartés. FiG. 13. Coupe longitudinale de la même fleur. Mêmes lettres que dans la figure précédente. FiG. 1 4. Fleur plus âgée, vue par le haut. Les pétales p et les étamines e, écar_ lés du centre, laissent voir les trois feuilles carpellaires c qui se sont re- jointes sur les côtés pour enclore la cavité ovarienne, et, dans l'intervalle des étamines, les quatre lobes saillants du disque d. Fis. 15. Coupe longitudinale de la même fleur. Mêmes lettres que dans la figure 1 i. Le sommet du réceptacle commence à s'élever dans l'ovaire pour former le placenta pi. FiG. 16. Coupe longitudinale d'un bouton plus âgé. En dedans des pétales p se voient les étamines e dont l'anthère introrse se dislingue déjà du filet. Les lobes d du disque sont plus prononcés. Les feuilles carpellaires c forment un ovaire conique à ouverture étroite, et le placenta a pris la forme d'un cône pi. F''iG. 17. Bouton plus âgé. Une portion du périanthe et du tube réceptaculaire t est déchirée pour montrer les lobes du disque d et la portion libre du gyné- cée c, dont le style est partagé au sommet en trois lobes peu prononcés. FiG. 4 8. Section longitudinale du même boulon, montrant les rapports de posi- tion du tube réceptaculaire t, du périanthe p, de l'androcée e, du disque d, avec les portions libre et infère du gynécée c. La cavité ovarienne descend déjà plus bas que l'insertion des feuilles carpellaires, et le placenta p/, laissé entier, porte vers sa base les rudiments des ovules ol. FiG. 19. Diagramme floral. FiG. 20. Placenta pi plus âgé ; vers sa base sont les ovules ol, descendants et orthotropes. FiG. 21. Boulon presque adulte; coupe longitudinale, pi, placenta ; ol, ovules; (, tube réceptaculaire ; p, périanthe ; d, disque ; e, étamines coupées; c, portions appendiculaires du gynécée. ThESID» HUMIFUâOU L. FiG. 22. Jeune boulon. Son axe déprimé porte les rudiments égaux p des cinq pétales, dont un est tourné du côté de la bractée-mère 6. La fleur est ac- compagnée de deux bractéoles latérales b' . FiG. "23. Boulon un peu plus âgé, vu par le haut. En dedans de chaque pétale p DU DÉVELOPPEMENT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 21 s'est montrée une étamine e, et le sommet de l'axe s'est renflé en un ma- melon arrondi, premier rudiment du gynécée. FiG. 24. Bouton plus âgé encore. Les pétales p sont devenus concaves el pro- tègent chacun une étamine e. A la base du cône central apparaît un petit bourrelet circulaire représentant la portion appendicuiaire du gynécée. FiG. 25. Même bouton vu de côté, une portion du périanlhe et de l'androcée étant enlevée pour montrer le gynécée. Mêmes lettres que dans la figure précédente. FiG. 26. Même préparation exécutée sur un bouton dont le gynécée est plus développé, l'enceinte formée par les feuilles carpellaires c s'élevant jusqu'au niveau du sommet du placenta pi. FiG. 27. Coupe longitudinale du même bouton. Mêmes lettres. FiG. 28. Bouton plus âgé, coupé longitudinalement, sauf le placenta qui est laissé entier et qui porte déjà deux mamelons ovulaires o/. Entre la base de la portion libre du gynécée c et l'insertion des pétales p et des étamines e, s'est déjà développée la portion tubuleuse du réceptacle l. FiG. 29. Le placenta pi plus âgé et plus long. Les ovules ol sont devenus des- cendants. FiG, 30. Le placenta pi vers l'époque de la floraison. Il a cessé d'être rectiligne, et du sommet de chaque ovule ol commence à se dégager le sac embryo- naire s. RECnERCflES flRfiWOCh'IQUES SUR LES KUPOMATIA ''> Les Eupomntia doiil rnrL^niiisatioii exceptionnelle et les affinités nmlliples ont tant préocctipé Jes botanistes depuis R. Browii, peuvent être étudiés au point de vue organogénirpie, aujourd'hui qu'une des espèces de ce genre a été introduite dans rjos cultures et y fleurit tVéqucmuient. ('cite étude révèle et pouvait seule faire connaître des faits inattendus. Elle montre, entre autres, (|ue les fleurs de ces jtlantes lot^ent dans leur réceptacle concave un gynécée véritablement po/?/carpt>e, qne ce qu'on a décrit comme un stigmate uniqiic aréole, représente simplement une portion de la paroi dorsale des ovaires, que les stii^mates sont indé|>endants les uns des autres et en nombre égal à celui des carpelles, et, ce qu'il aurait de moins admissible a priori, que ces flenrs manquent d'un véritable périantbe, une feuille modifiée unique jouant à leur égard le rôle d'agent protecteur des organes sexuels. Comme con- séqnence de ces observations, il résultera pour nous ce fait : (|ue les Eupomatia^ genre anomal parmi les Anonacées, et par la forme de leur réceptacle floral, et par le mode d'insertion de leurs éta- mines, servent de passage entre ce groupe et celui des Monimiacées auxquelles ils rattacbent également les Calycantbées par le Chimo- nanlhus et médialement les ^lagnoliacées par les ïrocliodendrées. Quand V Eupomntia Bennetlii doit fleurir, l'extrémité des rameaux se renfle légèrement en une courte massue qui repré- sente le réceplacU^ flond. Par suite d'aci.'roissements inégnnx dans ses différentes portions, ce réceptacle se déprime d'a!)ord au (1) Un court résunK? de ce trav.iil ;i tilé li ù r.\cad(hnie des sciences, le 27 juil- let 1863 {Comptes rendus, LWII, 250), et ?i la Société Linnéenne de ['arts. Je 30 mai 1868 (voy. Adansonia, VIII, ;i79). RECHERCHKS OP.GAINOGKNIQUES SUR LES ELiPOMATIA. '23 sommet, puis il apparaît pourvu d'une fossette bordée par une saillie circulaire; il i)résente à ce moment l'apparence d'une très- jeune figue on encore d'une (leur de Calyccmtkus. Bientôt de nombreux mamelons apparaissent vers les bords de cette coupe réceptaculaire et naissent dans l'ordre spiral en s'avançant gra- duellement vers le sommet organique rpii répond au point le plus déprimé de l'excavation. La plupart deces mamelons apj^artieiment à l'androcée, et une douzaine environ des plus intérieurs repré- sentent seuls les futurs éléments du gynécée. Le premier mamelon qui s'est montré sur le haut du bord du réceptacle, s'allonge et devient peu à peu une étajnine à filet aplati, avec une anthère à deux loges iulrorses, et un prolongement atténué du connectif. Cette évolution se reproduit de dehors en dedans sur un certain nombre d'élamines (environ {|narante). Celles qui sont plus inté- rieures demeurent stériles et deviennent ces grandes lames péfa- loïdes (\u\ jusqu'à l'anthèse recouvrent le gynécée au-dessus du(piel elles s'imbriquent étroitement. Les plus extérieures demeurent entières sur les bords et lisses sur leurs deux laces. Les plus inférieures deviennent crénelées sur les bords ; et des glandes ca[jitées, supportées par un pied très-court, se forment sur leurs épidémies, d'abord sur l'intérieur, plus tard sur l'un et l'autre. Mais il y a toujours un plus grand nombre de ces glandes sur la surface interne que sur la siulace externe des staminodes, et le(H' nombre absolu est d'autant plus considérable que la foliole qui les porte est plus rapprochée du gynécée. Les éléments de ce dernier sont d'abord de petits mamelons dont l'évolution est la même que dans lesMagnoliées étales Anonées. La feuille carpel- laire présente une dépression en haut et en dedans, premier rudi- ment de la loge ovarienne; puis son sommet s'altonue en dedans et constitue un style court dont l'extrémité se renfie et se recouvre de papilles sliginatiques. Au niveau des deux lèvres de la feuille carpellaire les ovules se montrent en petit nombre sur deux rangées verticales; ii y en a de trois à six sur chaque série. Ils deviennent anatropes, se regardent parleur raphé, sont presque horizontaux, 2/i. RI'.CHKRCHES ORGANOGKMQrES SUR LliS EUPOMATIA. puis légèremenl nscendarils. Leurs enveloppes sont nu nombre de deux, el l'ouvei'lure de leur seeondiue est un l)out d'un ^ioulot assez alloniié ipii lait saillie au travers de l'exoslonie. A lépuipie de la fécondation, les ovules, sans cesser'd'ôtre disposés sur deux lignes longitudinales, se déplacent par leur région chalazique; de façon que l'un d'eux se trouve entouré comme d'une couronne formée ordinairement i)ar les huit ou dix autres. C'est un peu avant ce moment que les ovaires se déforment d'une façon singulière dans leiu' région dorsale. Celle-ci se renfle un peu au-dessus du milieu de sa hauteur, en une sorte de bosse, arrondie d'abord, puis représentant à son sommet un angle dièdre un peu mousse à arête horizoïitale. Toute la j)or(ionde la surface convexe de l'ovaire qui est au-dessus de celte arête devient aussi à peu [)rès horizontale, et forme les aréoles polygonales dont les botanistes ont dit que le stigmate plane était creusé. Cette surface n'a rien de commun avec les stigmates (jui sont, nous l'avons vu, indépendanis les uns des autres et placés chacun au sommet d'un style distinct. Nous n'avons j)as jusqu'à présent décrit de périanthe à la fleur de VEupomatia, et c'est ici que l'étude organogénique nous révèle une des particularités les plus inattendues de ce singulier végé- tal. On avait cru jusqu'ici et l'on ne pouvait guère faire autrement, n'ayant pour guides que l'analogie et les alTmités naturelles, que le périanthe des Eupomatia était représenté par cette sorte de coitïe, en forme d'éteignoir, qui enveloppe complètement, dans le bouton, les organes maies et femelles, et qui se détache circulaire- ment par sa base à l'époque de l'épanouissement. C'est cet organe que les botanistes contemporains regardent connne représenlant l'ensemble de la corolle et du calice, et dont ils disent que : « les sépales et les pétales sont soudés en une masse conique, insérée sur les bords d'un torus turbiné dont elle se détache transversale- ment conunc un opercule». Si cette hypothèse élait exacte, on jiourrait voir, au premier âge, un certain noml)re de folioles dis- tinctes au périanthe, et ce n'est que plus tard qu'elles se trou- veraient soulevées par une portion basilaire commune. Il n'en est RECHERCHES ORGANOGÉNIQUES SUR LES EUPOMATIA. 25 rien : l'otiide du développement prouve que le suc qui enveloppe les organes sexuels, naît comme une seule feuille, en forme de croissant, et demeiu^e longtemps ouvert d'un côté, ses bords n'arrivant même pas à se toucher dans le voisinage du sommet. Plus tard, cet appendice présente une portion basilaire qui s'in- sère, comme tant d'autres feuilles, sur tout le pourtour de l'axe qui le porte. C'est une sorte de bractée amplexicaule, faisant suite, dans l'ordre spiral, aux bractées beaucoup plus étroites qui s'in- sèrent sur la portion pédonculaire de l'axe floral. Le véritable périantbe n'existe donc pas; mais la dernière des feuilles modifiées du rameau, celle qui s'insère au niveau du bord réceptaculaire, dans la région la plus dilatée du pédoncule concave, se développe outre mesure, afin d'en remplir le rôle physiologique. Et, comme tant d'autres feuilles caulinaires de plantes voisines de celle-ci, elle finit par se détacher à sa base de l'axe sur lequel elle s'était insérée. La manière dont cette coiffe se sépare rappelle beaucoup ce qui se passe dans la fleur femelle d'un grand nombre de Monimiacées, notamment les Mollinedia et les Peumus. La forme concave du sac réceptaculaire est aussi un des traits d'organisation les plus marqués dans ces plantes. Dans beaucoup d'entre elles encore les véritables fruits demeurent renfermés à leur maturité dans une sorte de sac commun qui n'est autre chose que le réceptacle floral épaissi et durci. Il en résulte que \eè Eupomatia sont plus ana- logues aux Monimiacées qu'aux Anonacées dont on ne les eût peut-être jamais rapprochés s'ils n'avaient possédé un albumen ruminé." On doit se rappeler d'ailleurs que les Hortonia, qui sont actuellement considérés comme des Monimiacées extrêmement voisines des Peumus^ ont été aussi autrefois, et non sans quelque raison, rapportés à la famille des Anonacées. Si l'on n'a point songé jusqu'ici à assimiler les Eupomatia aux Monimiacées, c'est que le port de ces dernières est en général fort particulier et que leurs feuilles sont opposées. Toutefois on connaît maintenant quelques Tambourissa {Ambora) dont les feuilles sont alternes et 26 RECHEHCHES ORGANOGÉNlQL'f'S SUR LES EUPOMATIA. qm portlLMil par là cet aspect s|H'cial qui nf)|)nrlient à la plupart dn leurs contçénères, pour se rapprocher du port des Magnoliacées. Or VJùipomalia Ucnnetlii ressemble beaucoup par ses branchés aériennes et ses feuilles à certains Magnolia de pelite laille, comme le /V. liliifera ou Coco, cl la l'cuille modifiée qui sert de coiffe à la llcur des liupomalia, se délache exactement de la même façon (|uc les feuilles caduques d'un cerlain nombre de Magnolia. Tous ceux (pii onl vu les Heurs vivanlcs des Eupomatia ont d'ailleurs remaïqué de grandes analogies entre elles et celles des llliciiim, des Drimys, des Trochodendron et des Clnmonanthus. Nous en concluons (|ue les Eiipomalia servent de passage entre les Âno- nacées et les Moniniiacées, tout aussi bien que les (^alycanthées aujourd'hui rapprochées des Anonacées et des Magnoliacées parla plupart des botanistes et (jui ne diffèrent essentiellement de ces dernières que par la forme concave de lein' réceptacle floral. L'inllorcscciice n'est pas la même dans les deux espèces connues du genre Iiupomalia. Terminale dans 1'^. Bennetlii, elle dcvicnl axiilairc dans !'£. laurina. Il y a souvent dans l'aisselle des feuilles de ce dernier deux ou trois bourgeons su[)erposés, ou [)ien le supérieur, ou les deux supérieurs, sont remplacés par des boutons. De là encore la présence, dans l'aisselle de certaines feuilles, de deux et rarement de trois fleurs superposées. Chacune d'elles est supportée par mi pédoncule qui porte quelques bradées alternes. La dernière de ces bractées est de beaucoup la plus déve- loppée; c'est elle (jui forme aussi le prétendu périanthe. Hes particularités aussi remarquables dansl'orf^anisation florale, la concavité du réceptacle, la périgyriie de l'androcée, l'absence (!e v(''rilable périanthe, rte., distinguent déjà nettement les Euj)0- matiéesdes Anonacées propiement dites auxquelles on les a ratta- chées juscpi'ici. Il en est de même de l'organisation histologique des liges. Dans l'écorce d'abord, on voit disparaître ce réseau à mailles losangiqucs allongées, saillantes :ui travers du sul)cr et de l'épiderme, (|ui constitue un caractère anatomique si tranché des véritables Anonacées. C'est que les faisceaux libériens n'ont pas RECHERCHES ORGANOGÉNIQUES SUR LES ECPOMATIA. 27 ici celte forme de lignes brisées à angles et à segments à peu près tous égaux et se touchant entre elles par les sommets de ces angles, forme si prononcée dans les Anonacées. Sur une coupe transversale d'un jeune rameau frais de VEupomatia Bennellii,- on aperçoit un parenchyme cortical à cellules nombreuses, iné- gales, peu serrées les unes contre les autres, et contenant, ou de la cliloropliylle en masses, ou ça et là un liquide rose transparent. Les faisceaux libériens nombreux, inégaux entre eux, ont sur cette coupe l'apparence de croissants d'un blanc mat, et se montrent totalement indépendants les uns des autres. La surface de l'écorce est donc lisse; elle présente seulement deux angles saillants suivaiit toute la longueurde chaque entrenœud. Le rameau semble porter de chaque côté un rudiment d'aile longiludinale. Ces deux saillies font suite aux deux bords amincis du pétiole; elles en sont comme des décurrences; elles ne dépendent que du parenchyme cortical. I.a moelle n'a pas non plus de ces cellules spéciales, qui, dans les Mngnoliées et dans les vrais Anonées, forment des diaphragmes transversaux plus ou moins complets et plus ou moins réguliers, et se font remarquer jmr la coloration de leur contenu ou par des parois épaisses, scléreuses ou pierreuses et richement perforées. L'organisahon d'un grand nombre de Poly- car'picécs reparaît dans ÏEupomalia. Ses fibres ligneuses ont îles trous ari'ondis ou elliptiques, et des aréoles profondes qui se correspondent exactement dans deux libres voisines et forment des cavités biconvexes, quehjuefois très-nettes, analogues à celles des Drimys ou des Conifères. Il convient encore, à propos de VE. Ben- nettii^ de l'appeler que cette espèce se comporte à peu près comme une plante herbacée vivare. A chaque période de végétation, elle produit (pielpies rameaux aériens, grêles, dressés, souvent ter- minés par une fleur. Tous ces rameaux naissent d'une souche souterraine qui serpente sous le sol. Elle porte des racines adven- tives dont quelques-unes deviennent très-épaisses, charnues, et rappellent par leur forme et leur consistance les tubercules des Dahlia. Ces racines ont un petit cylindre ligneux dont les fibres 28 RECHERCHES ORGANOGÉNIQl ES SUR LES EUPOMATIA. présentent les mêmes pores aréoles que celles des branches. La moelle est peu volumineuse; elle est remj)lie de fécule, et il en est de même des cellules des ravons médullaires. Ceux-ci se conli- niiant largement en dehors avec le jtarcnchyme cortical, égale- ment gorgé de fécule et hypertro[thié au point de former à lui seul la plus grande jtartie des renllcments radicellaires. EXPLICATION DES FIGURES Planche H. FiG. 1 . Eupomaiin Bcnneiin. Ramea» terminé par une fleur représentée au mo- ment où la coilTe se détaclie circulairemenl par sa base. FiG. 2. E. laurina. Fleur épanouie, après la cliute de la coiffe. FiG. 3. Coupe longitudinale de la même fleur. FiG. 4. Fruit multiple, dans l'intérieur duquel on aperçoit les sommets des véri- tables carpelles. FiG. 5. Même fruit, coupé suivant sa longueur. (Ces figures sont extraites de Y Histoire des plantes (vol. 1, fasc. 4, p. 251, 252). NOUVEAUX MATÉRIAUX POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADEES (Continué du volume VIII, page 377) Par F. A. W. MIQUEL, Directeur de l'Herbier roval d« Levde. Les parties qui produisent le pollen (l) et qui constituent le cône mâle sont en tout l'équivalent morphologique des carpo- phylles; on est parfaitement fonde à les appeler des anthères, mais, par analogie avec les organes femelles, et pour éviter qu'on ne les confonde avec leurs logettes, auxquelles beaucoup d'auteurs con- tinuent à appliquer très-improprement le nom d'anthères, il sera peut-être préférable d'adopter l'expression d'androphylles. Dans leurs contours ils sont toujours plus simples et plus petits que les carpophylles, mais leur structure ne présente aucune différence essentielle. Les cellules polygonales de l'épiderme sont très-épais - sies, et les stomates situés dans leur profondeur ne manquent pas. La question principale qui se pose ici concerne le développement des nombreuses logettes poUinigères qui se trouvent à leur face inférieure et qu'on regardait autrefois comme des anthères dis- tinctes. M. de Mohl a observé avec raison que la manière dont j'avais rendu compte de l'évolution et de la signification de ces logettes dans ma Monographie, n'était pas conséquente [V ermischle Schriften, p. 57). Elles sont placées à la face inférieure de l'an- drophylle (aussi chez les formes en bouclier), des deux côtés de la ligne médiane, et elles s'y élèvent, par groupes de 2 — 4,rare- (1) Od peut consulter les nombreuses figures qui existent de ces organes. IM) NOUVEAUX MATÉRIAUX inenl (h 5, d'un point (^)inninn. Dans les premiers étafs de jou- nesse, elles S(^ monlrent coniiiic des saillies surgissant lonlcmonl, connue des papilles de conlein^ verte, et recouvertes par ré[)idernie qu'elles ne rompent |)as ; ce soFit donc des excroissances du |)a- rencliynie ([ui se forment sur des points déterminés, et leur tissu interne est |»ar suite entièrement cellulaire. Peu à |)eu elles pren- nent leur l'oi-me arrondie allongée, et la masse entière de tissu cellulaire devient tissu générateur de pollen, car dans la cavité mûre on ne trouve rien que du pollen ; clia(]ue celhde du paren- chyme donne naissance à quatre cellules-iîlles, dont chacune l'orme une cellule |tolliniquc. Elles sont comparables, d'a|)rès cela, aux légions on se lait, dans les loges des anthères ordinaires, la gé- nération du pollen, et elles méritent par conséquent le nom de loijetles. Ce n'est pas ici, comme chez les plantes angiospermes et chez beaucoup de Gymnospermes, sur l'organe entier que porli^ la formation {lollinique, mais seulement sur un nombre considé- rable de i)oints de la couche inférieure, aux deux cotés de la ligne médiane. La paroi des logeltes est très-solide, de couleur brime à une époque un peu avancée, et marquée à l'extérieur de courtes impressions linéaires; elle s'ouvre du sommet à la base sur le coté interne (celui qui est tourné vers les logettes-sœurs), et par- fois la fente se prolonge encore un peu au delà du sommet, sur le côtéo[»posé. Ce n'est pas tout à fait à tort que Piirkinje {De ceUulis anlherarum fibrosis) nomme la paroi « mère epidermidalis') , puis- que les logettes ne sont au fond pas autre chose que des portions du tissu de l'androphylle se romjtant en dehors, mais couvertes du même épidémie que le reste. Pourtant je dois faire remaniuer qu'on peut distinguer dans cette paroi deux couches celluleuses, qui se laissent reconnaître aussi sur les ligures de Purkinje, :i[i- partenant au Zaniia média et à VEncephaiartos Unujifolius ; la couche externe est l'épideime, l'interne est une couche parenchy- mateuse d'aspect spécial, composée de cellules poreuses. Les cellules de ré[)iderme ont un lumen très-étroit, ce qui donne lieu aux rayures superlicielles dont il a été question plus haut. Les POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CVCADÉES. 31 grains de pollen offrent une grande uniformité dans toute la fa- mille; ils sont plus ou moins elliptiques, avec un pli longitudinal très-profond et (|ui ne disparaît pas entièrement sous l'eau. Ainsi que Schacht l'a montré en premier (Pringsheim, Jahrb. , 11, p. 1 45, pi. XVII, fig. 26-28) , il se forme aussi ciiez les Cycadées deux cellules-iilles dans l'intine, en sorte que la structure du |)ollen est assiuîilable de tout point à celle des Conifères. Si les vues qui viennent d'être exposées au sujet des organes de la génération des Cycadées ont quelque fondement, on voit que les deux sortes d'organes suivent une marche semblable dans leur développement et leur uiélamorphose; dans le parenchyme de la feuille, sur des points déterminés, naissent les cellules généra- trices : les vésicules embryonaires, dans le nucelle de l'ovule, comme cellules petites-filles de l'anniios transitoire; la cellule mâle, c'est-à-dire Ip boyau pollinique ou cellule-fille de l'intine, comme cellule pelite-fille de l'antlrophylle (ou de ses logettes). Chez les plantes angiospermes, les cellules génératrices se forment par une voie plus courte, savoir comme cellules-filles. Les cellules génératrices ont, comme macrospores et micro- spores, leur cours de vie [)ropre. Produites, par voie de nutrition, par un individu d'une organisation plus élevée, mais insexué, elles parcourent chacune les [ihases d'une courte existence, |)uis s'unis- sent pour donner naissance au proembryon. Ce n'est pas directe- ment en effet, sauf chez les Algues et peut-être chez d'autres plantes inférieures, que la fécondation donne lieu à la formation delà [liante proprement dile, c'est-à-dire Tembryon; la vésicule embryonaire fécondée se di';veloppe d'abord en un être distinct, un individu uniquement composé de cellules (cellules unies suivant une direction linéaire, en une ou plusieurs rangées), une produc- tion axile dont la dernière cellule, celle du sommet, se divise et donne naissance à Teiid^ryon par la formation répétée de cellules nouvelles; l'embryon est donc le bouion terminal de celle produc- tion, destiné à fournir, par soîi développement ultérieur, l'individr. complexe insexué, la plante proprement dite. L'embryon, d'après 32 NOUVEAUX MATÉRIAUX cela, n'est pas lo germe de la planle; c'est la plante elle-même, (jui, après une période (le i-epos pliysiolugiijuc, commencera une évolution nonvelle, d'où sortn-a iiii végétal complet, c'est-à-dire un individu d ordre supérieur, composé d'axes et de bourgeons l'urmaiil comme aulaiil d'individus sunples. « (Jcmmte totidem herbïB » (Linné). Les deux formes successives de la [liante ont de cette manière une dm(''c d'existence très-inégale ; la première, le proembryon, meurt aussitôt rpie l'embryon s'est constitué définitivement; la plante vasculaire insexuée, au contraire, montre une existence illi- mitée, au moins en apparence, car an fond les cboses se passent d'une manière différente. Chaque bourgeon ou chaque axe, en effet, est im individu distinct; l'axe qui ne ileurit pas ne conlinue d'exister que comme point d'insertion pour des axes suivants, et l'axe (jui Ileurit, qui a produit des feuilles à microscopores on à macrospores, meurt également. Chez les Gymnospermes en général, et surlout chez les Cycadées, la forme proembryonnaire persiste pendant beaucoup plus longtemps qu'à l'ordinaire ; elle est aussi beaucoup plus composée, car tandis que chez les Angiospermes le proembryon ne forme qu'un simploaxe, représenté qnehpiefois par une seule cellule, et ne donne naissance qu'à un seul bourgeon, un seul cmhrvon, un seul individu, le proembrvon des Cvnmo- spermes se divise en branches et donne naissance, ou peut donner naissance, à plusieurs bourgeons ou embryons; il imite en quelque sorte la forme supérieure insexuée par sa ramification et la pro- duction de bourgeons multiples réunis en un ensemble. Si l'on considérai! la vie des cellules génératrices, des microspores et des macros|)orcs, comme se terminant au moment de leur union mu- tuelle, opinion qui pourrait très-bien se soutenir, alors il y aurait une alternance triple des Ibrmes dans les limites de l'individu. Mais il [)araît plus simple d'admettre un individu insexué, d'une organisation plus parfaite, lequel, par voie de génération, par dif- férenciation en deux étais distincis, donne lieu à la production d'un organisme plus sim[)le et d'une courte durée d'existence pour POUR SEKVIK A LA CONNAISSANCK DES CVCADÉES. o3 relourner ensuite à Ja forme première, d'organisalion supérieure et de vie persistant indéfiniment. Chez les Cryptogames vasculaires, la génération alternante se manifeste plus clairement, parce que les deux formes apparaissent librement à l'extérieur, tandis que chez les Phanérogames, l'orga- nisme cellulaire transitoire est renfermé dans une partie de l'or- ganisme supérieur. Des spores produites par la plante vasculaire insexuée se développent en organismes d'une structure simple, purement cellulaire (les prothalles), lesquels donnent naissance aux cellules de la génération ; chez les Cryptogames vasculaires inférieures, les deux sexes proviennent de la môme spore; chez les supérieures, de spores différentes, les unes microspores (mâles), les autres macrospores (femelles); mais, dans les deux cas, de leur union résulte un individu nouveau, qui possède des faisceaux vasculaires, est différencié en lige et feuilles, et est privé de sexe. Ici encore, l'embryon ne provient pas directement de la cellule centrale de Tarchégone : le premier produit est un proembryon, dont la cellule terminale devient l'embryon. Ainsi donc : chez les Phanérogames, les cellules génératrices naissent sur la forme vitale supérieure, chez les Cryptogames, sur la forme inférieure. M. Hofmeister a fait remarquer que les Conifères (les Gymno- spermes^l sont, par rapport au développement de l'embryon, inter- médiaires entre les Cryptogames supérieures et les Phanérogames. Chez les Gymnospermes, l'amnios est de bonne heure libre et sans union avec les tissus qui l'entourent; la formation dcrendospermc est comparable à la production du prothalle, les corpuscules sont tout à fait analogues aux archégones. L'amnios des Gymnospermes est donc comme une spore qui reste contenue dans le sporange ; le prothalle qu'elle engendre ne se montre pas à l'extérieur , Ja matière fécondante doit, pour atteindre les archégones, se frayer un chemin à travers les tissus. Les corpuscules indiquent toutefois, par leurs nombreuses vé- sicules, dont une seule est fécondée, un état bien plus complexe que chez les Cry[)togames vasculaires ; chez ceux-ci, au moins chez IX. 3 34 NOUVEAUX MATÉRIAUX les Fougères, il n'y a qu'une seule de ces vésicules, la cellule mère de l'embrydii du plnlôl du j)roendjryon. .M. liolineisler voil. avec raison, nne grande différence en ce (jue, chez les Gynniusjiennes, la récoiulation se fait, comme chez les autres Phanérogames, au moyen du lubc pollini(iue, tandis que chez les Cryptogames vasculaires ce sont des spermatozoïdes qui sont chargés de celte fonction. Le contraste est, en effet, très- tranché sous le rajiport analomi(]ue, mais il semble moins marque au i)oint de vue physiologique. La matière que l'éléuicnt mâle porte dans l'élément femelle, et par laquelle celui-ci devient le siège d'une nouvelle évolution végétative, est véritablement de nature analogue dans les deux cas. La différence concerne plus la forme extérieure (|uc la ionclion. Chez les Phanérogames, une cel- lule enlière, le lubc |)()llii)i(pie, dépouillée de son enveloppe secon- daire, se meut vers la cellide femelle, à laquelle son lluide fécon- dant doit se transmettre par pénétration osmotique; chez les Cryptogames, ce sont de nombreuses cellules filles (les spermato- zoïdes) qui sortent de l'anlhéridie et qui, à l'aide d'un pouvoir de progression propre, et sous l'influence des conditions environ- nantes, s'insinuent duns l'archégone et pénètrent à l'intérieur delà cellule génératrice femelle. Mais quant à une opposition essen- tielle et fondamentale entre le contenu du tube et celui des sper- matozoïdes, on ne peut i)lus l'admettre depuis que l'on a appris, surtout par les recherches de Sehacht, à mieux connaître la nature des spermatozoïdes (l). Il faut ajouter à cela que, chez les Coni- fères, il n'est pas rare de voir le tube pollinique pénétrer dans le corpuscule après en avoir perforé le sommet. Le parallélisme qui s'accuse de celle manière entre les Crypto- games vasculaires et les Gymnospermes, non-seulement comble, (1) Schaclit, Die Spermatozdi'den ini Pflanzenreich, I8GZ1. — Je n'ai pas con- naissance de données précises sur les propriétés cl)imiques des spermatozoïdes; il ne serait pas sans inlérCl de savoir si le pliosphorc y entre en aussi forte propor- tion que dans le pollen (comparez Coronwinder, dans les Annales des sciences natu- relh\s, /(•-• série, XIV, p. /|9). POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 35 jusqu'à un certain point, l'hiatus qui séparait jusqu'ici les Pha- nérogames et les Cryptogames (point qui a été développé derniè- rement par M. Kirckhoff dans une note pleine d'intérêt, insérée dans la Botanische Zeilung, 1867, n"' /i2 et ho), mais il nous rappelle aussi que ce furent précisément les Cryptogames vascu- laires, avec les Gymnospermes, qui jusqu'à l'époque crétacée (en ne tenant pas compte d'un petit nombre de Monocotylédones), re- présentèrent les plantes supérieures. Le passage aux formes plus compli(piées des Phanérogames, à la fleur hermaphrodite et à la structure angiospermique, est indiqué pour nous par des types vi- vants de Gymnospermes. C'est ce que montrent les genres Ephedra et Gnetum (ce dernier avec 2 téguments ovulaires), par la struc- ture de leur tige, par leurs feuilles et par les rudiments d'enve- loppes périgoniales des ovules encore nus. Le Welwitschia à son tour, dont la struclure nous a été dévoilée d'une manière si com- plète par l'excellent travail de M. J. D. Ilooker, tout en rappelant les Cycadées par la forme de sa tige, les Conifères tropicales par ses feuilles, le Gnetum par son inflorescence, fait d'un autre côté le premier pas vers l'hermaphrodisme (encore étranger aux pre- miers Phanérogames, jusqu'à la période crétacée et peut-être au delà), par le développement d'organes mâles dans un même- périgone avec un ovule nu. De là, l'organisation s'élève en passant au groupe des Loranthacées, pris avec la signification que lui a donnée M. Bâillon (1). Chez le Welwitschia, en effet, l'hermaphro- disme est encore incomplet; chez les Loranthacées nous le trou- vons déjà à un degré plus avancé de développement. Considérés de cette manière, les organes rudimen (aires apparaissent, non comme des parties atrophiées, mais comme les premiers pas vers un plan d'organisation plus compliqué, qui ne se réalise que len- tement dans le cours des temps. Dans la génération agame, les individu sont reproduits avec tous leurs caractères ; ils forment comme une chaîne indéfinie de ra- (1) Mémoires sut ïes Loranthacées, in Aâansonîa, II, 330 ; III, 50. 36 NOUVEAUX MATÉIUAUX mifiL'alions idciiliijucs, et il est rare que ce mode de rcprodiicliuii donne naissance à une l'orme dévice. Dans la génération sexuelle celte constance des formes et des caractères n'est plus possible. Les deux individus qui donnent naissance au nouvel être ne sont pas partout et toujours dans une relation uniforme. Si nous me- surons les grains de pollen fertiles d'une certaine espèce, nous leur trouvons bien une grandeur moyenne, mais ils diffèrent pourtant entre eux par les dimensions, sans parler de la différence du contenu. Il en est de même pour les parties de l'organe femelle. Les vésicules embryonaires fécondées doivent donc également différer de l'une à l'autre dans le môme individu; elles renfer- ment les |)ropriélés du parent mâle et du parent femelle, comme le montre d'une manière si frappante la production des hybrides, mais ces propriétés se sont mélangées chaque fois dans un ra[)- port légèrement varié. Cette loi, dont les effets sont si prononcés dans l'hybridation, doit aussi se faire sentir, quoiqu'à un moindre degré, lors de l'union de microspores et de macrospores prove- nant de la même espèce, mais d'individus différents. Le di- et trimorphisme des fleurs, la fécondation dicliogame, — déjà indi- quée par Chr. K. Sprengel dans son admirable ouvrage {Dus entdedie Geheimniss der ISaiur., etc.), et que, plus récemment, ]\I. Darwin et beaucoup d'autres à sa suite ont mise dans un jour plus éclatant, — nous ont cojivaincus que, même chez les plantes hermaphrodites, la fécondation des fleurs par elles-mêmes est beaucoup plus rare qu'on ne l'avait cru autrefois (1). Le change- ment de formes de l'espèce est ainsi impliqué dans la fécondation, et, dans la succession d'individus à laquelle cette fonction préside^ nous constatons la loi que chaque fois les derniers doivent dilTércr un peu de ceux qui les ont précédés. N'est-ce pas à ce princi[)e intrinsèque de variation (pi'il faut attribuer, à côté du jeu de la sélection naturelle et de rinlluence des conditions extérieures, un rôle considérable dans le développement jirogressif du règne vé- (1) Fr. Hildcbiaad, Die Gcschlechtsvertheilung bei den Pflanzen, 18G7. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCAUÉES. 37 gétal? Si tel est effectivement le cas, la plus grande somme de modifications, la plus grande diversité d'espèces devra se ren- contrer dans les groupes dioïques et monoïques, et en général là où les fleurs ne se fécondent pas elles-mêmes. L'ascension de l'organisation à un degré supérieur de complication est une loi écrite dans l'histoire du monde organique, et dont la cause véri- table réside dans l'organisation elle-même, tout comme le déve- loppement de l'individu est invariablement déterminé dans les propriétés de la cellule embryonaire fécondée (1). Dans l'économie de la nature, nous trouvons entre les règnes végétal et animal des liaisons intimes et multiples, par lesquelles ils s'influencent et se régissent réciproquement. Après avoir re- connu la loi fondamentale, que les composés chimiques qui servent à l'édification du corps animal sont élaborés parles plantes, nous constatons aujourd'hui que, d'un autre côté, le règne animal forme un élément indispensable pour l'existence des végétaux. La fécon- dation, dans la majorité des cas, condition nécessaire de la repro- duction des espèces végétales, n'est dans la plupart des cas possible chez les plantes angiospermes que grâce à l'intervention des in- sectes. Là où l'on ne voyait autrefois que des cas isolés, auxquels on attachait peu d'importance, la science moderne a découvert une loi naturelle, en môme temps qu'elle a montré que ce sont surtout les Diptères et les Lépidoptères, les insectes suceurs, en un mot, qui, fécondateurs inconscients des plantes, remplissent dans la nature le haut et puissant office de conservation du règne (1) Parmi les phénomènes complélement inexpliqués, il faut ranger incontesta- blement la loi que beaucoup de tleurs hermaphrodites ne peuvent se féconder elles-mêmes, et qu'elles ont besoin de l'intervention du pollen d'une autre fleur de la même espècf, ou même, dans quelques cas, d'une espèce dilTérenle. « Nature » lelis us in tlic n)ost emphalic manner that she abhors perpétuai seJlfertilisation » (Darwin). Y a-t-il dans l'évolution de la nature organique une tendance à arriver à la possibilité de cette « ferlilisation par soi-même »? La séparation des sexes est propre à toutes les plantes inférieures ; le règne végétal a commencé par là et s'est tenu à ce caractère dans toutes les périodes anciennes. L'hermaphrodisme s'est constitué plus lartl, et, physiologiquement, il n'existe encore que rarement. (Voyez, sur l'hermaphrodisme dans sa forme parfaite, Hildebrand, loc. cit., p. 57.) 88 NOUVEAUX MATÉRIAUX végétal, en ce qui concerne les ordres supérieurs. Nous pouvons aussi considérer cette relation au point de vue historique, et de- mander de quelle époque elle date. Les savantes recherches sur les insectes fossiles, que l'on doit à MM. Germer, Unger, Oswald llcer et autres, ont démontré (jue tous les ordres des insectes n'ont pas paru simullanénicnt. Aux époques paléozoïques, lors- qu'il n'existait pas encore de Dicotylédones angiospermes, vivaient des Coléoptères, des Orthoptères et des Névroptères, c'est-à-dire des insectes broyeurs, qui ne visitent pas les (leurs pour y cher- cher le nectar. Les premiers Diptères datent de la période juras- sique; mais l'apparition en grande quantité des insectes suceurs tombe dans et après la période de la craie, alors que les plantes à pollen et à carpelles clos se montrèrent et acquirent peu à peu la prépondérance dans le règne végétal. Quand on examine les relations des organes sexuels chez les plantes, il semble, en beaucoup de cas, que la fonction de la fécon- dation ait été rendue en quelque sorte difficile, ou même impos- sible : on dirait que la nature ne veut voir son but atteint qu'au moyen d'un détour. En ce qui concerne les Angiospermes, la connaissance plus précise de rintervention des insectes a déjà beaucoup éclairci le mystère. Mais il y a d'autres grandes divisions du règne végétal où cette intervention n'a pas lieu, et ce sont celles qui existaient déjà avant les insectes suceurs. Je regarde comme tels tous les Crypto- games; chez eux les spermatozoïdes se meuvent vers l'organe femelle par Tintermédiaiie de surfaces humides , de gouttes d'eau, etc. Pour les Phanérogames dioïques et monoïques, qui ont précédé les espèces hermaphrodites à la surface du globe, leur pollen, d'une abondance excessive, est transi)orlé par les airs, et il y a de grandes chances pour que l'un de ces milliers de grains parvienne à sa destination. Quant aux Cycadées, je ne leur connais jusqu'à présent aucune propriété qui soit de nature à attirer les insectes, spécialement vers leurs cônes femelles, ni nectar floral, ni couleurs, ni odeurs ; d'un autre coté, quand on tient compte de POUR SERVIR A LA. CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 39 leur diœcisme et de l'exacte occlusion de leurs cônes femelles (souf dans les Cycas, où les ovules portent vers le dehors l'exo- stome qui doit donner accès au grain de pollen), il devient presque impossible de comprendre comment le pollen peut pénétrer dans les ovules retournés de manière que leur ouverture, au lieu de regarder la périphérie, s'applique contre l'axe du cône; la difii- culté augmente quand il arrive, comme chez certaines espèces de Dioon et d'Enceplialartos, que le cône entier, recouvert d'une pubescence serrée, est comme enveloppé dans un lissu de laine. La nature trouve pourtant son cheniin, comme le prouvent les nombreuses graines pourvues d'embryon que le cône mûr nous offre, tout aussi bien que chez les Conifères, où il nous est facile de découvrir, dans notre propre climat, le pollen fixé sur le nu- celle. Les groupes de plantes dont l'origine remonte à l'époque paléozoïque se montrent donc indépendants du secours des insec- tes; ils sont encore aujourd'hui comme aux premiers temps de leur existence, et nous voyons la nature se servir d'autres moyens pour amener les microspores en contact avec les macrospores. Je traiterai plus lard de la succession des formes des Cycadées durant les diverses périodes géologiques. Cycas Linn. Après que Linné eut établi ce genre et en eiut décrit une espèce, C. circinalis, à laquelle Thuiibcrg en ajouta une autre, C. revoluta, R. Brown fut lo premier à faire remarquer, en 18M, que sous le nom de C. circinalis plusieurs espèces différentes avaient été confondues : « sub nomine C. circinalis plures species )i procul dubio confusœ, e vivis solummodo extricandse. Du£e in » îndia orientaH proveniunt, quarum alter C. circinalis vera, ex » synonymo Rheedii et icône inedita zeylanica Hermanni ; altéra a » planta Madagascariensi D. Du Petit-Thouars vixdiversa ; a priori » duœ sequentes Novae Hollandiœ ut distincfse species dubie pro- » ponuntur » (Prodr.^ p. 347-348). Roxburgh décrivit, dans le /|0 NOUVEAUX MATÉRIAUX troisième volume de la Flora indica (publié en 1832 à Serampour), deux espèces rerues des Moluques, dont il identilia l'une avec C. circinalis el nomma l'autre C. sphœrica. Entre-temps, Lou- reiro avait décrit dans sa F/ora Cochinchinensis^ parnn beaucoup d'autres plantes douleuses, un C. inermis, espèce que personne n'avait vue et dont la valeur spécifique inspira tout d'abord des doutes. En 1840, je montrai que l'espèce décrite par Rumphius dans VHerharium /4m6omen.ve différait du 6\ circinalis Eiim., et je la décrivis sous le nom de C. Rumphii (Comment. Pkylogr.^ p. 120); ce fut à fort toutefois, à ce que je crois aujourd'bui, que je regardai comme espèce distincte {C. celebica, lac. cit., p. 126) le Cycas de Célèbes mentionné par Rumphius. Ce fut à tort aussi que le Cycas de Madagascar fut désigné sous le nom de C. mada- gascariensis., puisque R. Brown avait déjà proposé, il est vrai sans diagnose et avec quelque doute, le nom de C. Tliouarsii. Dans ma Monographia Cycadearum, publiée en 1842, les espèces décrites par Roxburgh ne furent pas mentionnées, le tome troisième de la Flora de cet auteur ayant été édité aux Indes, et n'ayant été connu sur le continent de l'Europe que longtemps après. Outre les espèces déjà nommées, je décrivis, dans ma Monographie, le C. Wallichii, d'après des échantillons provenant du jardin bota- ni(|ue de Calcutta et conservés dans l'Herbier de Paris, qui me les avait commimiqués. Le C. glauca, espèce douteuse des jardins, fut admis également, et en somme le nombre des espèces s'éleva à 10. Dans l'Inde anglaise, Griffith avait distingué, outre le C. peclinata, encore trois autres espèces, qui ne furent connues que j)ar la publication posthume du tome IV de ses Notnlœ; il résulte d'échantillons qui m'ont été communiqués, que le C. pecti- nata est la même espèce que j'avais publiée antérieurement sous le nom de C. Waltichii. J'ai trouvé de la même manière que le C. sphœrica de Roxburgh n'api)artient pas, comme je l'avais supposé {A7ialect. bot. indica, II, p. 33), au C. circinalis, mais ([u'il icprésente une espèce distincte. Dans les Anaiecta cités, je décrivis également, comme C. inermis Lour., un C. revoluta à POUR SERVIR A L\ CONNAISSANCE DES CYCADÉES. /^l pétioles non épineux ; mais, une observation suivie m'ayant iait reconnaître mon erreur, je ramenai la plante aux termes du C. revoluta, sans trancher toutefois la question de son identité avec le Cycas décrit par Loureiro; à cet égard, l'herbier de ce savant pourra seul fournir les lumières nécessaires (1). Plus récem- ment le genre Cycas a encore reçu quelques accroissements qui ne sont pas sans importance. Le C. Ruminiana^ bonne espèce, à ce qu'il paraît, mais trouvée jusqu'ici uniquement à l'état stérile, a été rapporté des îles Philippines et introduit dans nos jardins. En 1862, M. Teysmann découvrit à Siam une espèce très-remar- quable, que j'ai décrite d'une manière détaillée dans la Bolanisc/ie Zeitung (C. siamensis); enfin j'ai fait connaître dernièrement, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences d'Amsterdam, une espèce trouvée dans la Nouvelle-Hollande {C. gracilis). Les noms qui figurent dans les catalogues des horticulteurs, par exemple C. speciosa, squarrosa^ ImmiliSy etc., font double emploi avec ceux d'espèces déjà connues. Considéré dans son ensemble, le genre occupe une aire géogra- phique très-vaste, qui forme une ellipse étendue des deux côtés de l'équateur, parallèlement à cette ligne, et dont les extrémités sont marquées, d'une part par la côte orientale de l'Afrique, ou plutôt par Madagascar et les Mascareignes, d'autre part par les îles de l'Océan Pacifique, peut-être par les îles Fidji et la Nou- velle-Calédonie. J'ignore si la limite s'étend encore plus loin vers l'est. Le genre appartient donc à la végétation indienne, en pre- nant cette expression dans son sens le plus large. Le point le plus septentrional paraît être situé dans l'Asie continentale, en Chine, ou aussi au Japon, si le C. revoluta est réellement indigène dans (1) On trouvera plus loin les raisons qui m'obligent à persister dans ma der- nière opinion, au lieu de revenir à la première, comme le voudr;iit mon collègue M. C. A. J. A. Oudemans. En général, depuis que la science a renoncé à la notion absolue de l'espèce, telle qu'elle avait été donnée par Linné, les discussions portant sur des espèces très-voisines doivent être regardées, dans beaucoup de cas, comme stériles; l'étude du genre dans son ensemble peut seule fournir une base assurée ù la détermination des espèces. 42 NOUVEAUX MATÉRIAUX ce pays cl non venu primitivenioiit des îles Loo-Clioo. Ce lype le \)\us seplenirional, représenté \)i\v une seule es[)è(!e, est anssi celui qui s'éearic le plus par ses caractères, surfout par la naliirc du légunieul de l'ovule, comme je l'ai déjà indiqué plus haut; la niélamorphosc de la feuille earpellaire y est moins avancée, c'est-à-diro que ccMe feuille diffère moins de la forme ordinaire que chez les autres espèces. Celles-ci forment une série dans laquelle les termes sont très-rapprochés les nns des autres, et dont chaque membre ou espèce paraît avoir une extension géogra- phique relativement bornée. L'espèce de Siam est intermédiaire entre les deux types par la forme de ses carpophyllos, et de plus caractérisée par les dimensions restreintes de ses parties. Les espèces, en grande partie insulaires, qui se groupent autour du C. circinalis, sont tellement semblables entre elles qu'il n'y a pas lieu de s'étonner qu'autrefois, par défaut de comparaison mutuelle, on les ait confondues avec le C. circinalis; celte circonstance fait que, même aujourd'hui, il est encore Irôs-difficile de déterminer exaclement, d'après les données des auteurs, la distribution géographique de cette espèce. Les espèces do ce genre, surtout quand on tient compte de ce que la plupart habitent aujourd'hui des îles, sont très-propres à fournir un appui à la théorie qui regarde les espèces actuelles du monde organique comme des transitions entre les formes passées et les formes futures, et les espèces voisines comme des descen- dants différenciés d'une même espèce antérieure. Les Cycas sont caractérisés par une similitude complète d'aspect et de structure des tiges, qui ne diffèrent que par plus ou moins de grandeur. Les feuilles des C. circinalis, Rumphii, media^ angidala^ sphœrica, pectinata ne se distinguent qu'en ce que les folioles sont un peu plus étroiles dans une es[)èce, un peu [>lus larges dans Taulre ; mais des variations pareilles s'observent aussi dans la même espèce, suivant les différences d'âge et de localilé, suivant les circonstances favorables ou contraires. Ce n'est que chez le C. rcvohita que les feuilles s'éloignent un peu plus du type ordi- POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. k^ naire, par leurs folioles étroites et à bords roulés en dessous. Les carpopliylles offrent des différences plus prononcées, mais entre les formes extrêmes, les carpophylles à lames profondément pinnatifides des C. revoluta et siamensis, et les petits carpopliylles finement crénelés du 6\ ^Tf/ci/ù, nous trouvons uno suite con- tinue de formes intermédiaires, qui toutefois se montrent douées de fixité dans l'ordre actuel des choses. Je ne trouve de différence bien accentuée que dans les ovules tomenleuxdu6\ revoluta, qui éloignent cette espèce de toutes les autres ; encore le C. siamensis vient-i! combler un peu la lacune : son carpophylle est sur le type de celui du C. revoluta, mais ses ovules sont glabres comme dans les autres espèces. Les différences des androphylles sont bornées à leur grandeur et au prolongement plus ou moins considérable du sommet stérile. Dans cet état de choses il est clair que, au point de vue systé- matique, les différences peu considérables en elles-mêmes, mais constantes, que présente la forme des carpophylles ont une grande valeur pour la fixation de l'espèce, de môme que l'organisation de ces organes donne la base pour l'établissement des genres. Des modifications en apparence insignifiantes du type fondamental des carpophylles prennent ici une importance majeure, surtout quand elles s'accompagnent de traits spéciaux dans l'habitus, les caractères des feuilles et la distribution géographique. La comparaison des formes végétales vivantes avec des formes voisines éteintes, mais ayant appartenu à des périodes qui, au sens géologique, sont liées à la nôtre, a, dans beaucoup de cas, porté à un haut degré de probabilité l'hypolhèse qui considère les espèces actuelles comme dérivées d'espèces antérieures. On peut étendre cette méthode à des périodes plus longues et plus anciennes, et en transporter l'application des espèces aux genres. M. Brongniart est le premier qui ait réuni sous le nom de Cyca- dites des formes analogues aux Cycas. Ce sont des feuilles de différentes espèces provenant du greensand de Kœpinge et Hœr et des couches wealdiennes de l'Allemagne. Les espèces qu'on 44 NOUVEAUX MATERIAUX cite du lias de Cobourg- et des leltcnkohle de la Tliuringe, ces dernières détenniiu'os par }\. Hallier d'après des exemplaires in- coniplels, me jiaraisseiit Irès-doutcuscs, cl je ne me hasarde pas à arfuiiicr (pie le fj;enre Cyoas tut représenté à ré()uque où le groupe des Cycadées semble avoir atteint son poiut culminant, c'est-à-dire dans la période jurassique. Tous les genres de cette période apparlienuciil à la division des Zamieœ quant à leurs feuilles, tandis que (pielques tiges fossiles paraissent indiquer le groupe des. Encephalarteœ. En général, les Cycadées jurassiques ra])pelleiit plus les types américains que ceux de l'Ancien Monde. Cycas Linn. § î. Ovula tomentosa. CarpophyUi lamina profunde pinnalifida. 1. C. reyo/w^aTIiunl),, FI. Jap., p. 2-29. Foliola densa linearia spinoso-pungentia rigida niargine rcvoluta ; petiolus spinosus (in var. interduni inermis) ; carpopliylla dense hirsuta, lamina profunde jiinnalilida, segnienlis apice spinosis; ovula tomentosa. Species diu cognila , ciiltura in rcgionibus caiidioribiis totius fere niuiuii dispersa. Conï. Monof/r., p. 23, Epicrisis in Tijdschr. v. d. Wis., en N(it. Wetemch. I, p. 285, Prodr., p. 6 et 16. — Zuccarini in Abltnndl. il. Math. P/n/s. KL d. Bayer. Akad. d. Wiss.., If, 3, p. 237. — Quii; jam ante Tliunbergium de hacspecie innotuerunt, in Monogr. l. c. comnie- moravi. — Num lia^c species rêvera uti Tliunberg aliique statuant in Japonia nec non in Sina sponte crescat, nondiim satis evictum videtur. Fide Fncf/clopediœ Japonic, vol. 88, p. 13 e^ lihri cujusdam sinensis ex insulis Loo Choo osset inlroducta; hoc autem jam anliquissimis tempo- ribus factum fuisse, probant vetustissimœ arbores, quas jam medio s/lli lamina profonde serrata usque serrulata in seqmnli spccie vero profuncle pimmlifida. 2. C. Siamensis ^\\(\. in 31ohl et Sclild. Bol. Zeitung, 18GS, p. 33:V Tnmcusluiniilis; pcliolussinnosus; foliula ulrinqiie 50-65, inriina cl sii[»reiiia abbrcviala, omnia dccurrcnti-iiiseila lincari- laiiccolata spinulosc mucroiialo-aciila, basilcvilcr altenuafa, plana, marginc Icvissime incurva; carpopbylla sordide tomcntosa, ovulis glabris, utrinquc uno, lamina profnndo pcclinalo-pinnaiifida, scg- mcntisnlrinqnelO plnribusvc subglabris apice spinosis. Iteliqua conf. loc. cit. Truncus brevis in oninibus exemplaribus quae vidi; petioli 3-6 poil. longi dorso applanati, anlice trisulcali, praîler parlem iiiferiorem spinulosi ; foliola subdensa (in cultis distanliora) pateiUia 3^- o ij, vix/i poli, longa, 2 r. lin. lala, sursuiu sensim angustata; tolum toliuin 1 ^- - 1 J pédale^ usque 7 poil, lalum. — Carpopiiylla iis C. revolula> minora, alio(iuin simillinia, sed ovulis glabris semiimnicrsis (lonata. Sponle crcscit in impcrio Siam, ubi Prong vocatur : Tcysmann. 3. C. circinalis Lmu . Syst. nat. et Sp. pi.., excl. sijn. prœter Horl. Malah. Truncus clatus; pctiokis infcrnetctragono-subcylin- (Iricus ulrinque spinidosus ; foliola utrinquc uscjuc circiter 100 infuna et suprema decrcsccntia, c basi altcnuala cl adnalo-dccu rente auguste lanceolata recta Icvitcrquc falcata subacuniinato- acuta^ apice non spinescente, novella Icviter glaucina; andropbylla corpore locellifero cuncalo, sterili in longius acumen excurrentc ; carpopbylla longe pedunculala utrinquc '2-5 ovulata rui'ule tomcn- tosa, inferne subtetragona, lamina slerili c basilatocuneata rhombea marginibus supcrioribus et acumine utrintpic argule subsequalilcr serrata (scrraluris 20), in acumen angustumlongnm cxtrcmo apice intcgcrrimum excurrentc; semina glabra auranliaca cllipsoïdeo- globosa. Vera C. circinalis Linn. est species quam lUieede nomine Toddœ Pannœ/\n vol. III florti Mo.lab, pulcherrime et accurate delineavit. Lin- r- POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCÂDÉES. lil na3us serius speciem Ruinpliii Herb. Amb. synonymis addeiiS, primiis quasi errorum auctor fuit, Inde eriim factum est ut plures alias species affines C. circinalem nuncupaverint auctores, R. Browii summo jure statuit : « Sub nomine C. circinalis plures species procul dubio confusse, e vivis solummodo extricanda?, » et 2 species in Nova Hollandia boreali investigatas describens, ejus diagnosibus docemur, cliaracteres certos essenliales ex organis iVuctificationis petencîos esse. In scriptis meis anterioribus cum vera C. circinali confudi speciem quam in Monogra- phia, p. 28, tanquani varietatera javanicam proposui, quœbona certe spe- cies eadcmque acCycas a Rumpliio descripla. — C. circinalem exactissinie a Rbeedio delineatam fuisse, probant exemplaria in eadem regione, scil. in ora Canara a Metz lecta et ab ilobenackero distributa. An in bortis bolanicis eadem eliam proveniat species, absque florum examine pro cerlo slatui nequit, quum C. Rump/iii aWseque plures eadeai ferefoliorum forma prœditae sint. Folia in Monogr., p. 27-28, descripsi. Andropbylia in Analectis Ind. II, p. 33, lab. V, fig. C, descripsi et deliiieavi. Carpo- pbylla in Rheedii tabulis exiinie deiineata, cum longo pedunculo 8-10 poil, longa, lamina 2 {-3 poil, longa instructa. Exemplar Canararum baec obfert : andropbylia (a Rbeedio non deiineata) 2 ^ poil, longa, corpus locellifeium cuneatum pollicem circiter longum, apice ^-5 lin. lalum, supra glabrum laeve nitidum lineamediana elevala (baud nervus] percursum_, subtus convexiusculum, ad margines acutos usque locelli- ferum, area locellifera apice obsolète biloba; pars sterilis fertili longiore basi lata triangulari in acumen erecto-reflexum tri-tetragonum apice glabro spinoso-pungens excurrens, tomento ocbrascente caeterum un- dique obducta ; ubi pars sterilis et fertilis tanquam duo corpora cuneata basibus junguntur, anguli extrorsum non dilatati. Carpopbyllum adest utrinque 3-/i-ovulatum, pedunculo antice piano, dorso angulato, faciebus lateralibus subplanis, inde irregulariler 3-ù-sub- 5-gono ; lamina sterilis paullo minor quam in tabulis Rbeedii, scd figura et serraturis exacte congruit, Ovulorum supremum utrinque juxta basin laminœ inserf um. — Semina matura ex Rbeedio flavescentia, dein rubentia, ellipsoideo- globosa, sed demta parte succosa; putamen subglobosum videtur. Observ. C. circiaali& nomine in bortis bolanicis certe plures species confunduntur quaî ex slerilibus non extricandaî. Quse e Java adveclœ, probabiliter ad C. Rumphii pertinent. In caldariis calidioribus foliolo- rum latitudo increscit.et quummagisglaucescantabliortulanis6'.^/«wcfl nuncupai'i soient. — Habeo exemplar ex insulis Nicobaricis, foliolis fere 1 pedemlongis, 7 lin. latis,quœ forsan sp. propriam sistunt. — De specie alia forsan dislincta, C. glauca vocata, conf. infra. /l8 NOL'VKAIIX MATÉm\UX h.C. peclinata (llnmilt. ?; Grill'. Noiulœ IV. p. 10, tiib.CCCLX, li,i!. o, ('. W'allichii .Mi(|. Monofjr. \). \V1. (loiiiis iu;isc. elon- galo-cylindricii.siilriiiquclcvilerîitlciuiatiis; androphyllamajnsculn, corporc locollifero ciincalo, areâ locellifcrà apice bilol)à, jiaric sierili ocliracco-lonicnlosâ e l)asi Iruiicalà siibpcllalà in acnmon siibulatuiii salis longum arrcctinn produclà. — Jicliipia cf. I. c. C. liump/iii Miq. Anal. II, p. 32, tab. V, fig. A, B, quuar/ undrop]njllu. — De Vriese Plant, rar. et nouvell. l'iisc. II, lab. I et II. Crescit in Iliinalaiie oiienlalis regiono tropica. Colilur in h. Calcul- tensi; an el in caldariis nostris occuriat? Antca folia tantum et andro- pliy'da videraiii, nnnc niihi suppetit conus ex horto Calcuttcnsi niissus masculinns, cyliiuh'icns, versus basin et apicem paullo anguslatus , 1 I prde paullo longior, medio 5 pollicibus paullo erassior, pednncu- latus, basi andropliyllis aborlivis sterilihus brevibus varie dillorniibus instructus, tolus in sicco ex indumenti et locelloriun colore ochrascens; androphylla paientia, apicibus contigua^ multo majora et crassiora ([uani in C. spfiœrica et circinali, forma inter utramquc fere intermedia, in diversa coni allitudine diversa, infima appendice slerili brevioremunita; incdii coni 1 l poil., in suprema et ima ejus parte 1 poli, longa, vertice () lin. lata, cuneiformia, sed corpore ipso (an exsiccatione?) versus paginamsupcriorem snperiorem canalicnlatini revoluto fere cylindrica adparent, in pagina inferiore liane ob rem convexo-rotunda quasi semi- cylindrica, usque fere ad basin locellifera et versus area3 locelliferae apicem costa mediana spuria obtusa munita ; unde area apice quasi biloba, costtcciue bifidœ ramulo singulo ntrinque versus angulum cor- poris fere lobulilorniem continuato; locclli oblongo-obovoidei usque atl basin debiscerites ochracei, pilis circumpositis \ longiores; corporis lo- celliferi pagina superior glabra la3vis, costa spuria percursa, in supremis et imis andropliyllis non convoluta, plana leviterve concava; pars sle- rilis androphyllorum figura varia, constanter ochraceo-toinentosa prcR- scrlim in facie inferiore; in inliniis vertice {[uasi truncataet latereutroque in angulum protracta, in convolutis sinu perpendiculari recfangulari (veluli sectio transversa corporis complicati) interjeclo, e cujus angulo procedit directione erecla processus subuliformis spinulosus (in nostris plerisque dilfractus), /i-lO lin. loiiguS;, angustus uti in C. sphœrica (an- gustior quam in icône C. Rtnnp/ni Rumpliiana), dorso pubescenti- tomentellus uli in ('. rircinali, apice glaber, coni superficiel quasi uccumbcus. Androphylla superiora pedenlentim breviora latiora, magis POUK SEKVIK A LA OONNAISSANCK DES CYCADÉES. ft9 plana, pryesertim apice eandem directionem sequente ac corpus locelli- ferum, hinc tolus verlex magis rhombeus, angulo utrinque producto complaiiato lere lobuliformi, multo minus tamen distincte quam in C. sphœrica. Infima in cono androphylla sœpe absque uUo acumine sterili ; hic illic exile filiforme exsiccatum observatur. — Androphylla in Analectis delineata tbrmam exhibent inferiorem, quibus corpus stérile abbrevialum. Hœc in universum iis C. revolutœ salis similia si inferiora magis mutica comparas. 5. C. sphœrica Roxb. FI. Ind. 111, p. Ihl. Foliola utrinque 80-100 lanceolato-linearia; conus masc. cylindraceus; androphyl- lorimi pars ferlilis auguste cuneala prgeter basin sublus locellifera, area apice truncala. iateraliter fere ullra margines pi^oducta; apex sterilis abrupte inflexus et in processum subulatum spinosum lon- gum excurrens, basi ulriuqne processu brevi ti^iangulari auctus ; carpophylla (ex Roxburgh) fcrrugineo-tomentosa utrinque circiter 3-ovulala, lamina sterili ovato-triangulari in acumen longuni su- buhîtum excurrente, marginibus argule profunde serrata ; semina matura subglobosa aurantiaca, leviler compressa. Exinsulis Moluccanis in h. Calcutt. introducta. — Haud recte liane ad C. circinalem me in scriptis anterioribus retulisse, docet conus masc. ex horto Calcuttensi mecum communicatus; ab illa enim androphyllis an- gustioribus, processu sterili multo longiore angustioreet maxime latera- libus processu lis ex apice corporis utrinque productis ditîert. — Ccelerum conf. Roxburghii l'usam descriptionem. — Conus noster diffractus, ex tragmentis pede longior, auguste cylnidricus, scil. circiter 3 poil. diam. androphyllorum densorum parum pubesceiitium processubus subulatis rectis iindique appressis exlus (;ircumdatus. Androphyllorum corpus locelliferum angusto-cuneiforme, infimorum 6, mediorum 10 — 11 lin. longum, apice infra processus latérales 3 — 3 | lin. latum, subtus bila- ciale, taciebus sub angulo obiusoconjunctis, basi ima nudum ad inser- tionem leviter dilatatum, iocellis undiqiie densissime obtectum, qui ipsos margines acuto-extenuatos excedentes extus conspiciendi e lon- ginquo margines cienulalos quasi sistunt, area usque ad basin partis sterilis abrupte intlexc continuata, sed processus latérales nudos relin- quente; pagina superior corporis glabra lœvis, costa spuria obtusa; pars sterilis sub angulo recto intlexo-erecta. unde apex corporis locelliteri transverse rhombeo-pcUiformis, ex angulo ulroque processnlum coni- IX ix 50 NOUVEAUX MATÉRIAUX pressum utriiKiuc nuiluin Uiangularem 2 lin. circiler longum exserens, (juorum niarjjioinrcrior aculo-exleiiuatus, superior depressus pelta? an- gulos laleralos odicit; ex apice peUa3 sul) angulo recto procedit acumen spiiiosuin aiigusle liiieaie 8-10 lin. lonyuiu, in inllmis pauilo brevius, magis niinusvo tetrayono-cuinpressuin, in siccis extus suicatuni, fus- cescens. l'ili niilli locellis circuniposili? Indumentuni in universum parcuMî, piicserlini in apice peltifoiini obviutn. Scmina rnalura ex h. Calciilt. niiss.i cuin Uoxl». (lescriplioiie exacte conj^rua, ellipsoideo- globosa leviter subcompressa, glabia, Uevia, 9 — 11 liii. longa; putarneii subcunt'orme subelli|)soideo-glob()SUm leviter compressum la3ve, suturis ub8o!etioribus nec versus apicem aculis uti in C. Ruînpftii, aj)ice tubuli rudiincnlo instruclum, 9 lin. longuin. — An tabulée Rumphianœparlim ad banc speciein reterenda3? an prfeserlim icon stirpis inascula3? — Carpopbyllaipiœ Koxb. descripsil iis C. liu/iiphii viilde similia vidonlur, sed in bac lamina sterilis angustior, aciuninc ipso eliam serrulato, et seminauiin globosa sed ellip oidea. G. C. Riimphii y\u\. Pcliolus lUrinque spinosiis telragono- siil)cyiiiidricus; racliis aiilice plaiiiiisciila; luliola idrinquc 50-100 lanceolato-liiieai'ia, nj)icc SLi.bacumiiialû-aiigiislata, basi Icviler al- tcmialà deciirrenli-iuserla ; conus masc. cllipsoidco-oblongiis de- iiiuiii subcylindricus, rufescenli-toinentosus ; androphylluiuin corpus locellifcrnm cuDcaluiii, pars slerilis e basi lanceolala in acumen subulaluni allenuata tola tonienlosa, inibiMcalim arrecla; car[)opbylla longe peduiiculala tomenlosa, pedunculo plerunupie tciragonu, supcrne ulriuquo 1-3 sicpius 3-ovulata, ovulis glabris senii-imniersis; lamina sterilis subrbombeo-lanceolala acuminata, ineiso-scrrata, serraturis Iiic illic viridulis, acuminc serrulato; scniina ellipsoidca. testa) parte lignea ai)iee utrinijuc subancipiti- acuiala. Hujus speciei indole nunc melius pcrspecta , sequentia synonyma adduco : Olus calajjpoi(lcsl{[xm\)\\. llerh. Amb. I, p. 86, lab. 20-23. C. circinalis Linn. et aiictt. f/uoad Uunipbii syn. — Wurnil). in le///. Ihitav. Gcnootscli. Itl, p. ^11. — Goudich. in Voij. Freycin. p. ùt^i quond j)L c'j: i/is. Waigioe et Pisang. — Blanco FI. Philipp. p. 7/i5? — Roxb. l'I.Jnd. Jll, p. 7Zi6.— DeVriese, PL rar. etnouv., l'asc. Il, taix 111 et IV. C. pectinala h\ . Jtauipliia IV, p. 15 excl. syn. llamilt. aliisque (de gra- POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 51 vissimis illius auctoriserroribus in Cycadis specierum synonymia conf. Anal. bot. Ind.^ II, p. 21 in adnot.). C. celebrca M'iq. Comment, phytogr., p. 126. Monogr., p. 31. Prodr., p. 7, saltem quoad tabulam Herbarii Amboin. C. Rumplui Miq. Bull. Se. phys. etnat. en Néerl. 1839, p. 65. Monogr. p. 29. Linnwa XXV, p. 589. tab. II(quœ carpophylla monstrosa, partira subabortiva). Prodr. Syst. Cycad., p. 7 et 17, ubi [et in Analect., II) on- drophylla horti Calcuttensis excludendn, nec nonsyn. C. Wallichii. G. circinolis var. jamna Miq. Monogr., p. 28, tab. I, fig. T, tab. H, fig. E*. Linnœa XIX, p. /il 3; tab. I. Prodr., p. 7 et 17, excl. excl. — Bl. Rumphia,\S , tab. 176 B, 176 C, excl. fere omnibus synony mis. Habitus omnino C. circinaiis, in statu sterili haud tuto discernenda, organorum genitaliumdiscrimenautemcertissinium est. Carpophyllorum lamina iti C. liumphii \i\uceo\aVA longeangusteque acuminata, pectinato- serrata, acuniine serrulato demum spinuloso et in maturis subinteger- rimo ; semina matura magis eliipsoidea, eorumque putamen (i. e. pars testœ interior lignosa) apice subancipiti-compressum. In C. circinali vera (conf. supra) lamina sterilis latior brevior pluries serrata, in uni- versum magis rhombea. Androphylla in acumen longius excurrunt in C. circinali {Analect. bot. ind., Il, tab. V, fig. C) ; in C. Rumphii hoc bre- viuset in universum latius est. (Neque tamen ad hanc speciem pertinent ea quse l. c. in tab. V, tig. A, B delineavi, quse ad C. pectinatam Griff. certo certius referenda esse, supra exposui). Carpophylla quœolim in Linncea,WN, tab. Il, p. 589-592, tanquam verae C. limnphii {quam tum a C. circinali var. javana diversam esse putabam) delineavi, mon- stros8B prolis formas esse laminis profunde pinnatifidis, arboris conti- nuata observatione edoctus sum. Casterum hœc species quœ per Archipelagus indicum late distributa est et in regionibus maritimis, in ipso maris littore crescens « Pakoe tant, )■> i. e. filix marina malaiis vocari solet, cujusque speciminae Java, Sumatra, Bornéo, Celebes et Moluccis vidi, in universum humilior vide- tUr quam C. circinalis. Ad nostram speciem C. cirxinalern Roxb. FI. Ind. m, p. lh% in hoito Calcuttensi cultam recte in me relatam fuisse, nnpcr mecum communicavil S. Kurz, herbarii in illo horlo con- servator {Conf. Catal. h. Cale, p. 59). — Folia cultœ et spontanete arboris quae multa vidi, îiiagna; petiolus validus prœsertim in parte su- periore ulririque spinosus; rachis remiteres dorso convexa antice pla- niuscula vel in angulum modice prominens; foliola usque 100 utrinque numeravi sed et pauciora ïunl, 'm spontancis plerumque leviler falcata, 52 NOLVEALX MATÉRIAUX 3-3 I lin. lata, in caldariis sa?pe latiora uti et in exemplaribus in rupi- biis calcareis litoreis ad Ronkop Javic lectis, quai valde vigida, k lin, lata. De organis scxualibus conf. descriptiones supra laudatas. Semina matura majora quani in C. sp/iœrira; ellipsoidea , utrinquc obtuso- rotundata, micropyle tubulosa persistente, 2 poil, longa, ea ex horto Calcuttensi missa iis in Java lectis omiiino ;equaiia; putanien seu testaî pars lignosa non crassa, basi acuta, utrinquc satura longiludiiiali mani- festa notata quœ apice utrincjue in marginem acutum excurrit; endos- permium seu albumen lato-ovoideum, basilato-truncatum, apice fbssuia corpusculitera exsculplum, 1 i)oll. lougum, basi pollice paullo latins, 3 cavitatis implens, strate spongioso fusco nuclei residui .*, cavitatis occu- panli impositum ; superficies interna cavitatis obducitur tenui ejusdem telaî strato, in superficie fusco-nitente, stratumque vasorum plane obdu- cente, ita ut haec in bac specie non in conspectum veniant. — Conus mas demum pede longior. Andropliyllorum corpus locelliferum supra planum paullo brevius quam in C. sphœricu et latins cuneatum, apice pedetentim et in juvenili cono recta linea in partem sterilem transiens; in cono maturiore corpus patens, apex sub angulo arrectus cernitur; totus conus pneter spinescentem androphyllorum apicem tomento obductus. 7. C. média R. Br. Prodr. FI. N, Holl. p. 3/i8. Petiolus brc- viusculiis superne utrinquc spinulosus euni rachi anticc planus ; Ibliola ulrinque usque '00 plurave auguste sublanceolato-linearia subacunriinalo-acuta, basi levifer contracta decurrenti-inserta ; carpopbylla iumentosa longe pedunculata supra médium ulrinque 1-3-ovulata, lamina sterili rliombea grosse serrata (serraturis utrinquc circilcr 12-15), acumine intcgerrimo quam ipsa mullo breviorc lerminata; scmiua malura globoso-ellipsoidca obsolète angulata. Fusior protestât dcscriptio iconibus illustrata in Monogr. Cycad. p. 26-27, tab. I et 111, Comment, phytogr. p. 127. — Prodr. Syst. Cyc. p. 7 et 16, cxd. var. (3. — A C. cùximili laminîc sterilis forma tuto discernenda. Androphyila non vidi, nec a Brownio observala fuisse videnlur. Icônes Baueriana- eximiœ banc speciem omnino illustrantes, in Mnmgr. tabniis partim repetitic. Crescil in Novœ llollamliœ bur. liloiibus. Prostat nuncviva in liortis, et accepi nuper foliiim juvcnilis arboris ex li. Kevvensi, in Uueeusland a POUR SERVIR A LA. CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 53 Hill collectœ, cujus petioUis trigono-cylindricus, dorso convexior, 7 poil, longus calamo scriptorio tenuior, spinulis alternis et oppositis apice fusculis armatus; lamina ambitu lato-lanceolata, foUolis distantlusculis utrinque 22-23, patentibus, plerisque alternis, inferioribus paucis bre- vioribus, reliquis subaequilongis, supremis erectiusculis magis perspicue decurrentibus, omnium basi decurrente striam elevatam secus rachin efficiente, linearibus spinuloso-acutis subcoriaceis, supra lucidule viri- dibus cum levi glaucedine costâ non prominente planiuscula pallida, subtus pallidioribus costa prominente pallescente, | ped. longis, 1 1-2 lin, latis, planiusculis, marginibus leviter iricrassatis. — Hsec tbliola itaque multo angustiora quam in icône laudata Baueri, nostra carte» planta junior. 8. C. angulata R. Br. Prodr. p. 348. Petiolus tetragonus su- perne utrinque spiniilosus ; rachis fere ad apicem usque ancepsj tbliola sublanceolato-linearia mutica (non pungentia) supra conca- viuscula ; carpophylla tomentosa inodice pedunculata (pedunculo obtuse tetragono) utrinque 3-5-ovulata, lamina sterili ovato-del- toidea insequaliter dentato-serrata longe acuminafa, acumine subu- lato integerrimo subsequilongo vel longiore ; semina subglobosa ; androphyllorum corpus locelliferum parte sterili lato-lanceolata recurva longius; area locellifera apice rotundata. Fusior descriptio in Comment, phytogr. p. 129, Monogr. p. 26, tab. II (ad tabulas Bauerianas n. 284 et 285), Prodr. p. 6 et 16, Lamina sterilis basi integerrima, medio minutissime, superne distincte serrata. Crescit cum praecedenle, a Brownio détecta. 9. C. gracilis Miq. Versl. en Meded. d. k. Akad. XV, p. 366. Petiolus utrinque spinosus; rachis dorso crasso-convexa, antice obtusangulo-prominens ; foliola densa e basi deorsum decurrente linearia breviter spinoso-acuta, plana marginibus lœvibus leviter incurvulis, rigidula, subtus parce minuteque pilifera ; andropbylli auguste cuneiibrmis corpus supra glabrum costa spuria obtusa, pars sterilis utrinque tomentosa lato-lanceolata recta, apice brevi- spinoso ter breviore abrupte erecto-inflexo; carpophyllum gracile praesertim versus apicem tomentellum (griseum) tri-tetragouo- angulalum utrinque 2-/i-ovulatum, lamina sterili parva rhombeo- 54 NOUVEAUX MATÉRIAUX (ieltoidea ovatove-rliombea, basi subcuneata integerrima, margi- nibus superioribiis scrralato-crenulata, apicc in brevem apiculiim submuticum'cxciirrcnlo ; scminn nbovoidco-cUipsoulea. LamiiicT. storilis ciirpopliylli parvae forma et crenulis exilibus aliisque notis perquain dislincta, slatura rel'Kiuis niinor vidôlur, excepta C. sia- mensi (jUte oniiiium liiinnUinia, Fùliis C. revolutœ formœ jtlanifoliœ, qiiam sterilem tantuin observavi, aliquoniodo similis. Racliis in medio folio 2 l lin. crassa, dorso 5 - cylindrica, antice in angulum acio obtusum prominens; foliota basi leviter aiigustata, versus apicem parum con- tracta, breviier spinoso-acuta, pleracpie leviter falcata, rii^idula, in siccis pallide viridula, margiiie la-vi subflavidulo leviterque incurvulo cincta, nervo medio utrinque prominente, subtus stomatibus irregidariter dis- posais instructa, pilisque paucis teneris munita, 8-9 poil. longa, 2-fere 2 3 lin. lata, infima paullo magis distantia 3 poil, tantum aîquantia, superiora pedetentim angiistiora et paullo breviora. Androphylla fere Impoli, longa angusta; pars locellifera sterili paullo longior cunei- formis, supra glabra costaque spuria percursa, marginibus acutis inte- gerrima, subtus locellis polliniferis pallidis fusculis obtecta, ima saltem basi excepta, area polliiiifera f poil, longâ, apice haud uti in quib\isdam aliisapice biloba ; pili tenues locellis sœpe quaternatim composiiisinter- mixti ; pars slerilis utrinque ochraceo-tomentella lato-lanceolata e parte fertili rectilineo-continuata (nec uti in pluribus aliis ad conjunctionem inflexa), apice seu triente superiore mucronato-acuto abrupte iidlexo ; totum andropliyllum medio crassius. Carpopliylla singulari modo gra- cilia, qiiamvis magnitudine diversa taraen conformia, alla 9 poil, longa, pedunculo usque ad primum ovulum 3-pollicari, pars ovulifera pedun- culo conformis sed paullo compressior U poil, occupans, lamina slerilis a basi ima cuneatainde 1 .i-l| poll.œquans; alla 6 ^ poil, longa, pedun- culo tripollicari parlem ovuliferam a3qua!ite, lamina poUicari ; alla mi- nora pedunculo 3^, parte ovulifera (ovulis utrinque 2)2, lamina 1| poil, iequaute. Pedunculus magis minusve telragonus sed faciebus irre- gulariter, anlicaque ipsa denuo subangulosa; fovete ovuliferoe utrinipie 2-U, alterna-!, suboppositœ vel in quibusdam exacte oppositaî (supremte ad basim laminœ), fovearum marginibus prseserlim inferne prominen- tibus; lamina sterilis subtus vulgo costa spuria percursa, infernesubcu- ueatim cum reliqua parte juncta ibique integerrima, marginibus supe- rioribus in apiculum concurrenlibus minute serrato-crenatis, sulcis e ijrenis contiimatis, unde superficies striato-sulcata. Ovula juniora glabra ellipsoidea, adultiora obovoideo-ellipsoidea, malura non vidi. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 55 Crescit in Nova Eollandia horeaii pvope promontorium Upstart, ulii in expeditione Burdikini détecta, a c). Ferd. iMueller mecum communi- cata qui « C. média » ? inscripsit, a qua carpophyllis longe diversa. 10. C. Armstrongii Miq. n. sp. Folia peliolo longo prorsiis inermi suffidta ; rachis semicylindrica antice plana ; foliola utrinque usqiie fere 70 patentia liiiearia subspinoso-acula plana margine Isevi cincta, infima non valde abbreviata, 2 suprema opposita erecto-divergentia. — C. média R. Bi\ forma inermis m. in Lin- nœa, XIX, p. 412. Prodr. Syst. Cijcad. p. 7 et 17. Folium totiini in hac specie apice ob sinum apertum inter suprema toliola divaricata vacuum racheos processulo interjecto singularem adspectum prae se fert ; in C. média foliola suprema ita conferteordinata, ut apex lamina3 circumscriptione sit rotundatus. Petiolus supra basin tumidam et hirsitulam 3-31 lin. crassus, pede longior, subtetragono- cylindricus; racbis antice plana, linea mediana proniinente percursa; foliola infima 3^ poil, longa, 2 lin. parum latiora, médise frondis 2{- 2 I lin. lata, 5| poil, longa ; suprema 2^- poil, longa; omnia subrigidula, glabra, subtus stomatifera, utrinque lucidula, costaque ulrinque pronii- nente, supra transverse striulata (ex diachymate). — Genitalia inco- gnita. In Nova Hollandia boreali ad portum Essington legit Armstrong n. 380 herb. Hookeri. — An in Nova Caledonia ? (cf. Observ. II). Observatio I. Inter species hujus sectionis haec sola petiolo inermi instructa,nectamen quemadmodum forma inermis C. revoiutse ad aliani speciem tariquam mera forma referri posse videtur. Foliolis enim ab omnibus mihi cognitis et ab ipsa C. média nimis dilîert. An ad eandem referenda sit Cijcas petiolis me?w<6wsquam Gaudicliaiid in insula Rawak legit, ex ipsis speciminibus quœ mihi haud suppetunt, ultra eruendum. (Cf. Freycinet Voy., Botanique, p. 33i.) Observatio II. In horto Kevvensi colitur Cycas e Nova Caledonia, juve- nilis, petiolis etiam intermibus, cujus folium misit Hookerus. An eadem sit ac C. Armstrongii non nisi ex adultioribus exemplaribus dijudicari potei'it; haud improbabile tamen videtur; frons noslra cum petiolo vix pedalis; petiolus sublrigono-vel semitereti-cylindricus, deorsum antice obiler sulcatus, prorsus inermis ; foliola utrinque 7, auguste lanceolata, basi attenuata decurrenti-inserta, apice attenuato parum spinulosa, coriacea, supra atro viridia costa concolore prorainente, subtus paUi- 56 NOUVEAUX MATÉRIAUX diora virulula costa e flavido expallida plaiiiuscula, 5 , poil, longa, i medio lata, — Si non hujus loci, certe species dislincla habenda. 11. C. Thouarsii R.Br.P/Wr. p. 3/i7, nonien. Petiolus semi- teressupernespintdosus ; Ibliola laiiceolato-lincarift siibfalcata; car- pophylla niro-fiilvo-tomcritosaspatliiilala, pedunculaa reliqiia parte parumdistincto, parte ovulifera compressa, lamina longida sublan- ceolata obtusata serrato-crenata; ovula utriiiqiie l-Zi, semiiia ovoidea leviter compressa llavescenti-rubentia ; putamen (testa interior) ellipsoideum non carinatum ; androphylla (in génère magna) corpore loccllifero cuneato, apicepeltatim cnm parte sterili abbreviata indexa juncto. C. circinalh Aub. Pet. Thouars Histoire des Végét. recueill. sur les îles de France, X (180/i) p. I, tab. I, II. Rich, Comment, de Conif. et Cyc. p. 187, excl. sjjn. C. madagascariensis Miq. Comment, phytogr. p. 127. Crescit in Madagascaria. — Andropliyllis C. pectinatae non absimllis videtur. Carpophyllis ab omnibus distincta, quippequœ non adeo distincte in pedunculum proprium constricta sunt; pars ovulifera sensim nec abrupte in laminam lato-lanceolatam expanditur. Species nondum satis certae : 12. C. W7Î f/u/a^a G a udich. ap. Desfont. Cal. hort. Paris, éd. 3 p. 29, Gaudich. in Freycin. Voy., Bot. p. 431. n. 8, est species mihi incognita. An. C. Rumphii vel seqnens?, — « Foliolis linea- ribus undnlatis valde acutis membranaceis herbaceis » . — Foliola leviter undulata in uberioribusexemplaribusseqiientis etc. Rumphii non raro eliani observavi. 13. C. glaucaUorl. Miq. Monogr. p. 30. Prodr. p. 17. Lin- nœa XVII, p. 692. Truncus et folia iis C. circinalis et affinium simillima, sed Ibliola latiora, basi minus constricta, tirmiora, saepe subnndulata et intense glauca. Species dubia, cujus flores nondum visi, in liortis botanicis obvia, obscuraî originis. Ad C. circinalem, sphœricam et Rumphii vix referri potest, liaruin enim folia tum ex Rliedii et Roxburghii descriptionibus POUR SEHVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 57 tum propria mea observatione non adeo glauca nec onini setate undulata. An C. pectinata ? — Ex h. Kewensi etiam nomine C. circinalis glaucœ accepi. Fusiorem descriptionem 1. c. proposai. In liorlis prostant speci- mina alia, staturae C. circinalis, foliis latiusculis, vixconspecilica, tbliolis angustioribus linearibus crassioribus, sed etiam intense glaucis. \h. C. Ruminiana Hort. Mosq. Lemaire lllustr. hort. XI tab. 405. — C. Rumphii, C. circiiiali caet. , sat similis foliis, petiolo spinoso, foliolis lineari-lanceolatisacuminatis majoribus et latiori- bus quam illarum, satiirate viridibus. Ex insulis Philippinis allata ulterius observanda. 15. 16. 17. Species a Griffilhio propositse : C. Jenkinsiana^ macrocarpa et dilatata in posteruin illustrandse. POST-SCRTPTVM. Pendant l'impression de ce travail je reçois de M. Masters une feuille du Gardener's Chronicle, renfermant sur le Cycas revoluta var. inermis une communication qui peut servir à élucider ce qui a été dit plus haut. «Le Cycas inermis de Loureiro constitue-t-il une bonne espèce, ou n'est-il qu'une variété du C. revoluta? Les opinions ont varié considérablement à ce sujet. M. Miquel, le monographe de la famille, avait d'abord regardé le C. inermis comme une espèce distincte, mais postérieurement il l'avait ramené au C. revoluta. M. le professeur Oudemans, d'Amsterdam, a récemment soumis à un notivel examen des individus en fructification des deux plantes, et il arrive à la conclusion qu'elles ont droit toutes deux au rang d'espèce. Il y a, dit le professeur d'Amsterdam, une différence considérable dans la forme de l'ovule (ce que l'observa- teur ordinaire appellerait la baie de ces plantes). Chez le C. revo- luta, cet ovule est à son sommet déprimé « obcordiforme » sem- blable à l'œil d'une pomme ; tandis que chez le C. inermis ce sommet est prolongé en une courte pointe. Il y a en outre des diffé- rences anatomiques et des variations dans le mode de développe- 58 NOUVEAUX MATKRIATIX men(, ainsi que dos diiïérences dans la (orme du carpopliylle; coliii du C. inermis ayant des divisions plus larg'cs, plus épaisses, éten- dues horizoïilaloment, tandis que dans le C, revoluta, les laciniures sont plus longues, plus minces et inclinent plus vers le sommet, de manière à former avec l'axe un angle aigu, au lieu de l'angle à peu près droit qu'on observe dans le C. inermis. Nous n'avons pas eu l'occasion (rexamincr les deux plantes dans l'état de jeunesse, nous ne sommes par conséquent pas à même d'émettre une opinion sur les caractères que peuvent offrir les premières phases du développement ; mais quelques baies mûres de C. revo- lula, que nous devons à l'obligeance de M. Barnes, de Bicton, ont une forme qui rappelle plutôt celle que M. le professeur Oudemans allriliue au 6\ inermis; le sommet n'est déprimé que très-légère- ment, si môme il l'est à un degré quelconque, cl il se termine en nue pointe saillante bien marquée, qui est môme plus distincte sur la co(pie dure interne qu'à l'extérieur, quoique d'ailleurs la côte ('levée, dont parle M. Oudemans, soit bien prononcée sur l'enve- loppe cbnrnue externe comme sur le tégument ligneux interne. En outre, les empreintes des faisceaux vasculaires sont, dans les spé- cimens de M. Barnes, certainement au nombre de plus de deux sur chaque côté et placées irrégulièrement, et il en est de même quant aux faisceaux qui se ramifient dans la couche spongieuse située à l'inlérieur de la coque ligneuse. Sous le rapport de la coideur, nos spécimens correspondent à ce que dil M. Oudemans (rouge de cinabre, et non jaune orangé), tandis que par leursdimcnsions nos b ii(^s dépassent légèi'emcnt celles qui ont ('Mé mesurées par le prol'esseur d'Amsterdam. La feuille fruclirère, le c-u^popliylle, de la plnnlc de Bicton s'accorde parraitement avec la description et la figiu^c données pour le C. revoluta. De ce qui précède nous tirons la conclusion que, en ce qui concerne les ovules mûrs, ni l;i foi'mo (bi tégument charnu extérieur, ni celle du tégument osseux intérieur, ni la distribution des faisceaux vasculaires n'offrent d'aussi bons caractères distinclifs que le prétend notre estimé collègue. » POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 59 M. Alpli. de Candolle m'écrit que le doctear Carruthcrs, ayant examiné dernièrement dans l'herbier de Loureiro l'exemplaire de Cycas qui représente probablement le C. inermis, le rapporte aux espèces à pétioles épineux, et le compare au C. macrocarpa. Il résulte suffisamment de là que la plante du jardin botanique d'Amsterdam, que j'avais prise autrefois pour l'espèce de Loureiro, ne s'y rapporte pas, et que vraisemblablement la diagnose de Loureiro, dont les descriptions ne sont pas toujours également exactes, repose sur une erreur. DEUXIÈME PARTIE. Encephalartos Barteri. Parmi les caractères particuliers de la végétation de l'Afrique, il faut compter l'existence d'un genre spécial de Cycadées (Ence- pharlatos) à l'extrême limite de la flore dite du Cap. Là où celle-ci finit, où- les nombreuses Ericacées et les Protéacées disparaissent, par exemple dans les régions de Uitenhage, se montrent les espèces de ce genre ; elles sont nombreuses déjà dans le pays occupé par les tribus des Amalymbes et des Tambookos, surtout sur les mon- tagnes basses, de 2000 pieds d'élévation, qui forment en ce |)oint les contre-foris des hautes chaînes, de 10 000 pieds, couvertes de neige. Ces districts sont situés à une distance de 1800 milles anglais de la ville du Gap. On y trouve les Encephalartos en groupes souvent éloignés les uns des autres, en colonies dissémi- nées, entre des broussailles d'ime moindre élévation. Je n'ai pu déterminer s'ils s'avancent jusque dans les îles Mascareignes, et il est encore très-douteux que le « E. mauritianus » de nos jardins soit effectivement originaire de l'île Maurice. Bien que, jusqu'à présent, on n'eût pas rencontré ce genre au delà du 20' degré de latitude sud, j'avais toujours soupçonné que ces points d'habitation ne formaient que l'extrême limite méridionale d'une aire de distribution beaucoup plus vaste dans 60 NOUVEAL'X MATÏ'RIAUX rinlérieurcierAfri(iuc(/Uono^r.6'//ca(/., p. kO). Celle présomption se trouve aujourd'liiii eoiilirmûc, à un plus liant degré même que je ne m'y étais attendu. Il y a quelques années je reçus de M. Van Moulte, pour en faire l'examen, des feuilles d'un nouvel Encephalarlos provenant, à ce que je conjecture, de la région ordinaire d'où nous parviennent ces végétaux; à cause de la forme singulière des feuilles, je donnerai à l'espèce, en vue d'une révision future du genre, le nom de E. heteropterus . En 1866, M. J. Yates, dont la collection de Cycadées, à Lau- derdale (Highgate, Londres), jouit d'une célébrité européenne, fit don à notre jardin botanique d'un tronc vivant iVEncepha- lartos « Barteri » , lequel ne possédait pas encore de feuilles et, malgré mon ardent désir, n'en a pas poussé jusqu'ici. Le nom donné à l'espèce me lit supposer qu'elle était la même que celle dont j'avais entendu parler vaguement, savoir un Encephalarlos découvert, au nord de l'équateur, dans la seconde expédition anglaise sur le Niger (sous la direction du doc- teur Baikie). Ces jours derniers, mon ami, M. J.D.Hooker, m'envoya, en vue d'une détei'mination nouvelle, des feuilles de toutes les Cycadées existant au jardin botanirjue de Kew, et en même temps une feuille séchée et des cônes mfdes et femelles d'un Encephalarlos non déterminé, -trouvé par feu M. Barter en Afrique, au nord de l'équateur. Il n'y avait pas de doute que ces parties n'appartinssent à la même espèce que le tronc dont j'étais redevable à l'obligeance de M. J. Yates. Si, de cette manière, Textension du genre au nord de la ligne équinoxiale se trouvait démontrée, je ne fus pas frappé moins vivement par la conviction que j'acquis de l'identité de cet En- cepharlatos Barteri avec celui (pie je possédais, parmi d'autres espèces inédites, sous le nom d'E. heteropterus^ de la pointe méri- dionale de l'Afrique. Tous les doutes à cet égard furent levés par une feuille d'un exemplaire vivant apporté de Natal, laquelle l'OUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 61 m'était adressée par le jardin de Kew comme espèce indéterminée, et qui appartient incontestablement à la même espèce. Encepiialartos Barteri Carrulh. (1) Triinciis ellipsoideus: folia petiolala circumscriptione lanceolala prgesertim jimiora versus basin cum petiolo grisea-hirsuta ; foliola utrinque prgeler inferiora abortiva circiter (i5 patentia e basi con- stricfa subarticulala (non decurrenti-adnata) lineari-lanceolata spi- nuloso-acuta, marginibus subparallelis distanter pauciserratis, serraturis in margine superiore scepe A, in inferiore 4-6, vel utrinque paucioribus patule erectis subspinulosis, sucoriacea, in sicco haud crasso-pergamacea, nervis 20-24 simplicibus paucis bifidis, foliola inferiora abortiva reflexa triparlita ima ad spinas reducta; conus masc. longe pedunculatus cylindricus; andro- pbyllis spiraliter dispositis, parte locellifera cuneata trigona, faciebus 2 inferioribus tolis locelliferis, parte sterili brevi rectan- gulo-deflexa extus peltiformi-rhombea vel triangulari, angulo imo deflexo apice truncato ; conus fœmineus oblongo -ellipsoideus bre- viter? pedunculatus; carpophyllis haud numerosis stipitato-peltatis, peltse magnae lato rhombeae angulis lateralibus deflexis. Sequitur quodde hâcstirpe in itinere annotavit b. Barter: \ « Cycadeous. Fronds average 5 feet high. a^ cônes 1 lo 1 ^ feet -), $ inc. to 1 foot including peduncle. Caudex short, barely rising above the soil; maximum size 1 foot high, 9 inches in diam. Cônes dark olive. Seeds crimson colour ripe. Seen only in a hot rocky valley 3 miles south of Zeba, on the Yomba side — about 300 feet above the river, 800 sea level. Lat. 9° 6' north. » Exemplarium descriptiones : 1. Exemplaria a b. Barter collecta: Truncus semipedalis ellip- (1) J'ai appris de M. Hooker, postérieurement, que M. Carrutliers, du Musée brilannique, avait donné ce nom à l'espèce, et qu'il en publiera une figure dans les Icônes plantarum de Ilooker. (2) Probabiliter adjecto petiolo. 62 NOliVEALX MATÉUIAUX soidoiis S(|ua!natus,innovaliouibus villoso-liirsutis?, noslcr ^laber. Folia basi sordide ochrasceiiti-griseo-villosa, sensini glabres- ccnlia, |)oliolala, aiiibidi lanceolata ; foliota infima depauperata (satis subito nec leni Iransitu in normalia conlinuala, ita ut Iblii lamina norinalibus foliolis iiiunila a pétiole npice abortivoruni rudiniciitis instructo quasi sit discriiiiinala), parva Iriparlita lobis lanccolalis spiiioso-aculis, ima ad spiiias trilidasdcnique iudivisas 1-2 lin. longas rcdacla ; foliola reliqua in sicco chartacco-pcrga- niacca lucidula nervis usque 20 simj)licibus cl bilidis nol;ita, niedii Iblii 5 ^ \)o\\. longa, -^ poil, lala, serraturis in margine superiorc 3-/i, in iidcriorc /i-5, serratura suprcina ulrinqiic apice paullo minus approximata quam in sequenlibus capensibus, (pia in rc autemnon nisi exiguum discrimen est. Conus masculus pedimculo glabro, calamum scriptorium in sicco fere crasso, hic illic cica- Iricibus (an squamarum deciduaruni?) noiato, 5 -, poil, longo suC- fullus, cylindricus, J pede paullo longior, 1 ~ poil, diam., in sicco atrofuscus, glabriusculus, pube lenerrima parca sub lente in andro- pliylioriun facie externa instructus. Androphylla spiraliter dispo- sita (in dimidio gyro cireitcr 5), ima et supreina subdiflbrinia, reliqua horizonlaliter patentia, satis arcte contigua, cuncata, 5 lin. longa, sub apice sterili /|.-fere 5 lata; pars locellilcra trigona, (sed diametro tangentiali majore), cuneata faciebus 2 inferioribus sub angulo obtuso coeuntibus totis locelliferis, areis scil. omnino in unam conlluentibus, iacie superiore plana { poil, circiler longa et apice lata, lineamcdiana elevatiore pcrcursa, supernein andro- phylli apicem sterilem rcctangulo-dellcxum transcunte, (juicrassus extus conspectus peltam referens planam rhombeam vel angulo suj)crioic rliombi deficicnle subtria ngularem, apice dellexo quasi cicatrisato-truncato, angulis cxterioribus peltœ in corporis locelli- leri margines latérales acutos transeuntibus. Locclli poKiniferi qui fere usque ad basin corporis obvii ternatim et (juaternatim conjuncti, ochraceo-fusci, pilis interjectis vixullis manifestis. Coni /em met f/e/meaf îoprostal; lotus nhsquc pedunculo !i{ poil, longus, cllipsoidcus, carpoplujllis in gyris magisobliquis, paueioribus quam POUR SERVIll A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES, 63 andropliylla ; carpophijlla exsiccala qiige prostant ovulis nec seini- nibiis instructa, uti reliquariim specienim pediceilato-poltala, i)c- dicello telraquelro-compresso, pella transverse lato-rhombea 10 lin. lata, angulo inferiore deflexo exlremo quasi tnnicalo, latera- libus arciiato-deilexis extusconvexis, snblus concavis ovula obve- lanlibus, superiore brevi parum producto. 2. Exemplaria a Van Houlle niissa : — Iblii pars inferior, petiolo 5 poil, longo (usque ad prima ibliola abortiva), sulïulta, lana hic illic superstite; foliola abortiva exacte ut in sui)criore specimine, 5-7 utrinque, ima ad spinam reducla, reliqua reflexa sensim paulîo majora trilobata, lobis divaricatis pungentibus ; /b^/o/a normalia uti in superiore sed serratura ulriusque rnarginis suprema apici paullo magis approximata ; infima 2 foliola ut et in superiore reliquis breviora utrinque serraturis 2 grossis instructa, transitum ad abortiva parum conspicuum sislunt, Foliiim compleium sine peliolo ultra 2^ pédale, circumscriptione lanceolatum, inierne per 7 poUicum spatium foliolis istis abortivis difformibus instructum ; rachis inferne digili minoris erassilie ; foliola normalia média fere ^ poil, distantia, sursum confertiora, exsiccatione exarticulanda, basi seil. constricta leviter tumidula fere subarliculatim inserta (uti mE. cycadifolio) cicatricem anguste ellipticam rachi paralielam relinquentia, patentia, utrinque circiter Û5, lineari-lanceolala, mar- ginibus prgeter basin et apicem parallelis, serraturis uti supra dcscripsi, patuie erectis liaud valde spinosis, nervis tcnuioribus (in vivo forsan obsolelis) usque 2/i, sed ssepe 20, simplicibus et bifidis prsesertim subtusdistinctis; foliola vulgo recta, raro levis- simefalcata, 5-J-5| poil, longa, circiter 1 Jlala. o. Folium speciminis vivi e Natal Promonlorii B. Spei in Hortum Kewensem introducto nulle essentiali charactere a supe- rioribus differt, nisi quod incremenlum longitudinale sub cultura paullisper impeditum videatur, circumscriptione potius oblongum quam lanceolatum, petiolo griseo-hirsuto (villo deciduo) abbrevialo antice bisulcato suffullum, foliolis inferioribus difformibus ommno uti superiurum folia instruclum, a lin. 1 usipic î poil, longis ; 64 NOUVEAUX MATÉIU.UV [(Aiolia normalia iiliiuquc 33 liorizorilalilcr in eodem [ihmo patcn- tia, basi levitcr constricla siilco iilriiique sccus raclicos (quœ dorso convexe proinincns) facicni aiilicaiii levitcr cxsertam obtiisam de- currenli al'lixa, lineari-lanccolala [trretcr suprcma minora magni- ludinc vix diversa spinuloso-acuta, serraturis dislantibus ulrinquc li et 6, superioribus pauUo grossioribus ab apice non multum re- inotis, subcoriacea, sed non rigida, supra safiiratc viridia, siibins graminco-viridia et nervis saturatiiis viridibiis Icniiibus non pro- ininentibus 11-17 siniplicibus et bifidis striulafa, d l j)olI. longa, ~ lata. — Tuluiu Ibliiini stirpis probabiiilcr junioris (unde nervii- loruin cfiain ninnerns paullo niinor) 1 ~ ped. longuin, ~ latuni, poliulo cuni parte qu^e foliola abortiva buic coutertius disposita gerit, 3 poil, occupante. Uachis dorso Ibliolis concolor. Inseratur hœc species prope E. JUeîisteinii, a quo aulem omnino distincta. TROISIEME PARTIE. CÏCADÉES DE LA NOUVELLE HOLLANDE EXTRATROIMCALE. I. Macrozamia ]\Iiq. {Monogr. Cycad. p. 35. Prodr. Sy&t. Cycad. p. 8 et 18.) DiiVert ab Encephallarto characteribus certissimis, vidclicet tb- liorum raclii sub vernalione aliquando ctian» sub t'rondescentia leviler torta, foliolis, una specie excepta, basi callosis, maxime autem carpophyllorum et androphyllorum lamina slerili magis minusve com[)lanata(in aliquibussubsinuata Cycadis laminam scr- ratam in nicntcm revocante) erccta nec deflexa nec truncata vel peltilormi uti in génère illo capensi. Andropliylla onniino uti in Cycade, carpopliylla iiiter Cycadis et Encephalarti intermedia. — Scniina probabilitcr cliam diversa scd in plerisque Encephalartis haud satis exjilorata. Sectiol. Gnmimr. Foliola veniationeciica l'iicliiii leviter torlatn siricto- imlji'icata, basi constricla rallosa passiin callosa-subauriculata. Carpo- pliylla et androphylla acuiuiiie pungenti leiiuiuala. l'OL'R SERVIR A LA CONNAISSANCK DES CYCADÉES. 65 1. M. Fraseri .Mii]. Monogr. [>. 37 tab. IV et V (a. \Sli'2). TriiiiCLis (lemunicylindriciis olatior; folia elongata robusta, foliolis ulrinque ad 70 densis lineari-lanceolatis spinoso-acutis crassis ridigissiibtiis usqiielS-nerviis, basicallosatumidiilàalbidis; conus masc. pedunculo crasso sulTultus elongato-cylindriciis usque pe- dalis demum giaber; andropliyllis in aciimen longum lanceolatum piingens excurrentibiis; fem. pediinculatus ellipsoïdeo-cyliiidricus magnus; carpopbyllorum corpus peltato-compressum basi corda- tum,apicein acuincn couiplaiiatumsubdenticulatiinfi velintegerri- innm excurrens ; scmiria oblongo-elb'psoïdea utrinque obtusa usi]ue bibolHcaria. Syn. : Zamia spiralis R. Brown, Prodr, p. 3/i8 partim. Bauer, Illustr. ined.làb. 387-391. Macrozomia Preisaii Lehm. Pugi/L VIII, p. 31 (n. 18^4). F. Muell. Fragm. Phyt. Amtr. I. p. ^il, 2^3, II. p. 179, III, p. 167. Enccphalartos Preissii Ferd. Muell. /o'/r«. Pharm. Soc. Victoria. II. p. 90. Miq. Vtrsl. en Meded. Akad. v. Wet. XV. p. 368. Cijcas Riedlayi Fiscli. in He^^h. Paris. Gaiidich. ad Freyc. p. hZ2. Truncus teste H. Brown non laro 10-pedalis; juniorum semper vidi ovoideiim, Pelioli adullorum digito crassiores, ad 2 pedes longi, magis ininusvenioxsemi-cylindrici imabasi subcanalicalati, marginibusacntis; niox antice vix piani sed arigulati, rachis antice plana vel proniiuens, jrimina usque 5-pedalis vulgo plana, ambitu lanceolata; foliola inter omnes species crasso-rigeiitia, pungentia, infima sœpe perspicue abbre- viata imaque interdum plane rudinientaria, média longissima 8-1-11 poil, longa, 3] lin. lata, nervis circiter 11 striulata. De reliquis characte- ribus cont'. libros laudatos et Heinzel Dissert, de Macrozamia Preissii in Act. Leopold. XXI parte I; necnon icônes moas in Linnœa XIX tah. Il, jîg. 1-2 et tab. III. — Tabulée Baueriante in Monogr. Cycad. a me propo- silie, liane nec Al. spiralem exliibent. Conus masc. teste Mueller semper crassier quam M. spiralis. Masc. coni iion rare in liàc et M. spirali gemi- nati, imo plures; an rêvera tune terminales? Ci^escit in Nova Hollandia occid. austral., in i^egione fluniinis Cygnorum, ad sinuin maris Geograjiborum, Régis Georgii, ad Es- peranee-Bay, prope Freemanlle, unde exemplariacompletiora pri- IX (22 nclobro 1868), 5 66 NOUVEAUX MATÉRIAUX inum a Prciss advccla ; ab cxlrema parle ausirali ns(jiie ad "IQ" Lat. aiisir. iii viciiiia tl. li'wiiig, Icslc Oldfield (iiisi M. OldfieUHi intellocta); simiin Stokcsinlet vorsus : Maxwell. "2. M. Miquelii F. Miicll Fragm. Phyt. Aiistr. III p. 3S siib Encepli. TruncLis huuiilis; pctioli basi lanali, eiim raebi siirsum spi- raliter torlasemiLereli-eumpressi ; lamina eloiigala; luliolaulriiKjuc 50 — 80 clongato-angLislo-laneeata, a basi inde regulariter angus- tata acula spinuloso-pungentia plana lueida coriaceo-eharlacca, subtus nervulis 10 slriuiata, basi iina eonslricta ad axillam antice subgioboso-eallosa; conus masciilus eylindricus glaber, andro- phyllisinfimissubmuticis, mcdiis brevilercuspidatis, supremurum aciiminc quam lamina broviorc. Syn. Macrozamiœ iipir (dis forma tropica Ferd. Muell. iii Hcrb. et Miq. Versl. et Meded. XV, p. 368, sub Encephalarto. Conf. Observât, sub- séquente. Foliis a cl. Mueller missis lani a superiore quam a sequenti diversa, foliola enim numerosiora et lotigiora, nec non forma etcompage diversa; latitndo eorum maxima paullo supra basin pertingit, unde pecietonlim modicG angustaiitui'. Conos autem hanJ vidi et ipse auctor non nisi iTiasculum conum observavit. Folia suppetentia tripedalia; foliola utrin- que circiter 50, \1-\h poli, longa, versus basin o lin. lata, suprema breviora et angustiora, oninia basi Icviter constiicta paruniper torla ila ut uti in seqiiente et in M. Macleayi pagina superior sursum speclet. Jiachis subtiigona. — In exemplaribus a F. Mueller descriptisprobabilitcr provectioribus foliola utrin(]ue usque 80, média 1 ^-.^ pedeni longa, 5-8 lin. lata, infima ad dentés spiniformes ledacta, superiora passim apice mil) altcrovc! dente instructa. Co7ii masc. 8-10 poil, long!, 4-1 ^ crassi. Creseit ad ostinm fl. Rii limond-River; C. Moore; ad iMorelon- lîny : Ilill ; aii 11. Filzroy River sub cireulo capi'icornu : A.Tliozci. Ohserv. An ad hanc vel ad sequcnlcm speciem pertineal forma singu- laris foliolis plerisque bifidis vel biparlitis, a Carolo ftloore in monlibus Wambungli ad flavium Castlercagh observala, peduncnlo fem. ferrn- ginoo-tomcntuso (F. Mueller Fnujm. V, p. 172)? 3. M. spindis Miq. Monogr,, [). o6, e.rcl labb. Bauerianis. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. B7 Truncus liuniilis; loliola utrinquc usque 30 (teste F. Miicller), linearia subspinuloso-aciita, basi constricta ima callosa et albido- pallida, palentia, non rigida, flaccidula, nervis subtusS— 10; comis masc. modice peduneulatus oblongo-cylindrieus glaber, an- drophyllonim parte sterili infcriorum abbreviata triangulàri, su- perioruiii longiore, supremormn in processum longuin liiiearem rigidiim excnrrente; carpophylli pelta transverse semikinaris in processum anguste lanceolatinn hemidiametro peltse sequilongum vel paullo longiorem integerrimuin terminata. Syn. Zamia spiralis Salisb. Proé\ p. 401. R. Brown Proé\, p. 348 partim. Macrozamia spiralis Miq., Ferd. Muell. Fragm. I, p. 41, II, p. 179. Fncephalurtos spiralis Lehm. Pugill.Wl, p. 13. Miq. Versl. enMeded. Akad. Wet. XV. p. 368, excl. Zamia tridentala. Hsec species in liortis obvia et cuiii M. Fraseri saepe contusa, ab hujus speciminibiis junioribus discernenda foliolis magis linearibus, mollio- ribus, patentibus ; adulte statu ambœ valde diversa^. An bœc rêvera sit eadem quam Salisburiusprimum descripsit, absque specimine aulh. pro certo haud uitro statui potest quum in Nova Hollandiâ oriental!, ejus patria, recentiori tempore alise affines species sint detectœ, Ipse tantum exemplaria culta vidi, quamobrem de hujus et prœcedentis speciei discri- mine dubia qusedam superesse haud negandum. Vidi autem exemplaria culta setate satis provecta, quae M. spiralem nostram tum a M, Fraseri tum a prœcedente omnino diversam esse satis demonstrare videntur. Truncus liumilis, folia breviora minora, petiolis multo tenuioiibus, foliolis paucioribus vix plus quam 30 utrinque, angustioribus. — In specimine horli Kewensis peiioius compresso-teretiusculus; lamina 1 .j-pedalis, rachi teretiusculâ a laleribus leviter compressa; foliola utrin- que 18-27 e basi calloso-constricta albido-pallida linearia, utrinque lu- cidu viridula, nervis 8-10 prsesertim subtus distinclis, in aliis exempla- ribusprovectis foliola utrinque 32, 7-2 poli, longa, 2 lin. lata, nervis 6 ; omnia basi leviter torta ut in M. Macleayi. Conurn masc. in caldariis suis educatum bénévole misit cl. J. Yates, qui cum F. IVJuelleri descriptione [Fragment. 1. p. 41) satis congruit : conus cylindricus peduneulatus 4 poil, longus glaber, a.ndrophyllis inferioribus in partem steiilem rhombeam apice brevissime cuspidulatain productis, in mediâ et superiore coni parte vero in cuspidem linearera pollicarem erecto-appressam excurren- tibus; \\mc M. Fraseri nec non M. Old fieldii sïmW'in sunt androphylla, 68 NOUVEAUX MATÉRIAUX sed minora et aoumiiiibus magls abrupte ortis angustioribus linearibus nec e basi lata sensim lanceolatis dillcrunt. Ci'escit i[i Nova Hollaiidia oriontali, v. c. prope portiiin Jack- son ex R. Brown : ad Yorvis lîay teslc F. Mncllcr, « locis sleri- libus Novae Austro-Cambriae a siiiu Morclon Bay iturluin Jackson tenus. » li. M. Macdonelli F. Miicll. Fragm. II p. 170, V, p. /i9. Miq. in Verd. enMeded. l. c, p. 37(), sub Encephalarto. Species in- certa. Haec species in N. Hoilandia ceiitrali ad flumen Neales a celebri J.-M. Stuart détecta, cujiis misserrima tantum frustula vidi, iiimis dubin, M. Miquelii perquam similis videtur; discrimen ex stomatibus in pagina loliolorum superiore obviis derivatum incertum quum bœc stomata de- missioia in siccis aîgre disceriiantur. Foliola basi callosa, 2-8 poil, longa; 2 lin. lata. 5. M. Oldfieldii Miq. Ver si. en Mededeel. Akad. Wel. XV, p. .'^70. Folia circnmscriplione Kinceoiatarigida; racliis semitereti- Irigona dorso crasso-coiivexa antice inter sulcos latérales obluso- producla ; foliolis densis palentibus basi lata sequali vix incrassala inserlis, extremis et iinis lirevioribns, linearibus spinoso-acutis, basin versus vix ani*us(atis, crassis subtus obsolète 8 — 6-nervis et obtecto-stornatireris; conus masc. pcdunculo ferc duplo bre- vior, eliipsoideo-ohlougns ; androphylloruni corpus [)atens cunei- tbrnio, |iars sterilis sub angulu rccio abru|)te arrecla apprcssa, infimoruni brevis uiulica lalo-triangularis, su{)erioruni longior, et (Ionique a basi lala in acumcn spinoso-rigidum lanceolalum excurrens. Foliorum basi non uiiilatcraliter incrassata nec torta a siiperioribus speciebus statiin discerneiida, foliolis crassis a M. spirali, cono multo minore et longe ped Miculato a M. Fraset-i distincta; cerla species, sed ex exemplaribiis imperfectis tantum cogriita. Foliola /i^--5 poil, longa, 12-2 lin. lata. Pedunculus coni maris 8;}, ipseco?)ws fere hl poil, longus, noiidum perfccle nialurus; audroplii/lla média 12-tere 15 lin. longa, quo- rum pars loccUilera 6, sterilis circiter 8 lin. liabet. lu rcgione iluniinis (>ygnorum delexit Oldfield. POUK SERVIll A LA CONNAISi«ANiJE DES CYCADÉES. 69 6. M. 3Iac leay i M'iq. n. sp. Triincus (junior) ovoidcus; Iblia distincte peliolata, peliolo trigono-cylindrico basi villosu ; iuliola antrorsiim erecta facie superiore ob levem basées antice incras- satœet punieeo-eoloratse torsionem sursum S[)eclantia, numerosa, lanceolato-linearia spinoso-aeiita versus basin et apiccni parum angusiata, coriaeea, rigida, subtus pallidiora 6 — 8-nervia, lati- tudine maxima in niedio obvia ; genitalia incognita. Exemplaiiu sterilia quœ juvenilibus M. Fmseri non absimilia, aliisrio- tis ad i]J. spii'akm et M. Miquelii spectaut, ab his autem Irunciet pelio- lorum baseos villoso indumerUo, ab omnibus f'oliolis basi rubro-picliset antrorsum erectis (unde lamina antice canaliculata) facile discernitur. In liortis non nisi junior exstat, adulta quantum e semine quod liabeo concludere licet, probabiliter staturam M. Fi-aseri cemulans. Spécimen vivum horti Rlieno-Trajectini : truncm ovoideus squamosus, squama- rum vestigiis et laniigine propria parce griseo-viliosus \ pedem altus; fo- liis duobus. Pelioli semipedales virides iiitidi basi antice et postice compressi, cœterum Irigono-c^jiiidrici ; lamina tblii lf-2 pedes longa, ob pinnas antrorsum directas non plana; foliola utriiique 48, ima breviora sed reliquis jequilata, summa breviora et angustiora, reliqua omniacon- formia, supra salurate viridia hic illic verrucellosa, nitidula, subtus pallidiora et nervis 6-8 vuigo 7 striulalo-subtlepressis iiotata interque eos slomatifera, apice pungenti-spinoso-acuta, a niedio versus basin et apicem regulariter angustata, ima basi prœsertim antice et in axilla glan- duloso-subcallosa et rubro-puniceo-colorata (unde elegans Iblii faciès); médise frondis 5^-6 poil, longa, 2-2^ lin. in medio lata; rachis sursum valde angustata, tota utrinque sulco longiludinali exarata. Supremis fo- liolis macula rubra deest. — Folia novella tota lanuginosa, adulta prae- ter basin glaberrima. In foliis a Van Houlle nomine Catakidozamiœ Mac Leayi missis, alio- rumque hortorum nomine Cat. Mackenzii vel Mackeani (ex errore pro- babiliter), e seminibus ad Moreton-Bay iectis educatis petioli novempol- licares deorsum semitereti-compressi, /«^/nV.œ l^-pedales, foliola utrinque 28, média 7{ poil, longa, If-fere 2 lin. lata, suprema basi leviter decur- rentia. Semen, cujus tanium pars lignea adest, 1 \ poil, longum, iucequila- teraliter obtuse 4-sub-5-gonum, faciebus 2 multo latioribus, ellipsoi- deum, utrinque obtusum, iis M. Fraseri non absimile. Nascilur in Nova Hollandia orientali, in regionc fl. Morelon, ubi pi^obabiliter detexit IMac Leay. /O NOUVEAUX MATÉKI.VUX Seclio II. l'arazamia Miq. Versl. en Med. l. c Foliolii basi vix callosa subarticulatiiu inserta. Aiidropliylla ima basi subpediccllitormi-coii- stricta ; horum et carpophylloriim appeiitlix brevis. 7, M. Pauli-Guilielun llill. el ¥. .Mucll. Fragm. Phyt. Austr. l, p. 86, i>/i3, II, [). 79. TiuiicLis cinerco-lanalus, Toliu subsiù- ruliter lorta, petioio rachique antice et poslice semicylindrico-com- pressis, illo versus basin lanato ; lamina ambitii laneeolata, Ibliolis densisrarlieos marginibiisinserlis iitriiKpie80 — 120 crecto-palulis angiistissime linearibiis spiimloso-aciilis iulegerritnis (pi. novellae apicc paucidontiilis), coriaceis, siibtiis subinvoliito-eoncavi-caiiali- culalis, basi siibeyliiidricis conslriclis et calloso-pallidis ad axillaiii vix eallosis, su!calo-5 — 5-iiorviis; coiii glabri ; androphylla l'or- pore loecllifero iiria basi subabruple conslricto cseterum cimeato, appendice sterili iii apieuhim brevem spinoso-acutuni ereoto- reflexum excurrente ; carpophylloriim pelta transverse dilalata, vertice rhombeo e crista transversa in brevem processulum i-e- flexo-erectiim spinosimi terminato. Syn : Encephalartos Pauli Guilielmi ¥ev A. ^IneWav in Transactions Pharmac. Society Victoria, II. p. 91. Miq. Versl. en Mededeel. XV, p. \Mh. Encephalartos vel Zamia Mackcnii hortor. quorundaui (an ex regione lliiminis Mackenzie?) Encephalartos lannginosus hort. quorund. Macrozamin femiifnlia hort. Kewensis^ excmplaria sub cultura habitu valde rraitala. Species perdistincla, petiolis dilatato-compressis t'oliolisque racbeos dilataUc aiigulis distantibiis iiisertis, peraiigustis siibtiisque luinc cana- lic.ulatis mine involutis snicato-nervosis valde distincta. Exeniplaria t'o- lioiuin eximia miseruntllaage et Schmidt Erf nr t anses qn-, pedalis cylindricus vel oblongus; androphyllorum corpus loceliiferuîn cuneiformi- compressuin, corpus stérile subsecuriibrmi-rliouibeum Iransverse 72 noivi:;al\ matlkivlx incrassaluin ex inargiiic siipcriorc apicuhiin coriaccum patentem vel siirsiim redcMiiii cxserens ; contis fciriiiiciis ovoideiis brcvior; carpophylla piHlici'llalo-pcllala, p(*lla eonlalo-renirornii coniprcssa in brevfun ciispideiii latam iiilegraiii vol hicillic fissam coriaccam recLirvam cxciirreiitc, Syn. Macrozainia g igas cl de'wï M. cviolepis kù. Broiigiiiart mss. et In hortis {\\\x\\\h\ descripta videtiir). Lepidnzamia Peroffslnjana Regel in Bulletin Ac. Mûsk. 1857. Sejmraf, impr. p. 20-23, cum icône xylogr. pi. junioris. Miq. Prodr. Syst. Cycad. p. 10 et 22. Lepidozamiii ininor}i[\i\. rnss. et in hurtis (juveiiilis). Macrozamiu Denisonii MooreetF. Muoll. Fragm. Plnjt. Amtr. I, p. '4I et2/i3 {a. 1858-1859). V. p. 209. Encephalartos Denisonii F. Muelleri Transact. P/iarm. Soc. Vict. II, p. 90 (1859). Ali(i. Varsl. en Med. Acad. Wet. XV, p. 37. Macrozamiu Macleayi hort. qmrundam, etiaiu Calakidozamia Macleaiji, neciioii M. Mackemii {pmnia ex errore). Spectatissima inter congénères adulla /rw^ico usque 18-20 pedes alto, /b///s 7-1 2-pedalibus saturale viridibu.slucidis; foliola 6-8 poil, loiiga, | circilcr iata. Cowis fem. sescjuipedali?, masc. 3 { pedes longiis. Ca^ltTum cf. descriptiones laudatas. In exemplnribus junioribus hortorum petioli magis semicylindrici, rachis fere cylindrica, sed antice in omnibus uiiinquesulco foliolilero inslnicta, qui sibi arcte contigui nori nisi cos- tula perangusta separati. — An ad luinc speciem referenda Macrozaniiaî cxemplaria vigintipedaiia ad Grcat Australian P.right visa? [Versl. en Med. À'on. Akad. Wet. XV, p. p. 370 in admit.). In Nova HoUandia oi^iciitali auslralioie liaud rara vidoliir; in regiono ad Morcton Bay primuni dclexit J. Vcrrcaux et i»lanl{B c seininii)iis ab co missis Parisiis cducata" in liorlos eui'opirv'S Iransiveriinf, nominibiis a cl. BrongniaiH datis supra indicalis. Carpo|)l)ylla a Brongniarlio cmn cl. Yatcs rominiinicala ((pii inilii aliqnot bénévole cessil), de synonyniia nulluin diibiuin relin(iiiuid. Il) sylvis prope Durando ad Morelon Bay : W. llili, in regione fl. Manning : SIephenson ; ad Uockingliain Bay : F. Miielier ; in disir. (1. Uin-nclt : C. Moore; in Irarlii monlimn Kxpedilioii-range uscjuc ad [)lagani allain Buckland Tablclaiid. in jugis nenioi'osis POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. l'6 basalticis ad 1000— '2000 ped. ait. : A. C. Gregory. —in iiort. Kevvensem e Queensland inlroducta. II. Bowenia Hook. fil. Androphyllorum corpus locelliferiim cuneatiim brevissime sti- pitatiim, processus sterilis truncatiis et miUicus. Carpophijlla sti- pitato-pelata, pclla deltoideo-rhombea mulica, siibtus biovulata. Embryonis cotyledones brevissimse basi connatoe. Genus valde singulare, maxime distinctiim, ioliis bipinnatis in ordine plane beteromorphiim, androphyllorum et carpopliylloruni vertice mutieo in aopendieem haiid produeto a Macrozamia, di- versum, bac l'atione Encephalarto et Zamiis vcris magis quani Macrozamiœ affine. \. Bowenia spectabilis Hook. fil. Bot. Magaz. tab. 5398. F. Mu^W. Fragm. Pliyt. Austr. V, p. 17!, ubi descri|)lioncs fu- siores. (^rcscit in Nova Hollandia boreali orienlem versus , prope Endeavour-River ; A. Cuniiingham ; [)rope Rockingham Bay : W. Hill et Dallacbv. ÉTUDES SUR L'HERDIER DU GADON DU MUSÉE DES COLONIES FRANÇAISES. (Continué du vol. VUl, page 90.) OcHNACÉt:s. — Il n'y a dans l'herbier qu'im seul Oclmn, depuis longtemps connu sous deux noms dilTérenfs. C'est VO. multi/lora DC. (in Ann, Mus., XVII, /|12, t. 3, n. h) dont nous nvons vu l 'échantillon-type dans l'herbier de Jussieu. Il provient de l'her- bier de Thouin et a été recueilli à Sierra- Leone parSmeathmnnn. Palisot de lîeauvois a observe la même espèce à Oware, et des fragments de sa plante existent aussi, à ce que nous pensons, dans l'herbier de Jussieu, quoique i)ar erreur, sans doute, ils soient indiqués comme venant de Tabago. Ils ne nous paraissent pas pouvoir être allribués à une autre espèce que réchaiitillon d'Oware et de Bénin, qui fait partie de l'herbier de Palisot, et que Richard, Guillemin et Perrotlet [FL Seneg. Tent., I, 137) ont rapporté à leur O. dubia [i. XXXY). On ne peut tenir compte des différences que signalent ces derniers auteurs entre leur O. dubia et VO. multiflora; ni quant à la forme et à l'étendue transversale des carpelles, qui varient avec l'âge et suivant le nombre de ceux qui deviennent fertiles dans un fruit donné ; ni quanta la forme des anthères, car De Candolle n'a certainement pu observer ces der- nières sur un échantillon qui en est dépourvu. Mais la comparaison d'un grand nombre d'échantillons montre que les deux espèces doivent être réunies en une seule, quoique M. Planchon ail, dans son travail sur les Ochnacées, placé \0. multiflora dans la pre- mière section du genre, 'et VO. dubia dans la cinquième, celle des Spiranthereœ. Nous n'avons même pu trouver un seul caractère constant (pii permît de distinguer VO. dubia connue forme de l'autre espèce; et ceux (|uc nous avons pu apercevoir varient sui- ÉTUDES SUR l'herbier DU GABON. 75 vant la saison sur les différents échantillons récoltés par M. Griffon du Bellay (n. 209, 281), sur les mêmes pieds, mais à des époques différentes de l'année. A Denys, près de notre comptoir du Gabon, la plante est appelée Pendziego. C'est là un arbuste assez rare. Heudelot (n. 903) l'a rencontré, en 1837, dansla Sénégambie,sur les bords ombragés et humides du Rio-Pongos. Il a remarqué que ses fleurs sont jaunes, et « d'une odeur si pénétrante qu'elles sont toujours couvertes d'abeilles. Ces fleurs ne sont ouvertes que le matin, tandis que le soleil n'a qu'une petite élévation». Les feuilles varient beaucoup de consistance et d'épaisseur avec l'âge, membraneuses à l'époque de la floraison, coriaces et épaisses quand les fruits sont mûrs. Elles ont alors jusqu'à 8 ou 10 cen- timètres de long et sont d'un beau vert clair, luisant, surtout à la face supérieure. Elles sont tantôt parfaitement entières sur les bords, et tantôt pourvues de ces petites crénelures ou dentelures qu'on remarque dans la plupart des Ochnacées ; mais ces décou- pures peuvent être, ou à peine indiquées, ou très-prononcées sur les différentes feuilles d'une même plante. Le calice est d'un beau rouge, et le fruit, d'abord d'un vert grisâtre, devient, à ce que nous apprend M. Griffon du Bellay, presque noir à sa maturité. Le ré- ceptacle commun est également rouge et simule une petite fraise. Le péricarpe est très-oléagineux ; l'enveloppe de la graine est rouge, et l'embryon présente une teinte verdâtre. Nous savons, par les auteurs du Niger Flora (271), que Don a trouvé cette même plante à Sierra-Leone. Nous l'avons vue également dans les col- lections de M. Perrottet, de Leprieur (Casamance, près d'Itou), de Barter, et de M. G. Mann. Le genre Gompliia est représenté par deux espèces, savoir : le G. reliculata de Palisolde Beauvois,pt la plante nouvelle que nous allons décrire sous le nom de G. Dwparqueliana. La comparaison des nombreux échantillons conservés dans les herbiers de Paris et de Londres nous a convaincu qu'on ne pou- vait considérer que comme des fornies d'une même espèce les plantes suivantes qui nous avaient d'abord paru bien distinctes : 76 ÉTUDES SLR l'uKHBIER DU GABON. 1" Compina reticulala Pal. Bealv. (F/, owar. etben., Il, 22, t. 72. — DC, in A/m. M«5., XVII, /iI9, n. 16). 2" 6'. squamosa \)C. (in ^/?n. Mif.f., XVII, /ii8, ii. 12, I. 12. — Oclma squarnosa SyiEximi.^ lierb). 3° G*, flava Sciium. et Thonn. {Beskriv., 21G). h" G. macrocarpa Hook. f. (Nig. F/., 272). Or le nom spécifique le plus ancien esl celui de la Flore (rOware et de Bénin (1807); ceux de sqmmosa et de flava datent seulement de 1811 cl 1827. Les caractères qui paraissent ajipartenir en propre au G. reticulata de Palisot de lîeauvois peu- vent, il est vrai, se modifier de telle façon qu'on ne les retrouve plus que vaguement indiqués dans les types des autres es[)èces. Ainsi la réiicnlation des nervures peut être moins marquée dans les G. flava et squamosa. L'iiillorcscence est plus ou moins ramifiée; les fleurs sont plus ou moins serrées dans les différentes formes ; leurs pétales sont [dus ou moins coinls et obtus. IMais comme l'or- ganisation de la fleur et du fruit est au fond toujours la môme, et comme, pour tous les caractères qui varient, il y a une foule de transitions insensibles, on ne saurait dire nettement où commen- cer.iient, parmi tant d'exemplaires qui sont maintenant dans nos herbiers, le 6". flava, le squamosa et le reticulata. La forme flava a été récoltée par M. Mann (n. 271); elle fait partie des plantes en- voyées à A. L, de Jiissieii par A^alil. La forme squamosa a été observée par Smeathmann à Sierra-Leonc (lierb. Thouin, nunc Juss.) ; elle se trouve aussi dans l'herbier de 11. BroNvn, provenant du même pays (Morson). Heudelot (n. 9/j5) l'a retrouvée en 1837, « le long des eaux vives, près du Fouta Dhiallon» . La forme reli- mlata existe dans l'herbier de Palisot de Beauvois, et, à Kew, dans les collections de l'amiral Grey et dcBarter (Princc's Island, n. 2017). Elle fait aussi partie des plantes de M. GrilTon du Bellay (n. 325), (|ui l'a reconnue comme analogue au Pendziego des Gabonais et (|ui l'a vue en fleurs eu 0(>tobre 1863, dans la plaine sablonneuse de Kringer. G'est, d'après lui, un arbuste fort élégant, haut de 2 ou 3 mètres et, plus souvent, d'un mètre ÉTUDES SUR l'herbier DU GABON. 77 et demi seulement (Heiidelot dit qu'au Foula Dliiallon il a 2 mè- tres de hauteur). Ses fleurs sont d'une belle couleur jaune clair. Après la floraison, leur calice et eur réceptacle deviennent rouges. Les fruits sont d'abord d'un vert clair, puis ils noircissent, et leur graine renferme un embryon vert très-visible. Les feuilles sont tantôt presque enlières sur les bords, et tantôt finement dentées en scie, comme celles de tant d'autres Ochnacées. D'autres échan- tillons, recueillis par M. Griffon du Bellay (n. ''296), à Denys et à Pyrat, où la plante est très-commune, ont des feuilles qui sont, pour la forme et la réticulation des nervures, les unes celles du G. reticulata type, les autres celles des G. squamosa ou flava.' Le P. Duparquet (n. 59) a aussi récolté le G. reticulata. Nous n'avons vu le G. glaberrima de Paiisot de Beauvois dans aucune autre collection que la sienne. C'est une espèce dont tous les organes sont très-glabres et dont les fleurs ont de longs sépales lancéolés et de larges pétales membraneux, arrondis au sommet ; ces parties sont presque deux fois égales en longueur et en largeur aux organes correspondants de l'espèce précédente. C'est dans une section spéciale du genre Gomphia qu'il f\uidra sans doute placer les splendides espèces de la collection de M. Mann (n. 2/i, 77), remarquables par leurs énormes feuilles oblonguesou spalhulées, assez semblables à celles des T/ieophrasta. Leur des- cription appartient de droit aux savants botanistes de Kew, dont l'herbier du Muséum de Paris a reçu quehjues doubles de ces espèces. Le P. Duparquet (n. 60) en a seul rapporté une à feuilles analogues, et que caractérise en outre un mode tout particulier d'inflorescence; nous la nommons G. Duparquetiana (1). Que (1) r.OMPHiA Duparquetiana, spec. nov. — FriUiculus hnmilis (to?t. Dupar- quet), ramis fragilibus medulla copiosa farctis. Folia sessilia elongato-spathiilala (majora siippel. nd ZiO cent, longa, ad 10 ccn:. lata), e bnsi subauriculata fere ani- plexicaiili scnsim alleiuiata (et lantiim 2 cent. lata), mox dilatata dcmumque ad apiccm repente aciiminata ; siunmo apice aculo; inaequali-serrulala glaberrima, supra kicida laevia penninervia (ea Theophrastarum nonnullarnm apud nos ciilta- rum referentia) ; Costa rigida lereli utrinque (in sicco) prominula; nervis primariis remotiuscule alternis arcuatis supra concavis; venis vix conspicuis, Folia juniora 78 ÉTUDES SUR l'herbier DU GABON. l'on se figure ces feuilles spathulécs, longues de près d'un demi- mètre, scssiles et presque auriculées et amplexicnules nia base, se rétrécissant graduellement de manière à ne plus représenter que le manclie de la spathule, large seulement d'une couple de centi- mètres, puis s'élargissant de nouveau en une sorte de ventre ar- rondi, large d'un décimètre environ, surmonté d'un acumen court et aigu. Jeunes, ces feuilles sont minces et fragiles, formant au sommet des rameaux une sorte de panache jaune, avec des ner- vures pourprées. Adultes, elles deviennent d'un vert uniforme, épaisses et coriaces, avec des dentelures aiguës sur les bords. Les fleurs sont très-nombreuses et réunies en une espèce de fausse- ombelle au sommet d'un court rameau ligneux, cylindrique, qui porte, au-dessous d'elles, une ou plusieurs bractées et deux feuilles presque opposées, tout à fait pareilles à celles de la tige, mais ré- duites au quart ou au cinquième de leurs dimensions, et formant une sorte d'involucre autour de la base des pédicelles floraux. Ceux- ci sont longs et grêles. Les fleurs, jaunes, avec leurs sépales lan- céolés, leurs pétales égaux à peu près au calice et leurs dixétamines à anthères allongées, vermiculées, rugueuses et porricides, n'of- frent rien qui n'appartienne à l'organisation ordinaire des Gom- phia. Un style long et grêle se dégage du milieu des cinq carpelles obovés et glabres. L'ovule ascendant, à micropyle extérieur et inférieur, mérite d'être signalé pour le prolongement singulier adsunt, ad apicem laniuli approxiniala teiuiissiiiie mcmbraiiacea, vcrisimiliter in vivo lutescenlia, IVagilissima ; costa nervisqiie valde conspicuis purpurascentibus ; dum liinbus foliorum adulloruin crassus coriaceusqiie s'a el dense virescens. Flores cul plaiitap parii adiixi sini nescimus, sed in speciininibus suppôt., r.lmiili parvi iigiiosi sul;apice, crebcninii occuniinl, spurie uaibeliati, foliis 2 parvis ((j 12 cent. loiigis) sulioppositis eis cauiis conformibu.s bracteaque iina paucisve involucrali ; pcdicellis graciiibus glaberrimis (3, 6 cent, longis) stipati. Calyx 5-partitus ; foliolis lanceolatis (ad 1 cent, longis) monibranaceis glal)criiniis, inibricatis. Pelala (lutea) calyci siibaequalia, bas! longe angiistata, conlorla, .Slaniiiia 10, orccla; lilanientis crassis brevissiniis ; aatlieris ((joniphiœ) elongalis aiticuialis verniiculalis rugosis, apice attenuatis purricidis, Garpella obovoidea glabra ; stylo filiformi, apice... ? Ovula adsccndintia; cbalaza in piocessuni daviformeni apice obtusuui inlus re- flexuui producta ; microiiyie extiorsuni inféra. — In Gabonia decenibr. 18G2 lloriferuni Icgit cl. Duparquet (berb. n. 60). ÉTUDES SUR l'herbier DU GABON. 79 de sa chalaze en une sorte de queue un peu rentlée et obtuse à son sommet , recourbée en dedans à la manière d'un liameçon. Cette sorte d'arille clialazique a été observée par nous dans un certain nombre d'Ochnacées; elle nous a paru très-développée dans quel- ques-unes, et plus volumineuse même que le reste de l'ovule, dans certaines fleurs de Brackenridgea, par exemple. Elle rap- pelle beaucoup ce qu'on observe dans la même région ovulaire de la plupart des Trémandrées. Myristicacées. — Ce petit groupe est représenté au Gabon par deux espèces intéressantes qui ne nous paraissent pas avoir été décrites jusqu'ici. Ce sont le Niohue et le Kombo des indigènes, auxquels nous conserverons comme désignations spécifiques les noms qu'on leur donne dans le pays. Le Myristica Niohue (1) se distingue facilement par toutes ses parties, glabres ou à peu près, et ses l^euilies longuement atténuées ou acuminées au sommet. Le M. Kombo (5) a été envoyé pour la première fois en France sous (1) Myristica Niohue. — Arbor excelsa ; truiico erecio (ad i25 metr. alio, /idecim. lala, ex cl. Griffon du, Bellay); rami.s Iaxis, uli planta fore tota, glaber- rimis, saepe albidis : summis ramulis (liitescenti-viridibns) parcissime puberiilis. Folia (ad 10 cent, longa, /i cent, lata), breviter (ad 5 mill.) petiolala, ovalo-lan- ceolata, basi breviter attenuala v. rarius rotundata, ad apicem longe atlenuala acuininatave; summo apice obiusiiisciilo; Integra subconacea glaberrinia, pellu- cido-piinctulala, supra lucida lœvia dense viridia, subtus paulo pallidiora opaca, penninervia, parce venosa; costa subtus prominula (albida, ex cl. Griffon du Bellay). Flores diœci? Masculi spicati axillares ; spicis capituliforniibiis brevissiine pedunculatis subglobosis crebifloris (vix 3-G mill. latis). Calyx in alabastro clavatus o-Zi-fulus; lobisinler se iiisequalibus (aurauliacis), valvatis. Stamina 3, li; lilanientis uionadeipliis in colamnani gracileni cylindricam erectam coalitis; antheris linea- ribus (Mcctis, lougitudine rimosis. Flores fœminei ignoti. Fructus (ovum colum- !)inumad3equans) breviter (10-15 mil!.) slipitatus ; pericarpio deniuin subsicco gra- nuioso (lutescente) aromalico ; sapore acerbo ; secuuduni sulcum sinuosum (coccineum) demum fisso bivalvi. Semen ellipsoideum (3 cenl. longum, 1 ^ cent. lat.) arillo lacero dense rubro, extus lucido, intus albido, undique cincluni ; integu- mento duplici ; externo albido molli pulposo; interno autem scarioso l'ragili fus- cato; albumine copioso radialim ruminalo; erabryonis minuli cotyledonibus diva- ricatis. — Crescit in Gubonia, ubi vernac. Xiohue audit, lignumque ad conficiendos remos adhibetur. he§ev uni Griffon du Bellay (n. 5) et Duparquet [n. 76). (2) Myristica Kombo. — Arbor (10-15 metr, alta, teste cl. Griffon du Bellay), fronde comosa ; ramis expansis, novellis, uti planta fere tota, petioii, nervi intlo- rescentiseque rami, lomenio denso brevi ferrugineo velulino obsitis. Folia alterna 80 KTLDES SLR l'hF.RBIER Dl GABON. le nomiV Arbre à suif daCahon. On oxlr;iit, on (Tfcl, iinoiiialière grasse, analogue au Beurre de nuiseades, de ses graines, peu usi- tées d'ailleurs dans le pays, d'inie odeur nauséeuse et quehiuefois administrées aux nègres atteints d'aU'eclions cutanées ehroniques. Celte esi)èce a des feuilles tout à tail dilïérentes de eelles du M. Niohiie, oblongues, avec un acunien très-courl. ternes en des- sous et toutes recouvertes d'un très-court duvet unilbrine, bru- nâtre. Les nervures secondai l'es, toutes également espacées et parallèles entre elles, se dirigent obliquement vers les bords de la feuille et sont très-saillantes sur la face inférieure du limbe. petiolata oblongolancoolata (ad 15-20 cent, longa, li, 5 cent, lala), longe ad basin sensiin attenuata ; ima hasi inaequali subaiiriculata ; apico longe aculo acuniinatove; intégra v. obtuse sinuata cienatave, subcoriacca, supra dense viridia glabra, subtus palli liora vclulina minute punclnlata ; cosia n planle avance en âge, ou pendant la macération dans l'eau ; (jue les vaisseaux qui contiennent ce suc sont compo- sés de cellules obiongues superposées, dont les cloisons de sépa- ration, percées au milieu, foruient un bord annulaire membra- neux autour de l'ouverlure. Il a vu, en outre, que ces vaisseaux propres sont irrégulièrement distribués autour des faisceaux libio-vasculaires. M. C.-H. Schultz disait en 1823 [Die Natur der lebendigen Pflanze^ [. \, p. 516) (jue Moldenliavver a décrit les vaisseaux du lalex du Musa paradisiaca comme des tubes articulés, i)arce qu'il les a examinés seulement à l'état achevé dans les parties vieilles de la plante. Meyen {Phylotomie, 1830) admettait dans le Musa et le Stre- litzia un système de vaisseaux du latex limités par une membrane très-fine et formant des tubes cylindriques ramifiés et anastomosés (1) Lu t'i l'académie des sciences, le 9 mars 1868 [Comptes rendus;, LXVI, Udl). IX. (25 octobre 1808.} 6 82 RECIIF.RCHES en réseau, comme ceux 'in'il croynit exister dons toute l'élendiie de tous les végétaux lacteseents. M. Unger {Anat. und Physiol. 1855, p. 159) rapporte les la- ticitëres du Musa à sa troisième forme, qui a|)|)nraît comme des utricules très-allongées, cylindriques, cà et là goidlées et médio- crement ramifiées, dont les extrémités S(^ terminent en pointe immesurable, ou s'unissent les unes aux autres et se fusionnent. M. H. Karsten signala, en 1857 {Bot. Ze.il.), la présence du tannin dans des séries de cellules en forme de tonneau, à l'intc- ri(MU' (lu fruit du Musa sapientum avant la maturité. 11 a observé aussi la même substance dans des séries semblables de cellules des feuilles, et près d'elles il existait des fibres nées de la réunion de telles séries de cellules. — Rien dans les feuilles ne me rap- pelle ces dernières fibres. De plus, M. Karsten, qui trouve que ces séries de cellules ont do la ressemblance avec les laticifères, ne s'est pas aperçu qu'elles constituent réellement les vaisseaux j)ropres anciennement décrits. En 1865 (Comptes rendus, t. LX, |). 228), j'ai indiqué l'iden- tité de ces séries de cellules tannifères avec lesvaissseaux du latex observés par M. iMoldenhawer, dont j'avais déjà confirmé l'ob- servation sur la structure de ces organes en 1857 {Ann. se. nat., h" séné, t. Yll, page 301). Je désire aujourd'bui communiquer à l'Académie des observa- tions [)lus étendues sur ce sujet, et qui tirent leur intérêt prin- cipal de la distribution de ces vaisseaux étudiée plus attentivement, et de leur constitution dans quelques plantes de celte famille peu connues sous ce rapport. Le fruit étant la partie où ces vaisseaux propres sont di posés avec le plus de régularité et de syméirie, c'est par lui que je com- mencerai ma descri[)tion. M. Karsten se borne à dire que les séries de cellules à tannin sont réparties conceniriquemcnl dans la chair du fruit. La vérité est qu'à j)remière vue, boiis un fort grossissement, elles semblent éparscs et sans ordre; mais (juand on les étudie sous de fail'les SUR LES VAISSEAUX LATICIFÈRES. 83 objectils, ou même à l'aide de la loupe, on reconnaît une certaine régulante dans leur disposition. Observées sur des coupes trans- versales d'une jeune banane de Musa sinensis, qiii ne contient pas encore d'amidon, et que l'on a fait macérer dans une solution de sulfate de fer, on les remarque sous la forme de points noirs espa- cés dans des taches blanches, à (juclque distance et autour d'un autre point plus ou moins central, dû à la présence d'un ou de quelques vaisseaux spiraux. Un grossissement un peu plus fort fait reconnaître que ces taches blanches sont constituées par un fais- ceau fibro-vasculaire et par du parenchyme environnant, dans lequel sont distribués les vaisseaux propres. L'ensemble des taches blanches ainsi composées est environné par une sorte de réseau formé par le resie du parenchyme moins serré que celui des taches, et rendu sombre par Tinterposition d'une quantité de gaz plus grande que celle qui existe entre les cellules de ces taches blanches. Tous les faisceaux contenus dans ces taches n'ont pas la même composition, et il en est de même sous ce rapport dans la tige ou pédoncule commun et dans le pétiole. Les faisceaux sont ordinai- rement d'autant plus petits qu'ils sont plus périphériques; et ces derniers, les plus petits, ne sont formés que d'un groupe de cellules allongées, fibreuses, non épaissies, sans vaisseaux spiraux. Les faisceaux un peu plus internes et un peu plus volumineux ont un seul vaisseau spiral étroit, ou deux sur leur côté interne. Ce vais- seau augmente de diamètre dans les faisceaux plus éloignés de la circonférence; et dans les faisceaux les plus volumineux il y a, outre le gros vaisseau, quelques trachées beaucoup plus grêles sur le côté externe de celui-ci, c'est-à-dire entre lai et le groupe dit du tissu cribreux. Assez souvent aussi ii en existe un ou quelques- uns, grêles également, sur le côté opposé ou antilibérien du gros vaisseau. Us sorit quelquefois annelés. C'est autour des faisceaux ainsi composés que sont répartis les laticifères. Ils sont en nombre variable suivant la dimension des faisceaux. Les plus petits de ces derfiiers sont même fréquemment 8/l RKCIIERCHKS privés de vaisse;iiix propres, et ceux (jiii S(mt un peu plus p:ros, mais encore »lépoiirvns de Iracliées, peuvent avoir un seul laliei- fère, qui est |)rès de leur lace interne. Des faisceaux plus volumi- neux soni accompagnés (h; deux, de trois ou (\\\n plus grand nombre île ces laticilëres. S'il v en a deux, l'un (!sf sur la face interne et l'autre sur l'un des côtés. S'il y en a trois, un d'eux est sur la \\\rc interne et deux sont latéraux, im de cliarpie côté. S'il yen a (piatre, le quatrième est sur la lace externe ou libérienne i\u faisceau. Antoin^ des faisceaux llbro-vasculaires plus considé- rables encore, on peut observer cinq ou six vaisseaux propres et même assez souvent sept. Le plus grand nombre des laticilëres se trouve autour des faisceaux delà région la plus interne du péricarpe. Dans un très-jeune fruit avorté du Musa Ensete, qui commen- çait à jaunir, et (jui malgré cela était très-ricbe en tannin, les vaisseaux propres avaient la même réjiartilion que dans le fruit précédent, mais il y en avait jusqu'à neuf, dix, onze et douze au- tour des faisceaux les [)lus internes, et à l'entour de (piel(|ues-uns des faisceaux des cloisons de l'ovaire, ou de ceux des placentas, il existait jusiiu'à (piinze vaisseaux propres. Tous les hiticifères dont il vient d'être question sont verticaux comme les faisceaux (pi'ils accompagnent; mais près de la face interne dw piVicarpe il en est d'autres, en assez grand nombre, (pii sont étendus borizontaiement et parallèlement à cette face interne, (!omme les faisceaux (lu'ils suivent latéralement, ou bien ils décrivent des sinuosités assez souvent considérables, (juand les faisceaux qu'ils accompagnent sont sinueux, (^es faisceaux liori- zontaux ou Iciirs l'aniilicalions, ainsi (pie des branches des verti- caux et hnu's lali(Mfères, se prolongent dans les cloisons (pii sé- parent les loges de l'ovaire, où ils sont en communication avec ceux qui s y élendent borizontaiement aussi, et qui vont aux j)la- centas. (^es mômes cloisons ont également des faisceaux verticaux acconq)agnés de môme de vaisseaux pro[)res lannifères. Oiitre ces vaisseaux propres,, dirigés, soit verticalement, soit bori/.ontnlcmeuf, on observe encore sur les coupes transversales SUR LES VAISSEAUX LATICIFÈUES. 85 de la région interne du péricarpe des anneaux coniplels fort, sin- guliers de cellules à tannin. Ces anneaux, qui ont de ()""", 20 à 0'""',/'iO de diamètre, entourent le plus souvent un faisceau vaseu- laire qui semble en occuper le centre, mais qui présente fréquem- meiit des aspects variés que je ne puis décrire ici. On est tenté de croire, à première vue, que l'on a sous les yeux un faisceau entouré d'une gaine complète de cellules à taimin. 11 n'en est rien toutefois, car dans quelques anneaux il n'existe que des cellules parenchyniateuses, et dans d'autres on a un groupe de vaisseaux spiraux faisant un coude. 11 me paraît que ces anneaux de cellules tannifères sont dus à une disposition particulière des vaisseaux propres autoin' de certains contom^nements des faisceaux vascu- laires qu'ils accompagnent. Ces anneaux sont jiarfois reliés latéra- lement avec les vaisseaux du latex des faisceaux horizontaux. Dans un de ces cas, j'avais sous les yeux un tel anneau de cellules à tannin relié à un faisceau voisin, et cet anneau était de plus entouré complètement par un faisceau circulaire horizontal, qui lui-même était en partie circonscrit par un second anneau, incom{)îet cette fois, de cellules tannifères. Cette dernière disposition semblait surtout prouver (jue l'on avait affaire à un contournement spécial de quelques-uns des faisceaux. Dans les deux jeunes fruits mentionnés ici, on reconnaissait toujours la limite des cellules constituantes des vaisseaux proj)res au point de superposition. Ces cellules, dans le très-jeune fruit du Mîisa Ensete, étaient le plus souvent globuleuses, et même quelquefois déprimées suivant leur axe; moins souvent elles étaient elliptiques, et leur longueur égalait alors deux fois leur largeur. Dans le jeune fruit plus âgé du Musa sùiensis, elles étaient plus longues, et leur paroi de séparation était déjà très- fréquemment perforée. On y voyait les globules passer d'une cellule dans une autre. Ces cellules avaient des longueurs très- diverses dans différents vaisseaux : dans les uns, elles n'avaient que 0"'",18 à 0'"",20 de longueur sur 0""",iO de largeur; dans d'autres, elles atteignaient de 0'""',30 à 0"""',/iO de longueur sur S6 RECHERCHES 0'""',1G à 0""",'i>0 de largeur; nilleiirs, ces cellules avaient de 0'"™,/|5 ;i 0'-"',50 de longueur sur 0""%l/i de lar^^eur. Les cellules du [larcncliyme voisin, beaucoup plus pelilcs, n'avaient que 0""%09 sur 0""",10 ou 0'""','1^2 sur 0""",12, et ne contenaient en- core aucune substance granuleuse. Le suc qui sortait des coupes transversales de ce jeune fruit était un peu laiteux. Examiné sous le microscope, celui des latici- fères internes était incolore, tandis que celui des vaisseaux pro- pres externes était déjà orangé, et ses globules étaient souvent réunis en masses. Les globules de ce suc avaient de 0""", 005 à G""", 03, mais dans les autres parties de la plante ils ont jusqu'à 0""",05 de diamètre. Dans le jeune fruit du Musa Ensele, ils avaient jusiju'à 0""",055. MM. Scbultz ot Karsten regardent ces globules comme des vésicules ; M. Unger y a distingué une sorte de membrane. M. Mohl nie leur natm^e vésiculaire. Il m'est arrivé maintes fois de trouver de ces globules, soit normaux, soit après l'action des dissolvants, en partie vides de la substance dense qui en fait la masse principale. Après une macération très-[)rolongée dans l'al- cool, dans la potasse ou dans l'ammoniaque, ils ont souvent paru intacts, mais souvent aussi ils étaient comme plissés, flasques; leur surface était ondulée comme si une membrane limitante avait perdu une partie de son contenu. Si dans ce cas particulier et dans quchjues autres plantes rares, les globules du latex ont un aspect vésieidairc, je suis convaincu que, dans la plupart des latex, ils sont tout à l'ait liquides. Il est vrai (pi'ils peuvent devenir tout à fait solides dans les rameaux des Clusia {Comptes rendus, t. LXIli, |>. bkO). Ces globules des Musa sont entièrement dissous dans l'éther par un contact prolongé, ce qu'avaient déjà reeonmi MM. Mohl et Unger. Tout cela prouve que les corps gras, s'ils en contiennent, doivent entrer poiu' une bien faible part dans leur constitution. Le caoutchouc, si telle est la substance soluble dans l'éther, inso- luble dans l'alcool, dans la potasse et dans raminonia(iue, en serait le principe immédiat [)rincipal. SUR LES VAISSEAUX LATICIFÈRES. 87 J'ai eu l'occasion d'observer le développement de ces globules dans quckjucs cellules de lalicifèrcs du [)étiolc du Musacoccinea. Ils commençaient avecrappnrence de petits corps déprimes appli- qués sur la paroi interne des cellules. Ces corps, convexes du côté libre et d'abord très-surbaissés, s'élevaient graduellement; puis, quand ils avaient acquis une certaine dimension, ils se déta- chaient })eu à peu de la paroi sous la forme de globules. La sub- stance de ces globules, en voie de formation, renfermait une certaine quantité de taimin, car elle prenait une leinte bleue- violacée sous l'influence du sulfate de fer, bien (pie les globules parfaits, dans d'autres vaisseaux propres du voisinage, restassent incolores au milieu du liquide ambiant, «pii devenait d'un très- beau bleu par l'action des réactifs. Les vaisseaux propres de la tige ou du pédoncule commun sont disposés aussi autour des faisceaux iibro-vasculaires, mais ils y sont répartis avec beaucoup moins de régularité que dans le fruit. Leur distribution ayant beaucoup d'analogie avec celle qui existe dans le pétiole, je ne m'y arrêterai pas ici faute d'espace. Comme dans la tige fructifère et dans le fruit, les faisceaux périphériques du pétiole sont les plus ténus. Dans la tige, j'ai trouvé ces faisceaux les plus externes séj>arés de l'épiderme par une ou deux rangées de cellules; dans le pétiole, au contraire, ils sont au contact même de l'épiderme, et consistent chacun en un petit groupe de cellules fibreuses à parois épaisses, qui ont souvent à leur surface une ou deux séries longitudinales de cellules à tannin (Musa rosacea, zebrina, etc.). Les laisceaux un peu éloignés de la [)ériphérie du pétiole, ont, sur le côté interne, des vaisseaux spiraux grêles, dont un devient graduellement plus large dans des faisceaux de plus en plus distants de la surface. Les plus gros fais- ceaux sont partagés longitudinalement en deux parties (l'une libé- rienne, l'autre fibro-vasculaire ) qui, sur la coupe transversale, semblent unies par un col étroit du à l'interposition du paren- chyme entre ces deux parties, de manière à y produire une sorte d'étranglement sous le tissu dit cribreux. Le groupe libérien est 88 IIKCIIKIÎCIIKS composa' (riiii ;nv(l(^ libres du liber (jui einiirassc pbis eu moins h; tissu eribreiix, lormé Ini-mèine de deux sortes de cellules : l(\s unes relativement larges, n-paiidues entre les antres (pii sont beaneonp pins étroites. Le gronpc vasenlaire consiste en un gros vaisseau spir;;! (pii atteint jusqu'à 0""",'20 et 0'"'",'25 de diamètre. Il a sur sa tace externe, tournée du côté du liher. rpielfpies vais- S(;aux s[)iraux grêles, et, sur la l'aeo o[)posée ou inierne, îles vais- seaux grêles également, qui souvent sont annelés. Lu groujie ou arc de cellules fibreuses, plus ou moins considérable, embrasse le faisceau sur ce môme coté interne. Ainsi que je l'ai dit, les vaisseaux |.ro|iressont distribués autour de ces faisceaux moins régulièrement (ju'autour des jilus gros faisceaux du fruit. Pourtant, dans quelques espèces ou variétés, on les trouve symétriquement disposés à l'entour de bon nondire de faisceaux. Dans le Musa vitlafa, etc., par exem[)le, j'en ai assez souvent observé six autour d'un môme faisceau. Ouand il y en a six, l'un d'eux (;si ordinairement au dos du liber, et un autre de cliaque côté du groupe libérien; un quatrième est à la face interne du groupe vaseulaire, et les deux autres sur les ('otés fie celui-ci. Telle est la disposition (jue j'ai)j)ellerai typique. Mais il est rare que les six latifères existent eu même temps. On iùmi trouve fréquemment que cinq, (juatre, trois, deux, ou senlemeut un; mais ceux (pii existent oe(;upent une des six positions indi- (piées. Quelquefois, cependant, les deux latéraux du groupe vas- eulaire s'écartent de la position normale et sont alors opposés an col étroit (jiii sépare la |)artie libérienne de la pailie vaseulaire. Ces vaisseaux propres ne sont (jue rarement au contact même des éléments du faisceau ; ils en sont le plus souvent séparés par une ou deux rangées de cellules })arenc!iymateus(»s. Le Musa zebrina m'a offert quelques exemph^s fort singubers de vaisseaux propres à sue incolore, qui ne bleuissait pas sous l'inlluence du sel de fei'. El pourtant j'avais bien affaire à de vrais lalieifères, car ce suc contenait les globules caracféristi(iucs de ce latex. SUR LES VAISSRAUX LAïlClFÈP.ES. 89 Dansées faisceaux des Musa, les lalicifèresnesont pas les seuls organes susceptibles de renfermer du tannin. On en trouve assez souvent dans quelques-uns des éléments crihrcux, et fréquem- ment aussi dans quelques-uns des vaisseaux s[)iraux. {Musavit- latœ, dacca, etc.) Les plus volumineux de ces derniers peuvent contenir un suc finement granuleux, un peu rosé ou faiblement rougeâtre. Ce suc coloré des vaisseaux spiraux n'est point dû à l'épanchement de celui des vaisseaux propres après la section ; car le latex de ces derniers avait une teinte différente : tantôt il était rouge briijue ou orangé beaucoup plus foncé [Musasinensis), lantôt il était presque incolore, tandis que le suc des vaisseaux s|)iraux voisins était rougeaire {Musa vittata) (1). La couleur l'ou- geatre du contenu des vaisseaux spiraux devenait aussi plus intense au contact de l'eaii ordinaire, comme Moldenhawer et M. Scbullz l'avaient déjà observé pour le contenu des laticifères (\u Musa par adisiaca. En outre, ce suc des vaisseaux spiraux pre- nait une belle teinte indigo à reflet violacé sous l'influence delà solution de sulfate de fer {Musa sinensis, vittata, dacca). Je dois Ï-MVG remarquer aussi que je n'ai jamais aperçu dans ce suc des vaisseaux spiraux de gros globules comme ceux que renferment les laticifères. Quelques-uns de ces gros vaisseaux spiraux, (juoique dépourvus du suc que je viens de mentionner, bleuis- saient, mais alors leur membrane seule étail colorée. Les vaisseaux spiraux plus (leiits des faisceaux périphériques peuvent également se colorer en bleu sous l'influence du môme réactif. J'ai (pielipic- fois vu aussi, avec une teinte très-légèrement rougeaire, les vais- seaux spiraux des faisceaux grêles qui serpentent horizontalen^cnt dans le parenchyme, et qui aboutissent aux petits vaisseaux anté- rieurs sous-libériens des gros faisceaux verticaux. Ces faisceaux horizontaux ne vont pas d'un faisceau vertical au faisceau sem- (1) Le nom des Musa sinensis et vittata que je donne ici, ne veut pas dire que l'on letrouveia toujours, dans ces plantes, les teintes telles que je les signale ici, parce que la couleur de ces sucs varie avec l'âge, et par conséquent avec les spé- cimens, (jsfote de l'auteur.) 90 RKCHRRCHES binble le plus rnpprnebé: ils pnssent orfiinaircMnont pnr-dcssus un tel faisceau on rleux, en arrière du côlé Iraehéen, \)Ouy aller s'unir aux pelils vaisseaux spiraux d'un faisceau vertical plus éloiiiué, ainsi que cela est bien eonnu du reste. Ces faisceaux horizontaux s'anastomosent quelquefois entre eux. On renconlrc aussi dans l'inlérieur des faisceaux, au conlact même des gros vaisseaux sjùraux, des petites cellules oblongues qui ont. de O""",!! à 0""",18 de longueur, sur 0""",01 de largeur, et qui prennent une belle teinte bleue sous l'inlluencc du sel de fer (Musa Ensete, etc.) Enfin, dans le parenchyme du pétiole, ainsi que dans celui de la tige et du fruit, sont éparses des uiri- cules à tannin en assez grand noird)re. Elles sont souvent de plus petite dimension que les cellules environnantes. Il y en a aussi d'assez nombreuses arrondies, ovoïdes ou obscurément triangu- laires, mêlées aux cellules étoilécs qui composent les cloisons transversales, [)ar lesquelles les lacunes du pétiole sont çà et là interrompues. Dans la dernière séance (1), j'ai décrit les vaisseaux propres tannifères qui existent au {lourlour des faisceaux fibro-vasculaires du fruit, de la tige ou pédoncule commun et des feuilles des Musa, où ils sont composés de séries continues de cellules superposées. Une partie de ma communication concernant la distribution des laticifères dans la lame de ces feuilles n'ayant [lu, faute d'espace, trouver place dans son dernier Compte rendu, je la joins ici à ce que j'ai à dire des organes qui renferment le taimin dans quelques autres plantes de la môme famille. Toutes les Musacées que j'ai pu étudier ont une structure assez semblable; malgré cela, plusieurs d'entre elles offrent des diffé- rences considérables sous le rap|)ort des vaisseaux propres. Exa- minons d'abord ceux de VUrania guyanensis et du Sirelitzia reginœ. Ces deux plantes ont des faisceaux iibro-vasculaires constitués (1) Deuxième partie^ lue le 16 mars {loc. cit., 519). SUR LES VAISSEAUX LATICIFÈRES. 91 à peu près comme ceux des Blusa. Vers ia suiiace du péliole, il y a, épars sous l'épiderme, à son contact dans VUrania giiyanensis^ à la dislance d'une ou deux cellules de cel épidémie dans Ic.Slrelit- zia, des petils faisceaux de fibres épaissies, dont la paroi est munie de pores très-ténus, au moins dans le Slrelitzia. Ces fascicules fibreux sont dépourvus de vaisseaux comme ceux des i>/wsa. D'autres faisceaux plus forts, purement fibreux aussi, sont placés à la dis- tance de 5 à 7 cellules de l'épiderme dans le Strelitzia. Tous les autres faisceaux sont numis de vnisseaux, et le diamètre des fais- ceaux internes est plus grand que celui des externes. Leur système vasculaire s'accroît aussi graduellement jusqu'à un certain degré, ainsi que le diamètre de leur vaisseau principal. Ces faisceaux, comme ceux des Mtisa, présentent sur la coupe transversale une sorte d'étranglement ou col, entre leur groupe vasculaire et leur groupe cribro-libérien. Ce dernier groupe, dans une feuille âgée de VUrania guyanensis^ me paraît se distinguer de celui des Musa, en ce que les fibres épaissies, à la manière du liber, occu- pent en grande partie la place du tissu cribrcux, qui se dessine beaucoup mieux chez les Musa. D'un autre côté, les faisceaux fibro-vasculaires, voisins de la face interne de la gaîne de la feuille du Slrelitzia^ possèdent sur leur côté vasculaire anti- libérien un groupe fibreux qui étend considérablement le faiscefiu suivant le rayon du pétiole. Ceci étant établi, voyons maintenant si nous trouverons, autour de ces faisceaux, des laticifères semblables à ceux qui accom- pagnent le système fibro-vasculaire des Musa. Quand on fait des coupes transversales du pétiole d'une des deux plantes nommées, qui ont macéré dans une solution de sulfate de fer, on observe, surtout après l'exposition des coupes ou des tronçons du pétiole à l'air, des cellules à tannin à peu près dans les mêmes positions que celles qu'occupent les laticifères des Musa. Ainsi, dans un pétiole de feuille de Strelitzia reginœ, traité comme je l'ai dit, on pourra trouver : une cellule à tannin au dos du liber, une de chaque côté du groupe cribro-libérien, une sur un des côtés du 92 HKCIIERCHES col 011 réirécissomcnl siliié entre co groupe et le groupe fibro- vasculaire, une de cliaque côté de ce dernier groupe, et une, rare- ment deux, derrière ie croissant fibreux qui limite le faisceau sur son côte interne ou vasculaire. Tel est l'état le plus parlait que j'aie observé. Pour que la symétrie fût complète dans cette distribu- tion des cellules à tannin autour des faisceaux, il n'en mau(piait qu'une sur l'un des côtés du col correspondant à la ligne de con- tact du groupe cribro-libérien et du groupe vasculaire propre- ment dit. 11 en est de même autour des faisceaux du pétiole de VUrania (juyancnsis; mais, comme je l'ai fait remarquer pour les Musa^ les vaisseai]x à tannin n'existent pas toujours dans toutes ces posi- tions à la fois, et il arrive souvent qu'il eu manque à [dusieurs des points désignés. Telle est la répartition des cellules tannifères près des plus gros faisceaux. Il en existe aussi, il est à peine néces- saire de le dire, au voisinage ou au contact des plus petits fais- ceaux périphériques, près desquels on en pourra trouver une de chaque côté, quelquefois deux, et une ou deux autres à quelque autre place de leur surface. De même aussi que chez les Musa, le j)arencbyme interposé aux faisceaux enserre des cellules tannifères éparses, le plus sou- vent isolées, qucbpiefois plus petites que les cellules ordinaires de ce parenchyme. 11 semble donc, d'après cela, qu'il y ait parité complète sous ce rappoil, enlrc les Musa d'une part, YUrania guyanensis et le Slrelitzia regfmœ d'anli'e pari, c'est là sans doute ce qui a engagé Meyen à penser qu'il existe dans le Strelitzia un système de lati- cifèrcs continu comme celui quïl admettait dans les Musaol dans toutes les plantes lactescentes. Il n'en est pourtant point ainsi; car lorsque l'on fait des coupes longitudinales du pétiole du Strelitzia et de VUrania désignés, macérés dans la solution ferrugineuse, on est tout surpris de n'apercevoir, à la place des laticifères con- tinus, composés de cellules su})erpo.sées, cpie des utricules isolées et courtes, semblables à celles du parenchyme environnant, les- SUR LF.S VAISSEAUX LATICIFÈRES. 9.^ quelles, il est vrai, sont nssez souvent dans la même rangée ver- ticale de cellules chez VUrania guyanensis, mais qui, chez le Slrelitziareginœ, ne sont fréquemment pas toutes dans une telle rangée verlicale de cellules parencliymateuses, en sorle que, dans ce dernier cas, l'on n'a pas même la ressource de pouvoir croire qu'une série donnée de cellules représente un laticifère, dont seulement quelques-uns des éléments contiendraient du tannin, tandis que les aulres en seraient privés, comme j'ai vu ce prin- cipe immédiat manquer quelquefois dans des lalicifères très- étendusdans le Musa zebrina, ainsi que je l'ai dit dans la première parlie de ce travail. Il va de soi qu'outre les cellules à tannin qui accompagnent les faisceaux, il y en a d'autres qui sont éparses dans le parenchyme. Elles sont surtout assez nombreuses dans le parenchyme vert péripliérique du pétiole du Strelitzia reginœ. Les cellules tamiifères du pétiole d'une feuille encore jeune de ce Strelitzia m'ont offert une particularité remarquable. C'est que certaines cellules contenaient, après la macération, des globules veris ou d'un beau jaune, tandis que chez d'autres cellules sem- blables les globules avaient été colorés en bleu violacé avec plus ou moins d'intensité. Ces globules avaient de 0'""',005 à 0"'"\015 de diamètre. Ils semblaient tout à fait liquides, et plusieurs parais- saient être unis deux à deux ou on plus grand nombre, de manière à former de petites masses irrégulières. Ce liquide rappelait celui qui est jaune cliloré dans beaucoup de cellules de la moelle des jeunes rameaux de quantités de Rosacées, etc. [Comptes rendus, t. LX, p. 10o*J). Ce liquide jaune n'est pas une solution de tannin, mais en lui se forme de l'acide tannique vrai. En outre des cellules spéciales principalement destinées à con- tenir le tannin, on s'aperçoit quelquefois que la membrane des autres cellules parenchymateuses en est imprégnée en petite quan- tité, ce que l'on reconnaît après la macération et l'exposition à l'air dans une vieille feuille de Strelitzia. Il en est de môme de la moiiibrane des cellules du tissu cribreux, ainsi que du contenu de 9fl RECHEUCHES ces cellules, <|iii se colore souvent jusqii'îni noir. I.es fibres du liber d'une telle feuille méritent aussi d'être mentionnées. Par l'exposition des coupes à l'air, après la maeéralion, les fibres de groupe libérien proprement dit et les fibres situées au côté interne ou vascuiaire des faisceaux, (luehiuefois les cellules allongées (pii environnent les vaisseaux, prennent une belle teinte bleu -violet, excepté pourtant les deux ou trois rangées les plus internes des fibres du liber, c'est-à-dire les plus rapprochées du groupe cri- breux, (pii ne se coloraient j)as du tout, ou bleuissaient seulement les dernières. Dans VUrania gmjanensis et dans le Strelitzia reginœ, les cloisons placées çà et là à travers les lacunes qui parcourent lon- gitiidiualcment le pétiole possèdent aussi de petites cellules taniii- fères arrondies, ovoïdes ou un peu triangulaires à angles mousses, entre leurs cellules étoilées constituantes, comme dans les Musa. Dans le Strelitzia reginœ, je n'ai pas trouvé toutes ces cloisons formées de cellules étoilées à six à huit branches ; vers la région supérieure du pétiole, les cloisons étaient composées de cellules polyédriques, auxquelles étaient mêlées de plus petites cellules à tannin, dont les angles étaient occupés par de larges pores ou méats qui, à la jonction de trois cellules, faisaient conimuniiiuer entre elles les lacunes placées au-dessus et au-dessous de chaque cloison. Il me reste maintenant à examiner la distribution des cellules à tannin dans la lame des feuilles. Étudions d'abord celles des Mwm, Dans le Musa si?iensis, la iamc de la feuille présente la struc- ture suivante sur une coupe transversale. Sur chaque face est un épidémie composé de deux couches de cellules, une externe for- mée de cellules très- étroites ; ime interne formée de cellules beaucoup plus grandes. Sous l'épiderme supérieur est une strate très-verte, épaisse et dense, com[)osée de deux ou trois rangées de cellules oblongcs perpendiculaires à l'épiderme ; sous rq)idcrme inférieur est une strate fort mince dedeux ou trois rangées de pe- tites cellules riches en chlorophylle comme celles de la strate supé- SUR i.ES VAISSEAUX LATICIFÈRES. 95 rieure. Entre ces deux strates vertes est un tissu lacuneux, formé de eellules plus grandes et à grains verts beaucoup plus rares. Le parenchyme ainsi constitué est traversé par des nervures de puissance diverse, et dont les plus faibles sont extrêmement étroites ; mais toutes, quekpte minces qu'elles soient, s'étendent d'un épiderme à l'autre. Là, sous chaque é[:iderme, elles sont limi- tées par un groupe de cellules libériennes à parois épaisses, pro- [lortionné à la dimension de la nervure ; et ce groupe libérien est souvent plus fort sous l'épiderme supérieur que sous l'inférieur. Entre ces deux groupes de cellules fibreuses sont les autres élé- ments du faisceau, qui, s'il est très-ténu, peut ne contenir (ju'un seul vaisseau spiral grêle, situé au-dessus de la région moyenne de la nervure. Si celle-ci est plus forte, elle peut avoir deux ou plusieurs vaisseaux, dont l'un est beaucoup plus large que les autres, comme dans les faisceaux du pétiole, de la tige et du fruit. Ces nervures sont, de plus, limitées latéralement par des cellules dont la largeur va en diminuant, de la région moycrme du faisceau constituant vers les deux groujies libériens supérieur et inférieur. Toute nervure autre que la grosse nervure médiane, dont la structure correspond à celle du pétiole, quel que soit son volume, possède deux paires de vaisseaux propres tannifères. L'une est placée vers la face interne de la strate de parenchyme vert et dense du côté supérieur de la lame ; l'autre paire est vers la face interne de la strate mince du tissu vert qui recouvre l'épiderme inférieur. Par conséquent, il y a de chaque côté du fais(;enu, en haut et en bas, un vaisseau propre. Cette disposition est d'autant plus remar(|uable que dans les nervures secondaires des Aroïdées, qui ont des vaisseaux propres semblables, il n'existe de ces derniers qu'auprès du liber inférieur de ces nervures, qui possèdent aussi quelquefois du liber sur le côté supérieur {Homalonema, Ricliardia, etc.). Comme dans ces Aroïdées, les laticifères des Musa soiit com- posés de cellules oblongues, placées bout à bout, dont la longueur variait dans une même série à peu près comme il suit : 0""",o.S, 96 RECHERCHAS 0"-',/iO, 0'"'\li1, 0'"'"/25, (r"",30, 0"'"',/iri, et (loiil la largeur était (le 0""",02 à 0""",().'^. De même (jue la laine des lenillcs du Mtisa sinensis^ eelle des Musaparadisiaca, viUaia, dacca^ coccinea et Ensete^ m'a présenté des nervures qui s'étendent d'iui ('^piderme à l'autre à travers le parenchyme. Le Musa zebrina seul m'a ol'Ieil une excej)tioii bien digned'inlérôl. dansée genre si homogène, (pie certains botanistes n'y voient que des variétés ou plutôt des races d'une même espèce. Le faisceau des plus grosses nervures secondaires seulement s'étend de l'épiderme supérienr de la lame à l'épiderme inférieur, et il a la m(3ine structure que dans les |)lanles nommées plus haut. Au contraire, les plus petites nervures ne s'étendent point jus- (pi'aux deux épidermes. Vers la face supérieure de la feuille, elles ne vont qu'un pou au-dessus de la face interne de la strate verte et dense supérieure. Vers la face inférieure de la feuille, elles sont séparées de l'épiderme par une couche verte très-mince, ce qui a lieu aussi dans celte même plante pour beaucou|) de nervures ou faisceaux (]ui atteignent jusqu'à l'épiderme supérieur. Près de ces plus petites nervures, comme auprès des plus grandes, il y a deux couples de vaisseaux propres : une couple en bas, c'est-à-dire un lalicilère de cluKjue coté du liber inlerieui"; une couple en liant, vis-à-vis la région vasculaire de la nervure. Cette différence dans la structure de la feuille (qui, probaI)le- meut ne sera jias la seule, ipiand on aura pu (>tudier ces plantes avec un soin suflisanl), jointe aux caractères morphologi(|ues, pa- raît avoir une importance considérable. Elle tend à faire douter (jue tous les Musa de l'Asie et des îles voisines doivent être consi- dérés comme de simples variétés d'une seule espèce, d'autant j)lus (jue le Musa zebrina donne à l'état spontané des graines fertiles, |iuis(pie,en effet, cette belle plante fut obtenue, dans les serresde i\I. Yan iloutle, de graines venues dans des touffes d'Orchidées envoyées de Java par M. Ad. Papeleu. On voit par ce qui précède (jue chez les Musa les cellules à tan- srr. Lrs VAîSsr.MX LATiriFKf.rs, 07 nia foi'mciil des hilicifôres (Continus, qui accoinp^igiient les ner- vures ou faisccnux ilo h lame eommc dans les autres parties de la plante. Il n'en cft pas de même dans la lame des feuilles de VUrania guijanensis et du Strelitzia rcginœ. On n'y trouve que des eellulfts isolées, é[)arses, comme elles le sont dans le pétiole de ces deux plantes. Ainsi, dans la lame de VUrania nommé, la plupart des cellules Il tannin, glol)uleuses ou ovoïdes, vues sur la coupe transversale, sont répandues à la mémo hauteur vers la face inféricus-e de la couche verte et dense supérieure, composée de cellules oblongues perpendiculaires à l'épiderme. Pourtant on en trouve aussi quel- ques-unes dans cette même couche supérieure, où elles sont de même forme que les cellules qui la constituent. Il y en a égale- ment d'éparscs dans le parenchyme inférieur. Il en existe de même dans l'épiderme, et surtout dans la seconde couche des cel- lules épidermiques, où celles qui entourent les cavités aériennes placées au-dessous des stomates deviennent bleu-noir. Enfm, les cellules fibreuses des nervures, principalement celles des pelites qui unissent transversalement les autres, peuvent aussi se colorer en noir par la solution ferrugineuse. La structure de la lame du Strelitzia reginœ mérite, pour son épiderme supérieur, quelques lignes de description spéciale. Comme la feuille des Miisa^ elle a une forte nervure médiane, de chaque côté de laquelle sont des nervures permées, parallèles, rapprochées, à peine sensibles à l'extérieur. L'épiderme inférieur est composé de deux rangées de cellules, dont rinlerne a les cel- lules notablement plus grandes que celles de l'externe. L'épiderme supérieur a un tout autre aspect. Il est formé d'environ six ran- gées de cellules. Les deux rangées les plus externes sont sem- blables à celles de l'épiderme inférieur; les quatre autres rangées sont constituées par des cellules beaucoup plus grandes. Cet épi- derme supérieur occupe à peu près la moitié de l'épaisseur de la lame, et le lissu veri seulement l'autre moitié. En travers de ce tissu vert sont les nervures secoudaires, qui forment chacune un IX. ^3 novcml):e 1868.) 7 98 UECHEUCHES faisceau étroit mi peu l'oiilli" dans la pailii; correspondante aux vaisseaux, cl limité en haut et en bas par un groupe libérien. Dans la plupart des nervures, le liber sui)érieurne dépasse pas la Innitc du tissu vert, mais dans les plus fortes que j'aie observées il s'étend jusque vers la moitié de l'épaisseur du large tissu épidcr- mique supérieur. J'ai dit qu'il n'existe pas de vaisseaux propres continus dans cette lame. On y rencontre seulement, après la ma- cération et l'exposition à l'air, des cellules à tannin assez nom- breuses, répandues dans le parenchyme vert, ainsi que je l'ai annoncé plus haut. Je n'ai que quelques mots à ajouter pour les lleliconiaspeciosa et Bihai^ et pour le Ravcmala madagascariensis . Je n'ai pas dé- couvert de vaisseaux propres dans les deux premières plantes, qui ne m'ont fait voir du tannin que dans queUpies cellules du sez grand nombre de [)]antes à feuilles naturellement oppo- sées. Ici, il nous inspire les deux réflexions suivantes. 1" Les faisceaux accessoires, que B. Mirbel a le premier si- gnalés dans l'épaisseur du parenchyme cortical, sont bien dans un rapport exact avec les feuilles caulinaires; car ici le nombre de ces faisceaux était constamment de cinq. 2° Les branches dont les feuilles étaient opposées à la base, puis alternes un peu plus haut, se comportaient ici comme le font nor- malement les rameaux modifiés que représentent les fleurs avec leur pédoncule. Sur ce dernier, il y a d'abord un grand nombre de bractées décussées, disposées suivant quatre séries verlicales ; puis auK appendices opposés succèdent des folioles disposées en spire et qu'on appelle communément les sépales et les pétales des Chimoncmtlius, à partir de l'endroit où le pédoncule commence à se renfler pour former le réceptacle de la fleur. SLNGULIÈRE COMPOSITION DE LA NERVURE DORSALE, PANS LE CA.\'ANGA ODORAT A. Par M. A. GUILLARD. L'histologie de cette plante est remarquable à plus d'un titre. L'or- ganisation de sa feuille offre une complexité exceptionnelle. Les faisceaux vasculaires, dans la nervure dorsale, ne sont pas seule- ment disposes en arc, demi-cercle ou fer à cheval, comme dans les autres Anonacées. Cette nervure dorsale est renforcée de quel- ques autres faisceaux, qui alternent avec ceux de l'arc, qui le dou- blent en quelque sorte, et qui ne sont pas moins considérables que les autres. Le liber qui, suivant le caractère de la famille, ne s'élimd pas seulement ;ui dos de la nervure, mais en fait tout le tour et forme manchon, ce liber pcnèlre de [>lus entre les fais- ceaux et, par son abondance (bien que ses tubules soient très- 108 Sl.NGLLlÈUK COMPOSITION Dli LA NEKVl HE DOKSALE. médiocrement incrustés et restent tout grands ouverts), il donne à ce court péliol une Icrmeté et une rigidité particulières. Le second trait que nous trouvons à signaler dans cette plante, est rani[)lilude de ses vaisseaux. On sait qu'en général le diamèlrc de ces organes ne dépend point de la grandeur des végétaux, mais qu'il est surtout considérable chez les espèces sarmenteuses et grimpantes. Pour mon compte, je crois avoir observé qu'il est souvent en rapj^ort avec l'étendue des mérithals et, peut-être aussi avec la grandeur des feuilles. Le Cananga odorata n'est pas dé- signé comme plante grimpante ; il a les mérithals d'une brièveté relative, l centimètre et demi à 2 centimètres chez les rameaux qui me sont communiqués par la bonté de M. Delcsscrt. Le dia- mètre de ses vaisseaux dépasse notablcmeni la moyenne ordinaire de sa l'aniille. Dans la nervure dorsale que nous avons désignée, les trachées vont jusqu'à 0""",03. Dans le pétiol, les vaisseaux vont jusqu'à 0""", 05. Dans la branche de l'année, leur diamètre s'élargit jusqu'à 0'"'%0(3 — et jusqu'à 0""",0S dans une tige de deuxans, qui marque assez distinctement deux bois concentriques; ce large diamètre maximum observé, bien entendu, dans le bois circonscrit. Cette plante a d'ailleurs les caractères généraux d'analomie qui distinguent les Anonacces. J'ai déjà parlé du manchon libérien qui signale la feuille. Ce liber disparaît dans le pétiol, ou n(* s'y forme que très-imj)arrailcment, et il y est souvent remplacé par ces épaisses cellules que j'ai signalées autrefois dans l'écorce ca- duque des Platanes, en les nommant cellules-bourrelets, et que nos confrères allemands nomment Steinzellen (cellules pierreuses, scléreuses, Chalin; pachydermes, Bérétoff). Arrivés à la base du pétiol, ses faisceaux trachéo-séveux se rapprochent en cercle; puis ce cercle s'ouvre par devant, et se décompose en trois groupes (trois cohortes fdiales) (jui vont lentement jircndrc leur place dans leverticil raméal, la cohorte médiane s'internant la i)remière, les deux latérales s'écartanl jiiscpi'aux deux bouts du diamètre du vcr- ticil, et descendant dans l'écorce jusqu'au milieu de la longueur si'u LES GRAINES DU noiCn.\nn.\TiA. 100 du mérithal. Les trachées ne sont point disposées en fdjrcs rayon- nantes : leur défaut d'alignement est constant. rjansla brandie, les couches concentriques du liber se multi- plient dès la première année. La couche primordiale a jusqu'à sept tubules d'épaisseur; les subséquentes n'en ont que deux on trois; le second cercle se forme déjà sous trois feuilles évolvées ; sous cinq feuilles je trouve trois cercles, et quaire sous huit feuilles. La moelle est relativement très-resserrée. Les tubules ligneux sont fort ditïérents des libériens r ils res- tent mous, mats, vides, non -incrustés. Ils résistent à la colora- tion violette que l'acide chlorhydrique donne au liber et surtout aux trachées et vaisseaux. Ils sont fort mal alignés, surtout dans les premiers bois. Les rayonnements celluleux (rayons médul- laires) sont très-abondants, très-épais, oftVant trois ou quatre sé- ries de cellules cote à côte. Les principaux se prolongent de ma- nière à diviser tous les cercles du liber. SUR LES GRAINES DU BOUCHARDATl A . Dans la description que nous avons donnée {Adamonia^ Vif, S/i7, t. X) du genre Bouchardatia, nous n'avions pu établir les caractères de ses graines, n'ayant eu sous les yeux que des fruits ouverts et vides. Aujourd'hui que nous avons examiné des fruits incomplètement mûrs, nous pouvons en partie combler cette la- cune. Nous n'avons jamais aperçu qu'une ou deux graines dans chaque carpelle. Elles étaient irrégulièrement ovoïdes et aplaties. Sous leurs téguments glabres, et brunâtres, nous avons vu un em- bryon entouré d'un albumen encore incomplètement formé et pul- peux. Les graines sont attachées par une large surface au péri- carpe. A cette époque, celui-ci n'était pas encore complètement sec, et l'on pouvait détacher de son noyau entièrement lisse, un mésocarpe qui, seul, est le siège des saillies arquées qui se dessi- 110 SUR LES GUAlNliS DU BOICIIARDATIA. ncnt sur le IVuil. Ce sont des irjivLires courlcs, secondaires, à peu près parallèles entre elles, qui loules parlent de chaque côte d'une nervure principale, é[taisse et eourlo, placée presque j)ara1- lèlcnieiit au placenta. Comme noive Bouchardalia auslralisuc&l^ comme nous l'avons constaté récemment, d'après des échantil- lons anthenliques, qu'une variété, à duvet plus épais et plus fauve, à feuilles moins \)\\\cè en dessous et à axes d'intlorescenec plus grêles, du Melicope neurococca Beistii. {FI. auslral.., I, 3G0), ou Evodia neurococca F. Muell. {Fragm. phyl. Aiistr.^ I, 28; II, lOo), il conviendra de lui donner le nom de Bouchardatia neuro- cocca. Le bois du type de cette espèce, d'après ce que nous apprend une note de l'herbier de Leichhardt, sert aux indigènes de l'Aus- tralie à fabriquer leurs lances. Le nouveau genre l^agetia, que vient de publier M. F. Mueller {Fragm., V, 178), [)araît repré- senter, parmi IcsZanlhoxylées pentamères, le môme type (juc le genre liouchardaiia parmi celles qui ont les tleurs télramèrcs. OBSERVATIONS SUR LES MONIMIACÉES I Considérée au point de vue de sa constitution, de ses affinités et de ses limites, l'hisloire de la famille des Monimiacées com- prend (jualre périodes. Dans la première, les Tambourissa (Amôora), les mieux connus des représentants de ce groupe, sont classés par A. L. de Jussieu et par ses élèves dans le groupe des Orties. L'enveloppe générale de leur fleur et de leur fruit est considérée, non pas comme un périantiie, mais comme l'involucre d'une inflorescence. VHedy- caria est placé dans le même ordre {Gen. plant. (1789), /lOl). Au début d'une seconde période, après la découverte de VAthe- rosperma, que Labillardière avait en 1800 rapproché du Pavonia de Ruiz, Jussieu, dans le volume XIV des Annales du Muséum (1809), forme une famille des Monimiées qui comprend à la fois les deux genres dont nous venons de parler, les Ambora, Molli- nedia^ Boldea et Citriosma; il ne laisse que les Hedycaria dans le voisinage des Renonculacées, là même où Labillardière avait in- diqué la place des Atherosperma. Dans la troisième époque, R.Brown [Cien. rem. on the bot. of terr. austr., 1816) accentue davantage la distinction qu'avait faite Jussieu, des genres à fruits charnus et des genres à fruits secs; il remarque que les derniers, ou Atliérospermées, sont de plus caractérisés par des anthères à panneaux, analogues à celles des Lauracées ; il les place donc sous le voisinage de ces dernières et considère la coupe qui renferme leurs organes reproducteurs comme le réceptacle d'une fleur, tandis qu'il continue à partager ll^ OÎÎSI.l'.VvTKlNS l'opinion pinoirri' de l'îssioii, (|iie le .^;ir (l(^s vraies ]Moiiiniiéi\s c.->t un i'('i L'[ilacl(j d'inllorescenee, ('oniparahlc à cclni des FiLiuiers. Mais, en (|iialrièmc lieu, la pliiparl des anieurs (|(ii sueeèdenl à R. IJrown, reviennent à la doelrinc de .Inssion el la ('oiilirment par des preuves tirées de la eonnaissanee a|)prul'ondi(; i\c>< dilTérentes parties de la fleur. La réiiiiioii des Moniiniées et des Alliérosper- mécs dans une seule et même laniille, est eonsommée par l^jidli- elier, \. Rieliard et enfin par M. L. I{. Tulasne, railleur de la plus belle élude qui ait été publiée sur ees \)\;\\\\{'>, \M()nogr(i])lua Monimiacearum (1855), in Arch. du Mus., VJII, '27.'W43C)). Dans ee travail, les Monimiaeces sont divisées en trois tribus : 1" Celle des Athérospermées ou Monimiaeées à IVuits secs de Jussicu; 2" celle des Monimiées, comprenant la plus grande partie des genres à fruits cbnrnus de Jussieu, mais seulement eeiix (hnt les fruits demeurent libres; 3° celle des Amborées, (pii n'est formée (pie du genre -4m6orrt, placé aussi par Jussieu dans le groupe des Drupacées, mais dont les fruits sont enfouis dans l'épaisseur du réceptacle. Nous comprenons, bien entendu, dans la famille des Monimia- eées tous les genres (ju'y a réunis M. Tidasue, avec cette légère niodilication que le genre Ambora n'est pas le seul, à noli'e avis, dans lequel le réceptacle s'élève autour des carpelles pour les entourer de toutes parts et former à cbacun d'eux une logette dis- tincte où il est entièrement encbàssé. Nous verrons que les Sipa- rima présentent exaefement le même pbénomène ; seulement les j)arois des cavités que forme ainsi le réceptacle bypertropliié, sont de consistance cbarnue ou pulpeuse; nous plaçons donc les Siparuna dans la tribu ou série des Tambourissées (Amborées). M Mais nous proposons en même temps de faire eidrer riiisloire de ee groupe iialuiel dans uni' ciiKpiiènie pi'iiode, el nous adjoi- gnons aux Monimiaeées les deux (nbns ou siViesdes (ialvcanlbées SUR LES MONIMIACÉES. 113 el des Gomortégées. Les premières de ces plantes ne doivent pas constituer une laniiilc distincte; les dernières ne peuvent demeu- rer dans celle on elles ont été jusqu'ici placées, les Lauracées. Telles sont les propositions (jue nous voulons essayer de démon- trer. 111 A. !.. de Jussieu et la plupart des auteurs postérieurs ont reconnu ics allinilés des Calycandiées et des Monimiacées. xMais pres(jue tous ont admis plus volontiers une étroite parenté entre les Rosacées et les Calycanlhées. Pourquoi? Parce qu'ils ont re- connu à l'enveloppe générale du tVuit des Rosiers et à celle du fruit des Calycanlhées, la même valeur morphologique. Ce sac est de nature axile, réceptaculaire; voilà ce qu'on s'accorde aujourd'hui à admettre pour les deux groupes. Mais, dans les Mouimiacées, la signification du sac serait toute dilTérente; telle est l'opinion des derniers auteurs qui aient traité de ces plantes, MM. Bentham et Hooker (Gen., 16). Nous verrons (|ue, pour ces célèi)res bota- nistes, ce n'est pas un réceptacle, un axe concave fpi'on voit à la hase de la flein^des Calycanlhées, mais bien un véritable tube cali- cinal, une réunion d'organes appi-ndiculaires, « petala et stamina inlra Uibiuii veuum calycis inserunlum . Or, celte manière de voir est d'autant plus significative, qu'elle ne peut être, chez ces bota- nistes consommés, que le résultat d'éiudes extrêmement altentives et consciencieuses; et ce retour à des idées déjà ancieimes est exprimé dans un ouvrage dont l'un des auleurs, M. J. HooUer, avait parfaitement établi, il y a quehjues années, l'étroile parenté des Monimiacées avec les Uliciées. Cependant les Illiciées sont encore placées tout à côié des Calycanlhées, dans le nouveau Gênera^ mais les Monimiacées n'y seront décrites que bien loin de là, sans donle parmi les groupes apétales. Pour nous, cependant, les Calycanlhées n'ont pas phis de pé- tales distincts des sépales que la plupart des Monimiées et des Athérospermées. Dans les unes comme dans les autres, ces folioles, IX. (10 novembre 1808.} 8 11/i OBSERVATIONS de forme, de Inille, de couleur, de consistance très-variables, se modifiant graduellement de l'extérieur à l'intérieur, sont les seules portions appendiculaires qui représentent un pcrianihe. Et le snc sur les bords ou sur la surface extérieure duquel elles sont insérées, est, dans les unes comme dans les autres, un réceptacle concave, un organe de nature uxile, aussi bien que celui des Roses, des Grenades, etc. Nous le démontrerons d'abord dans les Tambou- rissa (Ambora), c'est-à-dire dans des plantes où la nature axib; de ce sac est le moins admise, parce que c'est là un des genres où il porte le moins, suivant l'opinion générale, d'autres organes de nature appendiculaire. IV J'ai pu suivre, sur des ileurs conservées dans l'abîool, que m'ont envoyées de Bourbon I\IM. Jacob de Cordemoy, une grande partie de l'organogénie du Tambourissa quadrifida ; et ces observations m'ont convaincu qu'il y a, dans la fleur mâle de cette espèce, d'autres organes appendiculaires que les étamines, mais que le sac sur lequel celles-ci sont portées, et qui enveloppe toute la fleur, est totalement de nature axilc. J'ai vu ce réceptacle à l'époque où les appendices apparaissaient sur sa surface intérieure; il était alors exactement semblable au sacréceptaculaire d'une Figue. Les étamines s'y montraient dans l'ordre spiral, et de la base orga- nique vers le sommet, c'est-à-dire que les plus grandes élaieni voisines de rouverlure du sac, tandis que celles du fond commen- çaient à peine à paraître, sous forme de petits mamelons hémi- spbériques. L'ouverlure elle-même était déjà fort étroite dans les plus jeunes lleiu-s que je pus examiner et qui n'avaient guère qu'un millimètre de diamètre. Ln paroi épaisse du sac limitait en haut \Vi\ canal cylindrique assez allongé qui condiiisnit d:uis la cavité tapissée de jeunes étamines. iMais l'orilice supérieur de ce canal portait de quatre à buit pelites folioles qui seules me paraissent répondre au périanlbe. Klles se retrouvent aussi dans la môme région du sac femelle. Mais il faut avoir constaté à cet âge la SUR LES MONIMIACÉES. 115 présence de ces petits sépales pour reconnnîlre encore leurs traces à l'âge adulte. En effet, ils grandissent à peine à partir de cette époque, tandis que le diamètre du bouton devient dix, quinze ou vingt fois plus considérable. Dans la fleur femelle, où l'ouverture supérieure se resserre beaucoup, ils sont forcés de s'infléchir et, proéminent, non pas à l'extérieur, mais à l'intérieur du bouton, où ils représentent comme une petite clef de voûte suspendue. C'est là, à notre avis, la seule portion qui appartienne au calice dans les Tambonrissa. Que le reste du sac floral soit de nature purement axile, c'est ce que démontrent encore un certain nombre de faits qui paraissent avoir échappé à la plupart des observateurs, faits relatifs à l'exis- tence de bractées, plus ou moins modifiées, insérées sur la surface extérieure de ce sac. Cette existence est souvent accidentelle, anormale. Je l'ai observée sur certaines fleurs jeunes du Tamboii- rissa leplophylla ; ou bien, sur des fleurs plus âgées, la présence antérieure des bractées était indiquée par une petite cicatrice li- néaire proéminente. Dans les boutons de celte espèce, les sépales sont assez développés, inégaux, triangulaires; les bractées pré- sentaient les mêmes caractères; quelques-unes s'inséraient un peu en dehors du calice, non loin de l'ouverture du sac ; une autre était située tout à fait de côté, un peu au-dessus du milieu de la hauteur de la fleur. J'ai vu des cymes mâles du Palmeriascanckm, dont presque toutes les fleurs portaient à ce "même niveau une étroite bractée lancéolée, aussi longue que la fleur elle-même. Ce qui est exceptionnel dans ces types, devient normal dans les fleurs femefles des Kibara. Plusieurs bractées alternes, semblables aux sépales extérieurs, se montrent sur toute la surface extérieure de la fleur ; il y en a souvent trois, dont une s'insère vers le sommet du pédicelle, avant son renflement en sac ; les deux autres sont portées plus haut encore, et Tune d'elles peut même se rappro- cher beaucoup des véritables sépales. Plus rarement il y a quatre ilO onsF.nvATioNs on (,'iiiq (lo ces brnriées; ollos sont (rùs-souviMil au iiuiiihi'c >]•? deux. On ne peul, il me semble, en présence de pareils faits, se refuser à admellre que le sac qui (Mivironne la fleur est de mcnie nature dans les [Moniniiacées cl dans les Calycantliées ; ce (pie la plupart des aulenrs sont, nous l'avons dit, bien loin d'accor- der (1). Le tube qui porle ainsi des bractées est certainement bien axile, (|uoi(ju'il n'en porte pas dans toutes les Monimiacées, et il faut, à plus forte raison, le con.>idérei' comme lanaloiiiie (bi tube réceplaculaire des Rosiers, pour lequel il n'y a |ilus de doules au- jourd'bui, (iuoi(pril soi! nui"inal«'mentdc[)Ourvu d'a[)pendices exté- rieurs. S'il y avait encore, à ce sujet, (pielqne bésitalion dans l'esprit d'un botaniste, qu'il compare au fruit d'im Chimonantlius celui de VAtherospcrma {Laurelia) sempervirens du Ciiili. Dans l'un comme dans l'autre, il verra un sac étiré en forme de gourde à long col ; c'est l'induvie constituée par le réceptacle floral. Sur la surface extérieure de ce sac, il apercevra, dans un cas comme dans l'autre, de larges cicatrices transversales alternes ; elles ré- pondent à des appendices délacbés. Dans l'un et l'autre de ces sacs, il trouvera de véritables fruits, des achaines; et la seule dilTé- rence appréciable, c'est que le duvet très-court des péricarpes du Chimonantlius deviendra bien plus loiig et remontera jusque sur le style persistant dans ceux du Laurelia. 11 n'y a |)as là de quoi séparer deux familles naturelles. Il y a encore des botanistes qui iiderprètent la fleur des Moni- miacées à peu près de la même façon que celle des Enpliorbes. L'espèce de sac qui s'observe à la péripliérie est, pour ces au- teurs, un réceptacle d'inflorescence coin|)arable à celui de la Figue. (1) Notamment, parmi los plus lécenls, MM. Hi'iUliam et J. Hooker, dont nous (levons mainlenant citer tout enti^'re, pour que leur opinion ne soit pas altérée, la plirase qu'ils écrivent {Gcti., 15) au sujet du périanlln' des Calycantliées : « Toro crosso urceolato tubum perianthii simulanti extus inserta » , et un peu plus loin : « Monimiareœ petalifor Ambora. Juss. [Milhndalea Comm.), arbres de Madagascar et de l'île de France, qui appartiennent à la famille des Monimiacées. » Et plus loin : « H n'est pas difficile de reconnaître, dans les parois mêmes de la Figue, un réceptacle analogue à celui des Amhora vX des Dorstenia (1). » Dans un ouvrage [)lus réci^nt encore, le l'raité général de botanique de MM. Le Maoul et Decaisne, il y a souvent doute, et même conti'adiction, sur la significalion des parties. Suivant nous, ce que ces auteurs appellent, dans la légende de leurs planches, inflorescence femelle de VEphippiandra, n'est qu'une })ortion d'une seule fleur femelle; et, de même, ce (ju'ils nomment, dans YAmbora, une portion d'inflorescence coupée verticalement, n'est qu'un fragment minime d'une fleur femelle; cette dernière opinion est également celle de M. Tulasne. VI Les Monimiacées peuvent ôlre classées parallèlement aux Rosa- cées dont elles diffèrent principalement par Indisposition spirale presque constante de leurs organes sexuels. Dans les unes et les autres, il y a plusieurs types à sac réceptaculaire poriant quebpK s . (Ij Élém. de 5ot. (1867), /j77. 118 OBSERVATIONS appendices au-dessous des sé|)ales. Aux Hosticées dont la poche florale enveloppe des carpelles libres entre eux, libres aussi de toute adhérence avec elle, repondent les Calycanthées, les Athé- rosperinces. Aux Rosacées dont le périanthe et le réceptacle peu profond ne forment qu'une collerette au-dessous des carpelles complélcmcnt dégagés, correspondent les Hortonia, les Ki~ bara, etc. Aux Rosacées telles que le A^?^^tolia, \esRaphiolepis, etc., dont les fruils deviennent également nus parce que la partie supé- rieure du réceptacle se détache circulairement de la base formant seule alors une cupule peu profonde, répondront aussi les Peu- mus, \(i^ Mollinedia {Wilkiea, Ephippiandra, Matlhœa^ Kibara), qui présentent la même parlicularité. A celles enfin des Pomacées dontle réceptacle charnu s'unit aux véritables péricarpes, incrustés de matière ligneuse et devenant un noyau pluriloculaire adhérent au tissu pulpeux de l'induvie, doivent être comparés les Adeno- 5fe??îww, jusqu'ici relégués dans la famille des Lauracées, mais uni- quement, comme nous allons le démontrer, parce que leur orga- nisation a été incomplètement ou inexactement décrite jusqu'à ce jour, et parce qu'on a refusé d'admettre, malgré leur authenticité, certains caractères de leurs fleurs et de leurs fruits que des obser- vateurs exacts nous avaient cependant dévoilés. VII Au nom à' J denostemum il faudra préférer celui de Gomortega qui date de 179/i ; de sorte que la seule espèce comme du genre, VA. nilidum Pers., prendra le nom de G. Keale (c'est le Lucuma Keale de Molina (1782). Quant au port, aux feuilles opposées, aux ponctuahons glanduleuses et à la forme du réceptacle floral, celte plante est bien semblable à la i>hipart des Monimiacées con- nues. Sonpérianlhc est ordinairement formé de huit folioles-, mais ce nombre estun peu variable, et, commi-. dans tant d'autresespèces du même groupe, l'alternance des folioles intérieures du périanthe avec les folioles extérieures est loin d'être constamment exacte. Les étamines, à anthères valvicides et à glandes basilaires latérales, SUR LES MONIMIACÉES. 119 sont tout aussi bien celles de plusieurs Monimiacées que celles des véritables Lauracées. Quant au gynécée, enfoncé par sa por- tion ovarienne dans une coupe réceplaculaire dont les parois adhèrent avec lui dans une grande étendue, comme dans un bon nombre de Pomacées, il n'est pas celui d'une véritable Lauracée, parce qu'il n'est jamais formé normalement d'un seul carpelle, mais bien constamment de deux ou de trois. Dans l'angle interne de chaque ovaire il y a un ovule suspendu, à micropyle supérieur et intérieur, comme dans les Monimia, Peumus, Hortonia, etc., et le fruit mûr a toujours plus d'une loge dans son noyau. Des deux ou trois cavités qu'on observe dans l'épaisseur de l'endocarpe, une ou deux sont, il est vrai, ordinairement tout à fait vides, ou ne contiennent qu'une graine aplatie, desséchée et stérile. Mais les graines fertiles ont toujours, comme celles des Tambour issa^ Hedycarya, etc., des téguments minces sur lesquels se dessine une bandelette durcie qui répond à la région du raphé; et toujours l'embryon peu volumineux est entouré, comme l'avait indiijué Philippi, d'un épais albumen charnu, laissant sortir, par un ori- fice circulaire de son extrémité supérieure, le sommet de la radi- cule qu'il encadre étroitement. Nous verrons cette particularité se reproduire dans un certain nombre de Monimiacées. VIII Le temps viendra, sans doute, où l'on admettra également parmi les Monimiacées, une tribu qui représentera dans cette famille le type des Amygdalées, c'est-à-dire des Rosacées ordi- nairement unicarpellées. Il serait prématuré sans doute de faire des Lauracées une (ribu des Monimiacées, et nous nous borne- rons à appeler sur ce point l'attention des botanistes qui croient la ciassilicalion perfectible et partagent l'opinion d'un moraliste fameux sur l'influence pernicieuse de l'habitude et de la coutume. Nous avons cité autrefois (1), et nous me'tons aujourd'hui sous les (1) Adunsonia, II, 293. 1*20 OKSEUVATIONS yeux du locloiir, rcM'iiiplr diiiK' Laui-ncée. le Sassafras, dont la fîcur inoiislruciisc l'enfermait, dans le fond de sa coupe réceplaeu- laire, plusieurs earpclles indépendants, à ovaire luiiovulé, entou- rés d'étamines à ()anneaux, insérées sur le hord de la eoiipe, ainsi que les l'olioles libres, inégales et inibri(juées du [)érianthe. En quoi cette fleur différait-elle essentiellement de celle d'un Hortonia, quand elle est hermaphrodite? Et n'élait-clle pas à la fleur de la plupart des iMonimiacées ce (jue sont aux fleurs des NvUalia les fleurs ])olycar|tcllées (ju'ou observe assez souvent dans les Pruniers et les (Cerisiers ? 11 nous semble qu'il y auiait lieu, dans un classement aussi naturel que nous le permettent iios connaissances actuelles, de décrire à la suite des Monimiacées, les Lauracées comme des types à insertion périgynique moins prononcée, quoique incontestable, et à .uynécée unicarpellé, comme sont, parmi les Rosacées, les licnres de la tribu des Prunées. Quand une Laiiracée à feuilles opposées, aromatiques, à réi.'cplacle en forme de [)oche, enveloppant totalement le fruit, à étamines valvieides, est observée à l'époque de la maturité de sa graine, elle ne présente avec une Monimiacée dont un seul carpelle serait fertile, qu'une seule ditïérence dans la structure même de cette graine : rabsence d'un albumen; et encore ce caractère n'esl-il pas absolu, si l'on comprend dans la famille des Lauracées, à l'exemple de plusieurs auteurs, les groupes des Adénostémées. La série naturelle qu'on poura donc dérouler ici, quand l'étude aura abaissé les barrières que l'habitude élève entre les Polypé- tales et les Apétales, sera celle dont le type le pins jiarfait est l'epré^cnlé par les CalycanlJius et les Athérospermécs lierma- plirodiles, et qui, passant par les Monimiacées, irait liiiir vers les plus dégradées en organisation des Lauracées à fleurs uni- sexuées. Dans les Lauracées, comme dans les Rosacées, la forme et la taille du réceptacle sont d'ailleurs extrêmement variables. Depuis le sac entièrement clos (jui enveloppe la totalité du fruit, jus(prà la couj)e à peine s;iillantc dont le peu de profondeur ferait croire SLR Mis MONIMIACÉKS. 1 ^l dauh le Truil a iiiiu inserliuii priinitiveuieiit liypogyniquc des éla- mines et du péjiaiilhe, on observe dans ees ianillles toutes les transitions possibles. En étudiant le réeeptaele dans quelques types de Monimiacées, nous allons retrouver les mêmes modifi- cations. Le réceptacle, en l'orme de gourde allongée, qui persiste autour des carpelles dans le Chimonanthus, ne se borne pas à lesenve- lop[>er tous extéiieurement; mais encore il produit, dans presque toute la hauteur de sa paroi interne, des saillies en forme de crêtes verticales, dont le bord tranchant s'insinue dans l'inter- valle de deux achaines voisins et les sépare l'un de l'autre, très- incomplétement, il est vrai. Dans les Tambourissa, le même phé- nomène se produit d'une façon beaucoup plus complète, puisque i'oi'ganogénie nous a appris que les ovaires sont situés primitive- ment dans une petite fossette, creusée dans le tissu du réceptacle, mais qu'ensuite dans tous les points où ne s'insèrent point de car- pelles, la substance du réceptacle s'élève, comme dans les Nelum- biiim, tout autour des pistils i\\\\ se trouvent définitivement enchâssés dans un véritable puits et dont la tête stigmatilere se trouve seule libre à la surface de la concavité du réceptacle com- plètement accru. Cette organisation (]ui caractérise le groupe des Sycioïdées ou Amborées do M. Tulasne, existe encore dans un autre genre, le Siparuna, qui doit être placé dans la même divi- sion, car les ovaires, puis les drupes, n'y sont pas simplement renfermés dans un sac, comme celui des Monimes; mais encore de fausses cloisons, émanées de la paroi iiilerne du sac récepta- culaire, s'insinuent entre les carpelles et divisent sa cavité en autant de logeltes qu'il y a de drupes. La seule difféience réelle entre les deux genres, c'est que la concavité supérieure du fruit total est bien moins profonde dans les Tambourissa que dans les Siparuna, c'est-à-dire que le réceptacle s'élève moins haut dans les premiers et laisse un bien plus grand vide au sommet. 152 OBSERVATIONS X Les Hortonia ont été primitivement rangés parmi les Schizan- drées et les Anonacées. Elles en ont à peu près le fruit, en effet, et leurs drupes indépendantes forment une petite icte, complcte- ment dégagée, au-dessus des vestiges du réceptaele et du calice. A cet égard, les Horlonia sont comparables aux Fraisiers, aux Framboisiers, aux Cannelliers et aux Camphriers. Il y a des Rosa- cées don! la pocbc réceplaculaire, un peu plus profonde, ne laisse pas tout d'abord sortir ainsi par son oritice supérieur toutes les parties des carpelles, mais seulement leur style, allongé, induré, chargé de poils considérablement étirés : tels sont les Sieversia, les Dryas^ les Fallugia, etc. Cette particularité se retrouve dans les Athérospermées, quoique le réceptacle commun y soit encore plus profond, et il y a un moment où l'orilice supérieur de ïindu- vium laisse sortir un bouquet de styles plumeux qui s'allongent tous les jours. Si cet épais pinceau fait effort contre l'ouverture desséchée de la poche réceptaculaire, celle-ci est légèrement dé- chirée pour faciliter l'issue des achaines. Dans les Lanrelia, les choses vont plus loin encore; la poche se divise, se fend inéga- lement dans une bien plus grande éterjdue. Ce caractère fut autre- fois considéré comme assez imjjorlant pour distinguer deux genres, car il n'y a pas d'autre différence entre les Alherosperma ei \es Laureb'a. Mais avec beaucoup de raison, M. J. Hooker l'a jugé insuffisant et a réuni les deux types dans un seul groupe générique. La logi(jue veut donc qu'on ne tienne pas non plus compte (le ces fissures longitudinales qui se produisent dans le réceptacle de la lleiir mâle pour faciliter la dissémination du pollen. On n'a point placé dans deux genres différents ceux des Tambourûsa dont le réceptacle mâle se fend en (jualre, cinq ou six panneaux, inégaux ou à peu près égaux, pour laisser sortir la |)oussière fécondante, el ceux où elle peut s'échapper par une petite ouverture apicale, les anthères ayant opéré leur dchiscence dans SUR LES MONIMIACÉES. 123 l'intérieur du sac, tout à fait semblable dans ce cas à celui d'une fleur femelle du même genre. XI Le développement des carpelles en dehors de Vinduvium est dû d:uis quelques genres à une cause toute différente. Dans les Peumus, et surtout dans les Mullinedia^ le périanthe de la fleur femelle représente un sac dont l'ouverture supérieure est fort étroite. Mais à l'époque de la fc^condation, une scissure circulaire horizontale se produit vers le milieu de la hauteur du sac, et toute la partie supérieure se détache en entraînant avec elle le périanthe et les rudiments de l'androcée lorsqu'ils existent. A part les Peumus, qui sont d'ailleurs nettement caractérisés, nous sommes arrivé à réunir dans un même genre toutes les Monimiacées qui présentent cette particularité. Les Wilkiea de M. F. Mueller sont dans ce cas et ont déjà été considérés par M. Tulasne comme des espèces du genre Mollinedia. Ils ne s'en distinguent point en effet suflisamment par ie nombre des étamines, car M. A. de Can- doUe donne à tort les nombres 12-/|0 comme les seuls qu'on puisse observer dans les Mollinedia américains. Ce nombre peut très-bien descendre jusqu'à huit ou dix, comme M. Tulasne l'a parfaitement indiqué pour le A/, elegans. Or, le Wilkiea cahjpiro- calyx a, d'après M. F. Mueller, environ onze étamines, dont une ou deux peuvent être stériles. L'existence de ces staminodes est le seul caractère qui puisse nous autoriser à faire du Wilkiea, le type d'une section distincte dans le genre Mollinedia, tous les autres caractères étant d'ailleurs absolument identiques. 11 est vrai que M. A. de CandoUe considère comme élant la même plante que le W. calyptrocalyx F. Muell., le Mollinedia macrophylla TuL. Mais à part des différences sciisiblcs dans le feuillage, autant qu'il est permis d'en juger sur des échantillons peu complets, l'espèce de M. Tulasne n'a que quatre étamines fertiles et deux écailles stériles, considérées comme des staminodes. C'est pour 12/i (UiSEKVATIONS celo que nous nous proposons d'en iniro simpkMiiont. sous le nom de Kibaropsis. une section du ^^enrc MoUinedia, intermédiaire en réalité au M. elegans et au MciUhœa, ec dernier !ie différant du M. macrophylla que par l'absence des sfaminodes. Toutes ces plantes ont dans la fleur femelle l'espèce de capuchon, détaché circulairement vers sa base, dont nous avons parié. Il en est de même sans doute de VEpliippiandra de M. Decaisne; car je ne puis supposer que l'oltjet représenté dans le Traité général (le bolanique de cet auteur (p. 517), sous le nom d'inflorescence femelle, soit autre chose (jue la portion inférieure d'une seule fleur, observée après la chute de la partie su{)érieure de l'enveloppe florale, et des styles. On ne saurait tenir compte de la forme Irès- dé{)rimée et allongée en travers des étamines, car cette déforma- tion des pièces de l'androcée s'observe déjà dans les WWdea et les Malthœa; et, dans les Mollinedia américains, les étamines sont en général d'autant plus courtes, (|u'elles sont moins nom- breuses. On ne peut pas non plus admettre (]ue les antlières ne possèdent pas deux loges, aussi bien dans les Ephippiandra (pie dans les Kibara, les Wilkiea et les Mollinedia américains. Toutes ont primitivement des anthères biloculaires ; et les deux loges, ainsi que leur ligue de déhiscence, finissent toujours par se con- fondre à un âge plus ou moins avancé. 11 ne reste donc, pour dis- tinguer les Ephippiandra comme section, dans le genre Molli- nedia, que les tissures produites à une certaine époque dans le réceptacle floral mâle. Mais ce caractère ne saurait avoir une valeur générique, pas plus ici (pie dans les Tambourissa, les Atherosperma, eti;., etc. Les Kibara ne dilTèrent pas non |)lus géiiéiiipieineuL des Molli- nedia. Leurs fruits et leurs fleurs mâles sont identiques, et il n'y a poui les distiuLiuei" eoiume section, dans l'ensemble du genre, tel que nous le circonscrivons, que les languettes déchiquetées, infléchies dans l(> hnuton, et (le forme tout à fait singulière, qui s'observent en dedans des sépales de la fleur femelle, et (pii repré- sentent peut-être des étamines avortées. SUR LES MONIMIACÉES. 1^25 XII Les IViiils (les Monimiacées présentent quelques autres particu- larités qui méritent d'être signalées. On sait (pi'ils sont toujours monospernies. Mais la consistance de leur péricarpe est sujette à tontes les variations possibles. Ainsi les Tambourissa^ les Hortonia, les Hedycarya, les Peumus^ ont des drupes [Drupaceœ s. Moni- mieœT\]\..). Les Siparima noni pour ainsi dire que la moitié environ du péricarpe qui soit drupacée. Ainsi leiu' noyau, plus ou moins rugueux à la surface, est recouvert, dans .f,'ra V. sa;piiis iiiaeqiiali-dentala crenatave; marginc revohilo; glabeninia coiiacca, crassa, stipra iiicida, su!)tus paiilo pailidiora ; costa supra concava, subtiis j)io- minula ; uervis primariis pinr.atis vix consj)icni,s. Flores iginoli (ger.us tinde incertuni remanet) in axilla folioruni lanii siiperiorniu axillares cymcsi paiici pedicellali ; leceplaciilo fructiis obovoideo v, breviter subpyrifornii (ad 1 cent, longo) coriaceo crasso lignoso incTquali-'i-/i-(isso, inliis longe seloso. l''riicliiscaryo- psoidei in rpceplacnlissingulis ce, campylotropi, setis gracilibns perlongis in sirxo l'uscesceiitibus undique obsili ; peiicarpio inembraiiaceo tcnnissinio; semine ilidem canipylolropo valde aïonialico cunipliDrato ; inlegnnii'nlis tenni.ssimis ; albumine carnoso oleoso copio o ; enibryone cjlindr.ceo aixuato; radicula conica propier albumen curvatnm omnino infera ; colyledoniljiis oblougis, exliis con- vexis, iiiliis complanalis, inferis Iriicins basin et scininis insertiom ni (pioque speetanlibtis. — Oritur in Nova'-Caledonia' monlibus, iil)i in .sjhis Icyii ci. \ icil- terrf.prope ad Kanala, anii. 1855-GO. {Uerb. Irif^riy,.) SUR LES MONIMIACÉES. 129 celte singulière configuration des carpelles. Elle a bien d'ailleurs le réceptacle en sac inégalement déchiré des Doryphora; mais comme ses fleurs sont inconnues, on ne sait si elle possède les étamines caractéristiques du genre. Ce qu'il y a de certain, c'est que, tout chargés de ces mêmes poils qu'on observe dans les autres Athérospermées, les ^chaînes (ou plulôl les cariopses) se trouvent tellement recourbés à leur maturité que leur sommet, où se voit encore la base du style, arrive à toucher la base de l'ovaire. Le résultat de cette sorte de campylotrophie, qui rappelle ce qu'on observe dans les Ulmaires, hsCissampelos, elc, c'est la courbure générale de la graine et celle de l'embryon ; de sorte qu'on trouve, de dedans en dehors, des arcs concenlriques représentés, le pre- mier par l'embryon lui-même, le second par le périsperme. charnu, très-abondant, et le troisième par les téguments très- minces de la graine et le péricarpe également fort ténu. Le port de la plante est d'ailleurs fort analogue à celui des Athérosper- mées connues. Ses feuilles sont glabres, plus ou moins profon- dément découpées, et les rameaux se font remarquer par l'aplatis- sement et l'élargissement considérable qu'ils présentent au niveau de l'insertion de chacune des parois de feuilles. XVI Les graines sont toujours solitaires dans chacun des carpelles des Monimiacées. Il en est ordinairement de même des ovules. On sait cependant que les Calycanthées en ont toujours deux au début. Mais comme il y en a un qui se place ordinairement au- dessus de l'autre, et comme ce dernier, se développant beaucoup dans sa région chalazique, comprime énergiquemenl. la région micropylaire de celui qui lui est supérieur, cette compression détermine tôt ou tard un avortement plus ou moins complet. L'ovule su[)érieur n'est plus alors représenté que par une sorte de coiffe ou de calotte, qu'on prendrait tout d'abord poiu- un obtu- rateur. Les véritables Monimiacées ne m'avaient jamais présenté IX (16 janvier 1869). 9 130 OBSERVATIONS qu'un ovule dans chaque ovaire adulte, et je croyais ce caractère absolu, jusqu'au jour où j'ai vu un rudiment de second ovule vers le haut de l'ovaire de certaiues fliMirs de Mlorlonia florihunda. La direction des ovules est variable, et M. A. De Candulle a tiré de cette direction absolue un moyen de classement des genres. Son groupe, d'ailleurs fort hétérogène, des Siparuneœ est, dit-il, caractérisé par des ovules dressés ; mais nous allons voir que les Palmeria ont des ovules suspendus, coumie la grande majorité des genres. Ce qui est coustant jnsipi'ici dans cette famille, c'est que les ovules ont le micropyle extérieur quand ils sont ascendants, et intérieur quand ils sont descendants. Tous ceux (juc jai pu examiner de près étaient pourvus de deux enveloppes. XVIÏ Nous venons de voir que le genre Palmeria a été considéré comme ayant des ovules dressés, et c'est pour cela, sans doule, que M. A. De Candolle l'a placé dans le uiôme groupe que les Siparuna à' Auhki. Riais si ce genre était bien connu, on verrait qu'il est extrêmement voisin des Monimia, et que les carac- tères qui l'en peuvent distinguer sont de très-minime valeur. Je ne sais si le sac charnu qui enveloppe les véritables fruits du Pal- meria, ne s'ouvre jamais, comme on dit qu'il arrive de celui des Monimia; mais ce qu'il y a de certain, c'est que les (lru[)es ren- fermées dans ce sac, et les poils dont sa surface interne est garnie dans leur intervalle, sont tout à fait ideuti(piesaveccequi s'observe dans les Monimia, et que la (leur femelle ne diflere nullement dans les deux genres, présentant dans tous deux un sac à ouver- ture apicale étroite dans laquelle s'engagent les styles, et des ovaires uniloeulaires, à ovide suspendu, avec le micropyle tourné en haut et eu dedans. Il n'y a donc rien là qui soit comparable aux ovules ascendants des Siparuna. Ouaid à la fleur mille, elle a un périgone moins profond, plus largement ouvert, et à divisions bien plus marquées (juc celles des Monimia; mais l'orgauiKation SUK LES MONIMIACÉES. 151 es! nii fond la môme; les anthères sont construites de même, et, s^l y avait des glandes latérales à la base des filets siaminanx des Pahneria, on ne pourrait les distinguer des Moniniia que par ces différences peu significatives que nous venons de signaler dans le [lériantlie. YoilA pourquoi, conservant les deux genres, nous les placerons tout à côté l'un de l'autre. XVHÏ En étudiant autrefois les rapports des Monimiacées avec les Anonacées, nous avons dit que les fruits des Tambourissa et des Siparuna étaient fort analogues à ceux des Eupomalia. Pas plus dans ce dernier genre qim dans les deux premiers, la surface totale de la concavité supérieure ne représente une aire stigma- tifère dans toule son étendue; mais il y a çà et là seulement de petites têtes saillantes, chargées de papilles, et c'est dans ces points seulement que le pollen peut être mis en contact avec les organes feiEelles. Il n'y a d'ailleurs que des dilTérences de taille et de forme entre les fruits des trois genres. La fossette (ou Vœil) supé- rieure du fruit ôesSiparuîia est peu profonde, comme celle des Pommes ou des Poires, et peu largement ouverte. Celle des Eupomatia est 'ilifs large et plus concave, à la façon de celle des Nèfles. Quant à celle des Tambourissa, elle est tellement plus grande dans tous les sens, quel'ouveriure supérieure revient vers l'axe du fruit comme pour fermer totalement par le liant une cavité, bien plus large un peu au-dessous de son orifice qu'an niveau de cet orifice lui-même. Cette conformation variable des réceptacles conca\esdes trois genres est d(\jà bien indiquée dans les fleurs. Les Eupomatia ont [)!usieurs graines dans chaque carpelle, graines dont l'albumen est ruminé. Ce dernier caractère les rap- [)roclie sans doute des Anonacées. Mais qu'on comjiarc une branche dii Tambourissa alteriiifolia, terminée par son frui! en forme de Figue courte et large, aveiiles mêmes parties de 17i«/9o/7?a^/a Be?î- netlii, et l'on ne pourra sans doute s'empêcher de reconnaître que 132 OBSiaiVATlONS VEnpomatia sert de lion entre les Anonacées et les Monimiacées. Le genre Hedycarya est encore un de ceux qui servent de pas- sage d'une de CCS familles à l'autre. M. Asa Gray a décrit une espèce de ce genre qui a les nulhères surmonices «l'un de (.'CS sin- guliers prolongements pcltcs qu'on avait considcrcs jusiju'ici comme spéciaux aux Anonacées. Nous avons observé la même particularité dans une autre espèce (1) que M. Baudouin a recueillie à la Nouvelle-Calédonie. Dans cette plante, le périanihe de la lleur femelle devient très-court; il disparaît i)rcsque complètement dans une seconde espèce du môme pays qui tire son nom spécifique (2) de cette particularité. En dehors des carpelles, on ne trouve qu'une cupule de nature axile, avec un bord crénelé ou presque entier, dans lequel on ne voit aucun organe appendiculaire bien distinct et qu'on puisse décrire séparément comme un calice. XIX Nous grouperons les genres que nous comprendrons dans cette famille en cinq tribus ou séries. I. Les Calycantkées, qui ont des folioles nombreuses sur la sur- (1) Hedycarya Baudouini. — Arbor glabra : ramis crassis ad nodos dilatato- compiessis. Folia opposita crassa {Gutliferarwn nonnullanim) : petiolo crasso glabro (2 cent, loiigo) ; inasquali-obovala (iS cent, longa , 9 cent, lala), basi anguslala ; apice rotundato emarginalove, rarius brevissime acuminato ; integer- rima coriacea penninervia, laxe veiiosa, supra liicida lœvia, subtus paiilo palli- diora. Flores (an diœci ?) axillares solilarii longiuscule (ad 1 cent.), peduu- culati). Reccpliiculiim late pateriforme siibhorizontale : periantbio brevi, basi ciun receptaculo continuo : seginentis qo inaequalibus l)revil)us obtnsis. Slaniiiia nnine- rosissima receptaculum toluni obtegcnlia erocla libéra ; lilanienlissiibnullis; anlbe- ris laleralibiis adnatis linearibus limosis ; connectivo [Anonacearum nonnullaruin more) ultra loculos producto iuaequali-capitalo irnncato. Flores fœminei desnnt ; sed olim fructum Iledijcaryœ cujusdam neo-cule lonicœ in berbar. Mus. colonia- rum galiic. memini me vidisse, cujus receptaculum crassum pateriforme drupas eis H. dentatœ simillinias sed Zi-plo majores fercbat forsanque ad banc speciem référendum. — In Nova-Caledonia legil CI. Baudouin. Planta adspeclu Kibaras suiidaicas valde relerens, cerle ad gcnus Iledycaryam pertin<'t, propter connectivum supra anliieras inaequali-capiiatum nec valde dilatatum inter HeJycnrijam typicam Forstori et //. mpulatam quasi média est. (2) Hedycarya CUPCLATA. — Frutex nonmuiquam sarmenlosus (teste cl. Vieil- lards ; ramis terelibus ; cortice striato e lenticellis valde prominulis rugoso ; ramulis SUK LES MONIMIACÉES. 135 face exléricurc Ju sac rcceplnculaire, et des graines sans albumen, ou avec un albumen très -peu abondant et un embryon à cotylé- dons efU'oulés [Calycanthus, Chimonanlhus). Toutes les autres Monimiacées ont un albumen abondant, et un embryon relativement peu volumineux, dont les cotylédons sont plans ou plans-convexes. Parmi celles-ci, nous distinguons : II. Les Hortoniées. Leurs fruits sont drupacés ; et, d'une façon quelconque, soit parce que le réceptacle est peu profond et large- ment ouvert en haut, soit parce qu'il se fend irrégulièrement sui- vant sa longueur, ou parce qu'Use détache circulairement comme une sorte de couvercle, les drupes deviennent définitivement libres et en contact avec l'atmosphère {Hortonia, Peumiis^ Hedy- carya, Mollïnedia^ Monimia, Palmeria). III. Les Tambourîssées, dont les fruits sont aussi drupacés, mais où les drupes demeurent encloses dans des poches formées en dehors par la paroi du réceptacle et séparées les unes des autres par des cloisons dues à l'hypertrophie interstitielle de ce même réceptacle [Tambourissa^ Siparuna). IV. Les Athérospermées, dont les fi'uils deviennent définitive- saepe gracilibus glabiis ad nodos compresso-dilatatis ; lenticellis vix prominiilis albi- dis elongatis. Folia opposita, longiuscule (1-1 1/2 cent.} peliolata, iili planta tota glaberrima lanceolala (10 cent, longa, 3 cent, lata), basi et apice acuta inlcgerrima subcoriacea glabra, supra laevia, sublus pallidiora opaca, penniueivia venosa, in sicco nigresceiiliaglaucescentiavcsubaenea. Floris diœci (?), inspeciiuhiibus diversis seniper siti racemosi; racornis axillaribus, rarius teriniiialibus simplicibiis ; pedi- cellis et inflorescenliae a\i fœinineorum quain masculorum crassioribus. Uecepta- culum pateiiforme; calyce masculo e foliolis 5-7 constans cum receptaculo basi continuis ; fœinineo breviori crassioriqiie siibinlegio v. inaequali-crenalo sinuatove gynseceo arcle applicato. Stamina oo , remoliuscide cnncavitate receplaculi inserla erccta libéra : coniiectivo iineari, apice in caput menibranaceiim pellatum valde compressum subboiizontale dilatato loculosque lineares 2 adnalosrimosos omnino oblegenle. Carpelia ce, basi angiistata, mox ad médium dilatala, apice in stylum brevem conoideum attenuata, inde fusiformia ; ovuio solitario pcndulo. Fructus omnino //. rft'Jifatœ For.ST. . scd paulo minor. Crescit in Novœ-Caledouiae nion- libus, ubi ad lîalade in syivis legilcl. Vieillard, ann. 1855-60. Species ad //ea';ycar(/aH? perlinel ob stamina aequaiiler receptaculi concavitale inserla et drapas haud involucralas. Allamen propter perianthii figuram inler Jïedj/ca^jyas légitimas et Palmeriam F. Mdell. média est. H. dorstenioides A. Gray, ap. Seem. Journ. of. Bot., IV, 83, ex ius, Fidji, valde affinis videtur. '13/l NOTi: SUR LES AMB.WILLES DK l'iLE DE LA RÉUNION. ment libres, comme ceux des Hortoniécs, mais son! des aehaines ou des caryopses chargés de poils allongés [Donjphora^ Athoro- sperma). V. Les Comortégées, dont les frnils s )nt des drupes à loges peu nombreuses, et dont les carpelles sont connés avec les parois du réceptacle en forme de sac qui enveloppait complètement les ovaires (Gomorlega). EXPLICATION DES FIGURES. Planche III. FiG. i . Fleur anormale de Sassafras officinalis dont le gynécée est formé de plusieurs carpelles indépendants. NOTE SUR LES AMBAVILLES DE L'ILH] DE LA RÉUNION, a>ar !e doetenr E. J. CORDEillOV. On appelle ici AmbavUle blanche qw plus généralement Amba- ville, notre Huberlia Ambavilla^ à lai nielle on nitribne dos firo- priélés aniidartreuses et antisypbililiquos. Sont aussi Ambavilles, les ÏJiibertia tomentosa, lannfa, raridenla'a et Iloreli [nobis)^ mais AmbavUles des hauts, parce f|u'elles croissent en effet dans des régions plus élevées que l'autre. Enfin on donne aussi le nom d'Ainbaville jaune, mais plus généralement celui de lîois de fleurs jaunes, aux deux espèces (hCampylosporus, dont l'une, celle l\ IViiilles étroites, devient un petit arbre et habile les régions élevées. C'est elle qui pleure [Penticosia Comm.) la résine iVAmbnville. Toute la plante est balsamitpie. Elle jouit ici d'une répufalion analogue à celle de la « Toule-sainc », et j)asse surtout jiour un puissant « dépuratif du lait» . Aussi, peu (\c jeunes mères se déci- dent à commencerrallaitemcnt, avant do s'clre dùmcn! et long- temps abreuvées de tisane de Bois de /leurs jaunes. RECHERCHES SUR LES VAISSEAUX LATICIFERES Par M. Auguste TRECUL, Membre de l'Académie de3 sciences. (CONTINDÉ DE LA PAGE 106.) XXHI RÉPONSE A TKOIS NOTES DE M. NYLANDER CONCERNANT LA NATURE DES AMYLOBACTER (1). Dans les Comptes rendus de 1865, t. LXÏ, sont deux notes dans lesh) et représenté, d'après le Lactuca allissima, des rangées (VAmylobader ftisiformes. Mais je suis convaincu qu'une telle dis- position en série peut provenir, dans quelques circonstances, d'un antre [)hénomène que l'allongement et la section de corpuscules ou de lilaments préexistants. J'en donnerai tout à l'heure un exemple. C'est doîic sur une toile division, qui toutefois a réellement lieu ohejAe^ Amylohncter cylindroïdes, que M. Nylander se base pour douter de raulouomie de nos plantnles, dont cependant i! ne con- naît pas l'origine, ainsi (jii'il l'avoue à la page 52:> du Flora par le j)assage suivant : cf Si autem de « plantulis » autonomis hic » agilur, res manet valde dubia, nam [)ropagationis momenta » omnino latent. » Malgré cet aveu, qu'il renouvelle dans le Bulletin delà Société botanique, p. 59i); malgré aussi l'observation de bactéries et de vibrions dans des cellules closes (non perforées) et même dans des fibres du liber épaissies (I), observation sin^ laquelle, au contraire, il s'api'.uio, M. Nylander croit pouvoir dire : « Ces ûiits ne per- (1) Des Bactérios ot dos Vibrions unissent fréqneniiitonl, et parfois m^mc des Monades, à l'inléiiour des cellules de la moelle fendue longiludinalenient de divers végéianx. Je reviendrai Tannée prochaine sur ce sujet. SUR Li:S VAISSKAL'X LÂTICIFÈRKS. 139 » mettent aucunement, ce me semble. d'ndmeUre une génération )> sponlanée, car pour cela il faudrait d'abord counaître exacte- » ment toute l'histoire biologique des productions dont il s'agit, » et nous n'en savons encore rien. » Que M. Nylander n'ait rien observé à cet égard, jelc crois sans peine, puisqu'à cette époque il n'a pu consacrer que quelques se- maines à cette élude (de la mi-septembre à la fm d'octobre, vers laquelle son envoi a dû être fait au F/ora). S'il n'eût pas été pré- venu contre la théorie de l'hétérogenèse, il se serait rappelé que j'ai décrit l'origine des Jmylobacter non-seulement d'après ce qui se passe dans les laticifères, mais aussi dans des utricules et des fibres du liber fermées, dans lesquelles j'ai vu se développer d'abord des corpuscules ou germes elliptiques, qui émettent une petite tige ou queue, dont l'allongement s'effectue peu à peu. J'ai plusieurs fois depuis renouvelé cette observation. J'ai vu le germe commencer lui-même par un petit point de substance jaunissant par l'iode, lequel grossissait jusqu'à ce qu'il eût acquis le volume et la forme (elliptique ou globuleuse) delà tête de VAmy- lobacler ; puis latéralement, ou à l'un des bouts s'il était ellipticîue, naissait une queue, comme je viens de le dire. J'ai en ce moment à ma disposition un bel exemple de la trans- formation du latex en Amylohacter. Dans un laticifère (X Euphorbia Characias, le suc laiteux, après s'être coagulé, se divise en cor- puscules elliptiques, dont bon nombre prennent déjà par l'iode à degrés divers, la teinte caractéristique de l'amidon. (Voyez la note de la page 210 ci-dessus.) Ce qui se passe à l'intérieur des cellules s'accomplit aussi à l'extérieur; et là les Amylobader se (lcveloi)pent ou à !a surface même de la membratie cellulaire, ou dans le liquide que ren- ferment les méats pendant la macération. Je vais décrire de ce dernier cas, un exemjde que chacun pourra vérifier facilement. Quand on met avec do l'eau, dans des flacons de ()0 à 90 grammes, des tronçons de tige (VHelianlkus tuberosus fendus longitudinaîeuient par la moitié, l'eau pénètre le tissu, chasse \liO HËCHERCHES le gaz qui remplit les méals de la moelle, et bientôt les cellules superficielles mises à nu par la section, et les méats voisins, con- tiennent une mullilude de globules extrêmement petits , (pii occupent à peu près toute la cavité des méals. Évidemment ces globules ne sont pas venus du dehors, car pour cela il faudrait que des globules semblables fussent répandus en innombrable quantité dans tout le liquide ambiant du tlacon, ce qui n'est pas. Leur substance a été prise par le liquide aux cellules voisines. Ces granules ne tardent pas à s'allonger et à prendre la forme de cylindres, qui, d'abord d'une grande ténuité, croissent en longueur et en épaisseur. Ces corpuscules sont alors jaunis par l'iode; ce n'est que plus tard, quand ils ont acquis un volume plus considérable, qu'ils se colorent en bleu indigo par l'eau iodée. Ici, comme ailleurs, une extrémité, ou même les deux, reste sou- vent incolore ou est jaunie. Pendant leur accroissement, à quel- que période qu'on les examine, ils sont toujours libres. A tous les âges, la rupture du méat suffit pour les disperser, et ils sortent isolés les uns des autres par la section transversale de la moelle. Cependant, quand ils sont déjà cylindriques, mais encore jeunes, on les trouve quelquefois disposés en séries longitudinales. Cette disposition ne provient que de la juxtaposition accidentelle de ces petits corps pendant leur accroissement, à laquelle s'adjoint pro- bablement aussi la division en deux de quelques-uns d'entre eux. Assez souvent, l'espace manquant à leur élongalion, ils sont re- courbés par la pression, et parfois aussi le méat est élargi sous l'intluence de cette pression. Les granules primitifs remplissant à peu près le méat au début, tous ne peuvent arriver à l'état d' Amylobacler parfaits, qui sont ici volumineux. Beaucou[) de ces corpuscules disparaissent donc pendant l'évolution des autres. Assez fré(iuemmenl, toutefois, ceux (pii ne s'accroissent pas restent mêlés à ceux qui se sont développés; il arrive même que ces derniers, étant rares, sont épars dans la masse des granulations. Dans d'autres méats, des colonnes de granules, jaunissant par l'iode, alternent avec des SUR LES VAISSEAUX LATICIFÈRES. l/jl colonnes de gros Amylohacler bleuissants, comme dans certains vaisseaux du latex. Des Amylohacter semblables naissent en immense quantité à l'intérieur des cellules médullaires lésées par la section longitudi- nale de la moelle et aussi à la surface de l'écorce, sur la cuticule. Dans ces deux endroits, où ils sont en contact immédiat avec l'eau du flacon, les Auiylobacter présentent un phénomène que je n'ai observé nulle part ailleurs. Ils sont entourés d'une matière géla- tineuse incolore, qui leur donne, à la couleur près, l'apparence d'une Noslochinée, d'un Palmella (1). (1) A cet égard, je dois faire remarquer qu'il se développe quelquefois à la sur- face du liquide des corpuscules elliptiques et des globuleux qui sont entourés aussi de gélatine. D'abord isolés ou en nappes, ils se multiplient par division dans la matière gélatineuse qui environne chacun d'eux, et peuvent ainsi donner naissance à de longs (ilamenls rauqueux et incolores. En files ou isolés, ces corps jaunissent par l'iode, ainsi que tout ce qui se forme à la partie supérieure du liquide. On ne rencontre là que bien rarement des Amylohacter , et ils y sont sans doute apporté? par les bulles de gaz qui montent des tissus végétaux. Voici mainlenant une expé- rience qui tend à prouver que les productions de la surface du liquide naissent moins de germes venus de l'atmosphère que de la matière organique soustraite par l'eau à la substance végétale. Ayant mis en macération, par un temps chaud, dans plusieurs flacons, des tronçons de tige iïIîeUanthus tuberosus qui furent tous en- tièrement submergés, il y eut déjà de nombreuses productions vivantes {Vibrio bacilius, Monadiens, etc.) à la partie supérieure un liquide au bout de trente-six heures, et la liqueur, d'abord troublée, s'était éclaircie. Au contraire, les Amylo- hacter débutaient à peine par de rares granulations au pourtour des tronçons de tige. Ayant enlevé les formations de la surface du liquide de deux flacons, d'abord avec le manche d'un scalpel, ensuite en retirant l'eau superficielle, et celle-ci ayant été remplacée par de l'eau nouvelle dans un de ces deux flacons, il ne se produisit plus aucune végétation pendant les six jours suivants. Des Monadiens seuls naquirent, et cependant les Amylohacter se développèrent sur les tronçons de tige, et me permirent d'étudier toutes les phases de leur évolution. Le temps étant devenu plus fioid, l'expérience n'a pas réussi depuis ; il y a toujours eu pro- duction d'abondantes végétations. J'ai dit plus haut que ces végétaux superficiels jaunissent par l'iode. Il n'en est pas de même au fond du flacon, où se déposent des matières enlevées au tissu organique. Ces matières engendrent d'abondants et superbes Amylohacter enveloppés de gélatine, dans les macérations d'IIeliaiithus tuherosus. Avec quelques autres plantes ce sont des Vibrions et des Spirillum qui sont produits, tandis qu'avec certains végétaux ce sont des vésicules globuleuses qui sont formées. Quand on se sert (TEuphorbia Characias, par exemple, ce sont les globules du latex qui paraissent surtout produire ces vésicules. La constitution de ces dilTérents dépôts semble concorder très-bien avec la production des divers ferments observés par notre savant confrère M- Pasteur, pendant les fermentations. 1 1X^2 RECHERCHES Quelle est leur origine ? Ils ne viennent certainement pas de pro[u)gules, comme pourrait le croire M. Nylander. Eu eCtel, (jiiaiid une Algue ou un Champignon tilamentcux se multipiie jiar seg- mentation, les propaguîes ou spores qui en résultent ont leur petit diamètre au moins égal à la largeur du lilameut segmenté. Ici, les segments de nos Amylobacter PARFArrs en voie de division, bleuis- sant [>ar l'iode, sont volumineux; ils ont de 0'"'°,005 à 0"'"',01 de longueur sur 0"'",002 de largeur. Au contraire, les granulations par lesquelles ces Amylobacter coiniiiencent, dans nos macéra- tions d'//ehV/«^/ms tuberosiis, sont très-petites; elles n'ont guère que 0""",0008 dans tous les sens. Voici comment ces Amylobacter se développent : les troneons de tige, avant d'être placés dans l'eau, ne montrent rien qui puisse, à priori, être soupçonné de les produire. On n'aperçoit, dans la substance superficielle de la cuticule, qu'une sorte de chagrin irrégulier d'une extrême délicatesse, qu'une grande atten- tion peut seule faire remarquer. Mais, au bout (h; vingt-(jualre à trente-six heures, par un temps chaud, eu août et septembre, de fins granules se dessinent à sa plaee; puis, sur des étendues con- sidérables ou sur de^ espaces très-limités, ces granules semblent se vivifier, tous s'accroissent. Ailleurs, et c'est le cas le plus fré- quent, une partie minime seule prend du dévelo|)penient. Ces granules s'allongent, et les petits cylindies qu'ils forment se pres- sent, les uns côte à eôtc (juand ils sont nombreux, les autres bout à bout, ou bien obliquement les uns par rapport aux autres. Us donnent aussi lieu parfois à des figures d'une remarquable symé- trie, qui les feraient prendre pour des groupes de cristaux, s'ils ne jaunissaient ou même bleuissaient déjà sous rinHuencc de l'iode. Dans queiijues groupes rares, les jeunes Amylobacter semblent tous rayonner du centre, sans cependant former des séries conti- nues, bien que queUjues-uns soient placés bout à bout. Ailleurs, au lieu de rayonner, ils sont étendus dans la même direction, ce qui pourrait faire croire qu'ils sont nés de la segmentation de fila- ments parallèles ou tous dérivés successivement les uns des autres, SUR LES VAISSEAUX LATICIFÈKES. l/lS si Ton n'en connnissnil pas l'origine, et si un examen attentif n'ap- prenait pas que beaucoup alternent entre eux. Les Amylubacter eylindroïdes [jrimitil's naissent donc isolés les uns des autres; mais après s'être allongés à un certain degré, quehjuefois de très-bonne heure, d'autres fois seulement très-lard, ils se coupent en deux, et les nouveaux formés se comportent de même. D'abord nus, en apparence du moins, comme ceux des méats de la moelle, ils sont plus tard cnlourés de gélatine. Alors ils sont comme disséminés au hasard dans une couche assez épaisse de cette matière, dans laquelle ils continuent de se multiplier par di- vision. Quand on suit l'évolution d'une telle couche, on remarque souvent que les plus externes sont plus volumineux, moins grêles que ceux de la partie plus profonde de la couche; que ces derniers jaunissent par l'iode, tandis que les externes, plus gros, bleuissent; ce qui est dû à la continuation, pendant quelque temps, de la for- mation primaire à la face interne de la couciie. Assez fré(juemment, au lieu d'une couche très-étendue de ces productions, il n'existe que de petites masses ou des groujies d'un petit nombre û'yJmyb- bacler entourés de même de gélatine. Il me paraît hors de doute, par ce qui précède, (|ue ces petits corps constituent bien réellement des planlules autonomes, puis- qu'on les voit naître, et puisque ces formes cylindracées , au moins, se multiplient par division en conservant toujours la même figure. Ces petits corps enveloppés de gélatine sont certainement de même nature (jue ceux (jui en sont dépourvus dans les méats de la même plante; ils ont la même forme, la même constitution et le même mode de multiplication par division. On peut se demander maintenant si ces Jmylobader, qui ne sont pas doués de m.ouve- ment, peuvent être rapprochés des foriiies en têtiu'd et de celles en fuseau. Ils ont tous pour caractère commun, à l'élut parfait, de bleuir p-ar l'iode, et conserver le plus souvent une sorte de noyau plasmatique qui reste incolore ou qui jaunit, mais uui souvent lllh RECHERCHES aussi devient amylacé. Le caractère différentiel le pins important me semble résider dans le mode de multiplication par division, dont me paraissent jouir jusqu'ici les seules formes cylindroïdes. A cause de cela, le nom d'y^ wî//o6ader proprement dit, que j'ai appliqué à ces dernières, est justifié, ainsi que celui iVUroceplialum que j'ai donné aux formes en têtard, et celui de Clostridium aux fusiformes. Le mouvement que je n'ai pas encore aperçu chez les Closlri- diutn^ bien que ce soit chez eux que M. Nylander l'a signalé, ne serait pas un caraclèrc distinctif, car il se rencontre chez des Amylobacter vrais ou cylindriques, et chez les Urocephaliun du Figuier, longs de 0""",02, à queue flcxueuse, et devenant tout en- tiers d'un bleu très-intense par l'eau iodée. De plus, parmi ceux de ces corpuscules qui jouissent d'un mouvement propre, et qu'il paraît diftlcile de séparer de ceux de même genre qui en sont pri- vés, les uns sont rigides et les autres flexueux. Je ne crois pas encore le moment venu de les décrire spécifi- quement; cependant je puis assurer qu'aucun d'eux ne se rapporte spécifiquement ni génériquement aux Bactéries et aux Vibrions décrits par Ehrenberg et Dujardin (4). Outre les Amylobacter, j'ai encore observé, dans les cellules de la moelle du Figuier , des corpuscules vibrioïdes cylindriques, fort grêles, de longueurs très-variées, qui n'offrent aucune arti- culation, et qui plus tard sont remplacés par de longs filaments aussi grêles qu'eux-mêmes, qui se contournent dans les cellules et les remplissent quelquefois en grande partie. Je ne les ai jamais vus bleuir par l'iode, ni se segmenter comme les Amylobacter cylindracés décrits plus haut. (1) Le déf.iiU d'espace ne m'a pas permis de signaler dans les Comptes rendus toutes les inexaclitiules de M. Nylander. En voici une qui a bien aussi son impor- tance. Ce savant dit dans la note *2 de la page 396 du Bulletin dï la Société bota- nique, t. Xll : « Le nom (V Amylobacter n'implique aucunement pour AL Tiécul ridc'e d'une affmilé avec les Dacterium. » l'ourlant, à la page Ix^b du t. LXl des Comptes rendus, j'ai dit : «.... en raison aussi de l'amidon qu'ils contiennent, et POUR RAPPELER LA RESSEMBLANCE DES FORMES CYLINDROÏDES AVEC LES BACTÉRIES, je crois utile de les réunir sous le nom d'Amylobacter. » {Note de l'auteur.) SUR LES VAISSEAUX LATICIFÈIIES. l/l5 J'ajouterai en terminant qu'il n'est pas indispensaljle, comme le croit M. Nylander, de connaître toute l'histoire l)iologi(jue d'un corps vivant, pour admettre qu'il a été formé par hétérogénèse. Il suffit pour cela de le voir naître, et de s'assurer qu'il n'est point un simple élément anatomique; en un mot, qu'il est doué d'une existence propre. Or les Amijlobacter étant quekjuefois do- tés d'un mouvement de translation, et montrant assez fréquem- ment un mode de multiplication, doivent être considérés comme des êtres particuliers. D'un autre côté, comme ils sont formés par la modification d'une partie de la substance des plantes employées, souvent contenue à l'intérieur même de cellules dans lesquelles ils se développent, je conclus qu'il y a là une démonstration de l'hélérogénie, qui, je crois, peut être définie ainsi : uUîie opéra- » tion tiaturelle par laquelle la vie, sur le point (Vabandonner un » corps organisé^ concentre son action sur quelques-unes des par ti- » cules de ce corps^ et en forme des êtres tout différents de celui » dont la substance a été empruntée. » {Sera continué.) IX. (l'i février 18G9). 10 STTRPES EXOTICJE NOV^ (Continué du vol. VIII, page 351.) 18. Iodes madagascariensis. Frntex long^e sarmentosiis (test. Chapelier) ; caiile riimisquo terclibus v, ancipili-conipressis tetrngonisvc, dense fernigineo v. tulvido-hirsiitis ; corlicc {Cannabis more) filamontoso, l)asi caiilis tuscato insequali-fisso. Folia opposila, breviter (ad 1 cent.) pclio- lata, longe ovalo-acuta v. sublanccolata (ad 4 2 cent, longa, 5 cent, lata), basi cordata ; apice pleriimque acuminato ; integerrima membranacea, supra dense viridia, subtus pnulo pallidiora ; petiolo costaque cum nervis primariis obliquis vcnisriuc laxc reliculalis pilis iisdem rufescentibus ac ramis obsitis. Rainiiliis adcst iinns ad inlernodia fere omnia, qiioad folia lateralis, incirrlmm gracilom lon- giim, apice simplicem ramosumve, mntatus, ciijiis ope planta, Goua- niarum v. Ampelidearum more, arboribns in vicinitate crescen- tibus adfixa remanet. Ad internodia noniiiilla, praecipue in siipre- nnis ramis, ramiilus ille fertilis evadit (unde cirrhornm nosciliir natura, quge eadem acin Vitibus est). Flores cymosi diœci; cymis basi pedunculatis valde ramosis pilis iisdem rufescentibus ferru- gineisve accaule indntis. Flores minuti crebri 3-5-mori ; periau- tliio (?) duplici ; exteriore brevi in8eqiiali-o-5-dentato ciliato hir- suto; interiore longiore; foliolis 3-5, basi connatis, apice Hberis, longe lanceolalis parcius hirsutis; prsetloratione valvala. Slamina 3-5 sub gynaeceo rudimeutario breviter conico inserta ; fdainonlis brevibus ereclis ; antheris iuœquali-obovatis (tbtusissiuiis, dcmum reOexis, inlrorsmn 2-riniosis. In tlore fœminco androcaei vcsti- gium nullum. Gyngeccuiu libcrum ; germine basi atteiiuato 1-locu- lari 2-ovulalo, apice stigmate sessili excentrico lineari longitudine sulralo coronatn. Frnrtiis dnipacei basi perianthio persistente muiiiti ellipsoidei (1 cent, lougi, J, cent, lati) glaberrimi ; meso- â STIRPES EXOTICiE NOV^. l/j? carpio parce carnoso; putamiiie tenui monospermo. Semen pen- diilum ; lesta leiiuissima ; albumine copioso carnoso (in sicco fus- calo) ; enibryonis cenlralis inversi radicula recta brevissima snpera ; cotyledonibus oblongo-ellipticis lenuissimis contiguis integerrimis penninerviis. — Oritur in Malacassise Costa orien- tali, ubi legerunt Dupetit-Thouars (specim. masc.) et Chapelier (specim. fœni.), quo teste, planta apud incolas vulgo audit Vahé- fissoc (herb. Mus. par.), 19. Phlebocalymna Calleryana. Arbor, ut videtur, ramis teretibus ; corfice griseo glaberrimo. Folia alterna petiolata elliplica (ad 18 cent, longa, 10 cent, lala), basi rotundata v. breviter acuta ; apice obtuso v. saepius breviter acuminato; integerrima coriacea, supra lœle viridia glaberrima Isevia lucida, sublus pallidiora opaca, penninervia; costa nervisque primariis valde obliquis subtus prominalis ; venis laxe retifor- mibus. Petiolus crassiusculus glaber (ad 2 cent, longus), supra canaliculatus (in sicco dense fuscatus). Flores racemosi ; racemis spicilbrniibus (pedicellis brevissimis), aut in axilla foliorum, aut in ligno pluriiiiis fasciculatis petiolo subœqualibus v. paulo longio- ribus gracilibus minutilloris. Planta, aut polygania, aut diœca. Floris masculi calyx brevis 5-partitus ; foliolis arcte imbricatisj^ Petala calyce multo longiora oblonga crassa, libéra, sed inter se basi fdamentonim ope arcte conglutinata ; praefloratione valvata. Stamina 5 allernipetala ; filamentis jure hypogynis, apice autem exceplo, cum coroila, ut supra dictum, coadunalis; anllierisellip- tico-oblongis, iutrorsnm 2-rimosis. Gynœcei rudimentiim centrale breviter pyramidatum ; basi in discum glandulosum incrassata ; ovulis 0. In flore (temineo hermaphroditove haud viso germen vei isimililer 2-ovnlalnm. FrucUisdrupaceus (2 cent, long.) breviter ovatuscord'.itusve; cpicarpioglabro; mesocarpio tenui; endocarpio ligneo l-spernio. Semen pericarpio conforme subnuduni; albumine crasso carnoso ruminato vix integumenlo membranaceo (verisi- niiliter esacco embryonali orto) vesiito. Embryoinversuscentralis ^ J lis STIRPES exotic.î: nov^. W obloiigo-cyliiidricLis albumine fere diiplo brevior. \n .Alanilla (Calawan) Icgit. Callénj (18^0), n. 63 (hcrb. Mus. par.). 20. Cham.'Kmeles mexicana. Arbor? Rami tereles ; corticc cincrascente glabro siriato len- licellis minutis pallide fuscescenlibus nolalo. Folia allerna glabra lorigiuscule (ad 2 cent.) petiolatu ohlongo-obovala (ad 10 cent, longa, 5 ccnl. lala), basi longe atlcnuata; apiee oblusalo ; ina?- fiuali-crcuulata mcrnbranacea v. subcoriacea, supra glaberriuia lucida lœvia, sublus opaca ferruginea glabra venosa. Stipulae baud visGC. Flores (albi) in supremis ramnlis crebri racemoso-cymosi ; paniculGC sic diclœ ramis raniulisrjue cuin pedicellis calycibusque j)ube brevi densa ferruginea obsilœ. Flores bermapbrodili ; re- ceptaculo turbinato inlus disco glanduloso veslilo. Calyx brevis ; Ibliolis Iriangularibus crassis, aestivalione leviler imbiicalis, denuini valvatis. Petala calyce longiora obovata in alabastro arcle convoluta, decidua. Stamina20; filanientis subulalis arcte inflexis; antberis oblongis inlrorsis. Germen inio receptaculo immersum semi-adnatum 1-loculare; ovulis 2 basilaribus collaleraliter sub- erectis; micropyle extrorsum inféra; stylo terminali cylindrico, apice inœquali-capitato stigniatoso. — Oritnr in dilione mexi- cana, ubi legit Galeotti (exs., n. 16G0), auguslo Horifcrum, m sylvis cirea Yera-Cruz, ait. 3500 ped. (herb. Mus. par.). 21. Parinarium Chapelieri. Arbor, ut videtur; ramis teretibus; corticc, e lenticellis lere- tibus creberrimis suberosis valdc proniinulis, rugosissima; ra- mulis novellis pube tenui velutina fuscescentibus. Folia (verisi- militer inadulta) longiuscule (ad 15 mill.) petiolata, elliplico- oblonga (6 cent, longa, 3 cent, lata.), basi et apice obtusala rotundata, su[»ra lucida lœvia subavcnia, subtus e cosla nerviscpie priniariis crcbris venulisque lenuiter reticulatis proniinulis inse- quali-rugosa inter venas pallidiora brevissime puberula nonnun- quam giaucesccntia. Flores in sunimis ramulis laxe racenioso- % STIRPES EX0TICJ3 NOV^. i/lO cymosi crebri (aclulli haud visi); bracfcis junioribus arctc pcriaii- tbio adpressis oblongo-lanceolatis miiniti ; calyce valde imbricato bractcis simiH tonienîoqiie eodem brcvi palliter ferriigiiieo obsito ; staminibus fertilibus co, iinilatcralibus; gcrmine lubo recoptaculi lateraliter inserto (omentoso, certc ob disscpirnenlum spurium iiiler semen utrumque ortiim 2-locellato ; stylo basilari arcuato, apicc eapitato. — Olim in jMalacassia, verisimilitcr ad costam insulge orientaleiu, ubi legit b. Chapelier (herb. Mus. par.). 22. ExoGHORDA? Davidiana. Frutex erectiis; ramis teretibiis; cortice glabro fusoato. Folia e gcmmis perulatis oriimda ; inferiora squamœformis arcte imbri- cala;siiperiora siiblanceolata, basi longe attennata; apicc acuto v. obUisato; inœquali-crenulata membranacea, supra glabra lœte viridia, sublus glaucescentia; nervis primariis valde obliquis albi- dis. Flores albidi; racemis terminalibus simplicibus nutanlibusj. pediccllis singulis bracteas 2 lineares sub flore gercntibus; recep- taculo valde concavo; staminibus 15—20; gynseceo in specimi- nibus masculis, aut 0, aut minuto sterili. — In Mongolia legit b. David. Species quoad genus dubia, ob pistillam fructumque ignota Potiusne Nuttalliœ species ?Staiï)ina, dum 15 adsint, per 3 petalis singulis oppo- sita; lateralia 2 paulo majora altiusque receptaculo inserla. Planta e seminibus e Mongolia acceptis in liorto parisiensi culta, olim floruit, nunc aulem deluncta. Spécimen tlorilerum minutum in herb. Mus. par. servavimus. 23. RouREA Grosourdyana. Frutex sarmentosus; caule raniisque gracilibus teretibus giabris, lenticellis minittis creberrimis notatis. Folia in sumniis ramulis alterne confcrta inipari[)innata ; tbliolis plerumque 7, quorum 6 jicr paria opposita ; rachi gracili recto puberulo; foliolis brevis- sime (1-3 mill.) pedicellatis, ovato-acutis (5-7 cent, longis, 2 i cent, lalis) subintegris v. obscure siuuatis membranaceis, supra 1^ i^ 150 STIBPES EXOTIC^ NOV^. glabris, siibliis alhido-rufescenlihns, lomonto brevi densi undi(Hic obsitis ; Costa norvisqiio siibtiis valdt^ prominiilis forniiiineo to- mentosis. Flores spiirie raecmosi ; raccinis gracilibiis iii axilla foliorum ramiili junioris inferioriim pleriimnne axillaribiis, folio brevioribus ; pcdicellis filîtormibiis giabiis in sicco l'orrugineis. Flores haud visi et c fruclii tantum noti. Capsula (fcrc matura) ingequali-ovata glabra (1 cent, longa, ^ cent, lala), calyce accres- cente arcteque adplicato, sibi 3-pIo breviore giabro cliarlaceo valdeque imbricato irmnita. Semen loculo conlorme glabriiiii, arillo unilatcrali suborbicidato, margine crenato, bas! cincliim. Slainina basi, aiit libéra, aiit |)liis minus alte connata dilalalaquo pilosa. Caetera ignola. Orilnr in America œipjinocliali, apud ditionem Venezuelanam Gnyanam dictam, nbi, liaiid procul ab Angostiira, Icgit b. Grosourdy, anno 1864 (berb. IMus. par.). J 2fl. TrICHOLOBUS COCHINCniNENSlS. Arbor parva glabra; ramis ramulisque teretibiis vix angulatis; cortice lenticellis minutis noiato rugnloso. Folia alterna imparipin- nala; foliolis 5 v. in summis ramulis ,S, breviter (5-10 mill.) pe- lioliilata subopposita elliplico-ovata (/j — 8 cent, longa, 2 — li cent, lata), basi lequali-rotundala, a|)ice paiilo altennata ; summo apice plerumqiie oblusato ; iiitegra subcoriacea glaberrima, subUis panlo pallidiora; nervis pinnalis vix conspicnis; pctiolo basi sensim in- crassalo angidato nudalo(ad 5 cent, longo). Flores terminales pa- nicnlati, v. potins simul in summis ramulis et in axilla lolioriim superiorum ramulicymoso-racemosi; racornis decompositis. Calyx crassus 5-partitus; sepalis ovato-lanceolatis acutiusculis crassis carnosis, dorso subangulatis, extus puberulis, valde valvatis. Pctala calyce 2, 3-plo longiora (ad \ cent.) cxserla crecla libéra sed mar- gine inter se plus minus cobierentia oblongo-lanccolala, basi alte- nnata, apice obtusata, glabra («lutescentia, valde odorata») nigro- maculata ; prœlloratione conlorta. Slamiua 10 ; lilamenlis aile nionadelphis, denium lilicris graeilibus subulalis, opposilipelalis 5 (juam allernipctalis 2, o-[)lo brevioribus; longioribus el corolla STiRPEs exotica; nov^. 151 brevioribiis inclusis ; antheris ovato-cordatis inlrorsis ; conneclivo apice glanduloso leviter prominulo. Ovarium liberum subcentrale 1-loculare, extus l'errugineo-puberulLini; apice in stylum longe atlenuato ; stylo gracili cylindrico erecto, apice inœquali-capitato stigmaloso. Ovula in loculo 2 collateralia adscendenlia ; hilo liaud procul a b:isi sito, sed laierali ; micropyle tenuiter ciliata supera. Fructus breviter (ad ^, cent.) stipitatus leguminiformis oblique ellipticus (ad "l cent, longus, 1 \ cent, latus) intus extraque glaber lignosus, longitudine ab apice ad basin dehiscens •2-valvis. Semen adscendens pericarpio j)aulo brevius ovatum; testa Isevi nigra; hilo haud procul a basi laterali elliptico albido ; arillo crassissimo insequali-sulcato cerebriformi, valde carnoso aurantiaco, semine 3-plo breviore. Embryoïiis exalbuminosi valde carnosi cotyledones piano- convexge, radicula supera brevis obtusata. — Oritur in Cochinchinse plagis, haud procul a Saigon et in ins. Pulo-Condor, ubi legerunt cl. Gabriac ei Lefèvre (herb. Mus. par.). 25. CONNARUS? VEINEZUEL\1NLS. Arbor, ramis teretibus ; ligno duriusculo ; cortice pallide fus- calo lenticellis minulis crebris prominulis notato. Folia alterna t^oliolata ; petiolo tereti giabro, basi repente valde incrassato (4-8 cent, longo) ; tbliolis o longiuscule (ad 1 cent.) petiolu- latis ; petiolulo incrassato valde rugoso et siccitate nigi'cscente ; limbo lunceolato, basi a3quali v. in foliolis lateralibus leviter inœ- quaH-rolundaio, apice acuminato (10-15 cent, longo, Z|-8 cent . lalo), integerrinio glaberrimo coriaceo penninervio venoso, sub- tus |)allidiori ; cosla pallide ferruginea valde piominula. Flores crebri in paniculam magnam valde ramosam terminalemque dis- positi ; racemis cymiferis, laleralibus in axilla toliorum raini supe- riorum v. braclearum sitis. Calyx iinbricatus crassiusculus. Petala duplo longiora oblongo-lanceolata nigi'o-punctulata. Slamin 10 ferlilia ; filamenlis basi monadelphis, mox liberis subulatis corolla brevioribus; aniheris cordalis apiculalis denium versati- libus retlexis. Carpclluni in llore adulte 1 ; ovario ovoideo 2-ovu- C^" 152 SUR UN AMANDIRR A OM'LES ANORMAUX. lato, in slyluin ^racilem allciuialu ; apico sliginaloso siibtlabcllato (lilalato reflexo. Frucliis iiiiiolus (gcnns uiidc (]ii!)iiim rcmanol). — Oritur in VcnczuclLC provincia dicta Guyana, tibi, [trupe ad Yilla-do-ljpata, ainio 'l86/i, legcbatb. de Grosoitrdy (lierb. jMus. par.). («Sera continué.) SUR m AMANDIER A OVULES ANORMAUX (1). Les fleurs de l'Amandier dont il est ici question étaient parfai- tement normales, quant au périanthe, à l'androcée et aux parties extérieures du gynécée. Mais lorsqu'on ouvrait l'ovaire, on était IVappé du développement qu'y prenaient les obturateurs. On peut, à ce qu'il nous semble, désigner sous ce nom, deux saillies, natu- rellement très-prononcées, qui, dans presque tous les Prunus, surmontent les ovules et coiffent plus ou moins complètement leur micropylc. Dans ce genre, les deux ovules, collatéraux et descen- dants, ont un micropyle supérieur et extérieur, pourvu d'un exostome et d'un cndostome. Au-dessus d'eux, les placentas présentent un gonflement considérable, qui affecte ordinairement la forme d'un cône étroit et allongé. C'est la base de ces deux cônes parallèles (]ui vient s'appliquer sur chacun des micropyles ovulaires. Souvent la surface de ces saillies est à peu près lisse. Dans notre Amandier, elle était mamelonnée et partagée par des étranglements plus ou moins profonds en une série de lobes super- posés. Onclquclbis le lobe inférieur ou basilairc de chaque obtu- rateur s'allongeait en forme de cône ovoïde, et au-dessus de l'ovule normal, pourvu de ses deux téguments, il simulait un ovule plus jeiUK^ et réduit nu riucclle. Dans la llcur dont nous donnons la ligure, ce lobe ovoïde s'était même entouré, comme un véritable (1) Lu à la Société Untiénnc de Paris, dans la séance du 2o décembre 1868. SUR IN AMANDIER A OVULES ANORMAUX. 153 ovule, d'un sac cupuliforine, qui lui servait de tégument. Quant à lui, jouant le rôle de nucelle, il avait obliquement dirigé son sommet vers la partie supérieure de l'ovaire ; de sorte qu'on avait sous les yeux, en regardant la loge ouverte par le dos : deux ovules collatéraux à deux enveloppes; puis, au-dessus d'eux, deux autres ovules collatéraux à un seul tégument, et, au-dessus encore de ces derniers, deux saillies placentaires lobées, en forme de cônes allongés. Une semblable anomalie représente donc un passage, des ovaires biovulés des Prunées, aux ovaires pluriovulés de la plupart des Spirées. EXPLICATION DES FIGURES. Planche III. FiG. 2. Fleur d'Amandier, dont l'ovaire renferme, entre les saillies inférieures et supérieures du placenta, quatre ovules disposés sur deux séries verti- cales, les supérieurs étant les moins développés. NOUVEAUX MATÉIUAUX POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES Par F. A. W, MlfjUEL, Directeur de l'Heiljier royal de Leyde. QUATRIÈME PAKTIK (1). CYCADÉES DE l'aFHIQUE. Dans le domaine de la llore d'AIViijue, on rencontre trois genres de Cyeadées: Cycas, avec une espèce (C. Thouarsii^ déjà nientionnéo précédemment), (pii se trouve à Madagascar et aux îles Mascareignos, mais qui n'a pas encore été découverte sin^ le continent voisin; E?icephalarlos, avec 12 espèces faisant |)artie de la llore de la Cafrerie, an N. E. dn Pays du Cap proprement dit, et qu'on peut supposer répandu dans lout l'intérieur dn con- tinent, depuis que M. Barter a trouvé dans l'Afrique occidentale, près du tleuve Niger (voy. plus haut), une espèce qui se ren- contre également à Natal; Stangeria, représenté par ime seule espèce de l'Afrique méridionale. Les deux derniei's de ces genres sont exclusivement africains. Thunberg déciivil le \)rôi\vev Enccphalartos, sous le nom de Cycas cafj'ra^ en 1775; Linné fils le nonuna Zamin Cycadis et détermina ainsi plus exactement sa place dans U) SNStèine; les espèces découvertes |)Ostérieurement furent rangées dans le genre" Zavna jusqu'à l'époque moderne. Jacquin, qui introduisit un grand nombi-e de plantes du Cap dans le jardin inq)érial de Schœnbrun, décrivit, dans son magnifi(|ue ovwwv^n Fragmenta bolanica^ les (1) Voy. Adansonia, IX, 73. NOUVEAUX MATÉRIAUX POUIl SERVIR A LA CONNAISSANCE, ETC. 155 Zamia cycadifolia, longifolia, lanuginosa et horrida; Willdeiiow décrivit le Z. Iridentata, Aiton le Z. pungens. Depuis lors des spécimens conlinuèrent à arriver du Cap dans nos jardins bota- niques. Si, dans leur détermination, beaucoup d'erreurs furent commises, j'en allribue surtout la cause à ce que les Fragmenta dispendieux deJacquin ne pouvaient être consultés partout, et que les descriptions concises des ouvrages systématiriues ordinaires ne sulTisaient pas pour faire reconnaître les espèces avec certi- tude. Une autre source d'erreurs provenait de la tîxafion des espèces d'après de jeunes exemplaires, lesquels difterent souvent beaucoup de la plante adulte par la forme des feuilles. L'absence assez fréquente des organes de la fruclification contribuait égale- ment à rendre les caractères incomplets. A une époque plus récente, des espèces inconnues furent découvertes dans l'intérieur de l'Afrique méridionale par Kcklon, Zeyber et Drège, et de nombreux pieds vivants, tant de ces nouvelles acquisitions, que des espèces déjà connues, furent iniroduils dans les jardins bola- niques, principalement dans celui de Hambourg. Le professeur Lehmann décrivit ces espèces dans son Pugillus sextus (I80/1), et montra en même temps que les Zamia du Cap s'éloignent sous beaucoup de rapports des types américains sur lesfpiels le genre avait été primitivement fondé, et qu'ils tbrment in> genre distinct, auquel i! donna le nom lïEncephalartos. Cette opinion avait d'ailleurs déjà été énoncée, bien des années auparavant, par R. lîrown : « Species americanœ, quœ Zamiœ genvinœ, a capensibus et Novœ Hollandiœ forsan génère distingiieiidœ. h Je ne rappellerai [las ici les autres îravaux dont ce genre a été l'objet; on en trouvera l'énumération dans ma Monografihie et dans le Prodromus Systematis Cycadeariuu. Je ferai remarquer seulement que toutes les recberches postérieures ont confirmé les caractères du genre Encephalario^, et mis en évidence les grandes différences qui le séparent du genre Zamia. La structure interne des tiges fournit un caractère particulier, dont j'ai essayé précé- demmen! (fJimœa, XVIII, p. U'i) de faire une application taxi- 156 NOUVEAUX MATÉRI.VUX nomiqiic, d'oprès les travaux de MM. Brongniart et 3iohl et d'après mes propres recherclies ; les investigations de M. H. Kars- fen [AbJiaudl. JJerl. AccuL, 1850} et de M. Mettenius [Abh. der K. Sachs Gesellsch. d. Wiss., VII) ont apporté une nouvelle eon- firmalion aux caractères analoniiques des genres. 11 en est de même pour les feuilles. Les folioles, a-t-on dit, sont fixées sur le racbis, sans articulation chez VEncephalartos, avec articula- tion chez le Zamia; d'une manière générale, cet énoncé peut encore être maintenu aujourd'hui, bien que je doive faire observer que chez quelques espèces d'Encephalartos, la base des folioles est légèrement renlléeetindifiuc un commencement d'articulation, par exemple chez les E. vUlosus^ AUensleinii^ cycadifolius, laii- frons. La vraie signification de cette articulation ne nous a été dévoilée que tout récemment par M. G. Krans [Ueber den Bau der Cycadeënfîedern, dans les Jnhrbucher de Pringshcim, IV, p. 305), tandis que beaucoup de jour avait déjà été jeté aupara- vant, par M. Bornemann, sur la structure des folioles [Organische Reste der Letten/,ohle Thûringens). Si l'on ajoute à tout cela la différence des organes de la génération, on doit regarder ce genre comme établi sur une base suffisante. Les caractères tirés des organes de la fructification, bien que, à première vue et dans une comparaison abstraite avec les formes des genres voisins, ils semblent moins importants, empruntent de la valeur de leur constance dans toutes les espèces du genre, ainsi que de la considération qu'ils concernent les organes de la fonction la plus plus élevée; il iaut, en outre, appliquer ici la règle suivant laquelle la valeur des différences s'accroît à mesure que le type d'organi- sation se simplilie et que la somme des différences est plus petite. Je n'ai que quelques nouvelles observations à ajouter à ce que j'ai publié antérieurement sur les espèces de ce genre. Je me bornerai donc à circonscrire d'une manière plus rigoureuse les caractères génériques, et cà présenter quelques remarques au sujet des espèces, dont je donnerai la liste complèlc, avec les synonymes. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 157 ENCEPHALARTOS LEHM. LEHM. Pugill. VI, p. 9, cxd. Cycadis sp. thunb. Zarniœ spec. LINN. /?/., AiTON, JACQ. , wiLLD., Arthrozamia reichenb. Conspèct. Vcget. (nomen). Trunciis cicalrisato-squainatus. Folia pinnata, ciiin foliolispliiri- nervulis vernalioue stricta, hsec imbricala. Androphyllorum cu- neatorum pars locellifera cuneiformis, apex slerilis truncatiis brevisdecurvus; carpophylla pedunciilato-peltata, sub pelta crassa rhombeo-qiiadrangulari biovulala, matiira colorala; seminum in- tegumentum extus siiccosum (heterochroLiiii). Geiieris distribulio ab Africa australiore iisque ad œqiiatorem, liunc in regionibus Nigritiae paullo transgrediens. Truiiciis ovoi- dcus, etiam cylindrico-clongatus, petiolorum basibiis persisten- tibiis spiraliter cieatrisatus, cylindro ligneo irregulariter zonalo fasciculis vasonim e vaginà medullari orlis versus folia tendeii- libus perfossus, gemma terminal! ibliigena peruîala, foliis pin- natis, pinnis haud articulatis, subtus inter nervos slomatiferis, integerrimis , serratis vel prsesertim ad marginem inferiorem sublobatis, apicibusdentibiisque iilplurimum spinoso-aciilis^ nervis parallelis densis simplicibus bifidisque, ad apicem dentesqiie directis ; epidermide sub jiiventute scepe pilifera, plerumque cito glabrescente; conis utplurimum solitariis, femineis brevioribus et crassioribus. Species hac tenus cognitœ : § 1 . Foliola linearia rigida : f marginibus revoluta : 1. E, CYCADiFOLius LEMM. Piigill. VI, p. l/j. MiQ. MoHogr. p. /i3. Prodr. p. 8 et 18. Syn. E. Friderici Guillelmi leem. l. c. p. 8-11 {t. sp.). miq. Monogr. p. UU. ENDL. Paradis. Vind. fasc. Vil. E. Gliellinckii lemaire in Illustrât. Horticole XIV, p. 79 Mise. {Zamia hort. VERSCOAFF.). • 158 NOUVEAUX MATÉRIAUX Zanda cycadifolia jaCQ. Fragin. I. p. 27 {t. sp.). Icônes : jacq. /. c. tab. 25 et 26. leqm. /. c. tab. I-III. Pnrad. Vind. l. c. Crescil in Africà ;uis(raliorc, iii (^afTrnriœ regionibns monlanis, V. c. in m. Wiudvogelbcrg ad ii000-5()00 ped. ail., m. Nov. et Dec. iVuL'lU'. : DiiÈGE. — In horlis iioslris l'olia cilo glabrescere soient. Rhachis exenijilaris a wilson saunders in hort. Kewensem introdnoli a dorso fere rectangnle exserta; peliolus antice leviler convexus, in siccis lelragonus apparct. Folioia exeniplaris in horto Kevvensi culti Ixt^ polU longa, 1^-1; lin. lala, pra3sertim subtus 7-8-nervula. ff plana : 2. E. PLNGENS LEHM. Pî/^. YI, p. l/j. MIQ. MonOÇT. p. 42, excl. syn. TiLLn (et specimine horli bogoriensis). Linnœa XIX, p. /ill*. Prodr. p. 8 et 18. Zamia pungem ait. Hort. Kew. willd. Sp. pi. II, p. 845, t. sp., non hortorum hoc tempore [cf. E. Lehnianni, aliosque). Icon. : MiQ. in Linnœa l. c. tab. IV, ad ipsius willdenowii exemplair {herb. n. 18530). Diu dubitavi, an liaec; species, in horlis rara, rêvera sit planta africana, nec unquam eani in collectionibus ex Africa allatis vidi. Exemplar horli Gandavcnsis [Monogr. l. c.) potius juvenilis Macrozaniia videtur. — An folium herbarii Willdenowiani sit planlœ adrdtse vel juvenilis, haud constat. A. Macrozamiis foliolo- rnm basibns non callosis satis differre videtur. Dubia mihi auleni sunt, an species aitoinu eadeni sit ac willdenowu ; ex nonien- clalura liorlorum anglicorum suspicarem Aitonianani speciem ean- dem esse ac E. Lehmannî. Eo enirn tempore (juo hsecce species ab ECKLONO advecfa cl lehmanim noniine exornala est, in hortis, V. c. Amstelodamensi, Holerodamensi aliisque eaudem Zamiœ pimgentis nomine jam videram. Caeteruni ha3C dubia bolanicis auglis ad solvenduin commendata esse velim. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 159 3. E. TRIDENTATUS LEHM, PuQ. VI, [J. 13. MIQ. MonOCjr. p. ^5. Prodr. p. 8 et 19. Syn. : Z amia tridentata willd. Sp. H, p. 8'-i5, t. sp. herb. n. 18531. Zamia occidentolis, Z. unidentata hort . loddig. Catal. n. Ml?. Zamia spiralis hortor. quorundam. Cycas intermedÂa horti v. houtte. Encephalartos spiralis hotior. compl. et in otto et dietr. Allg. Gartenz. 1838, p. Vlk, Bull. Se. phys. etnat. Néerl. 1838, p. 8Zi. Icon. : MIQ. Monogi\ tab. VI exernplar. herb. willd. auth. n. 18531 exhibens. Sterilis tantiim cognita. Dubia de ejus patria nunc solvit planta viva a. 1863 e Promontorio b. Spei in hortum Kevvensem intro- ducfa, cunn speciininibus Willdcnowianis exacte congruens. Eodem tempore in hortos belgicos introducta est. In plantis hisjuvenili- biis petioli sunt pédales, lamina panllo breviores, cum rhachi semileretes, antice plani, itna basi fusco-subvaginali et griseo- villosi ; foliola subdecurrcnti-inserta, auguste linearia, 3-3J poil, longa, su|)eriora breviora, apice spi.'îulosc bi- Iri-denticulata, saturate viridia, nervis circiter 5 paruin proininulis, herbacea, flexibilia, exceplis supremis palentia. — Adullioris exemplaris foliem in herbario lehmanni vidi et descripsi in Monogr. p. /i(5. Ad eandem specieni pertinere videtur semen germinans quod in Linnaea XXI, p. 563, tab. VI descripsi. § 2. Foliola lanceolata, elongata, aiit oblongo-elliptica, pleraque et fere semper integerrima, rigida, pungentia. Ix- E. ELONGATUs LEHM. m MIQ. Comment. Phytogr. p. 60. BuU. Néerl. 1838, p. 11. Monogr. p. IxG. Tijdschr. Nat. Geschied. X, p. 70. Prodr. p. 9 et 19. Syn. : Zamia pungens loddig. Catal. n. 165 t. sp. Icoii. :miq. Comment. Phyt. tab. Xlil. Tijdschr. l. c. tab. VIII, fig. A. Species in hortis rarissinia ; vidi unicum exernplar in borto bot. Roterodamensi, eProm. B. Spei allatum. Colebalur etiam in borto Hamburgensi. 160 NOUVEAUX MATÉRIAUX 5. E. LEHMANNi ECKL. ap. LKiiM. PiiyUL VI, [^. l/j. MiQ. MoHogr. p. lil. Prodr. \). 9 et 11). Syn. : Cycas ylaucavxN royen kerb. a. 1777. Zamid pungens horlor. complur. et ecklon lierh. Zani/'a Lehinanniana eckl. et zeyd. in otto e^ dietr. Allrj. Gartenzeit, 1838, p. 158. Zconia glauca et Z. glaucescens hortor. Encejthalartos spimdosus lehm. [Zoiniu spinosa /tort.) in Tijdschi'. ISat. Geschieil. IV, p. 420 t. sp. refert plantain juvenilein [cf. Linnœa XIX, p. ^20). Icon. : Allg. Gartenz. l. c. tab. I. Tijdscltr. Nat. Geschied. l. c. tab. VIII, fig. B. Hœc species jarn an te ecklonum in hortos anglicos et batavos introducta ; an ab aitonio sub Z. piingenti descripta fneril (quo casu nomen boc reslituendnm) dijudicare nequec. Jnvenule exem- plar in herb. i'ersoonii vidi [Bull. Néerl. 1838, p. 83). De folio- rum in planta jnvenili forma diversa cf. Monogr. p. 50. Cieterurn haec species colore foliornm intense glanco, foliolis adnltarum rigidis integerrimis, margine prœsertim superiore leviler tumi- dulo-incurvis, subtus nervulis subdepressis zonisque stomatiferis interjectis pallidioribus striulatis ab affinibus discernenda. Carpo- pbylli pelta in processunn prismalicum truncatuni prodncta. — Forsan varietatis titnlo bue ducendus E. maurilianus hort. miq. Monogr. p. ^8, foliolis margine inferiore passim unidentatis, cul- tus in Palmopbylacio Régis Borussitc in ins. Pavonum. A varietale revohUa E. lanuginosi etiani haud multum differt. 6. E. LONGiFOLius LEHM. Pug. VI. p. 14. MIQ. Moiiogr. p, 5/i. Prodr. p. 9 et 19, excL var. revoliUa et forsan anguslifolia, Syn. : Zamia longifolia Jacq. Fragm. II, p. 28 {non hortor. belg. qnn- rundcni quœ Ceratozamia mexicana). Zamia Caffra, Z. Cycadis, Z. pungens hortor. E. pungens hort. quorundani. Encephalartos Caffer iiooK. Bot. Magaz. tab. /j903 exrl. syn. excl. Icon. : JACQUiN L c, tab. 29, HOOK. /. c. , utraque optinia. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 161 Spccies in hortis vulgaris, valida, cum sequenti ssepissime coiifusa, trunco demum elato cylindraceo maximam partem glabro, foliis ssepe 5-6-pedalibus rigidis griseo-saUirato-viridibus, petiolo crasso digiti crassitiem excedente, obtuse rliombeo-tetra- gono, adultorum foliolis omnibus integerrimis, juniorum prseser- tim infimis uno allerove dente munitis ; apice nunc spinoso-acutis nunc vero subcalloso-incurvulo-mulicis. Conus masc. a jacquino delinealus ei E. lamiginosi quem in horto Amstelod. observavi, siniillimus, sed paullo crassior. In E. lamiginoso truncum utplu- rimuin magis minusve lanatum humiliorem ovoideum observavi, frondes breviores, foliola inferiora adultorum etiam uno alterove dente munita, in univcrsum paullo angustiora margineque supe- riore haud raro magis revoluta. Crescit in regionibus montanis Caffrarise. — Ex Algoa-bay etiam introductus, a cl. yates missusnomine E. caffri. 7. E. lanuginosus lehm. Piigill.y VI, p. 14, miq. Monogr.^ p. 56. Prodr., p. 9 et 50. Syn. : Zamia lanuginosa jacq. Fragm., I, p. 28. Zamia caffra hort. complurium. Enccphalartos caffer lehm., /. c, MIQ. Monogr. , p. 51 [excl. sgnonymis THUNBERGii et LiNN.El filH.Linnœa XIX, p. 423) et hortorum omnium nostro tempore. Zamia elliptica loddig. Cat. n. 173, forsan et ejusdem a. 166 [Z . hor- rida). E. horridus var. lanuginosa MiQ., in Ann. Se, nat. 2*' ser. X, p. 367. E. pungens hort. anglic. quorimd. Icon. : JACQ. , /. c, tab. 30 et 31 juvénile exemplar. Varietas tridens miq. Monogr.^ p. 57. Syn. : Encephalartos tridentatus hort. [non lehm.). Zamia trideyitata LODDIG. Cat. Var. revoluta miQ. ., Monogr.., p. 55. [sub E. longifolio). Syn. : E. revolutus hort. ? Var. angustifolia miq., /. c, p. 56 {sub. E. longifolio), Syn. : Z. pungens horti Parisini. IX. '8 mars 186'A) 11 16:2 KOLVEALX MATÉI'.I.VIX Hd. Paradis, Findob., tab. S^. Syn. : Lomaria coriacea kdnze in Linnœa X, p. 506, non schkad. L. eriopus kdnze ihid.., XIII, p. 152, XVllI, p. 116. Crescit in Africae australioris regione Natalensi. Ce genre singulier forme un membre important de la famille des Cycadées par les rnpports qu'il présente, d'un côté avec les Encephalartos et, à un moindre degré, i\\ec\eBovenia, de l'autre côté avec les Zamia américains. Il s'accorde avec les Encepha- lartos par l'absence d'articulation à l'insertion des folioles, et par la forme des androphylles, qui toutefois sont un peu peltiformes au sommet dirigé en dehors ; il se rapproche du Bovenia (et de la seconde section du genre Cycas) par l'insertion des ovules dans de profonds sillons des carpophylles. Il a en commun avec les Zamia la tige lisse, non rendue écailleuse par les bases per-^ sistantes des pétioles, et en général plus petite; le rachis de la feuille, qui dans le bourgeon est replié vers le bas contre le pétiole, rappelle aussi le sommet des feuilles des Zamia., qui (chez quelques espèces) montre une légère inflexion du rachis. Mais le Stangeria diffère de toutes les Cycadées par les folioles, dont les caractères sont si anormaux, que l'erreur de feu Kunze, qui re- garda des feuilles stériles comme appartenant à des Fougères, n'a rien de surprenant. Ces folioles (^repliées longitudinalement dans le bourgeon) ont, en effet, un épiderme à parois sinueuses, et des nervures latérales régulières, bifurquées ou indivises, qui di- vergent d'une forte côte médiane. On a, à bon droit, appelé celte structure tout à fait exceptionnelle dans les Cycadées. On peut 168 NOUVEAUX MATÉRIAUX toutefois la comparer, jusqu'à un certain point, à la nervation parallèle d'autres genres des Cycadées, depuis que M. G. Kraus a fait voir que la côte médiane se compose d'un certain nombre de cordons vasculaires et de canaux gummifères unis par un tissu médullaire, et que ce sont ces cordons vasculaires qui se séparent, en divergeant, sous forme de nervures latérales (/. c, p. 3^0 — 3/il). J'ai trouvé des nervures bifurquées chez tous les Za7niaà larges feuilles, ainsi que dans le genre Encephalarlos et dans d'autres genres. Chez certains 7.amia, on voit ces faisceaux paral- lèles très-rapprochés dans la base rétrécie des folioles, disposi- tion qui rappelle un peu la structure de la côte médiane du Stangeria. (Une disposition analogue s'observe dans le genre Ophioglossimi, chez les espèces qui ont été distinguées par M. Presl comme étant pourvues d'une nervure médiane). — Dans les folioles des Cycas, au contraire, la côte médiane conserve tous ses cordons unis dans toute sa longueur, de sorte que le Stangeria^ sous le rapport de la nervation, tient le milieu entre ces genres; en même temps, il rappelle les Fougères, et par ses nervures latérales et par la structure de son épidémie, sans toutefois que je voulusse voir dans ce rapprochement une affinité véritable. Il y a incontestablement une certaine analogie entre les Cyca- dées de la Nouvelle Hollande et celles de V Afrique. Chacune de ces parties du monde possède un genre prùicijxU, avec des espè- ces nombreuses qui peuvent être divisées en groupes à folioles larges et étroites, à tiges élevées et basses : dans la Nouvelle- Hollande, le genre Macrozamia^ en Afrique le genre Encephalar- ios, tous deitx fixés surtout au sud de l'équateur. A côté de ces grands genres, chacun des deux continents produit un genre monotypique très-aberrant, et ces deux genres ont entre eux une grande analogie par la nature des tiges : dans la Nouvelle-Hol- lande, le Bovenia, différent de toutes les Cycadées par ses feuilles bi[)innées, en Afrique le Stangeria, (|ui dévie par ses nervures latérales, mais qui, par ses folioles inférieures légèrement pétio- POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 169 lulées et sa nervation, se rapproclic des feuilles si caractéristiques du Bovenia. L'inserlion particulière des ovules a déjà été men- tionnée plus haut. CINQUIÈME PARTIE. Cycadées de l'améuique. L'Amérique possède trois genres de Cycadées, Zamia, Cerato- zamia et Dioon^ qui, en opposition avec les genres des autres parties du monde, forment le groupe naturel des Zamieœ. Com- parée à l'Afrique et à la Nouvelle-Hollande, qui ne comptent chacune que deux genres, et à la flore indienne qui est réduite au seul genre Cycas^ l'Amérique offre donc une plus grande variété de types, en même temps qu'elle surpasse aussi les autres parties du monde par le nombre des espèces. Mais les espèces elles-mêmes sont en général plus petites, la structure des tiges est plus simple, l'organisation des parties sexuelles plus uniforme et peu différente d'un sexe à l'autre. — Me bornant toutefois, pour le moment, au point de vue purement systématique, je fais remarquer que le genre le plus riche en espèces, Zamia^ est répandu des deux côtés de Panama, sur le continent et sur les îles, tandis que les deux autres genres, Ceratozamia avec envi- ron trois espèces et Dïoon avec une seule, ne se rencontrent qu'au Mexique. Ces genres n'ont aussi été découverts qu'à une daîe plus récente, et leurs espèces paraissent n'avoir qu'une aire limitée. Par rapport à ces formes plus isolées, le genre Zamia occupe la place que prend, dans la Nouvelle-Hollande,* Macro:;a- mia vis-à-vis de Bovenia, et, en Afrique, Encephalartos vis-à-vis de Stangeria; dans chacune de ces trois parties du monde se montre un genre riche en espèces et, à côté de lui, un (ou deux) type aberrant avec une espèce unique ou avec un petit nombre d'espèces. Pour la région indienne ou sud-asiastique, la même loi est exprimée dans le genre Cycasj qui, à côté des nombreuses 170 NOUVEAUX MATÉRIAUX espèces très-analogues, nous offre une espèce qui s'en écarte à beaucoup d'égards, Cycas revoliiia. Depuis la publication de mon Prodromus (1861), notre connais- sance des espèces de Zamia n'a reçu que peu d'accroissements. Une seule espèce nouvelle a été ajoutée, et la distribution géogra- pbique de qiiol(]ucs espèces connues a été déterminée avec plus de précision. Les caractères anatomiqucs des genres, toutefois, ont été éclairés sous maint rapport par les investigations analo- miipies sur la structure des tiges (G. Mettenius, Beitrage zur Anatomie der Cijcadeën) . L'interruption caractéristique de la couche du cambium dans la tige des Cycas et la disjonction qui en résulte entre les couches ligneuses, faits que j'avais signalés antérieurement, existent aussi, d'après les recherches de M. Met- tenius, dans la tige des Encephalartos ; j'ai trouvé une structure analogue dans le genre Macrozamia ; chez les Zamia au con- traire, comme l'avaient déjà établi les recherches antérieures de M. Brougniart, et chez le Dioon^ d'après M. Mcltenius, l'ac- croissement de la couche ligneuse est continu, non interrompu, et le cambium s'étend toujours régulièrement; à en juger d'après une section d'une tige de Ceratozamia, je crois pouvoir poser la même loi pour ce dernier genre. Les Cycadées américaines présentent donc, sous ce rapport, un accord mutuel et une différence avec les Cycadées de l'ancien monde. On observe également, entre Zamia et Dioon d'un côté et Encpphalarlos de l'autre, des différences notables dans la struc- ture de la racine primaire. La préfoliation particulière des feuilles et l'insertion articulée de leurs folioles ont été reconnues depuis longtemps comme caractéristiques des Cycadées américaines. Un intérêt tout particulier s'attache aux études récentes sur la struc- ture diverse de l'épidcrme, l'arrangement des stomates de l'orga- nisation des folioles, études publiées par MM. BorncFnann et Gr. Kraus et dont j'ai déjà fait mention. Grâce à elles, les dis- tinctions génériques fondées sur la morphologie extérieure se trouvent complètement juslifiées aux yeux de l'anatomistc. « p;ir POUR SERVIR A L\ CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 171 la forme des cellules épidermiques», dit M. Kraus, «les Cyca- dées se placent entre les Conifères et les Fougères», Dans le Stangerm, on voit la nervation et l'épiderme à parois flexueuses des Fougères. Dans les Cycas et les Encephalartos (ainsi que dans lesMacrozamia), Tépidermo se compose, comme chez les Pimis, de cellules (disposées transversalement) ayant de trois à six angles. Les genres Ceratozamia, Dioon et Zcunia offrent des cellules épidermiques allongées d'une manière spéciale, semblables à des cellules libériennes, affectant une direction longitudinale assez régulière et qui peuvent être comparées aux cellules épidermi- ques des Torreya. Dans les Zamia toutefois, elles ont un carac- tère prosencbymatique moins prononcé et sont tronquées oblique- ment aux extrémités. — Si donc, aussi sous ce rapport, il y a conformité entre les genres américains, il leur reste pourtant, comparés entre eux, des différences suffisantes. Chez les Zamia et Xt^Ceratozamia^ les cellules de l'épiderme prennent, aux points où se trouvent les stomates, une forme un peu différente, plus isodiamétrique; chez le Dioon, la couche corticale de la feuille (hypoderme) manque Kà où se montrent les stomates. Cette cou- che du parenchyme foliaire, qui chez d'autres plantes se compose de cellules parenchymatiques prismatiques, situées perpendicu- lairement à la surface de la feuille, est formée chez les Cycadées et les Conifères de cellules analogues aux cellules libériennes. Elle diffère suivant les genres et, pour le genre Zamia, suivant les groupes dans lesquels les espèces peuvent être distribuées. Dans les Ceratozamia, ce tissu est peu développé, visible seule- ment aux bords et à la base des folioles ; dans le Dioon, il forme une couche continue à la face supérieure des folioles, et ne se montre à la face inférieure que vis-à-vis des nervures ; dans les Encephalartos , il est continu et fortement développé à l'une et à l'autre page des folioles. Chez plusieurs espèces de Zamia, telles que Z. Fischeri, Kickxii, Ottonis et pygmœa, on le voit tout aussi peu développé que chez les Ceratozamia, tandis qu'il forme au contraire une couche simple continue à la face foliaire supé- 172 NOUVEAUX MATÉRIAUX rioure des Z. muricata, Loddigesii, iîitegrifolia, média, debilis et pumila. Les autres espèces n'ont pas encore été étudiées sous ce rapport (1). Le caractère particulier des racines secondaires étendues à la surface du sol se retrouve dans tous les genres américains, surtout dans les Ceratozamia. Dans la détermination des espèces, il y a à tenir compte de la. diversité de forme des feuilles suivant l'âge, caractère propre à toutes les Cycadées et qui s'observe à un degré prononcé chez les espèces américaines, et surtout chez les Ceratozamia. Ce n'est que par l'observation longtemps prolongée de pieds vivants, qu'on acquiert une idée exacte de ce changement continuel du nombre et de la forme des folioles. Le développeuient des organes de la fructification commence, surtout dans le genre Zamia, à un âge peu avancé, parfois au bout d'un petit nombre d'années, et je re- garde comme très-probable que les cônes varient aussi, quant à leurs dimensions et au nombre des parties constitutives, suivant qu'ils prennent naissance sur de jeunes ou sur de vieux individus. La forme des androphylles et des carpophylles est, au contraire, constante. — On remarque aussi des différences individuelles plus ou moins persistantes. Les exemplaires de la même espèce et du même âge offrent toujours encore quelques caractères par- ticuliers. La liste qui suit se rattache complètement aux données de mon Prodromus. Pour abréger, les citations rapportées dans cet ou- vrage sont omises dans le travail actuel : je n'y consigne que les observations nouvelles, ainsi qu'une espèce publiée postérieure- ment et les changements trouvés nécessaires dans la détermina- tion des espèces. (1) Le Cycas revobita diffère de la même manière des autres espèces, voisines du C. circiimiis ; chez celles-ci, on n'observe ce tissu qu'à la base, aux bords et le long de la nervure médiane ; chez le C. revoluta au contraire, on trouve, comme dans le Dioon, une couche continue sous la face supérieure. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCAUÉES. 173 ZAMIA LINN. {excL excL). . § 1. Petiolus aculeatus. Foliola majuscula. * Foliola glabra. 1. Z. sKiNNERi wARczEw, — MiQ. Proclv. Syst. Ci/c.^ p. 12 et 2o. Descriptionibus auctorum hsec addam : variât foliolis angustio- ribus et lalioribiis. In specimine e Chagres Americœ centralis ad- vecto a cl. \ates misso petiolus validiis vindi-olivaceus aculeatus ; foliola utrinque 8 obverse lato-lanceolata, firmiter coriacea, satu- rate viridia, lucida, supra sulcata, subtus nervis prominentibus simplicibus et bifidis striata, superiora paullo longiora 1 pedem longa, 2-2jpoll. lata, acuminata, spinoso-denticulata. Coni utrius- que sexus iis Z. integrifolise nnagnitudine et forma similes, indu- mcnto castaneo-rubiginoso statim dignoscendi, conique maris pellae altius prismatico-productse 6-gon8e vertice truncatse obser- vantur, ejusque pedunculus in universum brcvior videtur. Conus fem. 3^ poil, longus cylindricus apice conico slerili terminatus, 1^ poil, basi crassus ; masculus multo tenuior cylindricus acutus, 2-3 i poil, longus, basi 6 lin. diam., andropliyllis rectiseriatis, numéro majore quam carpophylla, more generis. Nascitur in Islhmo Panama ad Yeraguas, in promontorio Cor- rlenies Isthmi Darien. E C^a^^re^ allatam communicavitcl. yates. Pulchcrrima species, in hortis botanicis hactenus rarior. Cseterum conf. .1. YATES in seemann Botany of the Herald^ p. 202. 2. Z. MURicATA wiLLD. — MiQ. Prodr.^ l. c, et forma picta MiQ., /. c. (Z. picta hort.). Plantée junioris foliola plerumque latiora, adultse foliola 8 poil, long., 1 lata, iis speciei sequentis similiora, nunc per J long, nunc |ab apice inde serrulata. Haud raro ex eodem trunco folia et lati et angusti-foliolata prodiere observavi. Forma picta quse robustior et foliolis latis variegatis iustructa liaud constans varietas est; ex eadem planta mox folia viridia, mox variegala efforman- lur. — Couum fem. misit cl. yates, qui breviter pedunculatus \1!X NOUVEAUX MATÉRIAUX illi scqucntis persimilis, cyliiulricus sed apicc slcrili breviorc tcr- minatus, haud adeo fusccscens, sed grisco-tomcntcllus. Masc. eodem modo scquentis formam rel'ert, pedunculo suo pauUo bi c- vior, U-'à^-i z poil' longus, androphyllorum peltis hexagonis. — Petioli vario gradu, cum vel absque rhachi aculeali ; exemplar incrme ex horto Kewensi juvénile vidi, an cum Z. Pœppigiana conlcrendum? Crescit in Columbia, Nova Granaia (inter San Barbara et Porto Cabello) et Venezuela. — Forma picla prinmm e Guatemala ad- vccla est. — Folia sub vernatione indumento rui'o obducta. Var. pictœ vidi 1 ^-metralia. 3. Z. LODDiGEsn MiQ. — Pi'odr., l. c. — Z. Leiboldi miq. — Z. caracasana et Z. serrulata loddig. Catal. — Eriozamia mexi- cana hortor. belg. — Zamia mexicana miq. Prodr., p. 13 et 25 (spécimen juvénile) . — Z. parasatica horti yatesh (vix ejusdem Z. pseudoparasitica, cf. infr.). — Z. eriolepis horti booth (h;iud Maerozamia Peroffskyana, qiise hoc nomine etiam in horlis). — Z. cylindrka hort. yates et booth (ob coni masc. figuram ila dicta). — Z. concinna hort. (sp. juvénile). iEtatis variis periodis formam valde diversam foliola obferunt, a forma lanccolata stricta pedetentim in elongato-lato-linearem transeunt, haud per f long, sed versus apicem tantum serrulata et flaccidiora quam superioris. Ludit etiam petiolis nunc parum (in valde juvenilibus vix) demum dense aculeatis. Siccataolivacco- viridia amœne îucida. Conus fem. breviter pedunculatus crasso- cylindricus apice conico-acutus (juvenilis ellipsoideus), 3 poli, longus, \ -, crassus, peltis hexagonis vertice cum pedunculo to- mcntcllis rectiserialis. Conus mas longe pedunculatus, pedunculi longitudinc, 2|-1^ poil, longus, 6-û lin. crassus; in siccis isabel- linus. Species recentioribus temporibus fréquenter introducta, ex Imperio Mexicano et ut videtur e Caracas. — « E. Concliiuta » Mexici in hortos belgices advecta. POUR SERVm A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉËS. 175 ** Foliola lata subtus furfuracea. II. Z. FURFURACEA AIT. — MiQ. Ffodr., l. c, p. 12 et2/i. Z. veslitaCatal. v. houtte. — Hujus exemplar juvénile est forsan Z. latifolia loddig. miq., /. c, p. l'i et 24, quam e specimine manco tantum cognovi. Conus masc. pecUinculo tomentello sufftiltus cylindricus suba- cutus, 3| poil, longus, basi 5 lin. crassus, androphyllis subrec- tiseriatis, peltis extus griseo-fnsco-pubescentibus interjectis hic illic pilis raris longioribus, vertice piano semiorbicularibus, mar- gine superiore recto, inferiore convexo, a ventre visis planiusculis subcordato-rotundatis et utrinquc locelliferis, in stipitem brevem basi constrictis. Habitat, /. c, Mexicum, in regione circa Vera Cruz. *'^* Foliola multijuga angusta subintegerrima. 5. Z. LINDLEYI WARCZ. MIQ,, l. C, p. 13 et 24, Z. LlUcl- leyana ap. wendland, Ind. Palm. p. 53. — Z. Chiyua seemann Botany of the Herald^ II, p. 201, tab. ko. Nascitur in insulis ad ostia lluvii San imn promontorii Darien; ad Veraguas occid. Isthmi Panama. § 2. Petiolus inermis. * Foliola lata vel latiuscula. a. vulgo obversa obtusa apice irregulariter serrulata subcoriacea. 6. Z. INTEGRIFOLI AIT. MIQ., l. C. , p. 13 et 25. GRISEE. Cat. Plant. Cuhens, p. 217. In specimine provectiore ex horto Kevvensi nomine Z. furfii- raceœ misso petioli tactu asperuli obtuso-trigoni obiter bisulcati. Conus masc. pedunculo basi squamis lanceolatis munito villoso sufl'ultus, 3^ poli, longus, cyiindrico-conicus, a basi versus apicem regulariter attenuatus, basi fere pollicem crassus, androphyllis haud exacte rectiseriatis, peltis exsiccatorum nigrescenlibus versus margines minute puberis, vertice transverse semiorbicularibus, margine superiore recto, aliis ad formam tetragonam magis 176 NOUVEAUX MATÉRIAUX ininusvc transeuntibus. 1^-2 lin. latis ; locclli utrinquc infra pcltam latcraliter iiiserti. Crcscit in insulis St-Domingo, Jamaica (iibi in distr. West Morelaiid logit purdie) et in Cuba. — In liorlis nostris IVequens. 7. Z. DEBiLis wiLLi). — MiQ. Prodv.^ l. c. — Z. integrifoUa RiCFi. de Conif. et Cycad.^ [>. 27, tab. 27? — Z. pumila poir. Encyclop. non linn. Nascitur in I)idia occidentali. Formam probabiliter juvenilem foliolis solito paiiUo latioribus ex Horto Kewensi liaBeo, in Ins. St-Domingo a schomburgh Icctam, aliainquc non absiniilem e Cuba. 8. Z. MEDIA WILLD. MIQ. Prodf., l. C, — GRISEB., /. C. NaSCitUF in Cuba et probabiliter in vicinis insulis. 9. Z. PUMILA LiNN. — MIQ. Pvodr., L C. — Z. ??ie(/ïa (non WILLD.) Botan. Magaz.^ tab. 1838 et 2006. — Z. integrifoUa pursii, Flor. Americ. Sept.^ II, p. û8. — Enceplialartos pumilus stei^d. No- mencl. Crcscit in Florida, v. c. ad maris sinuni propc Jampa, in Ca- rolina. — Statio in India occid. inccrta, ex synonyniis dubiis indicata. h. obtusa, acuta vel acuminata, distinct ius serrulata. 10. Z. POEPPiGiANA M ART. ct EiCHL., in MART. Floi'a BrasH., /. c, p. 415, lab. CIX. — Z. parasatica poeppig. m^.v., non alior. Nascitur in Peruvia orientali., locis ])etrosis paru m uinbrosis provincise Maynas ad ripas iluvii Tacacbc. — Haud absimilis Z. muricatœ, scd major, petiolisinermibus foliolisquc usquc ad basin scrrulatis dist'crnanda. H. Z. FiscHERi MIQ. — Prodr . , l. c, |). lli et 26. Folia in herbario kegelii observavi spccici variabilitatem abiinde demoustranlia. Plantée juvcnilis foliola lauceolato-linearia 2 poil, long., 2 lin. luta, ab apice inde in margine superiore ad ~, in inf. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 177 ad basin fere usquc serrulata. Paullo provectioris plantaî folia longe [jetiolata, foliolis utrinquel6 lanceolatis acuminatis. Truncus basi gemmas profert. — Gonus masc. cum pecUmculo 3 lin: longo griseo-luseulo-pubescens, cylindricus abrupte acutus, 2 poil, longus, 3^ lin. basi crassus, androphyllorum peltis 1| lin. latis transverse sexangiilatis; deorsum cuneata sunt. — Ex horto Kewensi exemplaria habeo foliolis utrinquc lo-ld lanceolatis, 3 poil, longis, ^ latis. Patria nondum rite cognita videtur. Kaswinsky in Hortum Pe- tropolitanum introduxit, an itaque e Mexico vel ex India occi- dentali ? 12. Z. KiCKXii MiQ. — Prodr., /. c. — griser.. /. c. Folia vidi usquc 8^ poil, longa, foliolis utrinquc 10-12, oblon- gis obtusulis vel acutis, superne prœsertim in margine inferiore serrulatis, quibusdam lobulatis, 2|-2^ poil, longis, ^ paullo latioribus. — Foliolis numerosioribus brevioribus non acumi- natis a prsecedente disccrnenda, caeterum illi et sequenti affinis. Ex insula Cuba in hortum botanicum Gandavenscm advecta. 13. Z. OTTONis MiQ. — Prodr.^ l. c. Forma foliolis magis rotundatis est Z. rotundifolia hortor. Vidi folia i~ ped. longa, foliolis utrinquc 8 — 9, usquc 3 poil, longis, nec tamen in formam Z. Fischeri transeuntibus. Habitat in insula 6'w6a, in sylvis prope Cafetal Fundador. \!i. Z. PYGMAEA SIMS. MIQ., PfOC^r. , p. j /| et 26. GRISER., /. C. Habitat in insula Cuba et probabiliter in insulis vicinis. ** Foliola multi- vel plurijuga, lanceolata vel fere linearia. a. infe gemma. 15. Z. CALOCOMA MIQ. — Prodr.., p. ik et 26. griser., /. c. Folia absque petiolo usquc tripedalia, foliolis mediis usquc 10 [)oll. longis palentissimis lalo-linearibus plerumque Icviter falcalis. Habitat in Cuba^ unde in hortos belgicos et a domino chappy in IX. (9 mars 1869.) 12 178 NOLVEAUX MATÉRIAUX h. Petropolitanum introducta. — E Pine-island^ Cuba) iiisulse proxima, habuit cl. yates. 16. Z. PSEUDOPARASITICA YATES. MIQ., /. C. Species hactenus obscura de qua cl. auctoris observationes in SEEMANN Botany ofthe Herald, II, p. 202 et 253 legendœ; cum e\\ièàcm Z . parasitica^ quse certe ad Z. Loddigesii ducenda, ncqua- quam cont'undi potcst, quum foliola prorsus integerrima habeat, eodcmque charactere etiam a Z. Brongniartii ({'wersa. Habitat Jndiii^n declivia oriciitalia; an et in Panama proveniat dubium. b. distant er serrulata. 17. Z. BRONGNIARTH WEDDELL. MIQ,, /. C. EICHLER in MARTn Flora Brasil. Cycad., et Conif., p. 413 — /tl^, to6.CVIIÏ. — Ceratozmnia? boUviana ad. BRONGN.^nn. Se. 7iat., 3"°" sér., V, p. 9, non MIQ. in Wis. enNat. Tijdschr.^ I, p. 45 (qu9B juvenilis Ceratozamia mexicana). Nascitur et in Brasilia (prov. Matto Grosso) et in Bolivia (prov. Chiquitos prope San Xavier). 18. Z. TENUISWILLD. MIQ. , PfOf/r. , /. C. Crescit in insulis Bahama. *** Foliota auguste vel et angustissime linearia, apice pauciserrulata vel integerrima, vulgo haud numerosa. — Species omnibus partibus parvœ. 19. Z. ANGusTiFOLiA JACQ. — MIQ., Prodv., [). î /j et 26. Crescit in insulis Bahama. 20. Z. YATEsii MIQ. — Prodr.^ p. 14 et 27. Z. Verbruggheana hort. belg. — Z. cglindrica hort. Amstclod. olim. India occidentalis, sed ex quanam insula advecta sit, haud coni- pertum habeo. 21. Z. sTRiCT MIQ. — Prodr., l. c, griseb., l. c. — Z. angus- POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 179 tifolia MiQ., in Wis. en Nat. Tijdschr., I, p. 20k excL syn. — Z. Yatesii hort. van houtt., excl. synon. Crescit in Cuba^ pr'obabiliter et in insulis finitimis. 22. Z. ANGusTissiMA MiQ. — Proclr.^ Le. — Z. linearifolia et linifolm hort. — An hue Z. angustifolia griseb,, /. c, excl. syn. Jacq. ? Creseit in Cuba. Species dubia : Zamia montana linden Cat. mihi incognita, probabiliter inler synonyma reeipienda. CERATOZAMIA AD. BRONGN. i. C. KiisTERiANA REGEL. — MiQ., Prodr., p. 11 ct 23. Speeics perquam distincla, petiolis inermibus et foliolis angus- tis a eongeneribus recedens. Petiolus cum rhachi olivaceo-fusces- cens, obtuso-semicylindricus, antice ima basi convexus, rhaehis utrinque convexa sed dorso convexior et crassior ; foliola iitrin- que lik, pleraque subœquilonga, infima reliquis paullo breviora, SLiprema abbreviata, majora 10 — 11 poil, longa, supra basin paullo eonstrictam ~ poil, lata, sursum regulariter angustata, ssepe leviter deorsum falcata, subtus pallidiora, nervis 10 ■— 12- striulata. Creseit in Mexico^ a karwinsky in hortum Petropolitanum in- troducta. 2. C. MEXICANA AD. BRONGN. MIQ., pTodr., l. C. C. loUgi- folia, robusta, latifolia, brevifrons, intermedia ivhq., l. c, polius formœ sunt quam species. Junior profert folia brevia foliolis paucis lalis, increscente setate longiora pluri et multijugata, foliolis elongatis angustioribus, ha- bitumque tali modo eontinuo variantem prse se fert. Coni speci- minum adultiorum majores esse soient quam juniorum, alioquin eamdem omnino fabricam monstrantes. Hinc speeies antea consti- 180 NOUVEAUX MATÉRIAUX POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE, ETC. tulas nimis dubias esse eenseo et in patria tanlum eomparalis plan lis adullis de carum valore certiora cognosci posse puto. — In horto noslro exemplar adultum, quod C. longifoUam cxliibet, conuin masculum pedem longum protulit; aliarum alioqain parum diversarum conos plus duplo minores vidi. — Zamia mexicana hort.^ Z. a^ropwrpwrea PARM., Z. macrophylla vxmi. hue rcfe- rendœ, nec non Eriozamia latifolia hort. helg. Habitat in Mexici regionibus calidioribus. 3. C. MIQUELIANA H. WENDL. MIQ. , l. C. Species valde distincta foliolis latis abrupte acuminatis, nervis pellucidis. Petiolus olivaceo-viridulus, basi parce aculeolatus, pc- dalis; folium 16 poil, longum, rhachi obtuse trigona antice bisul- cata ; foliota utrinque 8, inf. alterna, média subopposita, 21 suprema exacte opposita, subcuneato-oblonga subsequilatera, passim sub- dimidiata, abrupte acuminata, 7 poil, long., 10 — 12 lin. lata, nervis cireiter /lO indivisis vel paucis furcatis. Crescit in Mexico. Species nomine tantuni cognita, probabiliter inter synonyma collocanda : C. Ghiesbreghlii linden Catal. DIOON lindl, 1. D. EDULE LINDL. MIQ. PfOrfr.,p, 10 Ct 22. Ludit foliolis dei!sis(var. imbricata, miq. , /. c.) et angustioribus distantioribus (v. angusti folio) — D. aculeatum hort. est forma juvenilis. Crescit in Mexici regionibus calidis. OBSERVATIONS SUR l'ICCROISSEMEl DE LA TIGE DES VÉGÉTAUX PENDANT LE JOUR ET PENDANT LA NUIT Par W. P. RitUlVEXHOFF. Dans la séance du 9 avril de l'année préeédenle, M. Duchartre communiqua à l'Académie des sciences de Paris le résultat d'ob- servations faites par lui, à la fm de l'été de 1865, relativement à l'accroissement en longueur des plantes à différentes heures de la journée. Ce résultat s'éloignait des idées admises jusqu'à présent, en ce sens qu'il tendait à établir que les plantes se développe- raient toujours plus pendant la nuit que pendant le jour. M. Du- chartre ne se crut pas autorisé à tirer des conclusions générales de ses observations peu nombreuses, mais il engagea à étudier le phénomène en temps et lieux divers, et à éclaircir les points ob- scurs en variant autant que possible les recherches. Je résolus, en conséquence, d'exécuter dans le courant de l'été passé, une série de mesures sur plusieurs plantes cultivées au jardin botanique de Rotterdam. Avant de faire connaître mes résultats, qu'il me soit permis de jeter un coup d'œil rapide sur ce que les recherches antérieures avaient appris à ce sujet. Dès l'année 1793, des observations sur l'accroissement en lon- gueur de la tige des plantes furent publiées. Ventenat (1) exa- mina, à Paris, la croissance rapide du pédoncule d'un vieux (1) Bull, de la Soc. philom. (1795), I, p. 651, cité par Meyen, N, Syst. d. Pflanze7ij)hysiol., Il, p. 351. 182 OBSERVATIONS Fourcm/a gigantea^ qui atteignit en 77 jours une longueur de 22 ^ pieds. Bien que ses observations ne fussent pas assez nom- breuses pour qu'on pût en déduire beaucoup de particularités, elles montrèrent pourtant que la plante s'allongeait plus rapidement pendant le jour que pendant la nuit, et le plus durant les journées les plus chaudes. Après lui, Ern. Meyer étudia avec plus de soin l'accroisse- ment périodique des plantes : d'abord sur le pédoncule de VAma- ryllis Belladona (1), ensuite sur différentes espèces de Grami- minées (2). Il trouva, dans les deux cas, une croissance beaucoup plus forte durant le jour que durant la nuit, et plus grande pen- dant la matinée (de 8 heures à 2 heures) que pendant l'après- midi. M. Meyen, l'auteur de l'ouvrage bien connu sur la physiologie végétale, répéta ces recherches avec un résultat indentique (3); toutefois, en discutant les faits observés par Meyer et par lui- même, il ne peut s'empêcher de faire remarquer que les espèces du genre Agave fournissent toujours la plus grande quantité de sucs pendant l'après-midi, ce qui lui semble un peu en contradic- tion avec les résultats cités, puisqu'il paraîtrait naturel d'inférer, d'un accroissement plus rapide, un afflux plus rapide des fluides nourriciers. Le même résultat, croissance plus forte le jour que la nuit, fut également obtenu, plus tard, par M. J. Miinter (/i.), au moyen de mesures très-exactes de l'allongement du pédoncule commun du Pelargonium triste. A peu près vers la même époque, le profes- seur Cl. Mulder (5) fit connaître des observations nombreuses et exactes sur la croissance des feuilles de VUrania speciosa, obser- vations qui conduisaient à un résultat diamétralement opposé. Des (1) Verhand. d. Vereines z. Beford. d. Gartenbaues in d. Preuss. Staaten, V, p. 110 (1828). (2) Linnœa, 1829, p. 98. (3) II, p. 352. iU) Bot. Zeit., I, p. 125 (18/i3). (5) Bijdragen toi de Natuurk. Wd., p. IV, 251-262 et 420-628 (1829). BUR l'accroissement DE L/V TIGE DES VÉGÉTAUX. 183 mesures prises depuis 5 heures du matin jusqu'à minuit, et le plus souvent d'iieure en heure, firent voir que les feuilles en question s'accroissaient, en général, plus pendant la nuit que pendant le jour. L'accroissement était très-considérable dans les premières heures de la matinée, de cinq à sept, jusqu'à huit et parfois jus- qu'à neuf heures ; il diminuait alors insensiblement, s'arrêtait de onze à quatre heures, pour reprendre ensuite, et devenir dans les heures du soir, surtout de 8 heures à minuit, encore plus fort que durant la matinée. Ces mesures eurent lieu dans la seconde moi- tié de juin, par conséquent à l'époque des plus longs jours de l'année. Pendant les années suivantes, nous trouvons à citer de nou- velles recherches dues à des compatriotes. En 1836, le professeur de Yriese (1) communiqua quelques observations relatives à la croissance de deux Jgave amerîcana, qui avaient fleuri, dans l'été de 1835, au bien de campagne Spa- renberg, près de Harlem, et dont l'un était parvenu, en 71 jours, à une longueur de 7"', 23. Chez les deux plantes, à l'exception d'un petit nombre de jours, l'accroissement nocturne avait été constamment plus faible que l'accroissement diurne. Un résultat de même sens fut obtenu de mesures exécutées pos- térieuremenl, en 18/i7, par le même naturaliste, à l'occasion de la floraison d'un Agave americana au jardin botanique de Leyde (2). Ici encore, l'accroissement de jour surpassa, dans la grande majorité des cas, l'accroissement de nuit, ce que M. de Vriese attribue surtout à la température, plus élevée pendant le jour. Un petit nombre de fois seulement, l'accroissement de jour fut trouvé égal à celui de nuit (par ex. les 23 juin, 21 juillet, 7 août), ou même inférieur (par ex. les 29 et 31 juillet, 3 août). Au contraire, vers la fin de l'allongement du pédoncule (10 au 28 août), l'accroissement nocturne excéda régulièrement l'accroisse- (1) Tijdsch, V. Nat. Gesch. en Physiol.. van van dcr Iloeveii en de Vriese, III p. 31-52. (2) Ned. Kruidk. Archief, III, p, 236-253. 18/|. OBSERVATIONS ment diurne. Nous voyons ici, dans le développement successif d'une môme plante, prédominer tantôt l'accroissement de jour, tantôt celui de nuit, bien que la somme totale indique pourtant une croissance plus rapide pendant le jour. Nous retrouverons ce même phénomène dans des recherches postérieures. De Vriese essaie d'expHquer les faits observés par la circon- stance que le degré d'humidité de l'atmosphère est plus prononcé pendant la nuit, et il rapporte à une cause analogue le phénomène singuher d'après lequel le pédoncule se serait trouvé, plusieurs fois, plus court après midi que dans le courant de la matinée pré- cédente. Sans discuter cette hypothèse pour le moment, je dois rappeler que le même naturaliste nous a fait connaître encore deux autres séries d'observations relatives à l'accroissement en longueur (1). La première consiste en une suite de mesures prises par M. Teysmann, àBuitenzorg,surle pédoncule de l'^^'ai^e lurida, depuis le 24 janvier jusqu'au 25 avril, chaque jour à 7 heures du matin et à 3 heures de l'après-midi. Ces mesures donnèrent 0,033 pour l'accroissement moyen de 3 heures à 7 heures, c'est-à-dire pendant 8 heures du jour, et 0,046, par conséquent 0,013 de plus, pour l'accroissement journalier pendant les 16 heures res- tantes, depuis 3 heures de l'après-midi jusqu'à 7 heures du matin. On aurait tort pourtant d'en conclure que chez la plante désignée la croissance nocturne ait été plus rapide ; car, si d'un côté les heures de 7 à 3 sont précisément celles pendant lesquelles le soleil tropical darde le plus de chaleur, d'un autre côté la période suivante embrasse une durée double, de sorte qu'elle aurait dû fournir un chiffre double de celui de la première période si l'ac- croissement avait été uniforme. Il est vrai que les choses ne se sont pas passées ainsi, et si l'on consulte les chiffres mêmes don- nés parl'observahon, on trouve plusieurs exemples que l'accrois- sement pendant les 8 heures en question a été plus grand que pendant les 16 autres heures de la journée ([)ar ex. 26-28 janv. ; (1) Ned. Kruidk. Archief, 111, p. 193-201. SUR l'accroissement de la tige des végétaux. 185 1, 14-16, 18 fovr. ; 16, 26-27 mars). Je présume, d'après cela, que si les heures d'observation avaient été choisies de telle sorte que le nyctimère eût été partagé à peu près en deux moitiés égales, on aurait trouvé des périodes de plus grand accroissement nocturne alternant avec des intervalles de plus forte croissance diurne, ce qui d'ailleurs ressort déjà des chiffres de M. Teysmann, tels qu'ils sont, lorsqu'on établit quelques subdivisions dans la pé- riode de croissance. La seconde série d'observations résulte de mesures exécutées à Leyde, en 1829, sm^ une plante en fleur de la môme espèce, me- sures que M. de Vriese place, comme terme de comparaison, à côté de celles de M. Teysmann. Pour la question qui nous occupe, toutefois, ces observations sont sans intérêt, parce qu'elles n'ont eu lieu qu'une seule fois dans les vingt-quatre heures. Quelques années avant l'apparition des observations dont nous venons de rendre compte, le professeur Harting avait publié des recherches sur la croissance de la tige du Houblon (1), qui, tant pour l'étendue que pour l'exactitude, laissèrent loin derrière elles tous les travaux antérieurs. Depuis le l'' mars jusqu'au 29 juillet, l'accroissement de la tige fut noté trois fois dans les vingt-quatre heures (savoir, à 7 heures du matin, o heures de l'après-midi et 11 heures du soir), et l'on observa simultanément l'état de l'atmo- sphère, la quantité de pluie tombée, la direction et la force du vent, les indications du baromètre et du psychromètre, et la hauteur du thermomètre à l'air (tant à l'ombre, qu'à côté de la plante) et dans le sol. Comme M. Harting croyait avoir remarqué que les diffé- rentes branches d'une môme plante ne suivent pas toujours une marche identique dans leur allongement quotidien, il retrancha toutes les tiges de la plante mise en expérience, sauf trois qui furent mesurées simultanément. Par suite de diverses circonstances, toutefois, l'examen ne fut poursuivi jusqu'à la fin que sur une seule de ces tiges. (1) Tijdschr. v. nat. Gesch. en PhysioL, t. IX, p. 296-3/i8 (18Zi2). 1 86 OBSERVATIONS Des différents résultats obtenus par l'auteur, je ne citerai que ceux qui sont en rapport immédiat avec le sujet dont je m'occupe. Ce sont les suivants : r A l'origine de la période de croissance, on observe une accélération qui augmente journellement, et qui est indépendante des influences extérieures; cette accélération atteint son maximum vers le commencement de juin, après quoi l'accroissement montre un ralentissement de plus en plus accen- tué et qui devient surtout sensible à l'apparition des boutons de fleur; après l'épanouissement des fleurs l'allongement diminue de plus en plus, et il s'arrête entièrement à l'époque de la fécon- dation. 2° Au début, la croissance de 7 à o heures surpasse la somme des accroissements pendant les deux autres périodes de la journée ; mais à mesure que la tige devient plus longue, l'accrois- sement augmente dans ces dernières périodes et diminue dans la première, de sorte que, vers le commencement de juin, l'instant du développement le plus actif finit par tomber dans la seconde période, c'est-à-dire entre 3 et 11 heures. Dans les dernières années, nous trouvons encore quelques tra- vaux qui se rapportent à notre sujet. Dans le cours des recherches que M. Duchartre fit, en 1859, avec le but spécial de tâcher de découvrir la nature du phénomène remarquable de la sécrétion d'eau dans les feuilles du Colocasia antiquorum (1), il eut aussi l'occasion d'exécuter quelques me- sures sur la croissance journalière de ces feuilles. Le matin à 6 heures et le soir à 8 heures, on mesura, séparément, la lon- gueur et la largeur du limbe et la longueur du pétiole de jeunes feuilles n'ayant pas encore acquis tout leur développement. L'au- teur ne tire de ces mesures aucune conséijuence ayant trait au point qui nous occupe en ce moment ; mais des chiffres rapportés il ressort que, pour chacune des parties nommées, l'accroissement a été plus considérable pendant le jour que pendant la nuit, et ce résultat reste le môme lorsqu'on réduit à une durée commune de (1) Ann. des se. nat., W série, XIF, p. 271. SUR L*4CCR0ISSEMENT DE LA TIGE DES VÉGÉTAUX. 187 douze heures les deux allongements observés, l'un de 6 heures du matin à 8 heures du soir (c'est-à-dire en Mi heures), l'autre depuis 8 heures du soir jusqu'à 6 heures du matin (c'est-à-dire en 10 heures). Comme on le voit, ce résultat est précisément en sens opposé de celui que le même auteur obtint dans des expériences toutes récentes, et à l'occasion desquelles, ainsi que je l'ai dit en com- mençant, j'entrepris mes propres recherches. Dans ces dernières expériences (1), exécutées à la fin do l'éîé de 1865, M. Duchartre observa l'allongement quotidien sur un pied de Fitis vinifera (du 6 août au 8 septembre), sur un Fraisier (20 août au 10 sep- tembre), sur VHumulus LupuhisL. (21 août au 5 septembre), sur VAlthœa roseaCav. (20 août au 10 septembre) et sur deux Gla- dioliis gandavensis Hort. (19 au oO août). Chez toutes ces plantes il trouva, presque journellement, l'allongement pendant la nuit beaucoup plus considérable que celui durant le jour. Quand on prend la somme des accroissements durant les deux périodes, on trouve : Pour le Vitis vinifera /i/i7'"",5, dont 16/i, c'est-à-dire 36,6 p. 100 pendant le jour, et 283""%5 c'est-à-dire 63,4 p. 100 pen- dant la nuit ; Pour le Fraisier 33,7 p. 100 pendant le jour et 66,3 p. 100 pendant la nuit; Pour VHumulus Lupulus et VAlthœa rosea un résultat de même sens (quoique les chiiïres ne soient pas cités par M. Du- chartre) ; Et pour le Gladiolus 2/i""",6 et 28'"'", 2 p. 100 pendant le jour et 71,8 pendant la nuit. M. Duchartre fut lui-même tout surpris de ce résultat, et, en tenant compte de ce que M. Harting avait cru remarquer relati- vement à un déplacement du maximum de l'intensité de crois- sance, il se demanda si la saison avancée dans laquelle les ob- (1) Comptes rendus, LXII, p. 815-822 (9 avril 1866). 188 OBSERVATIONS scFvalions curent lieu n'avait pas d'influence sur le résultat. Les dernières recherches que nous avons à mentionner sont celles de M. Martins, à Montpellier, et de M. Weiss, à Lemberg. M. Martins observa la croissance d'un pédoncule de Dasylirion gracile, qui du 1" au 23 juin J8G6, c'est-à-dire en 23 jours, atteignit une longueur de 2"',88î. Sur cette longueur, il s'était formé l'",266 pendant la nuit, et 0'",793 pendant le jour, de sorte que l'accroissement de nuit avait été à celui de jour comme 1 : 0,63, La croissance la plus rapide avait eu lieu entre 3 et G heures du matin, et ensuite entre 9 heures du soir et minuit. M. Martins ajoute la remarque que cet exemple n'est pas isolé. En juillet 1854, un Dasylirion gracile développa un pédoncule qui s'allongea de V\iS pendant la nuit et seulement de 0'",9Q pendant le jour, de sorte que, dans ce cas également, l'accroisse- ment nocturne prédominait sur l'accroissement diurne dans le rapport de 1 : 0,81. La même plante fleurit de nouveau en juin et juillet 1862, avec un pédoncule de l'",63 de long ; le rapport entre l'accroissement de nuit et celui de jour fut encore comme 1 : 0,85. M. îtlartins trouva environ le même rapport (c'est-à-dire 1 : 0,88) chez un Phormiiim tenax, dont le pédoncule, devenu visible le 3 avril 185/i, s'éleva en 45 jours à une hauteur de 1"\363. Enfin nous devons à M. Weiss (1) une série d'observations faites sur un Agave Jacquiniana Schult., au jardin botanique de Lemberg, depuis le 3 avril jusqu'au 25 mai 186/i, trois fois dans les vingt- quatre heures (savoir à 6 heures du matin, à midi et à 10 heures du soir). Ces observations donnèrent les résultats sui- vants : 1° L'accroissement en longueur fut le plus faible i)endant les heures de l'après-midi (de midi à 10 heures du soir), savoir 0°\11 en tout, ou en moyenne r'"%5 par heure ; durant la nuit (de (1) Karsten, Botaîi, Untersuchiingen, Heft II, p, 129-l/i2 (1866). SUR l'accroissement de la tige des végétaux. 189 10 heures du soir à 6 heures du matin) il augmenta et s'éleva en total à 0"\79, ou par heure à 2°"", 2 en moyenne. Enfin c'est dans les heures du matin (de 6 heures à midi) que l'accroissement fut le plus considérable : il atteignit 0",80 en somme, S'"",? par heure en moyenne. 2° Bien que le résultat général indique une croissance plus forte durant le jour, on put néanmoins distinguer dans le déve- loppement du pédoncule en question quelques périodes pendant lesquelles la prépondérance d'accroissement était acquise à cer- taines heures de la journée. M. Weiss cite comme telles : 1" période. Accroissement plus grand durant la nuit (8 jours, du 3 au 12 avril). T période. Accroissement plus fort dans X après-midi (10 jours, du 12 au 22 avril). 3' période. Accroissement prépondérant le matin (7 jours, du 22 au 29 avril). h" période. Accroissement prépondérant la nuit (7 jours, du 29 avril au 6 mai). 5* période. Accroissement prépondérant le matin (13 jours, du 6 au 19 mai). 6' période. Accroissement prépondérant la nuit (6 jours, du 19 au 26 mai). Les périodes de plus grand accroissement le malin coînpren- nent en même temps l'époque de plus grand allongement du pé- doncule, tandis que celles d'accroissement nocturne indiquent le temps du plus grand développement en diamètre. Comme M. Weiss le fait observer, cette coïncidence n'est pas sans intérêt, car elle donne quelque fondement à la conjecture que la pleine clarté du jour est surtout favorable à l'allongement des cellules, et que le phénomène de la division des cellules a lieu pendant la nuit. Ce résumé rapide montre suffisamment que les résultats des diverses recherches exécutées ne sont nullement concordants. 190 OBSERVATIONS Tandis que Ventenat, Meyer, Moyen, Miinter, de Vricse, Harting et Duchartre (dans ses observations sur le Colocasia antiquorum) remarquent une croissance plus forte durant le jour, Cl. Mulder, Martins et Duchartre (dans ses dernières expériences) trouvent un excès d'accroissement pendant la nuit; et les recherches de Teysmann, de Vriese et Weiss conduisent à un résultat qui varie selon les périodes. Un nouvel examen de la question ne peut donc paraître superflu. Je passe maintenant à l'exposé de mes propres observations, après quoi j'énumérerai les conséquences qui me semblent pou- voir en être déduites. Pendant l'été de 1866, j'ai mesuré l'accroissement en longueur de différentes plantes, depuis le 15 juin jusqu'à la fin de l'accrois- sement, en automne. Les mesures furent prises journellement à 6 heures du matin, à midi et à 6 heures du soir, et on nota simul- tanément la température et l'état de l'atmosphère. Les plantes soumises à l'examen étaient les suivantes : Bryonia dioica, Vitis orientalis^ Wislaria chinensis DG. et Cucurbita Pepo, toutes pla- cées à l'air et en pleine terre; les trois premières étaient con- duites en espalier, le Bryonia dioica et le Fitis orientalis à l'expo- sition de l'est, le Wistaria chinensis tourné vers l'ouest. Deux pieds de Cucurbita Pepo furent mis en expérience ; tous deux étaient couchés sur le sol, Tun avec le sommet de l'axe dirigé vers le nord, l'autre vers le sud, mais de façon que tous deux rece- vaient simultanément, et pendant une durée égale, les rayons du soleil. Au commencement de l'expérience, les jeunes jets des trois plantes nommées en premier lieu avaient déjà atteint une certaine longueur. Le rameau choisi pour servir aux observations avait, le 14 juin, une longueur de 0"'j753 chez la Bryone, de 0'°,737 chez la Vigne, et de 0'",60i chez le Wistaria. La terminaison de la croissance eut lieu à des époques très-diverses pour les diffé- rentes plantes, savoir le 17 août pour la Bryone, le 15 septembre pour la Vigne, et le 20 septembre pour le Wistaria. 6VR L ACCKOISSEMENT DE LA TIGE DES VÉGÉTAUX. 191 Le rameau de Bryone qui servait aux observations, fui, par méprise d'un aide-jardinier, coupé le 2 juillet; à partir du 5 juillet, les mesures furent alors continuées sur un autre rameau de la même plante, qui avait déjà été taillé, et qui possédait, à l'origine des mesures, une longueur de 0'",2/i8. Chez le Wistaria, le sommet de la branche employée aux observations ayant été contusionné par accident, le 18 août, un autre rameau de la même plante, long de O^âZiS, fut immédiatement destiné aux mesures, de crainte d'introduire des résultats fautifs. M. Harting a recommandé de retrancher, dans les recherches de cette nature, toutes les tiges de la plante, sauf celle sur laquelle les observations doivent être effectuées, parce que toutes les branches ne s'accroissent pas toujours d'une manière uniforme. Il ne m'a pas semblé utile d'appliquer ce précepte aux plantes nommées, car si, sur des végétaux vivaces et à tige ligneuse, on coupe tous les jets à un ou deux près, on rompt la connexion na- turelle entre la tige et la racine ; comme conséquence de cette rupture, on a alors, plus tard, à retrancher incessamment des bourgeons adventifs, et à faire ainsi de nouvelles blessures. Je me proposais, dans mes recherches, d'épier la marche normale du développement, ce qui ne pouvait avoir lieu qu'à la condition de laisser la plante, autant que possible, dans son état normal. D'ailleurs, s'il est vrai que parmi les branches d'une plante, l'une parvient toujours à une plus grande longueur que l'autre, on peut admettre pourtant que les différents rameaux d'un même végétal, soumis aux mêmes influences, suivront dans leur développement la même marche générale, et c'est cette marche générale, non la longueur absolue, qu'il s'agit de trouver. Celles de mes observations qui sont relatives aux Courges ont confirmé cette présomption. Chez ces plantes provenues de semis, qui étaient encore petites lorsque les mesures commencèrent, et dont je puis suivre ainsi le développement presque entier, toutes les tiges, une seule exceptée, furent enlevées tout d'abord. Malgré cela, on trouva que la marche générale de l'accroissement ne i92 OBSERVATIONS s'éloignait pas de celle qu'on avait observée sur les rameaux des autres plantes. J'ai encore une remarque à faire au sujet de ces Courges. Les deux plantes, semées et transplantées simultanément, l'une avec la tête dirigée vers le nord, l'autre vers le sud, ne montrèrent presque aucune différence dans leur croissance depuis le 19 juin jusqu'au 27 juillet, date à laquelle la tige d'un des pieds cassa presque entièrement pendant le mesurage. La portion supérieure de la tige commença à se flétrir un peu, de sorte qu'on avait déjà décidé de ne plus observer cette plante. Le lendemain tou- tefois, on put s'assurer que, malgré l'accident, cette portion ne mourrait pas, mais qu'elle recevait de la nourriture par la faible partie qui la rattachait encore à la plante mère. Pendant les premiers jours, aucun accroissement notable ne se produisit, tout au plus 1 à 1 J centim. dans les vingt-quatre heures. Mais peu à peu la tige brisée se rétablit, et elle commença à s'allonger, bien que toujours dans une proportion moindre que l'autre tige. Celle-ci se mit à fleurir et noua ses fruits ; la tige cassée montra à son tour des Heurs, quelques jours plus tard, mais sans former de fruits; insensiblement, toutefois, son déve- loppement devint plus énergiijue ; le temps perdu fut regagné, et le 11 septembre la tige cassée avait une longueur de 4™905, tan- dis que l'autre ne mesurait que /i'",839. Comme vers cette époque il commença à se manifester une différence considérable dans l'intensité de croissance des deux plantes, les mesures furent régu- lièrement notées pour cliaque tige séparément. L'excès de lon- gueur acquis finalement par la tige brisée, ne doit pas être attri- bué exclusivement à l'avortement des fruits, car à la fin de septembre cette tige donna à son tour naissance à un fruit, qui mûrit parfaitement et ne le céda que peu ou point, en volume, à ceux de l'autre plante. Partiellement, il se peut que la cause doive être cherchée dans la proportion moindre des matières employées à la formation des fruits. En effet, la tige restée intacte (que je nommerai A) porta deux fruits, dont l'un était long de 0"',!25, SUR l'accroissement de la tige des végétaux. 193 large de 0"',18, et avait un poids de G kil., tandis que l'autre, mesurant 0"', 27 et 0", 155 pesait 5\9 ; la tige brisée (B) n'avait qu'un seul fruit, long de 0'°,245, large de O"",!? et pesant 5'',9. Partiellement aussi, le phénomène en question doit être rapporté à une autre cause : bien que, pour les deux plantes, la croissance se soit arrêtée le même jour (le 21 octobre), il était pourtant manifeste que dans la tige cassée elle avait conservé son énergie, en automne, pendant beaucoup plus longtemps. Outre les observations sur la tige des quatre plantes nommées, j'ai encore exécuté une série de mesures sur le pédoncule d'un Dasylirium acrotrichum Zucc, qui fleurit en 1860 au Jardin botanique de Rotterdam et acquit en trois semaines une longueur de 3", 14. Le pédoncule apparut le 19 août; les mesures ne furent prises d'abord qu'une seule fois par jour, mais à partir du 25 août on les répéta quatre fois par jour (à 6 heures et 11 heures du matin, 2 heures de l'après-midi et 7 heures du soir) ; on notait en même temps l'état du ciel, ainsi que la température tant au dehors qu'à l'intérieur de l'orangerie où la plante était placée. (Viennent maintenant, dans le mémoire original, les tableaux numériques des observations, que nous omettons et qu'on trouvera dans les Fersl. en Med. der Kon. Akad.van Wet.^ 2' sér., t. II.) Des données rassemblées dans mes tableaux découlent quelques conséquences qui ne sont pas dépourvues d'intérêt. 1" Si Von ne considère que le résidlat général des mesures, on trouve partout un accroissement plus grand pendant le jour que pendant la nuit. La somme totale de l'allongement a été : MJIIJtJIllU l ^ t \J l JUliL iOO \J u j»,u p. luu peu lUHiii le jour, et 523 Zil,0 — la nuit. Wistaria Zhlh 1976 57,8 — le jour, etU38 62,2 — la nuit. Vit/s 2372 1306 65,1 le jour. et 1066 W,9 — la nuit. Cucurbita A. . . 5Zi02 3068 56,7 — le jour, et 2334 63,3 — la nuit. Cucurbita B. . . 6102 3Zt91 57,2 — le jour, et 2611 62,8 — la nuit. IX. (20 août 1869.) 13 194 OBSERVATIONS Le Dasylirium montre le même phénomène pour les jours où mesures ont été prises séparément pendant le jour et pendant la nuit. Sur i",5675 d'allongement, 0,93 ou 59,,'^ pour 100 tombent entre 6 heures du matin et 7 heures du soir, en 13 heures, et 0'%6375 entre 7 heures du soir et 6 heures du matin, en 11 heures; chiffres qui, ramenés à une durée uniforme de 12 heures, deviennent 55,3 p. 100 i)Our l'accroissement de jour et hhr^l p. 100 pour l'accroissement de nuit. Ainsi l'accroissement nocturne a été respectivement de ûl, 42,2, 4/i,9, /i3,3, /|2,8 et hh,l p. 100, nombres dont l'accord est aussi grand qu'on puisse l'attendre dans des conditions semblables. En examinant séparément les périodes pendant lesquelles un même rameau a été mesuré sans interruption, on trouve encore un résultat de même sens. Pour la Bryone, par exemple, depuis le 15 juin jusqu'au 2 juillet, date à laquelle le rameau observé fut coupé, l'accroissement nocturne s'éleva à 39,6 p. 100 de rallon- gement total; depuis le 6 juillet jusqu'au Mx juillet, jour où eut lieu une interruption, à 43,6 p. 100; après cette époque, du 18 juillet au 17 août, à 40,7 p. 100. Pour le Wistaria, du 15 juin au 14 juillet, ^/|,6 p. 100, du 18 juillet au 16 août, 39,7 p. 100; du 18 août au 20 septembre, fin de l'accroissement, /i0,9 p. 100. Pour le Vitis^ du 15 juin au 14 juillet 46,1 p. 100; du 18 juillet au 16 septembre, 4û,4 p. 100. Pour le Cucurbita, du 19 juin au 14 juillet, /i6,4 p. 100; du 18 juin au 31 juillet, 39,9 p. 100; du 1" août au 20 octobre, 43,9 p. 100. Mais, déjà maintenant les chiffres s'éloignent plus l'un de l'autre, surtout chez une même plante ; et si l'on voulait considérer sépa- rément des périodes encore plus courtes, ce caractère se pronon- cerait encore davantage. Parfois môme on trouverait alors un résultat en sens opposé, car 2° Il y a des époques où f accroissement nocturne devient pré- dominant. C'est ainsi que du 18 au 20 juin on trouva : SUR l'accroissement de la tige des végétaux. 195 Acer, nocturne. Acer, diurne. Dryonia 50°"" 38'°°' Wistaria 28 23 Wistaria (18 au 24 juin) 110 107 Vitis 32 18 Vitis (18 au 21 juin) 52 31 Cucurbita (19 au 21 juinj. ... 11 3 Un effet aussi uniforme, ciiez les plantes qui se trouvaient à des degrés tout à fait inégaux de développement, et qui n'avaient pas même une exposition semblable, indique ici une cause extérieure qui exerça sur toutes une action énergique. Une seconde période analogue paraît s'être présentée du 2 au 9 juillet; elle est marquée le plus clairement du 6 au 9. Considé- rons de nouveau le résultat des mesures : Chez la Bryone, pour des motifs exposés plus haut, aucune mesure n'a été effectuée du i" au 5 juillet ; mais pour l'accroisse- ment des 6 et 7 juillet nous trouvons 12 millimètres pendant le jour, 15 millimètres pendant la nuit. Wistaria avait gagné : 2 au 9 juillet pendant la nuit, 110, pendant le jour 94"° 6 au 9 id. — 61 — 51 Vitis : 2 au 9 id. — 48 — û6 6 au 9 id. — 24 — 19 Le Cucurbita donne pour les mêmes jours un résultat différent, mais précisément le 9 juillet il entre à son tour dans une période de croissance nocturne, où, du 9 au là juillet, il gagne lii5 mil- limètres pendant la nuit contre 127 pendant le jour. Enfin, des traces d'une influence de même nature se font en- core sentir entre le 20 et le 23 juillet. L'accroissement fut de : Pendant la nuit. Pendant le jour, Bryonia du 20 au 22 juillet 40""^ Sô""" Wistaria 20 au 21 id. 37 36 Vitis 20 au 26 id. 98 90 Cucurbita 22 id. 31 25 196 OBSERVATIONS Il me semble que ces variations atteignant à peu près simulta- nément des plantes différentes, dénotent l'intervention d'une in- fluence extérieure. Néanmoins, je ne puis préciser actuellement quelle peut en avoir été la nature. Il est vrai, du 18 au 20 juin, le thermomètre se maintint plus élevé le soir que pendant le jour, et à cette dernière date la température fut passablement basse, tandis que le 21 on trouve une alternative de nuits et de jours chauds et de mauvais temps, •— circonstances analogues à celles sur lesquelles M. de Vriese attire l'attention dans la discussion de ses observations de 18ii7 (l), — mais je ne puis regarder cette explication comme satisfaisante, car elle ne s'applique pas aux deux autres périodes indiquées. Pour le moment, je n'ose décider à quelles influences atmosphériques l'effet en question doit être attribué. Mais il me sera permis de demander : la divergence des résul- tats obtenus par des observateurs antérieurs ne pourrait-elle être une suite de ce que, les observations ayant eu lieu à des époques différentes, les plantes se sont trouvées soumises à des actions atmosphériques dissemblables, de sorte que, à proprement parler, les résultats ne sont pas directement comparables? Lorsque M. Duchartre, en 1865, étudia simultanément des plantes différentes, il trouva pour toutes un résultat de même sens. Les observations de M. Martins tombent, pendant quelques jours, aux mêmes dates que les miennes. Elles s'étendent jus({u'au 23 juin 1866, époque à laquelle l'accroissement du pédoncule de son Dasylirinm gracile cessa d'être perceptible. Or, précisément dans ces mêmes jours, et en harmonie avec les résultats de M. Martins, apparaît dans mes propres expériences la période la mieux caractérisée de croissance nocturne. Cette coïncidence me semble devenir encore plus significative, quand je compare ces observations de M. Martins avec celles que je fis moi-même, en 1860, sur le Dasylirium acrotrichum en floraison. La marche du (1) Ned. Kruidk, Archief, III, p. 2/»0 et 2Zil. SUR l'accroisskment de la tige des végétaux, 197 développement offrit une correspondance parfaite dans les deux plantes. A Montpellier, le pédoncule atteignit en 23 jours une longueur de 2", 881, et crût dans les 11 premiers jours de 2", 083, c'est-îWîire de 72,3 p. 100 de la longueur totale. A Rotterdam, le pédoncule parvint en 2.5 jours (1) à une dimension de S"", 1725 et grandit dans les 12 premiers jours de 2",2925 ou 72,2 p. 100 de sa longueur totale. Seulement, l'accroissement nocturne fut prédominant chez la première plante, l'accroissement diurne chez la seconde : la première fut [observée en juin 1866, la seconde en août et septembre 1860, par conséquent sous d'au- tres influences atmosphériques. Mais, outre le résultat que nous venons de faire connaître, les observations signalent aussi une modification qui n'atteint pas également les plantes se développant simultanément. C'est ainsi que dans le TVistaria seul, l'excès d'accroissement nocturne du 18 au 21 juin se continue jusqu'au 24; c'est ainsi que le Cucurhita A présente une anomalie analogue du 2/j au 27 juin, et chez la môme plante on voit, du 16 au 27 septembre, alternativement un plus grand accroissement de jour et de nuit, de telle façon pour- tant que la somme totale d'allongement dans cette période de 11 jours est en faveur de la nuit, savoir 127 contre 107 pour le jour. Dans l'autre Cucurhita (BryoJiia, Vitis et U^islaria avaient déjà cessé de croître à ce moment) les choses se passèrent, du- rant les mêmes jours, d'une manière exactement opposée, sauf du 21 au 2/1 septembre, intervalle pendant lequel l'accroissement nocturne prédomina chez les deux plantes. Du 16 au 27 septembre, Cucurhita B avait grandi de 270 pendant la nuit, de 303 pendant le jour. 11 est, quant à présent, impossible d'assigner les causes de cette différence, parce qu'on ne connaît, d'une manière suffisante, ni les influences atmosphériques, ni l'état particulier de la plante (1) Savoir depuis le 16 août jusqu'au 10 septembre, en admettant que le pédon- cule, qu'on pouvait distinguer entre les feuilles le 19 août, fût devenu visible le 16 (voy. Martins, loc. cit., p. 355). 198 OBSERVATIONS vivante. Les déviations persistent pendant trop longtemps pour que, avec certains auteurs, on puisse n'y voir qu'un retard ap- porté dans la croissance par des circonstances accidentelles, retard qui serait compensé dans les premières heures suivantes. 3° Si Von compare V accroissement en longueur penda?it la ma- tinée [du 6 ail 12) avec celui qui a lieu durant l'après-midi [du 12 au G), on trouve que, pour toutes les plantes observées par moi, le second surpasse le premier. En somme, le rapport a été de 1 : 0,86 pour le Bryonia, de 1 : 0,71 pour le Wistaria, de 1 : 0,67 pour le Fitis, de 1 : 0,79 pour le Cucurbita A, de 1 : 0,81 pour le Cucurbita B. Disfingue-t-on différentes périodes dans le développement de la plante, comme nous l'avons fait plus hauf, on retrouve à peu près les mômes rapports pour le Wistaria et le Vitis; chez le Bryonia les heures de l'après-midi gagnent successivement un peu en influence (les rapports sont 1 : 0,96 du 15 juin au 1" juillet, 1 : 0,81 du 6 au U juillet, 1 : 0,78 du 18 juillet au 17 août); chez le Cucurbita, au contraire, la relation est d'abord tout autre : durant la première période de développe- ment la croissance est beaucoup plus forte pendant les heures du malin, mais bientôt le point de plus grande intensité se déplace, bien que jusqu'au 10 juillet le résultat tolal soit encore en faveur de la matinée. Les rapports sont les suivants : Du 19 juin au 1" juillet comme 1 : 1,81 l"juilletaulO id. 1:0,77 19 juin au 10 id. 1 : 1,16 11 juillet au 15 id. 1:0,66 18 id. au 31 id. 1:0,86 1" août au 9 sept. 1 : 0,77 10 sept, au 20 oct. 1 : 0,71 Ainsi donc, nous avons constamment un accroissement plus fort après qu'avant midi, à l'exception seulement du Cucurbita, la seule des plantes observées dont le développement ait été suivi dès le coaunencement. Ce résultat s'éloigne des idées admises jusqu'à présent. Meyer, Meyen, Cl. Mulder et Martins trouvèrent SUR l'accroissement de la tige des végétaux. 199 tous une croissance plus rapide dans les premières heures du jour; de Vriese seul vit parfois de 6 heures à midi le pédoncule devenir plus court, pour reparer amplement cette perte dans le courant de l'après-midi. Par contre, mon résultat est d'accord avec celui de M. Harling (page 5) qui, chez le Humulus Lupulus, trouva d'abord un accroissement plus considérable dans la ma- tinée, mais vit, à mesure que la tige se développait, l'instant du maximum de croissance se déplacer et tomber entre 3 et 11 heures du soir dans le commencement de juin. Je trouvai exactement la même chose chez le Cucurbita, la seule plante que je pus suivre dans toutes ses phases. La supposition de M. Duchartre (1), au contraire, d'après laquelle à un âge plus avancé le maximum de croissance se déplacerait encore plus et tomberait dans la nuit, n'est pas confirmée par mes observations. En effet, la période re- lativement courte, du 16 au 27 septembre, d'accroissement noc- turne prépondérant (V. p. 16) ne suffit pas pour modifier le résultat général. Il semble résulter, d'ailleurs, de mes observa- lions, que le déplacement en question ne dépend pas tant de la saison de l'année que de la phase du développement de la plante. Pour le Dasylirium acrotrichum la comparaison immédiate ne peut pas se faire, parce que la croissance de cette plante a été ob- servée à d'autres heures. Mais si l'on calcule l'accroissement par heure, on trouve un résultat général de même nature. Du 25 août au 8 septembre, l'accroissement moyen par heure s'éleva à 4 mil- limètres de 6 ta 11 heures du matin, à S""", 3 de 11 à 2 heures de l'après-midi, à S^^jl de 2 à 7 heures de l'après-midi ; le mini- mum a donc eu lieu le matin, le maximum vers le milieu de la journée. Si l'on partage la période de développement en quelques subdivisions, on ne trouve pas non plus de déplacement propre- ment dit du maximum de croissance, bien que les vitesses d'ac- croissement s'écartent alors un peu des rapports indiqués. l\° La vitesse d'accroissement absolue est différente pour chacune (1) Comptes rendus, t. LXII, p. 818 (9 avril 1866). 200 . OBSERVATIONS des plantes examinées. Mais si l'on considère la vitesse d'accrois- sement relative, on trouve que mes observations confirment la loi, déjà mise en évidence par d'autres, que dans chaque plante l'inten- sité de croissance s'élève d'abord, atteint un certain maximum et reste, parfois avec des fluctuations assez fortes, pendant une durée variable à une certaine hauteur, puis descend plus ou moins rapi- dement jusqu'à zéro. Ces phases, toutefois, sont parcourues par des plantes différentes dans des temps inégaux. On peut saisir cette marche d'un simple coup d'oeil lorsqu'on représente les résultats numériques graphiquement, comme cela a été fait par exemple par M. Hoffmann dans son ouvrage Witte- rung und JVachsthum der Pflanze. On voit alors que les lignes représentant l'intensité de croissance des plantes observées s'écar- tent bien parfois l'une de l'autre, mais qu'elles suivent pourtant, en général, la même direction. Les grands écarts dans cette inten- sité apparaissent presque simultanément chez les différentes plantes, quelle que soit la phase de développement dans laquelle elles se trouvent. C'est ainsi, par exemple, qu'en comparant l'ac- croissement en 24 heures des quatre plantes nommées, on trouve du 23 au 25 juin une ascension considérable chez toutes, à l'exception du Cucurbita qui n'était encore que peu développé à ce moment; du 1" au 7 juillet, chez toutes une grande dépres- sion, suivie d'une ascension qui atteint son maximum les 12 et 13 juillet. Une nouvelle chute générale s'observe le 20 et le 21, à laquelle succède un mouvement ascensionnel général le 22 juil- et; dépression uniforme 3hez toutes le 27, puis ascension le 28 juillet; ensuite oscillations successives dans les derniers jours du mois et pendant la première moitié du mois suivant, jusqu'à un nouveau mouvement prononcé et général d'ascension le 13 août. Les 16 et 17 août descente simultanée, et en même temps fin de la croissance chez la Bryone; ensuite forte ascension les 18 et 19 août; croissance énergique qui atteint son maximum le 24 et le 20 ; abaissement jusqu'au 31 août, suivi chez toutes d'un mou- vement rapide d'élévation, etc. SUR l'accroissement de la tige des végétaux. 201 5° Si nous comparons les données thermomélriques avec celles des vitesses d'accroissement, nous voyons qu'en général une éléva- tion ou un abaissement de la température coïncide avec une aug- mentation ou une diminution de l'intensité de croissance. Le même résultat a cl^ obtenu par presque tous mes prédécesseurs. Pourtant, cette relation n'est pas aussi simple qu'on l'a prétendu. En faisant mes observations je n'ai eu en vue que de rechercher si c'est l'ac- croissement de jour ou de nuit qui est prépondérant. Je n'ai pas essayé de résoudre le problème difficile du degré d'influence qu'exercent sur la croissance des plantes les causes extérieures, telles que la température, la pression de l'air, l'humidité, l'inten site de la lumière, l'électricité atmosphérique, etc. Mes observa- tions des températures ne sont ni assez nombreuses ni assez com- plètes pour jeter un nouveau jour sur ce point, et comme M. Decandolle (1) l'a observé avec raison, les moyennes ordi- naires des données météorologiques ne peuvent nous être ici d'aucune utilité. Toutefois, ce qu'il est permis d'inférer de mes observations, c'est que le rapport simple que plusieurs obser- vateurs ont cru remarquer entre la température atmosphérique et la rapidité de croissance des plantes, n'est pas d'une application générale. M. Harting a admis que l'accroissement augmente et diminue suivant une progression arithmétique, et il a môme établi une for- mule pour déterminer d'avance l'accroissement pour un jour quel- conque. Cette formule est : G-"-) où a indique l'accroissement et t la température à un jour connu, A et t' l'accroissement et la température d jours plus tard, et r l'accélération journalière de l'accroissement. Si j'essaye d'abord de déduire de mes observations la valeur de r, puis de déterminer, à l'aide de la formule, quelques termes de la série, les résultats ne (1) Géogr. botan-, I, p. 25. 202 OBSERVATIONS s'accordent pas avec les observations. L'assertion de M. Quetelet, que l'accroissement proportionnel au carré de la température, est tout aussi peu justifiée par mes mesures. II faut reconnaître avec M. Sachs (1), que la relation véritable entre la température et les phénomènes physiologiques nous est encore totalement inconnue. Et ce qui est vrai de la température, dont l'action sur les plantes est si énergique, l'est, à un plus liant degré, d'autres influences extérieures encore plus difficiles à ap- précier. Bien que mes observations n'apportent aucune lumière dans cette dernière question, j'ai cru pourtant devoir les faire connaître. A l'égard de raccroissement même, elles conduisent à d'autres résullats que celles de M. Duchartre. A ma connaissance, il n'existe pas sur ce sujet d'observations qui aient été continuées aussi longtemps que les miennes, et qui embrassent à peu près toutes les phases du développement de la plante. Je suis d'accord avec M. Duchartre que, sur ce terrain difficile, une série étendue de recherches exactes peut seule nous mettre en état de séparer ce qui est constant de ce qui n'est qu'accidentel, et nous ap- prendre à distinguer les lois générales de la croissance végétale au milieu des innombrables déviations produites par des causes particulières. Mes observations pourront contribuer à atteindre ce résultat. En attendant, pas plus que M. Ducliartre, je ne regarde l'étude du sujet comme déjà achevée, et si l'occasion ne me fait pas dé- faut, je continuerai, l'été prochain, les observations dans des con- ditions différentes. Il y aura alors à examiner spécialement un point que mes obser- vations actuelles n'éclairent pas. On peut se demander, en effet, comment la multiplication et l'accroissement des cellules, les deux phénomènes dont se compose, comme on sait, l'allongement de l'axe végétal, se distribuent pendant le jour et pendant la nuit. (1) Uber Abhangigkeit der L'eimung von der Temperatur. Pringsheim's Jahrb. f.jwi&s. Bol., II, p. 375. SUR l'accroissement de la tige des végétaux. 203 M. Schleiden a avancé, dans son traité, que toutes les observations antérieures n'ont absolument aucune valeur, parce que cette double action ne s'y trouve pas distinguée. Bien que celte con- damnation me semble injuste et excessive, il n'en est pas moins vrai que la connaissance du fait en question doit être regardée comme de la plus haute importance pour une appréciation exacte de la vie végéiale. M. Sachs (1) a déjà fait remarquer que les points où se forment de nouvelles cellules sont ordinairement soustraits à l'inlluence de la lumière, et il conjecture que là où il en est autrement, la produclion de nouvelles cellules pourrait bien avoir lieu pendant la nuit. 11 appuie cette présom[)tion sur le fait que souvent la genèse des cellules n'est pas troublée par une obscurité prolongée, et surtout sur les belles observations de M. Alex. Braun qui, dans ïllydrodictyon et dans d'autres algues verles, vit constamment les préliminaires de la formation des cytoblastes commencer et s'achever pendant la nuit, de telle sorte que les cytoblastes apparaissaient le lendemain au point du jour. La même chose a-t-elle lieu dans les plantes supérieures? La croissante nocturne est-elle, en totaliié ou en grande partie, la conséquence de la production de nouveaux utricules, la croissance diurne le résultat de l'extension et de l'accroissement des tissus déjà existants? Tl est clair qu'ici la question n'est pas aussi facile à décider. On ne peut simultanément mesurer l'allongement d'une partie végétale et en faire l'examen analomique. Mais peut-cire y aura-t-il de l'utilité à rechercher, sur une branche, dans quels entre-nœuds s'observe la multiplication, dans quels autres le simple accroissement des cellules, et de noter en même temps, sur une autre branche de la même plante, la quantité dont chaque entre-nœud, séparément, s'allonge pendant le jour et pendant la nuit. Je possède plusieurs données de celte dernière espèce, l'accroissement de chaque mérilhalle ayant été mesuré (1) Bot. Zeit., 1853, Beilage, p. 3. 204 NOTE SUR LES STORCKIELLA, séparément, pendant une partie de l'été, sur la plupart des plantes qui ont fait l'objet de mes recherches. ïl serait inutile de publier maintenant ces données, mais je me propose d'exa- miner également, durant la belle saison prochaine, l'autre face de la question, et de rendre compte, plus tard, des résultats obtenus. NOTE SUR LES STORCKIELLA. Le Slorcliiella vitknsis, décrit et figuré par M. Scemann (1), est assez bien connu actuellement dans son organisation. Sa Heur a un réceptacle creux, en forme de cornet court, avec trois, qualre ou cinq sépales imbriqués, autant de pétales, également imbriqués, et une dizaine d'élamines périgynes, libres, dont les anthères basifixes, biloculaires, s'ouvrent de chaque côté du sommet par une fenfe assez courte. L'ovaire, inséré au fond du réceptacle, renferme un nombre variable d'ovules descendants, anatropes, avec le micropyle dirigé en liant et en dehors; il est surmonté d'un style subulé, avec une extrémité stigmatifère à peine renllée. Dans le Gênera de MM. Bentham et Hooker (2), le genre Storc- kiella est décrit comme renfermant deux espèces, en ces termes : « Species 2, altéra ins. Fiji v. Viti incola ; altéra {yix ejus- dem varietas) novo-caledonica (Cassia Pancheri Vieili., in lierb. Mus. par.) ». Quoiqu'il ne m'ait pas été donné de voir, dans l'herbier du Muséum, le Cassia Pancheri, je crois pouvoir rap- porter à cette plante un échantillon que le docteur F. Mueller, de Melbourne, a reçu du nord de la Nouvelle-Calédonie, et que les indigènes appellent Doga. Ce nom pourra même, nous allons voir pourquoi, être employé pour désigner une section spéciale du (1) la Bonplandia (1861), 363, t. 6; FI. vitiensis, t. 13. (2) 571, n. 352 {Cassieœ). NOTE SUR LES STORCKIELLA. 205 genre Storcldella. Le type de celte scetion sera précisément la plante nco-calcdonienne dont il vient d'ôtre question. Loin d'eirc une simple variété du S. vUiensis Seem., clic constitue une espèce tellement distincte par l'organisation de sa fleur, que peut- être certains auteurs n'hésiteraient pas à en faire un genre par- ticulier. Nous n'adopterons pas cette manière de voir, et nous appellerons la plante néo-calédonienne : Storckiella Pancheri. tout en en faisant le type d'une section Doga. Si l'on juge ses caractères suffisants pour l'élever plus lard au rang de genre, on devra la nommer Doga Pancheri. La réceptacle est ici le même que dans le S. vitiensis ; mais les verticilles iloraux sont à peu près constamment tétrnmères. Les quatre sépales, inégaux entre eux, n'ont pas les bords Gra- duellement amincis, comme dans l'espèce des Viti, mais très- brusquement coupés en biseau, comme dans les Martia et la plupart des Copaifera. Ils ne se recouvrent que par la surface de ce biseau ; de sorte qu'ils sont quelquefois presque valvaires. Les quatre pétales sont imbriqués, caducs; etl'androcée n'est le plus souvent formé que de quatre étamines alternipétales, semblables à celles du S. vitiensis, c'est-à-dire pourvues d'une anthère introrse,dont les loges ne s'ouvrent en dedans et près du sommet que par une fente très-courte. L'ovaire renferme de six à huit ovules descendants, avec le micropyle supérieur et exléi-icur. Quant au port, au feuillage, à rinflorescence, ils sont fort analoi,^ues à ceux de l'espèce de M. Seemnnn; mais les bourgeons axillaires sont énormes, globuleux, imbricpiés, semblables à certains bour- geons d'arbres indigènes que nous voyons hypertrophiés par suite de la piqûre d'un insecte. Le fruit est, dit-on, semblable à celui que M. Seemann a figuré du S. vitiensis. Ce qui caractériserait donc la section Z)o(7a, c'est l'isostémonie de l'androcée et le mode d'imbrication du calice. L'androcée n'est pas d'ailleurs exactement displostémoné dans le^^. vitiensis; les étamines, lorsqu'elles sont au nombre de dix, ne sont pas exactement superposées aux sépales et aux pétales ; il y a des 206 SUR LE VOUACAPOU t)E LA GUYaNË. fleurs à onze ou douze étamines. L'androcée n'est peut-être pas ici formé de deux veiiicilles, cl le nombre de ses éléments lient peut-èlre à des dédoublements d'organes. Nous y avons vu des élamincs demi-pétaloïdes, et même une fleur à deux carpelles. Le S. Pancheri relie trcs-élroitemcnl le genre qui nous occupe aux Mariia et aux Apuleia du Brésil. SUR LE VOUACAPOU DE LA GUYANE, Si l'on pouvait douler de l'étroilc affinité des Connaracées et des Légumineuses, il suffirait pour radtnettre, d'examiner la plante dont Aublet (Guian., Suppl., 9, t. 373) a fait le type de son genre Vouacapoua, Assez répandu dans nos collcclions, le V. guianensis s'y trouve partout réuni aux Connaracées, avec les noms de Uourea, de Connanis ou à'Omphalobium. Il fait partie de l'herbier portugais, aulrefois rapporlé de Lisbonne par Geoffroy-Saint-Hilaire. iM. Mélinon l'a recueilli sur les bords du Maroni, en 1852 (n. 37). iM. Spruce (n. 20U) l'a également trouvé, la môme année, sur le Rio-Negro, près de Saint-Gabriel de Cachoeira. On ne l'a guère étudié cependant, le croyant d'après son port, son feuillage, la taille et la disposition de ses fleurs, construit absolument comme les Connarus^ et ne supposant pas qu'on doive rencontrer de telles analogies dans un type relégué, par tous les auteurs modernes, dans le genre Jndira de Lamarck. Aublet n'a vu du Vouacapou que le feuillage et le fruit ; et c'est probablement à cause des caractères qu'il attribue à ce der- nier, c'est-à-dire un péricarpe d'abord plus ou moins charnu, et monosperme, que le Vouacapoua a été privé de son autonomie gé- nérique pourètre assimilé aux Andira. C'est A. L. de Jussieu qui paraît avoir le premier {Gen., 363) consacré celte confusion, en se fondant sans doute sur la synonymie donnée par Aublet lui- même. Mais rien ne prouve (jue VAngeliti racemosa de Plumier SUR LE VOUACAPOU DE LA GUYANE. 207 et VAndira Ibairiha de Marcgraf et de Pison soit la même plante que le Fouacapoua americana d'Aublet. M. Benlham(6>n., 551) donne le Vouacapoua comme synonyme du Lumbricidia, à l'exemple d'Endlichcr {Gen., n. 6726, h), et, d'autre part, il décrit (in Journ. Linn. Soc, IV, Suppl., 119, n. 2) le Lumbri- cidia legalis de Vellozo {FI. flum., VII, t. 105), sous le nom di Andira stipulacea ; mais je ne vois pas sur quoi l'on peut se fonder pour admettre que le Vouacapoua ait les grandes stipules persistantes des Lumbricidia, leur corolle papilionacce, leur an- drocée diadelphe, et leur ovaire pluriovulé. Aublet n'a pas, en effet, connu la fleur du Vouacapou ; il n'a eu à sa disposition que la plante en feuilles et en fruits, quoique, dit-il, il l'ait rencontrée dans bien des endroits de la Guyane. La figure qu'il donne du fruit est d'une grande exactitude: elle représente un péricarpe piriforme, dont le sommet est surmonté d'une petite saillie conique, et dont la surface est plus ou moins rugueuse. Comme consistance, ce péricarpe finit par devenir tout à fait sec, et il s'ouvre suivant sa longueur, à la manière d'un follicule. Ce ca- ractère est très-nettement indiqué sur la planche 373 de l'ou- vrage d'Aublet. La graine unique, que laisse alors échapper le fruit, est ovoïde, glabre et lisse à sa surface, et renferme, sous des téguments peu épais, un gros embryon charnu, à cotylédons plans-convexes et à radicule supère. Rien ne paraît comparable dans cette organisation à ce qu'on observe dans les fruits du genre Andira, caractérisés ainsi, entre autres auteurs, par MM. Benlhom et J. Hooker (Gew., 550) : « Legumen drupaceum indehiscens, endocarpio Hgnoso (;v. tenui?) » Les fruits des vrais Andira sont en effet des drupes, à noyau plus ou moins épais et ligneux et constamment indéhiscent, si l'on s'en rapporte aux descriptions de tous les botanistes. Il est probable que si l'on ne connaît pas jusqu'ici l'organisation réelle des fleurs du Vouacapou^ c'est que les échantillons qui font partie de nos herbiers se trouvent toujours rangés, comme nous l'avons dit, parmi les Connaracées. Les fleursdu Vouacapou, 208 SUR LE VOUACAPOU DE LA GUYANE. outre leurs petites dimensions, ont en effet la forme régulière de celles des Connarus et des Rourea, et elles ont aussi tout à fait leur aspect extérieur, le même duvet court et de couleur de rouille, qu'on observe sur leur périanthc et sur leur pédicelle. Mais l'analyse nous montre des différences notables entre la constitution de ces fleurs et celles des Connaracécs. Ces diffé- rences sont relatives d'abord à l'insertion du périanthc et des étamines ; insertion qui tient, ici comme toujours, à la forme par- ticulière du réceptacle. Dans les Connaracées, le réceptacle floral est souvent convexe, en forme de cône surbaissé, ou de tète à peu près plane en dessus ; il est rare que cette tête se change en une cupule large et très-peu profonde ; de sorte que l'insertion de l'androcée et du périanthc est le plus souvent hypogynique, mais qu'elle peut devenir légèrement périgynique. Mais dans le Vouacapoua., le réceptacle devient tellement profond, au con- traire, que la périgynie y est aussi accentuée que dans la plu- part des Légumineuses, et que le gynécée, inséré au fond de la poche réceptaculaire, s'y trouve complètement enfoui ; il n'y a que le sommet du style qui ordinairement dépasse un peu la base du calice et de la corolle. Quant à la forme de cette poche récep- taculaire, elle est à peu près celle d'un cône renversé, et toute sa face intérieure est tapissée d'un disque dont le bord s'épaissit un peu et se partage en dix crénclures peu prononcées au niveau du pied des étamines. C'est aussi à ce niveau que s'insèrent les pièces du périanthc qui sont toutes libres entre elles. Ce sont cinq sépales, égaux entre eux, disposés dans le bouton en préflo- raison imbriquée, souvent quinconciale, et cinq pétales, un peu plus longs que les sépales, un peu atténués en spathule à leur base, imbriqués dans le bouton et formant en somme une corolle parfaitement régulière. Les étamines sont disposées sur deux vcrlicilles pentamères et superposées, cinq aux sépales, et cinq aux pétales ; chacune d'elles est formée d'un lilct libre, dilaté à sa base, atténué en pointe à son sommet, et d'une anthère biloculaire, introrse, dont les deux loges s'écartent plus ou moins l'une de SUR LE VOUACAPOUA DE LA GUYANE, 209 l'autre dans leur portion inférieure, et s'ouvrent chacune par une ' fente longitudinale. Le gynécée, libre, inséré tout au fond du réceptacle, se compose d'un ovaire uniloculaire, uniovulé, atténué supérieurement en un style grêle et légèrement arqué vers son sommet. Celui-ci s'incline plus ou moins du côté du placenta et présente une dépression plus ou moins profonde, une sorte de petit puits, dont l'ouverture circulaire est garnie d'une collerette de papilles en forme de cils. Le fruit est exactement tel que l'a décrit et représenté Aublet, avec l'extrémité inférieure parfois un peu plus longuement atténuée. Nous savons encore, par la description d'Aublet, que le Voua- capou est un grand arbre, très-rameux à sa partie supérieure, à branches dressées, puis déclinées, chargées de feuilles alternes, composées-imparipinnées. Les folioles sont ovales , allongées, aiguës ou plus ou moins acuminées, à base arrondie et à pétio- lule court et peu épais. Les fleurs sont très-nombreuses, formant, au bout de certains rameaux, ce qu'on appelle des panicules, c'est-à-dire ici des grappes fort ramifiées de grappes plus petites, elles-mêmes formées de petites cymes. Tous ces caractères nous étant maintenant connus, nous pouvons donner une description complète de la plante qu' Aublet n'a qu'imparfaitement décrite. VOUACAPOUA AMERICAN A (ï. IV). (AuBL.,6'?imn., 5 *//;;)/., 9, t. 373. (cxcl. syn. Plum.,Marcgp.., Pis. ?). — Andirœ spec. Lamk, Dict. , l, 17 et Auclt. pler. (nec L.). Arbor pulchra ; Irunco (60-pedali, ex Aubl.) ad summitatem ramosissimo; ramis erectiset declinatis, undique sparsis; ramulis foliosis (ex eodem); innovationibus inflorescentiisque jnnioribus tomenfo brevi ferrugineo indutis. Folia alterna, imparipinnata; Ib- liolis lateralibus 2-/i-jugis oppositis breviter (4-iO mill.) petiolu- atis, ovato v. oblongo-acutis (ad 15 cent, longis, k cent, latis), apice acuminatis, basi rotundatis; intogerrimis membranaceis v. subcoriaceis glabris, supra lucidis Isevibus, subtus paulo palli- IX. (15 octobre 1861».) 14 210 SUR LE VOUACAPOUA DK LA GUYANE. (lioribus, poimincrviis vcnosis; pcliolo basi incrassalo, iiitiis iiiter l'oliohi 2 iiil'criora v. inira glandulifero ; slipiilis aul 0, aiil iiiini- mis caducissimis (et inde haud visis). Flores parvuli orehri in paniculam, scilicel raeemum valde ramosum composilum, leraii- nalciii dispositi. Rcccptaculum floris valde concaviim hcrni- sphiorico-Uirbinatum obcoiiicunivc, intus disco ienui siiperne Icvitcr iiKirassato, obscure 10-crciiato vcstiluin, extnsciiin calycc dense ferrugineo-velntiniim. Sepnla 5, œfpialia, infibricala.PetalaS, gequalia, cum calyce et androcœo inscrta, valdcperigyna, se|)alis paulo longiora, basi angustala subspalhnlata, apicc obtnsata, parce piibescentia, iiiibricata. Stainina 10, quorum 5 opposilipetala bre- viora ; fdamentis liberis, basi dilalatis, ad apicem subulatis; au- tlierse introrsse subsagittatœ loculis 2 pendulis, basi remotiusculis, linearibus, longitudinaliler dehisccntibus ; connectivo dorso sub- glariduloso fuscato loculis longitudine jicquali. Germen centrale imo receptaculo insertum liberum luinutum breviter slipilatuni ; apice in styluin brevem Icviter incurvum v. subrectum breviter tubulosum attenuato; stigmate circa ostium tubuli ciliolato. Ovu- lum 1, analropum desccndens ; micropyle cxtrorsum supera. Fructus iuœquali-obovatus (7 cent, long., 3 cent, lat.), basi longe attenuatus, ad apicem plus minus rotundatus ; summo apicc conoideo plus minus prominulo : pericarpio crasso, demum sicco, extus verrucoso, longiludine sulcato , Iblliculatim déhiscente. Semen inœquali-ovatum ; testa extus glaberrima; embryonis valde carnosi exalbuminosi radicula su|)cra. — Crescit in Brasilia boreali, verisimilitcr in ditione paraensi, unde ii! llcrb. ulyssip., nunc paris., olim allatum. In regione eadcm Icgit, anno iERV, Professeur Je 1 • taiiique ;i l'Universiiù de Cliarkow. Nous avons reçu du professeur G. Sperx ce travail, qui a été couronné par l'Université de Charivow, et qui est insén'' dans le tome XII, n" G, des Mémoires de V Académie des sciences de Saint- Pétersbourg. L'auteur rejette totalement la doctrine de la Gymno- si)ermie, comme on pourra le voir par la lecture de son mémoire très-détaillé, et portant sur tous les genres de plantes dites gynnio- spermes, dont les fleurs ont été à sa disposition. Nous ne pouvons ici que reproduire littéralement les conclusions de ce travail. CONCLUSIONS. A la fin do mon travail, je vais résumer succinclement les motifs (pii me déterminent à repousser la théorie de la Gymno- spermie, théorie qui compte encore actuellement tant de parlisans et qui, d'après l'opinion de certains auteurs, répond complètement aux données de la science. En dehors des résultats aux(iuels sont arrivés plusieurs observateurs distingués, je m'appuie principale- DANS LE RÈGNE VÉGÉTAL. 225 ment sur les recherches qui me sont propres, et d'où il résulte que ce qu'on appelle l'ovule des Gymnospermes ne saurait être un véritable ovule, mais bien plutôt un ovaire. I. Le développement de l'ovule des prétendus Gymnosperme correspond parfaitement au développement de l'ovaire, et non à celui de l'ovule, des autres plantes phanérogames, attendu que : a. La prétendue enveloppe ovulaire se montre (contrairement à un véritable tégument ovulaire) plus tôt que le nucelle. b. Elle naît, par conséquent, du réceptacle et non pas du nucelle, comme devrait le faire un véritable tégument ovulaire. c. Elle naît sous forme de feuilles carpellaires indépendantes, qui s'unissent tôt ou tard ; ce qui ne se produit pour aucune en- veloppe ovulaire. H. La prétendue enveloppe ovulaire des Gymnospermes pré- sente un développement indépendant, en dehors du nucelle; elle est longtemps séparée du nucelle, ne l'entoure pas étroitement, et laisse même quelquefois entre elle et lui un vide considérable. Ces faits ne conviennent pas à un tégument ovulaire, mais sont normaux pour une paroi ovarienne. , IIL La structure peu compliquée de l'ovaire des Gymnospermes (qui n'est pas, du reste, aussi simple que le croient certains au- teurs) n'est pas une raison pour qu'on puisse considérer l'organe comme un ovule, mais bien plutôt pour faire croire à un ovaire, attendu que cette structure rentre bien dans le plan organique de la nature, et parce qu'elle est en harmonie avec l'organisation d'autres parties des Gymnospermes. IV. La structure du prétendu tégument ovulaire est trop com- pliquée pour un tel organe. Si l'on voulait, à l'exemple des gymno- spermistes, considérer l'ovaire comme un ovule, c'est-à-dire le fruit comme une graine, on aurait, dans les Gymnospermes, un fait exceptionnel et sans analogue dans le llègne végétal ; car une organisation aussi compliquée du tégument ovulaire ne se ren- contre même pas dans les familles supérieures des Phanérogames. Y. Le développement d'un styîcetd'un stigmate ne peut avoir IX. (28 février 1870.) 15 226 SUR LES ZUCCÂGNIA DE LA FLORE DU CHILI. lieu, dans plusieurs Conifères, que sur l'ovaire, mais jamais sur un ovule ou sur une enveloppe ovulaire. Yî. Diverses formations anormales démontreni la nature foliaire de l'ovaire. On trouve, dans les cas où deux ovaires s'unissent entre eux, une soudure de leur paroi interne, avec deux ovules basilaires. YII. La structure, la forme et le développement de l'ovaire des Gymnospermes se reproduisent dans les Loranlhacées, Amen- tacées et autres familles. VIII. L'opinion de R. Brown et autres, qui prétend qu'on doit considérer l'écaille qui entoure la fleur des Gymnospermes comme une feuille carpellaire étalée, se trouve contredite par toutes mes observations et toutes mes recherches comparatives. La partie historique de mon travail renferme les autres objec- tions qui ont été faites à la théorie delà Gymnospermie. SUR LES ZVCCAGNIA DE LA FLORE DU CHILI. Les Cœsalpiniées indigènes sont bien peu nombreuses au Chili, si l'on fait abstraction des Casses, des Cœs'alpiniaeiàen Hoffman- seggia. M. Clos, en dehors de ces genres, décrit, il est vrai, cinq Csesalpiniéos, réparties dans les trois genres Poinciana, Balsamo- carpon et Zuccagnia. Mais il y a là plusieurs doubles emplois; et, sans parler du Poinciana Gilliesii, qui est un véritable Brésillet, et non un Poinciana, toutes les plantes énumérées par I\I. Clos se réduisent à deux Cœsalpinia et à un seul Zuccagnia^ comme nous allons rétablir rapidement. Les trois Zuccagnia décrits dans cet ouvrage (II, 230, 231) sont les Z. microphylla Voc, angulata Hook. et Arn. et punctaia Cay. Le Z. ? angulata eslîa même plante que le Cœsalpinia angu- licaulis Cl. {op. cil., 223, t. XIX)^ c'est ce qu'ont déjà reconnu MM. Bentham et Hooker {Gen., I, 566), qui rapportent celte SUR LES ZUCCAGM.V DE LA FLORE DU CÎIILI. 227 espèce à la section Pomaria du genre Brcsillcf, en ces termes : «Hue etiain pertinet C. angulicaulis Cl., quœ Zuccagnia angu- kita IIooK. et Arn.» La plante doit donci)rendre le nom de CœsaU pinia angulata^ et les Zuccagnia de la flore chilienne se trouvent déjà réduits à deux. Le second Zuccagnia de la flore est le Z. microphi/lla \og. (Sophora microphylla iMeyen). Cette plante est la même que celle décrite par M. Cios, à la page 228 du même ouvrage, comme type de son nouveau genre Balsamocarpon, sous le nom de B. brevifolium. MM. Benlham et ilooker ont aussi fait des Balsamo- carpon une section du genre Brésillet. On doit donc avoir pour cette seconde espèce la synonymie suivante : Cœsalpinia micro- p/iylla = C. Balsamocarpon Benth. (in herb. Mart.) = Zuccagnia microphylla Yog. = Balsamocarpon brevifolium Cl. Reste un seul Zuccagnia^ le type même de Cavanilles, c'est-à- dire son Z. punclata, la seule espèce du genre. Sans méconnaître ses analogies avec les Hoffmanseggia, MM. Bentham et Hooker ont placé ce genre dans la même tribu que les Cynometra et les Copaifera, Nous ne pensons pas que là soient ses véritables affi- nités. Pour nous, c'est le genre le plus voisin qu'on puisse ima- giner des Cœsalpinia : c'est un Brésillet dont l'ovaire est réduit à un seul ovule; mais il n'y a pas d'autre différence entre les deux genres. Si l'on songe que les Cœsalpinia comprennent des espèces qui, comme celles de la section Guilandina^ peuvent n'avoir que deux ovules dans l'ovaire, et ont un fruit hérissé, souvent mono- sperme, fort analogue en somme à la petite gousse du Zuccagnia punctata, on verra qu'il n'y a presque pas de différence générique entre les deux types. Une analyse un peu détaillée de la fleur du Zuccagnia le démontre. Le réceptacle a la forme d'un cône ren- versé, et il est doublé d'un tissu glanduleux assez épais, tout comme celui des Cœsalpinia vrais et des Hoffmanseggia. Là où s'arrête ce disfjuc finit aussi le réceptacle, et c'est sur les bords de ce der- nier que s'insère le périanthe, comme dans les Brésillets. Or, ce périanlhe est tout à fait celui d'un Cœsalpinia. Son calice a un 228 SUR LES ZUCCAGNIA DE LA FLOUE DU CHILI, sépale antcricur, cynibiforme, plus concave et plus développé que tous les autres qu'il enveloppe largement dans lapréOoraison. De même, la corolle a un pétale vexillaire enveloppé dans le bouton, et qui diffère des quatre autres pétales. Les étamines sont tout à fait celles d'un Brésillet; leurs filets sont déclinés à la base et chargés de poils et de glandes dans celte portion : ce qui arrive dans les Cœsalpinia et non dans les Copaïférées. Enfin, le style est infléchi à son sommet; et, si l'on examine de près cette por- tion, on voit qu'elle est creuse et qu'autour d'elle la région stig- matique forme une petite collerette circulaire et ciliée; disposi- tion qui se retrouve dans lesCœsalpiiiia.Si l'ovaire, au lieu de ne contenir qu'un ovule anatrope descendant, en renfermait un autre plus bas, là où il s'atténue un peu plus en forme de pied, le gynécée, nous le répétons, serait exactement celui des autres Cœsalpinia biovulés. C'est pour ces raisons que nous placerons le Ziiccagnia tout à côté des Cœsalpinia, comme type amoindri. Les organes de végé- tation sont bien différents au premier abord dans les deux genres, et les Zuccagnia ont, dit-on, des feuilles pennées, tandis que celles des Cœsalpinia sont bipinnécs. D'abord il est certain qu'il y a de véritables Cœsalpinia^ comme le C. monospermaTvL., (jui ont des feuilles simplement pennées. Mais, môme à cet égard, le Zuccagnia pnnctata n'est pas encore exactement connu. Ses feuilles ne sont pas, en effet, des feuilles composées-j)ennées ordinaires. Leur pétiole, articulé à sa base, présente, après un court trajet, et avant de porteries folioles, une seconde articula- tion transversale. Au niveau de cette seconde articulation, il y a, dans le jeune âge, une glande allongée qui persiste très-longtemps sans grandir, et qu'on n'apercevrait pas à l'âge adulte, si l'on n'avait constaté sa présence au début. Ce corps singulier repré- sente peut-être une des divisions du rachis principal, division avortée, tandis que l'autre, bien développée, serait celle qui porte les folioles, mais qui serait du second degré par rapport au pétiole qui occupe la base de la feuille, entre les deux articulations. Ce fait NOTE sur. LE PANCOVIA. 229 semblerait prouver que la feuille du Zuccagnia est interméilinire aux feuilles simplement pennées et aux feuilles bipennées qui s'ob- servent les unes et les autres dans le genre Cœsalpinia. Les feuilles du Zticcagnia ont été décrites comme ayant des stipules très- petites ou nulles. Ces organes existent constamment, quoique peu développés ; ils ont une forme triangulaire. NOTE SUR LE PANCOVIA W. Les affinités du Pancovia bijuga W. [Spec, U, 285) sont fort douteuses. De Candolle l'a nommé Afzelia ? Pancovia, dans le Prodromus (II, 507, n. 2), se rangeant en cela à l'avis de Smith, qui (in Rees Cyclop.,\, 26) suppose le Pancovia et VAfzelia con- génères. Mais MM. Bentham et Hooker [Gen., /i65) sont loin de partager cet avis, et ne citent le Pancovia que parmi les Gênera affmia aut excliisa v. dubia, attribués aux Légumineuses, en ajou- tant : «Planta gynœcio ignoto omnino dubia remanet.» La lame cucullée qui accompagne les quatre pétales, et le nombre des étamines attribué au Pancovia, font penser aux Sapindacées. Aujourd'hui que j'ai vu, dans l'herbier de Willdenow, l'échantillon type du Pancovia africana, je n'ai plus à cet égard le moindre doute. Cette plante est la même que X Erioglossum cauli/Iorum du Florœ Senegambiœ Tentamen (I, t. 160). Tous les Erioglossum, Moulinsia et Uitenia décrits jusqu'à ce jour devront donc prendre le nom générique de Pancovia, qui date de 1799. Le P. africana est polygame; et Willdenow n'avait eu que des ileurs milles sous les yeux. OBSERVATIONS SUR LES LEGUMINEUSES-PAPILIONAGÉES I Les Légumineuses du petit groupe des Psoralcées ou Amorphées ont présenté jusqu'ici dans leur forme un fait constant qui, joint à un certain nombre de caractères extérieurs do La Heur, aux ponctuations glanduleuses de laplupnrt des orgones, etc., donnait à l'ensemble de ce groupe une certaine homogénéité, et permet- tait surtout de le distinguer, au premier abord, des tribus voisines de la même famille. Je veux parler ici du petit nombre des ovules : un ou deux ordinairement, exceptionnellement trois. Aujourd'hui, nous étudions une plante qui ne saurait, par beaucoup d'autres caractères, être écartée de cette même tribu, et dont l'ovaire contient deux séries verticales de trois ovules chacune. Cette plante a été étudiée par M. Asa Gray (1), sous le nom de Dalea spinosa ; ce qui prouve déjà ses affinités avec le groupe des Psoraléées. Elle a aussi été figurée par M. Torrey (2); ce qui nous permet de saisir quelques-uns des points de son organisation qui ne pouvaient être suffisamment examinés sur l'échantillon incom- plet que nous avons eu sous les yeux. Les caractères extérieurs des organes de la végétation et de la fleur ont été assez longue- ment déterminés par les savants que nous venons de nommer, pour qu'il nous soit inutile d'y insister. Nous nous arrêterons donc à une analyse un peu détaillée de la fleur. Le périanthe n'y est pas exactement tel que nous le connaissons dans la plupart des Dalea. Ce qu'on décrit dans ceux-ci sous le (1) Pla7it. Thurber., in Mem. Amer. Acad., V (185/i), 315. (2) In Parkes Rep., Bot., l. o. OBSERVATIONS SUR LKS LÉGUMÎNETISES-PAIMLIONACÉES. 231 nom général de calice, présente ici deux portions bien distinctes : le réceptacle tloral et le calice, proprement dit. Le premier a la forme d'un cône renversé, court et large; sa surface intérieure est totalement tapissée d'un mince disque glanduleux, et son ouverture supérieure est coupée un peu obliquement. C'est au niveau de cette ouverture que commence pour nous le véritable calice. Là aussi s'insèrent les étamines, dont la périgynie est ici fort accen- tuée. Dans le calice, nous distinguons deux parties : ses cinq divi- sions, arrondies, obtuses, et dont la prétloraison est vexillaire; et sa portion basilaire, qui est un tube large, un peu conique, remar- quable par les glandes que porte sa surface extérieure. Dans les autres plantes de ce groupe on voit des glandes peu volumineuses ou fort inégales, irrégulières, disséminées à la surface de plusieurs organes. Ici, au contraire, il y a une certaine régularité dans la disposition des glandes calicinales,qui sont bien plus grosses, plus égales entre elles, et qui sont à peu près arrangées comme celles qui s'observent sur le calice d'un grand nombre de Malpigiiiacées (1). Ainsi, ordinairement, il y en aune au-dessous de la ligne médiane de chacun des sépales latéraux, et deux au-dessous de chacun des sépales antérieur et postérieur. Le nombre total des grosses glandes calicinales est donc normalement de huit. La corolle est à peu i)rès celle des Dalea en général. Son étendard est pourvu d'un onghit arqué ; et son limbe cordiforme, très-large, est profondé- ment échancré à son sommet. A la base de sa face intérieure, on observe une callosité assez prononcée sur la ligne médiane. Les ailes et les pétales de la carène sont à peu près semblables entre eux; ils ont un long onglet grêle et un limbe fort insymétrique, avec une assez grande auricule unilatérale; ceux de la carène sont les plus grands. L'androcée est décandre, mais monadclphe ; et les filets forment un seul tube fendu en dessus. Les anthères s'at- tachent au filet vers le milieu de leur longueur, et présentent, au- dessus de cette insertion, une glande dorsale jaunâtre, allongée et (1) Voy. Payer, Organog, comp., 145, t, 123. ^'^" OBSKRVATIOINS très-régulière de forme. Le gynécée présente aussi plusieurs par- ticularités : son ovaire a une forme irrégulièrement ovale; il est comprimé d'un côté à l'autre, ot il est porté par un pied très-grêle, dont l'insertion est fort excentrique, car elle s'éloigne, autant que possible, de son bord placentaire. Dans sa portion inférieure, l'ovaire porte de petites glandes inégales, saillantes, jaunâtres. Ailleurs il est chargé de poils qui s'étendent aussi jusqu'à la portion inférieure du style, mais dont la distribution sur l'ovaire lui-môme est fort inégale. Il n'y en a pas sur le milieu de ses faces; un peu sur son bord dorsal, beaucoup et dans toute la lon- gueur sur son bord placentaii'e. Le style est creux, de teinte vio- lacée. C'est un véritable tube qui se réiléchit en croc vers sa por- tion supérieure et qui se termine par une extrémité tronquée, à bords pulpeux, représentant la surface stigmatique. Quant au pla- centa, il est partagé en deux lèvres verticales, portant chacune une série de trois ovules presque transversaux ou obliquement descendants. Les ovules sont presque anatropes; et ceux d'une série tournent le dos à ceux de l'autre série. Nous ne connaissons du fruit que la figure qu'en a donnée j\L Torrey : ce fruit est exsert, au lieu d'être inclus comme celui des vrais Dalea; il est apiculé. Nous ne savons s'il est monosperme. Par tous ces caractères, par son inflorescence singulière, par ses feuilles simples et coriaces, cette plante diffère plus des véri- tables Dalea que ne diffèrent les uns des autres la plupart des genres de la tribu des Psoraléées. 11 en faut donc faire le type d'un genre particulier, genre remarquable auquel nous croyons devoir donner le nom du savant et aimable botaniste américain, M. Asa Gray, car le genre Asagrœa de Lindley est aujourd'hui consi- déré comme un simple synonyme de Schœnocaulon. ASAGR.EA (non Lindl.) Flores papilionacei; reccplaculo breviter lurî)inalo, 10-costato, intus disco tenui veslito. Calyx tubuloso-campanulatus, breviter 5-lobusî tubo extus glandulis ellipticis 8 prominulis, reguïariler SUR LES LÉGUMINEUSES-PAPILIONACÉES. 233 (lispositis coloralis munito; lobis subœqualibus obtusis imbricatis, superioribus 2 intus valvatis. Corolla sumnio receplaculo perygine inserla : vexillum late cordaliim carina brevius, apice emargina- liim V. incisum, basi supra iniguem brevem intus callosum; aise longius uiiguiculatœ; limbo insequali-ovato ; carinse pelala alis siibsimilia longiora. Stamina 10, cum corolla inserla, 1-adelpha; filamentis in vaginam supra fissam connatis : antberis ovalo- ellipticis, dorso sub apice glandula oblonga munitis. Germen breviter stipitatum; stipite gracili cxcentrico; inœquali-ovatum comprcssuni, basi parce glandulifcruni ; ovulis 6, 2-serialis oblique descendentibus; stylo gracili, ad apicem incurvo tubuloso; summo apice truncato stigmatoso. Legumen exsertum inœquali-ovatum apiculalum turgidum. — Frutex rigidus ramosus ; ramulis canes- cenlibus in spinas pungentes abeuntibus ; foliis sparsis sessilibus crassiusculis; stipulisminimis angust'- ;floribus(indigoticis) sccus ramulos ultimos spinescenles subsi . .atis; pediccllis brevissimis; bracteisl-tloriscaducisjbracteolis''. dpedicellum médium inscrlis. Asagrœa spinosa, = Dalea 5/ . .osa A. Gray. II Les Psoralea cultivés dans nos jardins, et que nous pouvons étudier à l'état frais, ont tous l'ovaire uniovulé, et leur graine unique remplit exactement toute la cavité de leur péricarpe. Une seule espèce passait pour faire exception à cette règle : le P. sti- pulacea Dm. Aussi M. Benthani dit-il (Gen., /|92) de cette espèce: a In P. stipiilacea Dne, e Timor (Deless., /c, III, t. 67) a nobis non visa^ ovarium %ovxilatum depictum est, an rêvera hiijvs generis?» Il n'y a pas à douter du genre auquel appartient celte plante. Lcscbenault, qui l'a récoltée, dit-il, dans l'île des Amiraux, l'avait depuis longlem[)s rapportée au genre Psoralea, sous le nom de P.punclata. Or, nous avons analysé un assez grand nombre de fleurs, tant de l'échantillon dcLescbenaultquede celui de Riedié, et nous n'y avons jamais observé qu'un seul ovule, aussi bien que 23/l OBSERVATIONS dans l'ovaire des autres Psora/ea que renferment nos collections. C'est donc probablement un caractère constant des Psoraliers connus (1) d'avoir un ovaire uniovulé; et, à cet égard, ils for- ment un petit groupe parfaitement homogène avec les Apoplanesia et les Marna, comme l'a établi M. Bentham (Gen., ft/i3). III Le Bremontiera Ammoxylon DC, ou Bois de sable de iMaurice a été placé par De Candolle parmi les Légumineuses-Hédysarées (in J7in.sc.nat., sér.l,IV, 93; Prodr.,U, 353). MM. Bentliam et Hooker (Gen., 46/i) ont relégué cette plante parmi les Légu- mineuses douteuses {gênera a/finia aiit exclusa v, dubia), avec cette mention : uGenns ad fruticem maurilianum.., conslUulum .^ nolis omnino ignotum est. Specimina sub hoc nomine a Bojero missa ad Desmodium maurilianum DC. pertinent, sed ex descri- ylione CandoUii, folia i-foliolata et legumen subcompressum ut in Alysicarpo var. p. BurmanniDC, est IndigoierapaucifoliaDel. « Le Bremontiera ne paraît pas rare aux îles Mascareignes ; il y a été trouvé, soit à Maurice, soit à Bourbon, par Commerson, par Du Petit-Thouars, par Richard, etc. La description donnée par De Candolle de ses organes de végétation est très-exacte. Qu'un véritable Indigofera ait été rangé dans la même espèce, cela n'a rien de très-étonnant ; car, par tous ses caractères, le Bremontiera est très-voisin des Indigotiers. II n'y a de fruit adulte dans aucun des nombreux échantillons dont nous venons de parler. Le spécimen de l'herbier de Jussieu, rapporté par Commerson, est le seul où l'on puisse voir la plus grande portion d'un de ces fruits. La partie supérieure seule s'est détachée de la base, au niveau d'un des étranglements assez pro- noncés que cette gousse moniliforme présente dans les intervalles des graines. Grosse comme une plume de corbeau et arquée, la (1) Nous verrons prochainement une exception réelle à celte règle. SUR LES LÉGUMINEUSES-PAPILIONACÉES. 235 gousse avait sans doute plus d'un demi-décimètre de longueur; elle est glabre, à peine comprimée, et il y a un point de son étendue où elle est demeurée aussi étroite que dans l'intervalle des articles, au niveau de deux graines qui ne se sont pas développées. Un des articles paraît près de. se détacher transversalement du reste de la gousse, et son extrémité, tronquée en travers, est complètement close par une fausse-cloison assez épaisse. Ce caractère permet de phcev h Bremontiera parmi les Hédysarées; mais c'est le seul qu'on puisse invoquer. II est vrai que le mode de groupement que l'on est forcé, dans la pratique, d'admettre parmi les Papilio- nacées, ne peutêtre que purement artificiel. Mais parmi tous les ca- ractères de la fleur, il n'y en a pas un qui ne se rapporte bien mieux aux Indigotiers. Le calice, court et gamosépale, a cinq dents iné- gales. La corolle et l'androcée sont construits comme dans les Indigofera. Les étamines diadelphes y sont surmontées d'un petit apicule aigu du connectif. L'ovaire renferme de nombreux ovules ; et le style, grêle et incurvé, se termine par une petite tôle stigmatifère.Dans les organes de la végétation toutefois, on observe un caractère qui montre que les feuilles des Bremontiera sont des feuilles simples et non des feuilles composées, réduites à une foliole. Ce dernier cas est souvent celui deV Indigofera paucifolia; mais alors on observe deux articulations sur chaque feuille : l'une d'elles répond à la base du pétiole ; l'autre, à la base de la foliole uni(iue. Dans le Bremontiera^ le pétiole seul est articulé à sa base et non vers son sommet. Les stipules sont petites, triangulaires, persistantes. Les fleurs sont disposées en grappes, et les ileurs sont solitaires à l'aisselle des bractéoles, sans bractées latérales, avec un pédicelle articulé à sa base. Donc, tout en plaçant, à cause de la nature de son fruit, le Bremo7itiera parmi les Hédysarées, nous ferons remarquer qu'il a bien plus d'affinités avec les Indi- gotiers. On peut dire que c'est : un Indigoferah feuilles vraiment simples et à fruitdéfinilivement séparable en articles monospermes. Il n'y aurait rien de très-étonnant qu'on en pût faire un jour une section du genre Indigofera, y 256 ■ OBSERVATIONS IV DU NOUVEAU GENRE CTENODOiW La |)lantc pour laquelle nous proposons ce nouveau genre, appelé Ctenodon, à cause de la disposition de ses folioles, de leur forme et de leur rigidité, est une Hédysarée qui présente des analogies à la fois avec les ^schij7iomene, les Brya elles Pictetia. Ses fleurs ont un calice à cinq longues divisions libres et inégales, et des pétales longuement onguiculés. Ses étamines forment un tube fendu seulement du côté inférieur et présentent une ouverture supérieure oblique, au point où les fdets deviennent libres. C'est un sous-arbrisseau dont les feuilles sont subimparipinnées et dont les folioles ont une forme particulière ; elles sont très-insymétri- ques à la base et se terminent en une pointe rigide. Au point où elles s'attachent au rachis, celui-ci présente une saillie glanduleuse, presque arrondie, couverte d'un fin duvet. Les stipules sont lon- gues, étroites, subulées. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires. Celles-ci sont pourvues d'un pédoncule long et grêle, qui porte un petit nombre de fleurs à son extrémité. Les pédicelles sont très-inégaux et les bractées sont subulées. La disposition des stipules rapproche ce genre de la section Ochopedmm du genre Mschynomene, dont on ne retrouve pas ici le fruit lisseou muriqué; celui du Ctenodon est simplement couvert, dans son jeune âge, d'un duvet soyeux. CTENODON. Receptaculum minutum concavum, intus disco tcnui vestilum. Calycis gamophylli subcampanulali lobi 5 tubo longiores; supe- rioribus 2 lalioribus; infimo laleralibus longiore longe acutato. Petala unguiculala : vexilluni obovatum, demum reflexum; aise valde obliquce, basi l-auriculatoe; carina calciformis rostrata. Stamina 10, 1-adelpha ; filamentis in tubum apice subobliquum et infralongitudinaliter fissum coalitis; anlheris 1-formibus. Germen breviter sUpitatum; ovulis qo 5 stylo fdiformi, leviter incurvo, SUR LES LÉGUMINEUSES-PAPILIONACÉES. 2o7 îipice vix dilatato stigmaloso. Legunien slipilatuin; articulis c<: ; sutura superiorc subrecta v. arcuala; infcriorc profunde sinuala; seminibus ignotis. — SulTruticulus e basi ramosus; foliis subim- paripinnatis; foliolis sessilibus oblongis, basi valdc inœqualibus, apice acuminatis; costa in sctulam subpnngentem producta; racbi adinsertionem foliolorum singulorum in glandulam puberulam sub- globosaai incrassata; slipulis longe subulatis; floribus in raccmos axillares laxos longe pedunculatosdisposilis; pedicellisgracilibus; bracleis subulatis; bracteolis 2 anguslatis summo pedicello sub flore insertis. — Spec. 1. C. TV eddellianum ; in Brasilia, Scrtao d'Amaroléitée leg. cl. Weddell, anno i^hh (n. 2771 ). Olini quoque reperluin estinprov. Matto-Grosso (Herb. imp. brasil. cl. Gaudi- chaud anno 1853 dalum, n. 21ù). SUR L'ANTÉRIORITÉ DE QUELQUES NOiMS GÉNÉRIQUES. Nous avons déjà indiqué (1) pour quelles raisons d'antériorité nous adopterions les noms génériques de Coumarouna et de Toutiatea, plutôt que ceux de Diptefi/xet de Sivartzia. La même remarque doit s'appliquer à quelques autres genres de ce groupe, notamment aux Inocarpiis, aux Muellera et aux Derris. M. Bentliam a établi l'identité générique de Ylnocarpiis Forst. et du Bocoa Aubl. Mais on ne paraît pas avoir remarqué que le nom de Forster est postérieur d'une année à celui d'Aublet ; car ÏHistoire des plantes de ta Guyane est de 1775, tandis que les Characteres generum plantarum quas in ilinere ad insulas maris auslralis, etc., l'ouvrage où est décrit pour la première fois le genre Inocarpus^ ne datent que 1776. J'appellerai donc Bocoa edidis Vlnocai'pus edidis VonsT. ou Majoe des indigènes de Taïti. Coublandia Aubl. (Guian., 937, t. 356) date également de (1) Adansonia, IX, 213. \ 238 OBSERVATIONS 1775. 11 est aussi reconnu, depuis bien longtemps, que MiieUera L. FIL. (SnppL, 53) en est le synonyme. Or, ce dernier nom ne date que de 1781. Il en résulte que Coublandia doit être préféré comme nom générique, au même titre que Palovea, Eperua, Tachigali^ etc., qui sont du même auteur, de la même époque, de la môme famille naturelle, et qui sont empruntés au même idiome. Si les affinités entrevues par M. Bentham pour le Cyanobotrys de Zuccarini se trouvent justifiées, celui-ci deviendra donc également une espèce de Coublandia, le C. mexicana. Deguelia Aubl. [Guian., 750, I. 300) doit donner lieu à une observation analogue. Puisque le D. guianensis Aubl. a été, avec raison, rapporté au genre Denis, il faut noter que Derris n'a été établi qu'en 1790 par Loureiro (FI. cochinch., ed ulyssip., lio2). Tous les Derris de l'ancien monde doivent, par conséquent, prendre le nom de Deguelia, et de même toutes les espèces asiatiques, australiennes, etc., que M. Bentham rapportait autre- fois au genre Brachypterum. Revenons, à propos de ces questions de priorité, sur la syno- nymie du genre Swartzia. Nous trouverons, par ordre alphabé- tique, les noms suivants, avec la date de leur création : 1 . GynanthisLrophe Pou. , mss. , ex DG. , Prodr. , II, li'2ti (1825). 2. Hœlzelia'^ECK., Elem., n. 1383 (179i). 3. Possira Aubl., Giiian., 93/i, t. 355 (1775). II. luttera Schreb., Gen.,36/i (1789-91). 5. Riveria H. B. K., Nov. gen. et spec., \ll, 266, t. 659 bis (1825). 6. Swartzia ScuREB., Gen. 518 (1789-91). 7. Tounatea Aubl., Guian., 5/|-9, t. 218 (1775). 8. Trischidium Tul., in Jnn. se. nat., sér. 2, XX, 141, t. IV (l8/i3). Le plus ancien de ces noms est donc bien Tounatea, que nous préférons. A défaut de Tounatea, ce serait encore un nom d'Aublct, Possira. Si l'on négligeait les noms d'Aublet pour adopter ceux SUR LES LÉGUMINEUSES-PAPILIONÂCÉES. 239 de Schreber, ce serait Rittera, pro[)osc par ce dernier, qu'on devrait clioisir plutôt que Swartzia, qui n'a été imprimé que plus tard. VI SUR UN NOUVEL EYSENHJBDTIA: Cette nouvelle espèce est plus méridionale que VE. amor- phoides; elle croît à Guatemala. Ses caractères nous obligent à modifier un peu ceux du genre, notamment quanta l'organisation du style. Les autres parties de là tlcur sont construites de même, et seulement un peu plus grandes que dans l'espèce de Kunth. Le style est droit, comprimé d'un côté à l'autre comme une lame à bord antérieur très-tranchant, formant une étroite aile longitudi- nale. En haut, il se coude subitement, un peu au-dessous du stig- mate qui a la forme d'une petite tête papilleusc. La concavité de cette sorte de genou regarde en avant, tandis que sa convexité s'épaissit en une petite glande saillante , oblongue, de couleur orangée, pleine d'une substance résineuse. C'est de celte glande caractéristique qu'est tiré le nom spécifique de cette nouvelle espèce. Eysenhardtia adénostylis» i,^ Frulex ? Folia co-juga; foliolis oblongo-ellipticis (ad 16 mill. longis, 6 mill. latis) integris, basi rotundatis, plerumque breviter acuminatis, supra glabris, subtus pallidioribus, tenuiter reliculatis punciulatisque ; stipulis selaceis (4, 5 mill. longis) persistentibus; slipellis minimis. Flores in paniculam terminalem dispositi (e ra- cemis 5 in specimine suppet. compositam), iis E. amorphoidis similes, sed majores; pedicellis gracillimis brevissimis (1,2 mill.)-, bracteis setaceis paulo longioribus. Calyx tubulosus punctulatus inœquali-S-dentalus. Petala longitudine suboequalia ; vexillari latiore ; cœteris !i subsimilibus , liberis oblongo-subspathulatis 240 OBSEIIVATIONS basi in unguem longe altcnuatis. Stamina 2-a(lcl[)lia ; anlhcris siibcllipticis; connectivo coloralo. Disons crassiusculns obconiciis. Germen brcvilcr stipilatum, 2-ovulatum ; stylo gracili rcctinsciilo ancipiti-comprcsso, inlVa in alam anguslissimam longiludinalem subulalani [iroduclo, supra obtusiiisculo, ad apiccni siibgeniculalo; geniculi convexilatc supcriorc glandula oblonga promiiiularesinosa (aiiranliaca) ninnila; apicc styli supra glandulain brevitcr incurve; summo apicc minute capitalo-sligmatoso. Fructus ignotus. — In Guatemala, anno I8/16, leg. cl. Savage (Ilerb. Mus. par.). V.II SUR UN NOUVEAU BRONGNURTIA. Dans un grand nombre de genres de Légumineuses-Papilio- nacces, on rencontre, à côté d'espèces à ovaires multiovulés, des espèces où le nombre des ovules devient peu considérable. Le môme fait se présente dans un nouveau Brongniartia que M. Hahn a découvert au Mexique, et que nous décrivons sous le nom de B.oligosperma. Les autres caractères observés dans cette plante, tels que les feuilles à petites folioles nombreuses, les fleurs axillaires et solitaires, le fruit oligosperme, à cavité intérieure parfaitement libre, et l'absence complète d'aile marginale dans le péricarpe, pourront faire, de cette petite espèce, le type d'une section différente à la fois des Eubrongniartia et des Peraltea. BUONGNIARTIA OLIGOSPERMA. Frutex humilis, ut videtur; ramis teretibus lignosis; ramulis junioribus vclutino-birsulis; foliis alternis v. subjjeminalis v. in supremis ramulis subfasciculatis, impari- v. rarius pari[)innatis; foliolis 5-8-jugis oppositis sessilibus clliptico-ovalis (ad 8-10 mill. longis, 5 mill. lalis), brcvissime aeumiuatis v. apiculatis, basi leviter inscqualibus rotundatis articulatis; costa subtus valde pro- minula vcnistiuc retieulatis pallidisj limbis petioloquc et racbi SUR LES DEUX GENRES POTAMEIA ET DJLOBEIA. 2/|l pilis albidis !imii(iue obsitis ; stipulis subulatis subpersislentibiis petiolo paulo loiigioribus (ad 8 inill.). Flores axillares solilarii' longiuscule (1, 2 cent.) peduiiciilati; calyce persislente et peduii- cuio pilosis; sepalis acutatis; pelalis vix ealyce 2-plo longioribus; germine paticiovulato. Legumen iiitiequali-elliplicum valde coin- pressum, exfus velulinum, basi inœquali-angustatum, apice bre- viteracuminatumjiitus liaud tarcUim.Semina pauca (1-3) oblonga subiransversa; tiinibiilo in arillum parvum subconicum carnosum albidum incrassato. — In dilione mexicana, ad Xochicalco, aprili 1866, tloriferum frucliferum(|ue legit L. //a/in (herb. Mus. par.). {Sera continué.) SUR LES DEUX GENRES POT A M El A ET DILOBEIA DE DU PETIT -THOUARS. Ces deux genres, jusqu'ici mal connus, ont eu une destinée singulière. Le premier, rapporté, par celui-là même qui l'a créé et étudié, à la famille des Lauracées, a été introduit par des botanistes qui ne l'ont jamais analysé dans le groupe des Santalacées, puis dans celui des Olacinées et des Tlivmélées, sous le nom de Cans- jera, et enfin dans celui des Protéacées, dont il n'a pas le moins du monde les caractères. Le second a, heureusement, été laissé parmi les Ge/îem incertœ sedis; et c'est lui qui, justement, doit prendre place dans la famille des Protéacées, à laquelle personne, que je sache, n'a eu l'idée de le rapporler. Nous allons analyser rapidement l'un et l'autre. L POTAMEIA. La seule espèce décrite de ce genre, le Polameia Thouarsn RoEM, et ScH., est fort incomplètement connue. On sait seulement que ses tleurs sont tétramères, monopérianthées et tétrandres, avec IX. (14 avril 1870.) 16 !26'2 SUR LES DEUX 0ENKE3 PUTAMEIA ET DILOBEIA. un fruit (Irupncé, et une seule graine ;i embryon eliarnii, dépourvu " (falbiimen. Endlielier (Cen., o/iO, siih n. 21o7) en a f;iil une Proléacéc douteuse, voisine du Cetiarrhenes ; el M.Meissner l'a rangée définitivement dans cetle tamille, entre les Cetiarrhenes et les Persoonia {Vrodr. , \IV, B2H), avec celte observation : « Genns non salis notum, ab auclore Lam'ineis adscriptum^ verisimiliter tamen hujus (oci, Cenarrlu'nia//«ne.)) Je ne sais pourquoi l'opinion de Du Pelit-Tliouars, qui a établi le genre {Gen. nov. madag.^ II. 16) et qui a eu la plante sous les yeux, n'a pas élé adoptée par les auteurs que je viens de ciler. Pourquoi le Potameia a-t-il élé éloigné des Lauracées? Il en a cependant le t'euillage, les Heurs, les étamines, le fruit. Le nombre quaternaire des parties llorales a sans doute induit en erreur les boUmistes qui ont conlredit la manière de voir de Du Petit-Tliouars. Toutefois les lleurs létra- mères ne sont pas Irès-rares parmi les Lauracées; mais celles du Potameia sont en réalité dimères, comme jtaribis celles du Laurus nobilis. Dans nos collections, le Potameia Thouarsii est assez abondant; il a élé récollé à Madagascar par Du Petit-Thouars lui- même, par Richard et par Born.ier. Nous avons donc pu l'analyser complètement. Les fleurs du P. Thouarsii sont lrès-|)etites; leur réceptacle est creux, obconique. Sur ses bords s'insèrent deux sépales, puis deux- autres folioles, aliernes, décussées avec les précédentes, imbri- quées, représentant sans doute deux pétales. Suivent deux étamines alternes, et deux autres superposées aux folioles intérieures. A part deux glandes qui se Irouvenl à droite et à gaucbedeces deux der- nières étamines, elles sont semblables aux étamines extérieures, c'est-à-dire larges, courtes, aplaties, à peu près ovales; elles ont la forme d'une petite feuille. Ln haut de leur face iiUerne se trou- vent les loges de l'anthère, loges petites, distinctes, s'ouvrant (chacune par un petit panneau qui se relève. Il y a, dans certaines lleurs, deux auirei^ étamines superposées aux étamines noti accom- pagnées de glandes, Cl, par conséquent, aux d(Mix foliolcH exté- rieures du périanlbe : ce sont de petites laugueltes stériles et glan- SUR LES DEUX GENRES POTAMEIA ET DILOBEIA. 2Ù3 diileusesau sommet. Le gynécée est central; c'est celui de loules les vniies Laurncées, formé d'im ovaire uniovulé, surmonté d'un style à petite tête stigmalilére. Le fruit est aussi celui d'une Lau- rncée, c'est-à-dire une petite baie ovoïde, accompagnée à sa base du périanthe persistant, et contenant une graine sans albumen. Les feuilles sont alternes, simples, entières, sans stipules. Les Heurs sont groupées en grand nombre sur des grappes axillaires fort ramifiées. Tout s'accorde donc à démontrer que le Polameia doit être maintenu parmi les Lauracées. IL — DlLOBEIA. Du Petit-Thouars est le seul auteur qui, jusqu'ici, ait écrit sur le genre Dilobeia^ établi par lui dans ses Nova gênera madagas- carif^nsia (p. 21). Endlicher, (iui reproduit, d'après Du Petit' Thouars, la caractéristique de ce génie, le place parmi les Gênera dubiœ sedis sans corolle (Gen., n. 68/16). On savait seulement alors que le Dilobeia a un calice télramère, (piatre étamines et, pensait-on, un ovaire unique. La forme singulière de ses feuilles alternes avait surtout attiré l'attention; on avait remarqué leur sommet bilobé, et la glande terminale de la nervure principale qui se voit au fond du sinus de séparation des deux lobes. Quant aux Heurs, elles sont petites, nombreuses, et on les disait disposées en panicules. Reprenant l'analyse des fleurs ciu Dilobeia qui fait partie de l'herbier de Du Petit-Thouars, nous avons vu qu'elles appartien- nent H un arbre dioïque, et que les Heurs mules ont seules été ré- coltées jusqu'à ce jour. Dans ces fleurs, petites et régulières, on voit un périanthe formé de quatre folioles valvaires. En dedans de chaque loliole, s'insère une étamine, formée d'un filet libre, court, aplati, bientôt dilaté en une anthère basifixe, biloculaire, îiitrorse, déhiscente par deux fentes longitudinales, surmontée d'un petit apicole au sommet du connectif. Au centre de la fleur se trouve un gynécée stérile, cylindrique à sa base, bientôt aplati en une sorte do lame striée suivant sa longueur : c'est K'i tout ce qui ^Vl SUR LES DEUX GENRES POTAMEIA ET DILOBEIA. représente le pislil. l-cs Heurs sessiles sont pincées chacune dans l'aisselle d'une petite bractée, sur l'axe très-rainifié d'un épi qui occupe l'aisselle des (euilles supéi'ieures d'un rameau. Quoique les Heurs reinellcs cl les fruits du Dilobeia nous soient totalement inconnus, ce que nous savons des tleurs mâles nous permet de conclure à une grande allinilé entre ces plantes et les Avlax ou antres Protéacées voisines. L'étude du gynécée pourra seule faire connaître si le Dilobeia doit être placé dans une tribu différente de la famille des Protéacées. L'espèce type du genre est le D. Thouarsi Roem. et Scii. (Syst.^ ni, /t76). Ses feuilles sont coriaces, très-glabres, avec deux lobes triangulaires. Boivin a trouvé en 1851, sur la crête du Loucoidjé, à Nossi-Bé, une plante à l'état jeune, qui n'a guère qu'un demi- mètie de hauteur, et que nous appellerons provisoirement D. Boi- viniana. Ici les feuilles sont très-allongées, très-étirées à la base; qucl(pies-une3 d'entre elles sont entières; dans rpiclques antres, les deux lobes supérieurs sont très- inégaux. Tandis que dans la plante de Du Petil-Thouars, deux nervures secondaires , plus considérables que toutes les autres, et répondant chacune à la ligne médiane d'un des lobes, viennent se rencontrer tout près de la base même du limbe avec la nervui'eprinci|)ale, dans les jeunes arbres de l'herbier de Boivin, ces nervures rejoignent la nervure principale un peu au-dessous du fond du sinus de séparation des deux lobes, là où se trouve la glande qui termine la côte, c'est-à- dire le sommet organicjue de la feuil'e. Mais ces dilVérences ne tiennent peut-être qu'à l'âge, la plante de Boivin pouvant foit bien n'être que l'état jeune de celle de Du Petit-Thouars. (]e (|ue nous savons du D. Thouarsi peut doiic se résumer en ces termes. Dilobeia Dup. -Th. Flores regularesdiœci. Florismasculi perianthium 'i-foliolaium; i'oliolis '.cqualibus acutis , vdvatis. Stamina /|, op[»osila, libéra bypogyna; filamentis brevibus erectis; antheris oblon^is; connec- tivo apiculato; loculis '2, introi'suin rimosis. Germen liberum ORGANISATION ET AFFINITÉS DU GENRE PTEROSTEMON. 2/i5 effœtum ; slylo iineari-compresso, longitudiiialiter sulcato. Flores fœminei IViiclusque ignoti. — Arbor excelsa; foliis alternis pclio- lalis longe cordatis, basi angustata 3-plinerviis, venosis coriaceis glabris; ncrvo primario apice, in(er lobos 2, in glandulam tcrmi- nalem prodnclo; floribus masculis parvis crebris in spicas ramosas ad axiilas foliornm rami siiperiorum disposilis; bracteis 1-floris. SUR L'ORGANISATION ET LES AFFINITÉS DU GENRE PTELIOSTEMON . Le Pterostemon mexicanus Schauer (in Linnœa^ XX, 736) a été placé par tous les auteurs qui l'ont étudié dans la famille des Rosacées. Telle fut l'opinion de Schauer lui-même; telle est celle de MM. Bentliam et J. Hooker,qui, sans méconnaître les ressem- blances de ce genre avec les Saxil'ragacées : nGemis anomalum, mullis nolis Philadelpliois Saxifragearum accedens» . concluent néanmoins {G en.. 615, n. âl) : « sed vere Ro^acea ob habitum. folia alterna stipulala, et semina exalbummosa». Pour nous, n'ayant pu examiner qu'une Heur imparfaite du Pterostemon, à l'époque de la publication des Rosacées, dans notre Histoire des plantes (I, /i00,ù73), nous avons adopté, mais avec doute, la ma- nière de voir de nos prédécesseurs. Aujourd'hui que nous avons vu l'échanhllon typed'Aschenborn, dansl'herbicr de Berlin, notre conviction est entière : le Pterostemon n'est pas une Rosacée. Nous avons pu le retrouver à Paris, parmi les collections de Galeolli (Exs. n. oMO, Zimapan, CorJill. Mexic, sept. I8/1O; ait. 5000 ped.), l'étudier en tleurs et en fruits, et constater qu'il présente tous les caractères des Saxifragacées, dont il a d'ailleurs le port et le feuillage. II est vrai que les feuilles alternes du Pterostemon sont accom- pagnées de deux stipules latérales ; mais ces stipules sont extrême- SjO organisation et AFFINITKS DU GF.NRE PTEUOSTEMON. ment petites, siihulées; leur loiigneui n'est giière(iiio d'une couple de millimètres. Or, certaines Saxifragacées ont de^ stipules hicn plus développées, sans que l'on songe à les écarter de la l'amiUe, Les Callicoma^ Codia, (^ieissois, Cunonia, TVeinmannia et une (juinzainc de genres voisins sont dans ce cas. Les Heurs sont extérieurement scnd)lal)lcs à celles des Jcuncsia. Leur réceptacle a la forme d'un cône creux, renversé. L'ovaire ne remplit que la moitié inférieure environ de sa concavité; il est donc surmonté d'une portion vide du réceptacle, tapissée en dedans d'une couche glanduleuse. C'est au-dessus de cette zone, sur les bords (\n réceptacle, que s'insèrent le périanthe et l'an- drocée, savoir : cinq sépales, cinq pétales et dix étamines. Les sépales sont allongés, triangulaires, aigus, chargés en dehors, comme le réce[)taclc, de poils glanduleux capités. Les pétales sont libres, ind)riqués ou tordus dans la prt'lloraison. Les étamines superposées aux pétales sont stériles; ce sont de longues lan- guettes, atténuées au sommet et plus ou moins recourbées dans le boulon. Les cinq étamines fertiles rappellent beaucoup, ainsi que d'autres parties de la (leur, ce qui s'observe dans les Deutzia. Le filet, aplati, élargi dans sa portion supérieure, y est partagé en trois dents; et c'est la médiane, la plus longue, qui s'attache au dos de l'anthère apiculéc, versatile, hilociilaire, introrse. L'ovaire est partagé en cinq loges pluriovulées; ces loges sont superposées aux pétales; et des dix côtes verticales, un peu saillantes, qu'on observe à la siu'facc extérieure du réceptacle, les cin(i plus mar- quées, qui se continucjit avec la nervure médiane des sépales, répondent, par conséquent, aux cloisons de séparation des loges. Le style est entier à sa base et creux. Dans l'espèce de tube qu'il forme, on aperçoit cinti côtes verli(;ales saillantes (pii font suite aux cloisons. Plus haut, la |)aroi du tube slylaire se t)artage en cinq languettes, à sommet tronqué et stigmatifère, longtemps rapprochées les unes des autres par Icuis bords, mais sans adhé- rence aucune. Les ovules, au nombre de quatre à six dans chaque loge, insérés dans l'angle interne sur deux séries verticales et SUR UN NOUVEAU PROCÉDÉ d'eXTRACTION DE l'aLEUROïNE. 2^7 ascendants, comme on l'a dit, sont anatropes. Le fruit est capsii- laire; il s'ouvre, par sa partie supérieure seulement, en un large orifice à cinq ou dix dents ou courts panneaux triangulaires. Par là s'échappent les graines dont l'organisation a été méconnue jusqu'à ce jour, et qui n'ont pas le moins du monde les caractères qui appartiennent à celles des Rosacées, Ces graines sont anatropes, irrégulièrement fusiformes, à surface partagée en facettes inégales ; brunâtres, rugueuses, irré- gulièrement réticulées, atténuées aux deux extrémités. Sous leurs téguments épais se trouvent un embryon à peu près axile et un albumen abondant. L'embryon est allongé et étroit, pourvu d'iuje assez longue tigelle cylindrique et d'une longue radicule conique. Les cotylédons sont ellipsoïdes, assez allongés, plan-convexes, étroitement appliqués l'un contre l'autre. L'albumen est assez résistant, blanc, charnu, presque corné vers sa péri()hérie. A ces caractères, il est tout à fait impossible de méconnaître luie plante du groupe des Saxifragacées, très-analogue à [jlusieurs genres de la série des Escalloniées. SUR UN NOUVEAU PROCÉDÉ D'EXTRACTION DE L'ALEURONE. Par W. E. ItIUSSAT (1). La substance vésiculaire connue sous le nom (Valeurone a été, depuis sa découverte par M. Harlig, l'objet d'observations assez nombreuses. Sans vouloir nous étendre ici sur son développe- ment et ses propriétés si diverses, nous nous occuperons seule- ment des moyens de l'isoler en quantité notable. Chacun sait qu'elle se rencontre surtout en abondance dans les graines, tantôt seule, tantôt^ accompagnée par la matière amylacée, et (1) Lu à la Société Linnéenne de Paris, dans la séance du 9 février 1870. "Ih^ SI n l'N NOUVIÎAU PROGÉOK d'eXTRVCTION DE l'aLELHONE. qu'elle paiait jouer dans la gcrmiualion un rôle encore mal connu. Sa solubilité, partielle au moins dans l'eau pure, dans les acides et les hases mêmes très-étendues, rend ces divers lirpiides impropres à son extraction. Comme elle n'est point modirn'c [)ar les corps gras, les auteurs ont indiqué les huih^s fixes comme étant les meilleurs véhicules à employer pour l'isoler. Le [)rocédé connu consiste à couper en tranches minces les graines ou les embryons riches en aleurone, à les laver sur une toile fine avec de l'huile, jusqu'à ce que celle-ci cesse de [>asser trouble, et [)uis à fdtrer l'huile qui contient les granules en suspension; enfin, à laver le dépôt avec de l'éther justprà ce qu'on ait enlevé toute la matière grasse. On obtient ainsi l'aleurone sous la torme d'une farine, colorée diversement suivant les plantes sur lesquelles on a opéré. Ce double lavage par l'huile et par l'éther ne laisse pas que d'être long et pénible, surtout f|uand on agit sur d'assez grandes quantités. Nous avons cherché s'il ne serait pas possible de sim- plifier le procédé. La substance qui nous occupe étant insoluble dans l'éther aussi bien que dans l'huile, on ne comprend pas bien à quoi sert le traitement par ce dernier liquide; un lavage direct des tissus par l'éther épargnerait, scmble-t-il, une grande perte de temps. Restait à voir si le produit obtenu serait semblable à celui fourni par le procédé ordinaire. L'expérience a justifié cette prévision. Nous avons, en effet, traité difterents tissus végétaux comparativement par les deux moyens, et, dans tous les cas, les granules obtenus se sont montrés identiques. Il convient, pour cette opération, d'enqiloyer de l'éther à peu près sec, l'éther du commerce ordinaire contenant toujours une certaine quantité d'eau, quantité (]ui peut devenir assez forte pour altérer les grains d'aleurone. Voici comment il convient d'opérer. On coupe ou l'on râpe le tissu aleurifère, et on l'agite vivement dans un flacon avec deux fois son volume d'éther; on décante rapide- ment le litpiide, et l'on renouvelle le lavage deux ou trois fois. On jette alors les liqueurs réunies sur une toile fine, qui retient les SUR UN NOUVEAU PKOCÉDÉ d'eXTRACTION DE l'aLEURONE. 2'l9 débris de cellules et laisse passer les vésicules aleuriennes. Il ne reste plus qu'à filtrer au papier et à laver le résidu avec de nouvel élher, pour le débarrasser delà matière grasse qui accom- pagne presque toujours l'aleurone, et qui avait été dissoute en mêuie temps que celle-ci était entraînée. On reconnaît que l'opé- ration est terminée à ce que quebjues gouttes d'éllier de lavage évaporées sur un morceau de verre bien propre n'y laissent aucun résidu. Ou abandonne alors le filtre et son contenu à l'air libre pour sécher le produit. Lorsque l'aleurone est accouipagnée par de l'amidon, comme dans l'Arachide, par exemple, il est impossible de séparer ces deux substances par le moyen que nous venons de décrire, puis- qu'elles sont également insolubles dans l'élher, et l'on obtient un mélange. Pour avoir l'aleurone pure, il est iudispensable d'agir sur des graines (|ui la renferment seule : les noix, les amandes, la graine de Ricin et la plupart des graines oléagineuses sont dans ce cas. MEMOIRE SUR LES OVULES DES PROTÉAGÉES (1) Dans les Proléacées, R. Browii a reirinrqiK', dès 1809, (jne toujours la région mieropylaire de l'ovule et, par suite, la radicule embryonnaire se dirigent vers la base de l'ovaire ou du IVuit, et que la constance de cette situation du inicropyle est d'autant plus remarquable, qu'en même temps Tombilic varie de place et n'af- fecte pas constamment les mômes rapports avec le micropyle ('2). En d'autres termes, l'anatropie de l'ovule et de la graine est plus ou moins prononcée; et l'orthotropie peut même exister, sans que le micropyle cesse d'être placé à la partie inférieure du fruit ou de l'ovaire (3). Plusieurs auteurs ont confirmé le fait pour un petit nombre de genres dans ces dernières années. {]omme on pourra peut-être tirer de l'ortbolropie ou de l'anatropie des ovules quel- ques caractères utiles pour la classification des Protéacées, il nous a paru indispensable de déterminer exactement, non [)as dans quel(pies-uns, mais dans tous les genres de cette i'amille, le nombre des ovules et la position de leiirs différentes parties; il sera facile ensuite de combiner entre eux ces deux caractères. Quant au nombre des ovules, il est en général constant dans (1) Lu à la Société Linnéenne de Paris, dan^ la séance du 13 avril 1S70. ('2) Liiidloy (l>r/. Ki)i(]d.,5'd2) reproduit, on l'adoplap.t ijleincnient.ccUe manière de voir quant à ce caractère : « And its constancy is more reniarkable, as it is not » accompanied by tlie usual position or even uniforniily in the siluation of tlie » extcrnal unibiiicus. » (3) La preuve que \\. Brown n'a rien ignoré de ce fait, c'est qu'il dit aussi dans son travail On thi' l'rutraccœ of Jussieu (iu Trans. Linn. Soc, X, 32) : « Wbile » llie radicula points constantly downward in llie wiiole of llie Order, the insertion )i of ihe ovulnni is at the top or side of the ccll of the ovariuni. » MÉMOIRE SUR LIÎS ON'ULRii DES PROTÉaCÉRS. 251 un genre donné. Nous ne connaissons que les deux genres Persoonia et Symp/iyonema (sur cinquante), dont les fleurs aient indifféremment des ovaires uniovulés ou biovulés, et cela sur un même pied, sur un même rameau. Dans tous les autres genres, il y a : ou un seul ovule, ou deux ovules, ou au moins quatre. De là quatre catégories à établir, comme on le verra dans les tableaux suivants. Pour les genres accompagnés d'un signe interrogatif, il y a incertitude : oii parce que le fruit seul est connu et qu'on n'a conclu au nombre des ovules (|ue de celui des graines; ou bien parce que la fleur femelle est inconnue et qu'on n'a jugé de son organisation que d'après celle des genres voisins , analogues sous les autres rapports. I GENRES DE PROTÉAGEES DONT L OVAIRE EST QO-OVULÉ [Il OVULES OU au-dessus). 1. Embotbrium. 2. Oreocallis. 3. Lomatia. [\. Telopea. 5. Stenocarpus. 6. Knigbfia. 7. Cardwellia. 8. Darlingia. 9. Buckingbamia. H genres dont l'ovaire est constamment Qo-ovulé. 1. Grevillea, 2. Hakea. 3? Molloya. 4? S (rangea. 5. Orites. 6. Lambertia. 7. Roupala. 8. Andripotalum. 9. Xylomeium. 10? Carnarvonia, 11. Guevina, 12. Kermadecia. 13. Adenostephanus. ik. Helicia. 15. Bellendena. 16. Banksia. 17. Drvandra. 18. Hemiclidia. #! 252 MKMOIRK m GENRES DONT l'oVAIRE RENFERME 1 OU 2 OVULES. 1. Persuoilia. 1 2. SyinphyoDcina. JV GENRES DONT l'oVAIRE EST CONSTAMMENT 1 -OVULÉ. 1. Protea. 2. LoLicospermum. 3. Mimetes. !l. Aulax. 5? Dilobeia. 0. L'MJcadcndron. 7. Nivenia. 8. Soroeephalus. 9. Serriiria. 10. ?'aiirea. 11. Brabcjum. 12. Cenarrbenes. 13. Agastadiys. 1/i. Sliiiiiigia. 15. Synapliea. IG. Conospermum. 17. Jsopogon. 18. Pelrophila. 19. Spalalla. 20. Adenanlhos. 21. Franklandia. Si nous examinons maintenant ces cinquante genres, au point de vue de l'orlhotropie ou de l'anatropie des ovules, nous pour- rons dresser les deux tableaux suivants : GENRES DONT LES OVULES SONT ANATROPES ET ASCENDANTS. 1. Embolbrium. 2. Oreocallis. 3. Lomatia. h. Telopea. 5. Stenocarpus. (). Knigblia. 7. Cardwellia, 8. Darlingia. 9. Buckingbamia 10. Grevillea. 11. Ilakea. 12? IMolloya. 13? Slrangea. 14, Oriles, SUR LES OVULES 15? Carnarvonia. 16. Xylomeliim. 17. Helicia. 18. Banksia. 19. Dryandra. 20. Hemiclidia. 21. Siirlingia. 22. Protea. 23. Leucosperinum, 2/i. Mimetes. DES PROTÉACÉES. 25. Aiilax. 26? Dilobeia.. 27. Leucadendron. 28. Nivenia. 29. Sorocephalus. oO. Serruria. 31. Isopogoii. 32. Petrophila. 33. Spalalla. 3/i. Adenanlhos. 253 VI GENRES DONT LES OVULES SONT ORTHOTROPES ET DESCENDANTS. 1. Koupala. 9. Persoonia. 2. Andripetalum. 10. Symphyonema 3. Giievina. 11. Faurea. II. Adenoslephanus. 12. Brabejum. 5. Kermadecia. 13. Bellendena. 6. Lambertia. U. Cenarrhenes. 7. Synaphea. 15, Agasfachys. 8. Conospermum. 16. Franklandia. II convient de remarquer, avant d'aller plus loin, que la difFé- rence entre la direction ascendante et la direction descendante, entre l'anatropie et l'orthotropie des ovules, n'est pas toujours aussi nettement tranchée qu'on peut l'établir dans des tableaux semblables à ceux que nous venons de reproduire. Il y a ici, comme toujours, des dispositions intermédiaires, des faits de pas- sage dont il faut tenir compte. Il y a, par exemple, des genres à ovules descendants, mais non strictement orthotropes; on le peut observer dans les Jndripelalum^ les BelleMclena, les Faurea, cer- tains Lambertia et Synaphea. Le point d'insertion de l'ovule n'est pas placé sur le grand axe môme de l'ovule, celui qui passe par le 25/l MÉMOIUE micropyle, mais bien un peu en dehors. C'esl-à-dire que, du côté de sa chahize, l'ovule n'est pas complètement symélri(pic. Son l('r, et de celles du second : •< antherœ extrorsum unilocu- lares, transverse déhiscentes » . La différence n'existe que dans les mots. Nous avons étudié de près les anthères du Jateorhiza Columba Miers ; elles sont pareilles à celles du Cocculus caro- linus ; elles ont deux loges basifixes, et chacune des loges est divisée en deux demi-loges par une cloison incomplète. La déhiscence se fait par le haut, et les loges sont simplement confluentes par le sommet, comme celles des vrais Chasmanthera ; elles sont seule- ment un peu plus courtes et un peu plus largement ouvertes. Les Tinospora ont des loges d'anthères pins latérales que celles des Chasmanthera, et légèrement introrses ; mais ce caractère ne peut guère servir qu'à distinguer dans ce genre une section. IV Conclusion. — Les Tinospora, les Jateorhiza (soit ceux à éta- minesmonadelphes, soit ceux de la section Colombo) et les Chas- manthera ne sauraient appartenir à des genres distincts. Nous les réunirons sous un nom générique commun. Celui de Chasman- thera date de i^klx. Ceux de Jateorhiza et de Tinospora n'ont été publiés que dans le Niger Flora et dans les Annals of Natural History (ser. 2, VI, 38) en 18/i9 et 1851. C'est donc le nom de Chasmanthera auquel nous devons donner la préférence : et la série à laquelle se rapportent ces plantes sera, non celle des Tinosposées, mais bien celle des Chasmanthérées. ORGANOGÉNIE FLORALE DES CASSYTHA. L'étude organogénique des Cassytha était intéressante à faire, en ce sens qu'on pouvait espérer qu'elle servirait à élucider plu- sieurs questions relatives au développement et à l'organisation des 308 ORGANOGÉNIE FLORALE DES CASSYTHA. Lniiracées. Les Cassytha sont, en effet, ninlgré leur port parti- culier et leur singulier mode de végétation, tellement analogues })ar les llcurs et les fruits aux Lauracées proprement dites, qu'elles sont, par ces parties, à [)cu près inséparables des Cryplocaryées. Si ce fait est démontré, il faudra admettre qu'on ne saurait dis- tinguer une famille particulière des Cassythacées, comme l'ont voulu plusieurs auteurs. M. Dclacour aura donc rendu un grand service à la science, en nous envoyant de la Nouvelle-Calédonie (juelques inflorescences de Cassytha, conservées dans l'alcool, et dont nous avons pu étudier tous les développements. L'inflorescence du (7a.s'.sî/f/zrt (jue nous avons étudiées! un épi. Son axe se renfle un peu çà et là en coussinets alternes, au niveau desquels s'insère une bractée. C'est dans son aisselle que va se développer une fleur sessile, et elle est accompagnée de deux bractéolcs stériles, latérales au début, mais qui se déplacent plus tard pour se porter un peu vers le côlé postérieur de la fleur. Elles ont l'air alors de constituer avec la bractée mère un petit involucre de trois bractées semblables entre elles, semblables aussi aux sépales. Le réceptacle floral a d'abord la forme d'un petit dôme dont le sommet se déprime légèrement. Bien au-dessous de cette dépres- sion, le calice se montre sous forme de trois mamelons, dont un postérieur et deux antérieurs; iJs aj)paraissent successivement et sont imbriqués dans le bouton. Après quoi, le réceptacle s'élève iiu peu, en même temps que son sommet se déprime beaucoup l»lus et présente une fossette qui devient de plus en plus profonde. I.e périantbe intérieur est représenté par trois folioles équidis- tantes, (]ui se monlivut simultanément à une certaine distance du calice cl dans rintervallc des sépales. Tandis que ces derniers deviennent des folioles courtes, arrondies et amincies sur les bords, les pétales deviennent rapidement des lames épaisses, à bords coupés droit, et d'un tissu beaucoup plus cbarnu. Ils gran- dissent tous également à la Ibis et se dis|)osent en préfloraison \aivaire. Peu après leur naissance, les trois premières étamines ORGANOGÉNIE FLORALE DES CASSYTHA. 309 se montrent sur la partie supérieure de la paroi interne de l'espèce de coupe que représente alors le réceptacle. Puis neuf autres mamelons staminaux, hémisphériques, paraissent trois |)ar trois, de haut en bas, et d'une façon alternative, de façon que ces quatre verticilles trimères recouvrent alors presque toute la surface interne du réceptacle. Pendant longtemps ces douze étamines sont semblables entre elles, à peu près globuleuses; puis elles s'apla- tissent et s'élargissent dans leur portion inférieure, celle qui répond au fd et ; et celui-ci, quoique membraneux dans toutes les étamines, ne présente pas dans toutes la même largeur et la même forme : nous verrons bientôt la cause de ces différences. Les trois étamines intérieures demeurant stériles, leur sommet s'atténue et ne porte pas d'anthère. Dans les neuf antres étami- Jics, il s'élargit et s'aplatit; et des loges d'anthères, au nombre de deux, se dessinent bientôt sur une de leurs faces, l'intérieure pour les six étamines extérieures, l'extérieui'e pour celles du troisième verticille. Ces dernières présentent en même temps cette particularité que dans leur jeune âge elles ont tout à fait l'air de petites feuilles trifoliolées, et leurs lobes latéraux représentent ces glandes basilaires que portent plus tard les filets staminaux et qui se retrouvent dans toutes les Lauracées proprement dites. Or, lorsque les filets des six étamines extérieures s'élargissent en lames pétaloïdes, ces glandes latérales sont déjà assez développées pour venir faire saillie dans l'intervalle de ces filets ; les bords de ceux-ci ne peuvent pas s'élargir également dans toute la hauteur de leurs bords. Là où rien ne s'oppose à leur évolution, ils pren- nent toute la largeur possible, tandis que là où sont les glandes ils ne peuvent grandir dans un espace déjà occupé, et Us présentent à ce niveau, de chaque côté, une grande échancrure en forme de croissant. Ce n'est pas la feuille carpellaire, unique ici comme dans toutes les Lauracées, qui se montre la première dans le développement du gynécée. Son apparition est précédée par celle d'un petit mamelon plein, saillant du lônd du réceptacle; et c'est sur l'un Ô10 ORGANOGÉMK FLOItALK DKS CASSÏTHA. des côtes (le celte saillie qu'apparaît comme un croissant la feuille car|)ellaire dont la convexité regarde en arrière, sa concavité ré- pondant au côtd antérieur de la fleur. Jl en résulte que lorsque cette feuille se sera élevée pour former la paroi ovarienne, ses deux bords répondant au côté placentaire de l'ovaire regarderont l'intervalle des deux sépales antérieurs. Là se trouve interposée aux deux bords carpellaires une saillie placentaire qui ne nous paraît pas pouvoir être attribuée à autre chose qu'à l'axe floral. Au-dessus de son sommet obtus, les bords de la feuille laissent entre eux un sillon vertical qui se termine en bas par une sorte de cul-de-sac. C'est au-dessous de cette portion de l'ovaire que le placenta porte intérieurement l'ovule. Celui-ci est d'abord un ma- melon dont le grand axe est horizontal ; après quoi, il s'allonge, descend et se recouvre successivement de deux enveloppes. Défi- nitivement son micropyle se trouve en haut et en avant, sous le point d'attache et du côté du placenta, tandis que le raphé est dorsal et postérieur. Par ce qui précède, on voit que la fleur du Cassytha, et notam- ment son réceptacle, se comportent tout à fait comme dans les Cryptocarija. Mais ici le réceptacle devient bien plus épais, charnu et bacciforme. Nous n'avons pu étudier tous les développements de la graine ; mais le fait qui nous a le plus frappé, c'est que l'embryon, très-épais à sa maturité et remplissant alors toute la cavité de la graine, est relativement beaiicou|) plus mince vers le milieu de la maturation, et qu'alors il y a autour de lui un albumen charnu considérable qui, comme celui des Amandiers, est résorbé par la suite. L'étude organogénique du Cassytha, inséparable des autres Lauracées, sert donc à démontrer la nature du placenta dans ces plantes, et à prouver, bien plus clairement que celle des Lauracées ordinaires, que le périanthe intérieur est une corolle, comme l'avait déjà indi(jné Adanson, et contrairement à ce qu'admettent la plupart des auteurs; ojtinion qui se comprend très-bien dans des plantes où les folioles des deux vcrticilles du périanthe ont le SUR LES AFFINITÉS DES ERYTHROSPERMUM. oli plus souvent des caractères extérieurs identiques, mais qui cesse d'être admissible dans les Cassytha. SUR LES AFFINITÉS DES ERYTHROSPERMUM. 11 n'y a pas de doute sur la place à accorder dans la série végé- tale au remarquable genre que M. J. Hooker a nommé Berberi- dopsis. C'est, comme le dit très-bien ce savant, une Berbéridacée à carpelles unis dans leur portion inférieure en un ovaire uni- loculaire à placentas pariétaux. En traitant des Dilléniacées, j'ai cru pouvoir avancer que plu- sieurs de ces plantes, dont les ovaires sont distincts, ont leurs ana- logues parmi les familles à ovaire uniloculaire pourvu de plusieurs placentas pariétaux, telles que certaines Bixacées, par exemple. Ce fait doit d'autant moins surprendre, que nous trouvons, parmi des types nombreux polycarpiques, des genres à placentas pariétaux : parmi les Anonacées, les Monodora ; parmi les Magnoliacées, les Canella ; à côté des Saxifragacées à carpelles indépendants, celles qui ont un seul ovaire uniloculaire, etc. Le Berberidopsis est donc aux Lardizabalées ce que le Monodora est aux Anonacées polycar- piques, et ainsi de suite. Je pense qu'un autre genre, souvent rapporté aux Bixacées, est tout à fait dans le même cas, et ses affinités avec le Berberidopsis me paraissent des plus étroites. Je veux parler des Erythrospermum^ que plusieurs auteurs ont rap- prochés des Magnoliacées, etc., à cause de leurs fleurs trimères, et qui , par leurs fleurs, ne présentent avec le Berberidopsis que des différences tout à fait insignifiantes. Quant aux organes de végétation, il est fort peu important que les Erythrospermiim aient parfois des feuilles verticillées ou à peu près opposées ; car dans la plupart des espèces, elles sont alternes. Elles sont d'ailleurs dépourvues de stipules, comme celles du Berberidopsis, Dans ce dernier, le périanlhe est formé d'un 312 SUR LES AFFINITÉS DES ERYTHIiOSPERJlUM. nombre variable de folioles imbri(jiiées, inégales, d'autant plus grandes, plus membraneuses, plus [lélaloïdes, (ju'elles sont plus intérieures. Mais on ne saurait, parmi les lolioles, au nombi-e de huit à quinze, distinguer ce qui appartient à un calice et à une corolle. Il en est tout à fait de môme des six à dix folioles que présente le périantlie des Erythrospermum ; après les trois exté- rieures, plus courtes que les autres, un [)eu plus épaisses, et qu'on a souvent décrites comme des sépales, il y en a de plus grandes et de plus minces, mais on ne saurait nettement établir une ligne de démarcation entre des sépales et des pétales. L'androcée des Erythrospermum est formé d'un nombre de pièces un peu variable ; on en compte de cinq à huit, formées chacune d'un filet court et d'une anthère biloculaire, à déhiscence latérale, dont les loges sont portées sur les bords d'un conncclif aplati et sagitté. Les étamines du Uerberidopsis ont une forme bien différente : leur filet est encore plus épais et plus court ; leur andière allongée, basifixe, à deux loges introrses. En dehors de ces étamines, il y a un épaississement circulaire irrégulier, une sorte de disque qui ne s'observe pas dans la fieur des Érylhro- spermes. Le gynécée est tout à fait le même dans les deux genres ; il se compose d'un ovaire conique, uniloculaire. atténué supérieure- ment en un stylo court. Celui-ci a, dans les Enjlhrospermfim, un sommet, ou à peu près entier, ou partagé en trois petits lobes sligmatilères alternes avec les placcnlas. De même, dans le Ber- beridopsis^ il y a trois pefites zones stigmatifères vers le sommet du style épais et cylindrique. Les placentas pariétaux, souvent en même nombre dans les deux genres, ne portent pas, suivant tous les auteurs, le même nombre d'ovules , et ceux-ci passent aussi pour différer dans les deux types. Mais nous n'avons pu observer les dissemblances invoquées. Les ovules sont anatropes et nom- breux sur chaque placenta dans les Érythrospermes; il n'y a [)as à cet égard de dissidences (r(^pinion parmi les observateurs. Mais on assure que les placentas d.i Berberidopsis ne supportent chacun SUR UNE MÉNISPERMACÉE A CARPELLES NOMBREUX. 313 que deux ou quatre ovules à peu près orthotropes. Ce n'est pas là ce que nous avons vu. Les placentas du Berberidopsis corallina que nous avons étudiés portaient chacun jusqu'à douze à quatorze ovules, lesquels étaient parfaitement anatropes, pourvus d'un double tégument. Les uns étaient à peu près horizontaux, lesaulres plus ou moins ascendants; et ceux qui occupaient l'un des bords du placenta regardaient par leur raphé ceux qui s'inséraient vers l'autre bord. Le fruit du Berberidopsis est inconnu, de sorte que nous ne pouvons pousser plus loin la comparaison entre les deux genres. Dans tous les deux, l'inflorescence est une grappe termi- nale, plus ou moins modifiée quant aux détails de la forme générale et quant à la longueur des pédicelles. Jusqu'ici les deux genres Berberidopsis et Erythrospermum nous paraissent donc inséparables. Ils constituent j)ar leur réunion un petit groupe naturel qu'on pourrait placer parmi les Bixacées sans doute; mais les affinités éi\ Berberidopsis avec les Berberis prouvent qu'on peut aussi en faire une série distincte de la famille des Berbéridacées, sous le nom d'Érythrospermées. SUR UNE MÉNISPERMACÉE A CARPELLES NOMBREUX (1). Parmi les plantes récoltées par Boivin aux îles Comores, j'ai observé un type curieux qui ne saurait être rapporté qu'aux Méni- spermacées, à en juger par ses tiges sarmenteuses, le port de ses rameaux feuilles et la nervation même de ses feuilles. Toutefois ce n'est pas dans celte famille, mais bien dans celle des Anona- cées ou des Dilléniacées qu'on irait sans doute chercher sa |)lace, si l'on n'avait sous les yeux que son gynécée ou son fruit, formé d'un grand nombre (jusqu'à trente ou quarante) de carpelles rapprochés en tête sur un réceptacle commun, et simulant encore (1) Lu à la Société Lirménne de Paris le 13 avril 1870. Sn SUR UNE MÉMSPERM.VCÉE A CAHPELLES NOMBREUX. par leur réunion lo fruit non mùr d'un Rubus ou de certaines Renoncules et Anémones. Il est malheureux que cette plante se trouve dans un état fort imparfait, comme il arrive souvent dans les collections pour celles de la même famille, et que ni la fleur mâle, ni même le périanthe complet, n'aient pu être jusqu'ici examinés. Quant au périanthe, il n'est représenté à la base des jeunes fruits que par quelques folioles, les unes plus courtes et pubescenles, les autres plus grandes, glabres, concaves en dedans vers la base, et qui représentent, ou des pélales, ou plus' probablement des sépales inlérieurs plus grands que les autres. Mais ces parties ne persistent qu'incomplètement à la base du jeune fruit et n'ont pu être étudiées par nous que brisées ou détruites en partie. Les éta- mines, stériles dans les fleurs femelles, ont pu être observées avec plus d'exactitude : ce sont de longues baguettes au sommet des- quelles se dessinent deux loges linéaires, verticales, vides de pollen. Les carpelles sont beaucoup plus faciles à observer; ils sont au nombre d'une trentaine ou d'une quarantaine, rapprochés en tête sur un réceptacle globuleux, composés chacun d'un ovaire sessile que termine un style linéaire-subulé, aussi long au moins que l'ovaire lui-même. Dans l'angle interne de celui-ci, il y a un placenta saillant et atténué en dehors comme un funicule. C'est sur le sommet de cet organe rentrant que s'insère un ovule arqué, en fer à cheval, dont le hile occupe la concavité, à peu près vers le milieu du bord interne, et dont le micropyle supérieur et exté- rieur est longuement atténué en bec. Cette {liante singulière n'offre d'afhnités, parmi toutes les Ménispermacées connues, qu'avec le genre Tiliacora. Mais nous verrons tout à l'heure que la structure de la graine l'en éloigne complètement ; car son embryon n'est pas, comme celui des Tiliacora, accompagné d'un albumen. Je n'y puis voir (ju'un genre du groupe des Pachygonées, tout à fait nouveau et inconnu; et je propose de lui donner le nom de notre confrère et ami, M. E. Ramey, ([uï s'est fait connaître par plusieurs travaux impor- Sljll LM': MÉiM^PERMACÉE A CARPELLES NOMBREUX, 315 tants de botanique ai)pliqiiée. L'espèce dont je viens d'indiquer les principaux caractères s'appellera Rameija capitata. Elle a été recueillie en novemjjre 1850, par Boivin (n. 3286), à Mayotte, l'une des Comores, « sur les bords du ruisseau de Moussa-péré, au-dessous de la cascade ». C'est une liane à rameaux sarmenteux et grêles, chargés de feuilles alternes, péliolées, distantes. Celles-ci sont ovales, cordées à la base, terminées par un court acumen; presque coriaces, très-entières, penninerves, quintuplinerves à la base, avec un riche réseau de nervures bien visible sur les deux faces. Elles sont glabres, de même que presque toute la plante, sauf l'extrémité des jeunes rameaux, la face inférieure des ner- vures et les jeunes fruits, couverts d'un duvet brunâtre, ainsi que les pédoncules lloraux. Ceux-ci naissent latéralement sur le bois des branches âgées; ils sont solitaires, ou géminés, ou fascicules, et se ramifient en deux ou trois pédicelles qui paraissent former une fausse grappe. Celte espèce a aussi été récoltée par Boivin à Anjouan. Ses fruits mûrs nous sont inconnus. Mois nous en avons observé d'autres, en parfaite maturité, dans une espèce très-voisine, trouvée par Boivin (n. 2112^) à Nossi-bé, dans la forêt de Loucoubé, en février iSh9. Les Heurs de cette plante n'existant pas dans nos collections, nous ne la rapportons qu'avec quelque doute au même genre, sous le nom de E , ? loucouhensis . Pervillé l'a aussi ren- contrée au nord-ouest de Madagascar. Elle diffère de la précédente en ce que ses feuilles sont plus glabres encore et bien plus allongées, un peu rétrécies vers leur sommet acuminé. Le réseau des nervures est encore plus riche et plus fin ; mais les nervures secondaires, au nombre de trois ou cinq, qui sont vers la base de la nervure principale et qui rendent le limbe subtripli- ou sub- quintuplinerve à la base, sont égales en grosseur ou plus fines que les nervures secondaires, insérées plus haut, et se distinguent bien moins d'elles que dans le l\. capitata. Les inflorescences sont aussi insérées sur le vieux bois, et les fruits pédoncules, couverts dans toutes leurs parties d'un fin duvet brunâtre, sont réunis en 3t6 SUR UNI-: MÉNISPEUMACÉE A CARPELLES NOMBREUX. une sorte d'ombollo sur le sommet, dilaté en plateau, du pédoncule commun. Ce sont des drupes, au nombre d'une trentaine au plus, supportées chacune par un pied grêle, long de quelques milli- mètres, et inégalement ubovales, comprimées, hippocrépiformes. La cicatrice stylaire est située au niveau d'une petite saillie angu- leuse, placée vers le milieu du bord interne de la drupe. Le mésocarpe est peu épais, et le noyau présente en dedans, un peu au-dessus de la base, une rentrée ligneuse, obliquement ascen- dante. Sur cette sorte de lausse-cloison, la graine se réfléchit par son milieu, comme celle des Ilyperbœna^ des Chondoden- dron, etc. Sous ses téguments minces, elle renferme un gros embryon cliarnu, dépourvu d'albumen, et qui, conforme à la graine, se replie en deux moitiés sur lui-même. Les caractères que présente cet embryon sont des plus inattendus dans cette famille, mais ils n'existent pas que dans le genre dont nous nous occupons; nous les avons constatés dans l'embryon, très-di fièrent d'ailleurs, d'une espèce du genre Triclisia. L'organisation des graines est mal connue dans le genre Triclisia. On sait seulement que dans une espèce du genre, le T. subcordata Oliv. (F/, trop. Afr., J, /i9), la cicatrice du style est presque terminale, cl M. Bentbam a fait voir que le noyau n'y est ni cloisonné, ni pourvu d'une rentrée ligneuse; on n'y trouve qu'une légère saillie, voisine du bile de la graine. La graine est remplie par un embryon semicylindrique, que x>L Bentbam décrit comme ayant des cotylédons presque conferruminés. La structure de l'embrvon du T. subcordata est bien différente. Charnu et rectiligne, ou peu arqué, cet embryon est presque unlipiement formé d'une seule masse charnue ovoïde-cylindrique. Tout près du sommet de cette masse, on observe deux petits mamelons inégaux, pressés l'un contre l'autre; ils représentent, l'un la gemmule, et l'autre l'un des cotylédons arrêté dans son déYclo[)pement, tandis que la grande masse charnue dont nous avons parlé d'abord est l'autre cotylédon qui forme à lui seul la masse presque totale de l'embrvon. SUR UNE MÉNISPERMACÉE A CARPELLES NOMRREUX. '6il L'organisation fondamentale de l'embryon est la même dans le Rameya loucoubensis^ avec cette différence que l'unique cotylédon développé se replie sur lui-même de manière à ramener son sommet organique tout près du cotylédon avorté, et que ses deux moitiés seraient exactement appliquées l'une contre l'autre si la cloison ligneuse émanée du noyau ne leur était interposée. Voilà un caractère qui servirait à séparer nettement les Rameya des Tridisia, si l'on trouvait un jour des analogies plus ou moins pro- noncées dans l'organisalion de la fleur mâle des deux genres. Il est probable, en tout cas, que dans une classification fondée sur l'organisation du fruit et de la graine, ils doivent être placés tous les deux dans une même série (1). EXPLICATION DES FIGURES. Planche XI. FiG. 1 . Rameau florifère femelle du Rameya capitula (^ de la grandeur natu- relle). FiG. 2. Tridisia subcordata Oliv. Embryon (f). (1) 11 ne me paraît pas impossible que VHypserpa fiinifera Miers (iu Ann. nat. Hist., ser. 3, XIV, 36Zi), qui est le Tiliacora ? fanifera Oliv. {Flor. trop. Afr., T, hh), soit coni,'énère des Rameija. J'ai trouvé, parmi les plantes de Madagascar de Dupelit-Thouars et de Chapelier, une intéressante Ménispermacée que je crois le type d'un genre nouveau, et que je désignerai provisoirement sous le nom de Tripodandra Thouarsiana. On n'en connaît malheureusement que les fleurs mâles. Celles-ci sont petites et nom- breuses, réunies en grappes axillaires ramifiées. Elles ont six sépales et six pétales plus petits, irréguiiers. L'androcée est formé de trois étamines (ou exceptionnelle- ment d'un plus grand nombre). Elles forment une colonne grêle, centrale, qui, dans sa partie supérieure, se partage en trois branches égales, récurvées. Chacune de ces branches porte une anthère quadriiohée. Deux lobes globuleux sont insérés à droite, et deux autres à gauche du sommet de la branche, qui, à ce niveau, se termine par un connectif linéaire et brunâtre. Cependant il n'y a que deux loges, déhiscentes chacune par une fente longitudinale. Lors de l'anthèse, les loges re- gardent on bas et en dehors. La plante, sarmenteuse, chargée de feuilles ellipti- ques-ovales, penninerves, réticulées, sub-3-5-nerves à la base, est recouverte dans toutes ses parties d'un duvet fauve-ferrugineux plus ou moins abondant ; les jeunes rameaux, les pétioles et la face intérieure des nervures en sont tout hérissés. SUR LÀ DISSÉMINATION DES NOYAUX DU DORSTENIA CONTLIAYERVA (1). Il y a des fruits qui portent à leur surlace des organes de dis- sémination. D'autres chassent au loin les graines qu'ils contien- nent; ou bien les semences devenues libres possèdent elles-mêmes un appareil qui les porte à une distance variable du pied mère. Dans le Dorslenia Contrayerva, c'est le fruit qui sème lui-même et dissémine ses noyaux. Ceux-ci sont, à la maturité, projetés par le mésocarpe dont ils se séparent. Il n'est donc pas inutile, pour comprendre ce qui se passe dans cette plante, de connaître l'orga- nisation du péricarpe. Dans le groupe naturel auquel appartiennent les Dorstenia, c'est-à-dire celui des Figuiers^ des Mûriers, des Mûriers <à papier, etc., le fruit n'est pas, comme on l'a souvent admis, un achainc, mais bien une drupe, à couche charnue plus ou moins épaisse. On a longtemps cru que, dans les Mûres, la portion charnue n'est que « le calice épaissi, dont les sépales se sont soudés entre eux » . Il n'en est rien ; il n'y a pas de soudure dans le calice, et celui-ci n'est pas le seul organe qui devienne succulent; mais le fruit drupacé présente aussi une couche charnue et comes- tible. Dans les Figues encore, c'est une opinion généralement répandue, que le fruit est sec et que la portion comestible est le réceptacle commun de l'inflorescence. A vrai dire, il y a beaucoup de Figues fraîches, dont le réceptacle, mince, fade, doué d'une odeur et d'une saveur assez désagréables, ne saurait être mangé et qu'au contraire on écarte avec soin. Mais, outre les périanthes et les [lédicclles lloraux devenus cliarnus, la portion qu'on mange dans la Figue, et qui est sucrée et pulpeuse, c'est le mésocarpe d'un grand nombre de petites drupes qu'elle renferme. Parmi les (1) Lu à la Société Linnéenne de Paris le 11 mai 1870, et à l'Académie des sciences le 11 avril 1870 {Comptes rendus, LXX, 799). StIR LA DISSÉMlNATIOxN DES NOYAUX DU DORSTENIA CONTRAVERVA. 3l9 Artocarpées vulgaires, il n'y en a pas une seule dont le fruit ne soit réellement une drupe. Telle est aussi la conslitulion du péricarpe dans les Dorstenia. Mais ici, comme dans les Broussonnetia, le noyau qui enveloppe la graine n'est pas entouré d'une couche charnue également épaisse dans toute sa périphérie. Sur les deux faces aplaties du noyau, le mésocarpe demeure très-mince et translucide, tandis qu'il se déve- loppe beaucoup plus vers la base et vers les deux bords du fruit. Là les cellules du parenchyme prennent graduellement des carac- tères particuliers. A mesure que leur teinte laiteuse devient plus opaque, leur paroi acquiert une grande élasticité ; un fragment isolé de ce tissu se déforme rapidement ; taillé en lanière étroite, il s'enroule brusquement comme un ressort. Si l'on détruit, lors de la maturité, la continuité entre les bords de la portion mince du mésocarpe et ceux des épaississements m.arginaux, on voit l'espèce de pince formée par ceux-ci rapprocher ses deux bran- ches l'une de l'autre, et elles arriveraient au contact si le noyau ne leur était interposé. Enfin, des déchirures se produisent aux points d'union des deux portions mince et épaisse. Dégagé alors sur ses faces, le noyau est énergiquement pressé par les deux branches du forceps; elles le font brusquement glisser (comme s'échappe le noyau d'un fruit d'entre les doigts humides qui le compriment). En se livrant, sur un pied de Dorstenia cWàvgé de fruits mûrs, à des observations patientes, comparables à celles de C. Sprengel sur la fécondation des fleurs, on peut saisir la nature sur le fait. On peut même provoquer, par de légères tractions sur le réceptacle, la déchirure de la portion membraneuse du fruit ; et l'on voit le noyau lancé de la sorte à une grande distance, décri- vant une courbe qui peut atteindre 3 et /i mètres de longueur eplus d'un mètre de hauteur. Après une seule floraison, un humble pied de Dorstenia Contrayerva a pu de la sorte couvrir de sa postérité une surface de terrain d'une vingtaine de mètres carrés. ETUDES SDR L'ANAÏOMIE, LA PHYSIOLOGIE ET LE DÉVELOPPEMENT DES TIGES ET DES RACINES (Continué du vol. I, page 305.) IV LiîONTicE. — On comprendra bientôt comment certaines Berbé- ridacées sont étudiées ici immédiatement à la suile de l'Asperge. Il y a déjà longtemps que R. Brown a lait remarquer que la tige des Podophyllées, c'est-à-dire des Podoplnjlluni et des Je/fcrson/a, était tout à fait analogue comme structure à celle des Monocoty- lédones. M. J. G. Agardh a pleinement confirmé cette manière de voir. Il est facile de vérilier le fait sur cette sorte de hampe, ordinairement bifoliée, qui se termine par une fleur dans le P. peltatum. Sur une coupe transversale, la gangue celluleuse du fond apparaît pointillée çà et là de taches d'une teinte différente: ce sont des sections transversales de faisceaux fibro-vasculaires, alternativement disposés, d'autant plus jeunes et plus étroils qu'ils sont plus rapprochés de la péripliérie, et devenant rares à mesure qu'on se rapproche du centre de la branche; de façon qu'il y a là quelque chose de comparable à ce qu'on a appelé la moelle dans bien des Monocotylédones. Si l'on étudie la composition intime de chacun des faisceaux, on voit bien (ju'elle est au fond tout à fait celle que nous venons de reconnaître dans l'Asperge : une por- tion corticale, fibreuse, séparée par une zone cambiale de la |)or- tion interne ou ligneuse, formée de fd^res et de vaisseaux, entre autres d'un petit nombre de trachées. On sait d'ailleurs qu'il y a ÉTUDES SUR l'aNATOMIE, ETC., DES TIGES ET DES RACINES. 351 beaucoup de Dicotylédones annuelles dont les tiges sont essentiel- lement dans le même cas, et (ju'il peut être alors fort difficile de les distinguer nettement de celles des Monocotylédones. Dans les Podophyllum peUatmn et heœandrum , il y a un autre caractère anatomique (]ui achève la ressemblance avec les Asper- ges. En dedans de l'épiderme et d'une première couche de paren- chyme immédiatement située en dedans de l'épiderme, on re- marque, sur la section transversale, un cercle d'éléments à paroi épaisse et résistante, qui présente la plus grande analogie avec celle des Asparagus, et qui rappelle en même temps cette Kerîi- schiede dont les auteurs allemands ont tant étudié la structure et les modifications dans certaines tiges ou racines d'autres Monoco- tylédones, assez voisines des Asperges, notamment dans les Salse- pareilles. On peut dire, il est vrai, qu'eu égard à la présence de cette zone particulière, \e& Aspa7'agus et les Smilax sont des exceptions. Mais, en premier lieu, ces prétendues exceptions sont, on peut l'affirmer, très-fréquentes dans les iMonocotylédones des familles analogues aux Liliacées; et, en second lieu, les Leonlice^ que nous voulons maintenant comparer aux Podophyllées, ne pré- sentent plus cette disposition, qu'on pourrait considérer comme exceptionnelle ; et il en résulte qu'ils sont encore bien plus ana- logues histologiquement aux Monocotylédones, Dans les jeunes hampes qui sortent du tubercule du Leontice Leontopetalum, et qui se termineront par une inflorescence, il y a d'abord un parenchyme homogène, puis un épidémie; après quoi, dans la masse, se dessinent quelques faisceaux fibro-vascu- laires linéaires. A mesure que l'axe s'allonge, et porte un plus grand nombre de feuilles ou d'écaillcs, le nombre des faisceaux s'accroît de dedans en dehors. Sur une coupe transversale, on aperçoit donc un semis de taches inégales, comme dans les Podo- phyllum. Dans chaque tache, il y a de même une zone fibreuse extérieure, c'est-à-dire corticale, une lunule répontlant à une por- tion de zone génératrice, puis des vaisseaux et des fibres du bois ; CCS dernières iinalement si dures et si opiujues, que leur section IX. (Décembre 1870.) 21 322 ÉTUDES SUR l'aNATOMIE, ETC., DES TIGES ET DES RACINES. forme de petils points d'un blanc tout à fait mat. Tout à fait en dedans des faisceaux, il y a une zone centrale purement celluleuse; et celle-ci ne suit pas loujouis le dévelop[)emcnt rapide des autres portions, si bien qu'elle présente souvent des solutions de conti- nuité ; la lige tend à devenir fisluleuse, comme celle de tant d'autres plantes. Jusqu'ici rien de bien particulier; mais en dehors des ftiisceaux, et dans cette zone parenchymateuse qui est inté- rieure à l'épiderme, il ne se forme pas cet étui d'éléments spé- ciaux, à paroi épaisse, si prononcés dans les Podophyllum. La structure de la tige est donc tout à fait telle qu'on l'observe dans une Monocotylédone herbacée, que l'on peut appeler ordinaire. Maintenant, à côté du Leontice, étudions une Berbéridée à fleurs Irès-analogues, comme un Berberis ou un Mahonia, et nous y verrons une preuve de plus de cette vérité, qu'on a souvent répé- tée : que l'organisation anatomiqne peut être trcs-diflérente, alors que les autres caractères sont identiques, et que, réciproquement, les tissus peuvent être très-dissemblables dans deux plantes de la même famille naturelle, dont les fleurs et les fruits présentent au fond la même organisation. Berberis. — 11 y a entre les différents Berberis et Mahonia des différences de détail dans l'organisation des tiges; mais la dispo- sition fondamentale des parties y est toujours à peu près la même, et fort contraire, au premier aspect, à ce que l'on observe dans les Podophyllum, Leontice, etc. Les rameaux des Berberis paraissent glabres ; ils sont cependant couverts de poils coniques ou à peu près, lesquels persistent longtemps^ puis brunissent avec les cel- lules épidermiqiies, et finissent par se détacher avec cclles'-ci, à l'époque où l'écorce n'est plus protégée que par une sorte de i)éri- derme (pii s'observe en dedans des couches parenchymateuses* Plus intérieurement, il y a une couche celluleuse, d'un vert jau^ natre, dont les éléments finissent presque toujours par se dissocier : ce sont des cellules qui laissent alors entre elles des lacunes irré- ÉTUDES SUR l'aN.VTOMIP:, ETC., DES TIGES ET DES RACINES. 325 gulicrcs. Sur les parois de ces lacunes, on voit procminer, soit des cellules isolées, soit des sortes de chapelets de cellules inégales, plus ou moins arrondies. Avec l'âge, le contenu de ces cellules peut disparaître. Mais alors, dans plusieurs espèces, la paroi de- meure teinlée en jaune clair, et paraît pénétrée de la même sub- stance colorante qui se trouve dans les fibres libériennes. Sur la coupe transversale d'un jeune rameau, on aperçoit d'abord un cercle de faisceaux fibro- vasculaires, séparés les uns des autres par des rayons médullaires. Dans chaque faisceau, la portion libérienne est d'abord représentée, sur une coupe trans- versale, par un croissant en dedans duquel en est un autre, répon- dant à une portion de la zone génératrice. Plus intérieurement se trouve la portion ligneuse du même faisceau ; elle a la forme d'un triangle à sommet intérieur aigu, et dans lequel la distribution relative des vaisseaux et des fibres est singulière. Les premiers, assez irrégulièrement disposés, en somme, sont cependant placés de telle façon ({ue les fibres les enveloppent de foules parts, et principalement en dedans. Outre des vaisseaux dissémines çà et là, il y en a, par exemple, une série à peu près linéaire, répondant à la hauteur du triangle isocèle que figure la coupe transversale du faisceau. Quand, sur une branche plus âgée, de petits rayons mé- dullaires doivent se produire pour subdiviser extérieurement un faisceau en deux moitiés, il est arrivé auparavant que cette série de vaisseaux a été remplacée (dans cette portion) par deux séries, lesquelles, bordées de part et d'autre par des fibres ligneuses, se trouvent encore occuper chacune la ligne médiane (ou la hauteur) de chaque nouveau faisceau. Vers l'extrémité interne de chacun des faisceaux primitifs, il y a généralement diminution du calibre des vaisseaux. Là se trouvent des trachées, mais en nombre extrê- mement restreint; si bien qu'il est parfois difficile de les rencontrer en faisant des coupes longitudinales radiales. IMais de ce côté du faisceau, les fibres ligneuses deviennent très-nombreuses, ponc- tuées et perforées, communiquant abondamment les unes avec les autt'cs. En somme, il y a de nombreuses fibres de bois en dedans 32/i ÉTUDES SUR l'aNATOMIK, ETC., DES TIGES ET DES RACINES. des parties qui, d'ordinaire, constituent l'étui médullaire ; et des laits analogues se retrouvent dans bien d'autres groupes naturels, notamment dans certaines Lauracées, dont les alTmités avec les Berbéridacées sont d'ailleurs fort étroites, de l'avis de tout le monde. Cette particularité n'est pas la seule qu'on observe dans les Berbéridacées; elle s'accompagne d'une organisation des cellules des rayons médullaires et des cellules les [)lus extérieures de la moelle, dont on trouve des exemples dans les Ménispermacées et dans bien d'autres types. Dans les cellules des rayons médullaires, il y a de la matière verle ; celte même matière existe d'abord dans les cellules périphériques de la moelle ; celle-ci est donc entourée alors d'une sorte d'étui coloré. D'ailleurs, les cellules à matière verte sont semblables à celles de la région centrale; toutes ont une paroi ponctuée, bien plus épaisse et plus rigide que la paroi ordinaire des cellules médullaires. Sur une cou[)e trans- versale, elles sont polygonales ; leur section longitudinale est au contraire un rectangle à longueur verticale. En dehors, les rayons médullaires se continuent sans ligne de démarcation, du bois dans l'écorce, dans l'intervalle des liùsccaux libériens. C'est dans l'intérieur des fd^res courtes, inégalement fusiformcs, qui constituent ces faisceaux, que se trouve surtout la substance colorante, jaune, limpide, amcre, dont la présence caractérise tous les Berberis. {Sera continué.) OBSERVATIONS SUR LE MYOSLRANDRA J'ai trouvé clans l'herbier des Jussieii et dans celui du Miiséiun une plante, sans contredit bien singulière, autrefois rapportée de Madagascar par Commerson. A cause de ses feuilles opposées et stipulées, A. L. de Jussieu Ta considérée comme une Rubiacée douteuse {Spennacoce? Knoxia?). Ses intlorescences en chatons ont porté A. P. De Candollc à écrire au-dessous d'elle : verisimi- Hier Urticea ; déterminations qui, quoique incertaines, sont d'un grand prix pour donner une idée de l'aspect général des échan- tillons. Toujours est-il qu'ils sont restés parmi les Incerta de l'herbier du Muséum jusqu'à ce jour. Ils appartiennent à une plante ligneuse, un arbuste sans doute, dont les branches, gro;-:?es comme une plume à écrire, sont à peu près cylindriques, avec un bois assez dur et une écorce grisâtre, striée suivant sa longueur, et s'enle- vant çà et là en petites lanières tllamenteuses. Sur les rameaux plus jeunes, la forme change; ils sont quadrangulaires, comme ceux de mainte Labiée, et couverts de saillies transversales assez nettes. Chacune de ces saillies représente le bord supérieur d'un petit étui ou d'une petite gaine à peu près cylindrique qui entoure les rameaux. Il y a ainsi un grand nombre de ces gaines super- posées ; elles ont environ un demi-centimètre de longueur : elles figurent un petit cylindre creux qui s'attache au rameau par le pourtour de son orifice inférieur, et dont l'orifice supérieur est coupé droit par une cicatrice circulaire, ou inégalement déchi- queté sur ses bords. Cette jiaîne représente un reste de la base d'une paire de feuilles, et nous allons voir comment elle s'est pro- duite. Les feuilles sont opposécs-décussées. Au lieu de s'étaler immé- '^20 OTÎSRRYATIONS SUR LE MYOSURANDRA. (liatemcnl, :i i)nrlir do leur poini d'inscrlion, les frnilles d'iino môme p;iire, unies cuire elles pour former une gaine cylindririue, s'élèvent ainsi autour de l'entre-nœud, sans cependant adhérer au rameau qu'elles enveloppent comme d'un étui, et elles ne de- viennent libres qu'au niveau de la naissance des deux feuilles sui- vantes. Là se trouvent, non-seulement les deux limbes qui s'écar- tent l'un de l'autre, mais (juatre [)elites languettes aiguës ({ui son! situées par paire de chaque côté, à peu près comme les stipules interpétiolaires des Labiées. Il n'est cependant guère logique d'admettre qu'il s'agit ici de véritables stipules; car ces languettes répondent par leur insertion, non pas à la base organique de la feuille, mais à la base de son limbe. Peut-être s'agit-il donc ici de feuilles composées ou du moins profondément divisées, à deux petits lobes latéraux. Ce qui rend cette interprélation plus vrai- semblable, c'est que le limbe, étroit et allongé dans sa portion prin- cipale, se divise cependant vers son sommet en un certain nombre de crénelures, qu'on n'aperçoit bien qu'en le dépliant. Dans son jeune âge, le limbe est plissé longitudinalement, comme un éven- tail replié, de cinq à dix fois sur lui-même ; chaque saillie, répon- dant alternativement à la face supérieure et à l'inférieure, étant occupée par une nervure longitudinale parallèle. C'est au sommet de chacune de ces nervures que répond une dent glanduleuse qui devient bien distincte au voisinage du sommet de la feuille. A ce niveau, celle-ci est donc inégalement serrée-glanduleuse. Plus lard, le limbe se déplie un peu ; mais ses deux bords demeurent toujours à peu près parallèles l'un à l'autre. Plus tard encore, ce limbe se détache transversalement de la portion basilaire de la feuille, là où se trouvent attachées les deux languettes qu'on pour- rait prendre pour des stipules; et la partie vaginale de la feuille persiste seule sur le rameau, plus ou moins durcie, parfois iné- galement fendue suivant sa longueur, souvent garnie sur les côtés des restes d'une ou de plusieurs de ses (languettes stii)uliformes. Vue par transparence, la feuille est, dans toute son étendue, par- semée de petites ponctuations pcllucidcs : ce sont des réservoirs OBSERVATIONS SUR LE MYOSURANDRA. 327 d'une Imilecsscnliclle, dont l'odeur est ngréable, musqnée, et s'est conservée depuis un siècle environ queComnierson a récolté cette planle. A partir d'un certain niveau, les rameaux, qui se divisent assez régulièrement, et qui sont déçusses, ne portent plus, au lieu de feuilles, que des bractées bien plus courtes, mais également opposées, construites et nervées comme les feuilles elles-mêmes, malgré leurs petites dimensions, denticulées ou entières, et por- tant chacune dans son aisselle une petite fleur dont le sexe varie suivant le pied observé. Telle est l'origine des petits chatons ou épis terminaux dont la plante est chargée. Les bractées sont dé- cussées, unirtores, et elles ont perdu toute trace de la portion vaginale qui était si développée dans la feuille elle-même. La fleur mule est à proprement parler apérianlhée ; car, située dans l'aisscfle de la bractée-mère, elle est accompagnée de deux bractéûles latérales stériles, que nous ne pouvons considérer comme formant un véritable calice, et qui sont môme ordinaire- ment un peu plus rapprochées de la bractée-mère que de l'axe de l'inflorescence. Quatre étamines libres, à insertion centrale, con- stituent celte fleur; elles sont, l'une antérieure, l'autre posté- rieure, la troisième et la quatrième latérales, toutes égales entre elles, composées d'un filet grêle et d'une anthère basifixe, obo- vale ou oblongue, surmontée d'un prolongement subulé du con- nectif. Ses deux loges sont latérales, et s'ouvrent près des bords, chacune par une fente longitudinale , un peu plus intérieure qu'extérieure. Après la déhiscence, les parois des loges deviennent planes, et s'écartent de telle façon que la coupe transversale de l'anthère a la forme d'un X. Souvent, à l'époque de la déhiscence de l'anthère, les filets, très-longs et très-grêles, sont entraînés par le poids de celle-ci, qui devient pendante. Le pollen n'a pu être étudié. Les inflorescences femelles sont également terminales. Vers le sommet des rameaux devenus fort grêles, des bractées, peu déve- loppées, succèdent aussi aux feuilles ; elles sont opposées-décus- sées, avec une fleur femelle sessile dans l'aisselle de chacune 328 OTîSF.nVATIONS SUR LF. MYOSUP.ANDRA. d'elles, cl deux hractéolcs laléralcs stériles qui sont un peu plus rapprochées de la bractée axiliante que de l'axe de rinflorescence. II n'y a pas de véritable périantlie. La Heur femelle nue n'est donc représentée que par un gynécée libre, composé d'un ovaire à quatre loges mulliovulées, placées comme les étaniines. Tout près de leur sommet, les loges deviennent dans une faible éten- due indépendantes les unes des autres, et s'atténuent en un style court, légèrement déjeté en dehors. Son angle interne est par- couru par un sillon longitudinal, dont les deux lèvres, très-déve- loppécs, épaisses, chargées de papilles très-abondantes, se réllé- chissent et s'étalent en un stigmate oblong et supérieurement bifide. Dans l'angle interne de chaque loge se trouve un placenta à deux lèvres verticales bien distinctes ; et chaque lèvre porte une série d'ovules nombreux, anatropes et ascendants, avec le micropyle dirigé en bas et sur les côtés. Deux ou trois des ovules supérieurs se trouvent insérés dans la portion apicale, libre, des loges ovariennes. Les fruits sont très-peu nombreux sur les échantillons que nous avons sous les yeux ; mais ils sont parfaitement mûrs et ouverts ; toutes les graines qu'ils contenaient en sont sorties. Us ont un péricarpe entièrement sec, et qui constitue à sa maturité quatre follicules indépendants, déhiscents suivant la longueur 'de leur angle interne. Leur indépendance tient à ce que les cloisons se dédoublent dans toute leur épaisseur. Chaque feuille car- ])ellaire s'étale elle-même, après cette séparation ; la déhiscence est donc septicide d'abord, puis intérieure pour chaque car- I)elle. C'est là tout ce que je connaissais de cette singulière plante, dans laquelle j'entrevoyais un type apérianUié, analogue à la fois aux Datiscées, aux Cératophyllées, aux Saururées et aux Tama- riscinées, et dont la place dans la classification me paraissait des plus obscures, lorsque M. Oliver, auquel je communiquai l'ana- lyse que j'en avais faite, m'avertit que ce type lui i)araissait voisin du Myrolhamnus, décrit en 1851 par M. W'olwitsch, dans un Ira- OÎÎSKRVATIONS SUU LE MYOSURANDRA. 829 vail (l) peu connu des botanistes de notre pays, et étudié plus complètement par le même auteur dans son Sertum angolense {ï). Rien n'est plus exact, comme nous allons le voir, en comparant au M. flahellifolia Welw. (S) la ])lante de Commcrson, qu'à cause de la forme de ses chatons nulles et l'odeur de ses feuilles, nous proposons de nommer Myosurandra moschata. Le port et le feuillage paraissent très- analogues dans les deux types. Les feuilles du Myostirandra sont seulement moins larges et moins dépliées; et la plante d'Angola, qui n'atteint qu'un, deux ou trois pieds, est sans doute un peu moins liante que celle de Mada- gascar; mais ce ne sont là que des nuances sans importance. L'inflorescence présente une dissemblance plus considérable : Le Myrolhammis\\ les fleurs dépourvues de bracléoles latérales. Le fait est certain, au moins pour rinfloresccnce mâle. Quant aux fleurs elles-mêmes, les femelles sont tétramères dans le Myosurandra et trimères dans le Myrothamnus ; dans ce dernier, c'est, à ce qu'il semble, le carpelle postérieur qui fait défaut. Les fleurs mâles pré- sentent une différence plus singulière : les étaniines sont tout à fait libres dans le Myosurandra ; et dans le Myrothamnus^ elles sont monadelphes, leurs filets étant unis dans leur plus grande étendue en une colonne centrale, grêle, dressée. Notons d'ailleurs que les deux plantes ont une odeur aromatique, et que le M. fla- hellifoUus est employé par les nègres à cause de la substance bal- samo-résineuse qu'il contient : c'est là un caractère commun de plus entre les deux types. La place du Myrolhamnus dans la classification est tant soit peu controversée. ]MM. Bentbam et Hooker le mettaient à la fin desHamamélidées. D'après M. Welwitsch, M. Hooker le considère actuellement comme intermédiaire aux Hamamélidées et aux Saxi- fragacées. M. Oliver pense que c'est plutôt à ces dernières qu'il conviendrait de le rapporter. ]\L Welwitscb, tout en laissant le (1) A pont, phyteogr. Angol., 578, not. 8. (2) In Trans. Linn. Soc, XXVII, 22, t. 8. (3) Clijfortia ? flabcllifolia SOKD., FI. cap., II, 597. «530 OBSERVATIONS SUR LE MYOSURANDRA. Myrntlunnmis parmi les llan-iaméliilécs, lui reconnaît des affinités avec les Salicinées, à cause, entre autres caractères, de la mona- dclpliic des ctainincs. Or, voici le ^envQ ^Jyosura?^dra, d'ailleurs si analogue au KhjrotJiamnus^ dont les ctamines sont tout à fait libres. Il n'en est pas moins vrai, quelque place qu'on accorde à l'avenir à ces végétaux, que voici un petit groupe, jusqu'ici représenté par une plante tout à fait exceptionnelle, qui se trouve aujourd'hui constitué par deux types distincts. A la rigueur, les caractères dif- férentiels que nous venons d'exposer, considérés ailleurs comme ayant une grande valeur, suffisent provisoirement à établir deux genres parmi les Myrotbamnées ou Myosurandrées. ÎMaisil n'est pas impossible que, dans ces régions africaines si peu connues, on rencontre un type de transition qui })ermetle de réunir les deux plantes en un seul et même genre; celle de Madagascar for- merait alors une section distincte dans le genre Myrolhamnus^ sous le nom de M. {Myosurandra) moschatus, EXPLICATION DES FIGURES. Planche VIII. Port (de grandeur naturelle) des individus mâle et femelle du Myosurandra , moschata. Planche IX. Fie. 1 . Rameau florifère mule. Inférieurement, les feuilles ont perdu leur limbe et sont réduites à la gaîne qui persiste. FiG. 2. Fleur mâle (y). FiG. 3. Fleur mâle, diagramme. FiG. 4. Rameau florifère femelle. Fie. 5, Fleur femelle, dans l'aisselle de la bractée, avec les deux bractéoles latérales (-',). FiG. 6. Fleur femelle; coupe longitudinale passant par deux des loges. Celles-ci sont indépendantes au sommet dans une légère étendue. FiG. 7. Fleur femelle, diagramme. SUR LE DÉVELOPPEMENT DES FEUILLES DES SAliRACENIA (1). Les feuilles de forme exceptionnelle que portent les Sarracenia sont bien connues au point de vue de leur configuration exté- rieure ; et l'on a bien distingué : le long cornet que représente leur portion principale ; le couvercle, de forme variable, qui les surmonte, et meine l'espèce de crête saillante qui s'étend vertica- lement tout le long de leur bord interne. Mais les botanistes ne sont pas d'accord sur la signification de ces différentes régions de la feuille. L'opinion la plus généralement acceptée sur ce point est celle qu'ont exposée, entre autres, A. Saint-Hilaire et M. Du- chartre. & Que je suppose, à présent, dit le premier de ces savants (Morphol. végét.^ H^), les bords ailés du pétiole du C7i7rws histrix ou du Dionœa rapprochés et soudés, j'aurai la feuille du Sarracc' nia^ formée d'une urne allongée, véritable pétiole, et d'un couver- cle, véritable lame. » Le second auteur dit de même (Élém. de But.^ 308) : « On regarde généralement l'ascidie de ces plantes comme formée par le pétiole, et leur lèvre postérieure ou opercule comme représentant le limbe. » * Les observations organogéniques pouvaient seules faire con- naître ce qu'il faut admettre de ces interprétations. Aussi avons- nous étudié le développement des feuilles dans \e Sarracenia pur- purea^ assez fréquemment cultivé dans notre pays. A leur pre- mier âge, ces feuilles sont représentées par de petits mamelons à surface d'abord convexe. Un peu plus tard, la base de ces or- ganes se dilate un peu et devient légèrement concave en dedans; c'est là le premier rudiment de la gaine, portion de la feuille qui, nous le verrons, n'a aucun rapport, quoi qu'on en ait dit, avec la cavité de l'urne des Sarracenia. Celte portion vaginale, qui pren- (1) Présenté à l'Académie des sciences le 7 octobre 1870 {Comptes rendus, LXXI, 630). y62 SrR LE DÉVF.LOPPFMENT Dl'S FEUILLFS DES SAP.RACENIA. (Ira plus tard un assez grand dcvcloppcnionl, se comporte ici comme dans tous les vcgélaux où elle existe, cl elle n'a aucune inlluence sur la constilulion de l'urne. Le premier indice de celle dernière est une petite dépression, une sorte de l'ossetle, d'abord bien légère, qui se produit en liaut et un peu en dedans du cône que représcnle la jeune feuille. Celle dépression n'est due, en réa- lité, qu'à une inégalité de développement dans les diverses por- tions du sommet de la feuille; et l'inégalité ne se produit qu'un peu lard, vers le sommet d'une feuille dont les portions pi'liolaire et vaginale existaient déjà. A cet égard, les feuilles des Sarraccnia se comportent à peu près comme celles des Nympliéaeées, avec lesquelles elles ont d'ailleurs tant d'analogies. Si bien qu'à cet Age, les jeunes feuilles coniques des Sarracenia ont la même apparence que celles des ISepenthcs, mais po^n^ une tout autre raison, si l'on admel, avec M. J. D. Ilooker, fpic l'iuMie de ces derniers est le résidtat du développement considérable d'une glande. Ici c'est bien la surface su[)érieure du lind)e qui se trouve à ce moment réduite à une fossette ; aussi cette dépression est-elle tapissée d'un épiderme, qui est l 'épidémie supérieur de la feuille, lequel se déve- loppe d'autant plus que celle-ci se creuse davantage, cl qui même se couvre ensuite de poils dont la faculté sécrélante a été signalée par un grand nombre d'observateurs. Plus la fossette se creuse, plus le limbe de la feuille prend rap[)arence de certaines feuilles peltécs, telles que celles des Nelumbo, également fort voisins des Sarracenia. Le cône large et peu profond que forme le limbe foliaire des Nelumbo devient, dans \es Sarracenia, plus profond et plus étroit, de façon à présenter dénnilivemcnl la forme d'un long cornet obconique. En même temps que se produit cette déforma- tion, la portion de la feuille que l'on appelle l'opercule se dessine d'une manière variable, sans doute, dans les différentes espèces. On sait qu'il y a des feuilles peltécs dont le limbe n'a pas un bord entier, mais découpé en crénelures ou en lobes, et que parfois ces lobes sont inégaux, le terminal-médian pouvant être plus déve- loppé (juc les autres. C'est une des causes qui l'ont (pie le pétiole OUGANOGÉNIE FLORALE DES MOP.INGA, ,^53 ne s'insère pas au centre de figure du limbe pelté, mais ])lus près de sa base, laquelle est souvent plus ou moins profondément échan- crée et cordée. Dans la feuille du Sarracenia, on pouvait s'attendre, dès le début, à voir un phénomène analogue se produire, parce que la fossette était entourée par un rebord plus épais en haut que sur les côtés et en bas. Cette inégalité ne fait que s'accentuer avec l'âge, et c'est le bord supérieur qui grandit le plus vile, s'étran- glant ensuite un peu à sa base. Telle est l'origine du couvercle et des saillies latérales plus ou moins prononcées qui souvent l'ac- compagnent ; ce sont donc, non un limbe, mais les lobes iné- gaux d'un limbe qui existait avant eux. 11 reste à expliquer la signification de cette sorte de carène verticale qui longe le bord interne de l'urne. Cet organe existe, à l'état ordinairement rudi- mentaire, dans grand nombre de feuilles peltées. On aperçoit souvent une nervure ou une crête saillante qui s'étend dans ces feuilles, sur la face inférieure du limbe, de l'insertion du pétiole au fond du sinus que présente la base du limbe. La crête des feuilles du Sarracenia ne nous paraît être qu'une exagération de cette même partie ; et si elle a une direction verticale, ce n'est qu'une conséquence de l'extrême profondeur que prend le limbe déme- surément pelté de la feuille des Sarracenia. ORGANOGÉNIE FLORALE DES MORINGA. Ayant obtenu cette année la floraison d'un Moringa que je evola GivcAeM. ptenjgosperma, i'a'i çn en suivre l'organogénie florale sur un grand nombre déjeunes boutons. Leur mode d'in- llorescence a pu être étudié. On dit que les Heurs sont disposées en panicules axillaires. Ce sont, en réalité, des cymes. Un pé- doncule commun, né dans l'aisselle d'une feuille, se termine par une Ileur plus âgée que loutcs les autres. Au-dessous d'elle, il y a plusieurs bractées alternes, plus ou moins découpées, et dans 3o/j ORGANOGÉNIE FLORALE DES MOHINGA. l'aisselle de chacune de celles-ci il se développe une lleur de seconde génération. Le réceptacle floral est tout à fait convexe au début. Les cinq sépales y apparaissent successivement, à de longs intervalles, et dans l'ordre quinconcial. Les pétales, qui seront plus tard un peu inégaux, m'ont paru toutefois naître simultané- ment, sous forme de cinq mamelons équidistants, alternes avec les sépales. Alors encore le réceptacle est convexe. Les étamines, au nombre de dix, se montrent en deux fois: d'abord cinq, su- perposées aux pétales; puis, cinq autres, alternes, plus exté- rieures et demeurant toujours plus grêles. Elles sont destinées à devenir des languettes étroites et stériles. Quant aux grosses éla- mines oppositipétales, elles ont bientôt une anthère distincte, en forme de croissant épais et dont le dévclopj)ement est latéral. A aucun âge je n'ai vu deux loges d'anthère dont l'une avorterait ensuite. Il n'y a qu'une loge d'un côté de la ligne médiane ; et là où elle s'unit au sommet du fdet, il se produit de bonne heure un gonflement, une sorte de bosse glanduleuse du connectif. Quand les étamines ont beaucoup grandi, de manière à dépasser la lon- gueur des pétales, ceux-ci changent de forme et deviennent des cuillerons, concaves en dedans, dont le sommet s'atténue en un petit apicule conique, d'apparence glanduleuse. Au centre du ré- ceptacle qui a toujours conservé sa forme convexe, apparaît le gynécée. C'est d'abord une petite saillie cylindrique dont la partie supérieure devient ensuite triangulaire. Chaque angle du triangle répond à une feuille carpellaire, c'est-à-dire un au sépale posté- rieur et deux autres aux sépales antérieurs. Mais, en grandis- sant, les feuilles carpellaires deviennent connées, et elles s'élè- vent bientôt sous forme d'une enceinte circulaire, puis d'un tube, dont l'ouverture supérieure est coupée tout à fait droit cl ne présente plus sur ses bords aucune découpure. Trois placentas pariétaux, en forme de bandelettes verticales, se montrent sur les parois de l'ovaire, dans l'intervalle des feuilles carpellaires ; et sur chaque placenta naissent deux séries parallèles de mamelons ovulaires, les plus âgés étant vers le milieu de la série, les plus ORGANOGÉiNIE FLORALE DES MORINGA. 335 jeunes vers les deux extrémités. Ce n'est qu'à un âge ultérieur que le réceptacle floral se déforme à un point tel qu'il devient une coupe sur les liords de laquelle s'insèrent un périanthe et un androcée périgynes. Mais à l'âge où naissent les ovules et où se sont arrêtées mes observations, ces verticilles floraux étaient encore sensiblement hypogynes. LesalllnitésdesMoringées sont très-controversées. On les a rap- prochées, suivant les ditïérents auteurs, des Sapindacées, par les Xanthophyllées, des Violariacées, des Coriariées, des Mélianlhées, des Légumineuses, des Capparidacées, desRésédacées, et même des Bignoniacées. Ce que nous savons de leur organisation et de leur développement nous porte à les considérer comme intermé- diaires aux Résédacées et aux Capparidacées ; nous comptons les placer provisoirement parmi ces dernières. TRAITE m J)ÉVEL0PPFJ1E.\T DE LA FLEUR ET Dli ERIIT (SlITE) Bl^]TTNKHIÉl^S. L'élude organogcniquc de ce groiij)c a une grande imporfancc à cause des questions de symétrie florale qu'elle est appelée à résoudre. A cet égard, les iUiellnériées doivent être examinées comme l'ont été les Malvacées, desquelles elles se dislinfjuenl, on le verra, bien moins netteinent (|u'on ne l'a souvent pensé. Aussi ces questions de symétrie ont été ex;uninées avec soin dans ces der- nières années par plusieurs bolanisles, notamment par MM. Ben- lliam et llookcr, A. Dickson, A. Gray, et surtout par M. M. Mas- ters. Nous avons nous- même autrefois esquissé une étude organogénique de quekpics genres de lîuottnériées (Adansonia, II, 16G). Mais alors les matériaux dont nous pouvions disposer étaient bien plus rares encore qu'à celte lieure, et surtout nous n'avions pu préparer un dessin sut'fisantdes principaux traits de ce développement. Aujourd'liui que nous avons pu combler cette lacune et vérifier plusieurs des résultats autrctbis obtenus, nous revenons avec un peu plus de certitude sur ces (jucstions qui comportent encore, nous jie l'ignorons pas, un grand nombre de points obscurs. Il n'y a rien à modifier de ce que nous avons dit (loc. cit., ]{)!) du dévelop[)cment floral des Buellncvia. En ré[)élant plusieurs l'ois, depuis six ans, nos observations sur le B. gracilipcs^ nous avons confirmé ce que nous avions dit de l'apparition isolée et successive, selon l'ordre quinconcial, de ses sépales [)lus tard sou- levés par une portion basilaire commune, sur la naissance simul- tanée de ses pétales, sur les modifications graduelles (pii survien- nent dans leur configuration, sur révolution de son androcée. Les cinq étamines opposili[>étales, celles qui seules deviendront fertiles, naissent de beaucoup avant les cinij autres, destinées TRAITÉ DU DÉVELOPPEMENT DE L\ FLEUP. ET DU FP.L'IT. 337 à demeurer stériles. Enfin, les carpelles naissent aussi tous à la fois, en face des pétales. Les deux ovules collatéraux qui se mon- trent ensuite dans l'angle interne de chaque loge, présentent dans leur évolution des particularités remarquables et qui n'avaient pas encore été signalées. Us sont de ces ovules qui se décrivent toujours comme anatropes, mais dont on peut dire, ainsi que nous l'avons (n'ii [Adansonia, IX, 262) de ceux de plusieurs Protéacées, Euphor- biacées, etc., qu'ils ne sont pas pour cela rétléchis. Au premier âge, ils sont représentés par deux petits mamelons hémisphéri- ques placés à la même hauteur et à égale distance de l'angle interne de la loge. Leur axe, c'est-à-dire la ligne qui joint à leur pôle le centre de leur base d'insertion, est alors tout à fait hori- zontal. Puis ils s'allongent, deviennent à peu près coniques, et en même temps leur sommet tend à s'élever sans cesse davantage, sans que leur base subisse un changement quelconque. Il y a donc un moment où ils sont à peu près verticaux, presque dressés, et alors encore tout à fait orlhotropes. C'est le moment où leur nucellc commence à se recouvrir d'une première enveloppe. Or, on sait que, dans un ovule anatrope dont le sommet nucellaire doit être à la lin supérieur, il y a un âge où ce sommet se trouve dirigé en bas ; ce qui n'a pas lieu ici. Toujours la pointe nucellaire regarde en haut; ces ovules ne sont donc pas rétléchis. D'ailleurs, ici comme dans les Protéacées, il arrive fréquemment que l'ana- tropie des ovules, et surtout des graines, est fort incomplète. Dans les espèces où la graine est réniforme, le hile se trouve vers le milieu de la hauteur de l'angle interne, ou plus bas que le milieu, ou même très-près de la portion inférieure. Dans ce dernier cas, on remarque que plusieurs espèces asialiipics ont, sur le tégu- ment extérieur de la graine, une sorte d'épaississement un peu charnu, qui s'étend sous tonne de bandelette, de la base de la graine jusqu'au point où le péricarpe laisse passer par une ouver- ture spéciale le funicule épais et court qui va s'attacher à la colu- nielle. On peut suivre pas à pas le développement de ce rudiment d'arille; il résulte simplement d'une hypertrophie localisée du II. (Décombvo iorle des feuilles, puis, vers le sommet, des bractées. Les unes comme les autres ont des stipules. Or, il y a des groupes floraux secondaires, non-seulement dans l'aisselle des feuilles ou ])ra( Ices, mais dans celles de leurs stipules. Cela tient à ce qu'il se produit, dans ce groupe, comme dans tant d'autres, ceux des Ampélidacées, Olaca- cées, Cucurbilacées, Solanacées, Asclépiadaeées, etc., de ces ph('- nomènes de multiplicité des bourgeons axillaires superposés, et de soulèvement ou d'entraînement des bourgeons supérieurs jusqu'à une certaine hauteur, jusqu'à la naissance d'une leuillc ou d'une bractée insérée bien au delà de la feuille axillaule. Ce fait, nous l'avons déjà constaté (Adansonia, II, 1G9) dans le Bueltneria gracilipes, où l'on peut, grâce à des côtes verticales saillantes tout le long des axes, suivre la marche des inflorescences dans toute leur portion entraînée. Il se reproduit dans un grand nombre de Lasiopétalées, dont l'inflorescence, décrite comme o|)posililbli('e, se détache bien de l'axe commim, au môme niveau qu'un pétiole, mais non pas forcément en face de lui, bien plus souvent, au contraire, sur son côté. Dans le Melochia pyra?nidata , une sem- blable disposition existe, entraînant avec elle des conséquences singulières. En partant d'une feuille 1, accompagnée de deux stipules latérales, on trouve plus haut une feuille 2 qui est placée à un quart de circonférence de la feuille 1, et par conséquent à peu près superposée à une des stipules de la fouille 1, soit la stipule gauche. La feuille 3 est superposée, ou peu s'en faut, à la feuille 1 ; la feuille li à la feuille 2 ;' la feuille 5 à la feuille 3, et ainsi de suite. Maintenant, si l'on suppose que, comme il arrive fréqueuuneiit, il y a une inflorescence qui se détache au niveau de cliacnue de ces feuilles, quelle situation occiipera-t-elle? L'inflo- nil DÉVFXOPPEMENT DE L\ FLEl'P. ET DU FRUIT. o/j5 rcsccnco, delà feuille 1 paraît située dans raissollc de sa stipule de 'droite. L'inllorescencc des tcuilles 3, 5, de. , occupe la même position, et est par constMiuent sur une même li{^ne verti- cale (jue l'inflorescence de la feuille i. Ouant aux inflorescences des feuilles 2, h, 0, etc., elles sont aussi sur une même verticale, celle qui passe par toutes les stipules de ces feuilles qui ne sont pas du côté de la tige où s'insèrent les feuilles 1 , 3, 5, mais bien du côté op[)Osé. Si l'on veut maintenant, pour conrprendrc ce difficile agencement, tracer une figure théorique, on verra qu'il y a quatre lignes verticales éiiuidistantes le long de l'axe, et que : sur la première on trouve superposées les feuilles 1,3, 5, et dans leurs intervalles toujours une stipule ; sur la deuxième à gauche, les feuilles 2, /i, 6, etc., et dans leurs intervalles une stipule; sur la troisième, une des stipules des feuilles 2, ù, 6, et dans l'aisselle de chacune d'elles une inflorescence; sur la qua- trième, une des stipules des feuilles 1. 3, 5, avec également une inflorescence axillaire. On voit bien qu'il n'y a là en réalité aucune inflorescence oppositilbliée. Dans le Theobroma, l'inflorescence est de celles que nous avons ik\)\)e\ée5 localisées . Quand, dans l'aisselle d'une feuille (qui sub- siste ou qui est tombée), il s'est produit un groupe de fleurs, un certain temps après il se produit d'autres fleurs, puis d'autres, et toujours de même. Là où la cyme axillaire a commencé de se for- mer, elle continue pendant des années son évolution. 11 en est ainsi des Cems et de tant d'autres arbres cauliflores. La base contractée, empâtée, de toutes ces ramifications successives d'une môme inflorescence, peut finir par constituer une sorte de petit broussin au niveau duquel on est assuré de voir longtemps naître des fleurs, qui ne sont donc pas, comme on le dit souvent, «laté- rales » sur le bois, mais qui appartiennent réellement à des inflo- rescences axillaires perpétuées. Dans les Herrania, si voisins d'ailleurs des Theobroma, le fait est absolument le même. La symétrie florale qu'on a tant étudiée et à laquelle on a accordé tant d'importance dans ce groupe, ressort facilement des faits ob- S/lO TRAITA serves. D;ins les BiioKnériécs propremcnl dilcs, ou dans les \a\- siupétalces, il y a toujours ciiKj verlicilleslloraux : ealice, eorollc, élaniines alternipélales, élamines oppositipélales el earjtelles. Mais la loi d'alfernance n'eNisIc pas d'une laeoii coulinue; car, si îes pièces de la corolle allernent avec celles du calice, les éla- mines stériles alternant avec les pétales, appartiennent non pas au troisième, mais au quatrième verticille de la ilem\ Les pièces du troisième verlicille, ou les étamines fertiles, sont superposées anx pétales. L'alternance se rétablit en passant des élamines fer- tiles aux élamines stériles et aux carpelles, ces derniers étant superposés aux pétales et anx étamines fertiles. Toute déviation dans l'alternance continue disparaît si l'on admet, avec certains auteurs, que les étamines fertiles et les pétales a[)parlienncnt à un seul et même verlicille dédoublé de dedans en debors. La symé- trie des Glossoslemon , rai)[)ortés généralement aux Bueltnériées, peut-elle jeter quelque lumière sur la question qui nous occupe? l^]lle n'est pas la môme pour tous ceux des botanistes qui se sont le plus récemment livrés à cette élude. Ainsi, pour MM. Bentbam et J. Hooker (6Vn,, 22/i, n. *26), l'androcée est l'ormé dans ce genre de cinq staminodes pétaloïdes, alternes avec les pétales, plus d'un nombre indéfini d'étauiines fertiles, dont les plus intérieures sont adossées par leur base aux staminodes, et dont les autres sont dites : c( sub-h-nalim cum slaminodiis allernantlu'» . Celte manière de voir se rapprocbe de celle d'Endlicber, qui {Gen.^ n. 5350) décrit dix des trente étamines fertiles du Glossostemon comme adnées à la base des staminodes : « clecem filament/s slerilibus conligiia, iisdem usque ad médium adnata.)) Pour M. iM. Masiers, au contraire, il n'y a qu'un verticille à l'androcée. Dans le travail spécial (pie ce savant a publié sous le titre de : On some points in tlie morphology of Malvales (in Joiirn. lÂjm. Soc.^ X, 17), les Heurs du Glossostemon sont décrites comme ayant cinq sépales, cin(| i)étales, et, dans rinlervallc des pétales, cinq laisceaux d'élamines formés cbacun de six pièces fertiles el surmontés d'une buigiietle pétalo'ùle stérile, i)lacée au coté intérieur du Dl] DKVELOPPEMENT DR LA FLRUR ET DU FRUIT. 347 faisceau. Ce que nous avons vu des fleurs sèches du Glossostemon nous prouve que l'opinion de M. IM. iMaslers est la seule ac- ceptable. Nous avons reconnu en dedans du calice ganioséi)ale, à cinq lobes valvaires, et des cinq pétales alternes, lancéolés et cus- pidés, cinq faisceaux d'éfamines alternipétales. La pièce stérile, aplatie, qui occupe la ligne médiane de chaque faisceau, porte six étamines stériles sur sa face extérieure, à des hauteurs variahles. Il est Irès-prohable qu'elle représente une feuille composée ; fait qui s'observe dans tant d'autres plantes du même groupe, et qu'à un certain âge il y avait simplement un organe non divisé, su- perposé à chafiue sépale et représentant un des cinq éléments primitifs de l'androcée. Mais nous ne savons pas si, au début, il y avait aussi cinq étamines superposées aux pétales et qui se sont arrêtées de bonne heure dans leur développement. Il est d'ail- leurs très-remarquable que, l'ovaire du Glossosteînon ayant cinq loges pluriovulées, ces loges soient superposées aux pétales : car la disposition alternante existe de la sorte dans toute la fleur; les pétales répondent aux intervalles des sépales ; les faisceaux stami- naux alternent avec les pétales, elles carpelles avec les faisceaux d 'étamines. Il importe peu d'ailleurs que les faisceaux staminaux soient ici en face des sépales, tandis que dans d'autres Buettnériées ils sont opposilipétales. On sait, depuis les recherches de Payer, que les mêmes alternatives se produisent parmi les Malvacées, qu'il serait bien difficile de séparer absolument, comme famille, des Buettnériées, autrement que d'une façon tout à fait artificielle. Nous savons aussi que, dans ces deux groupes, alors qu'il y a, à l'âge adulte, isomérie entre le gynécée et la corolle, les éléments du premier sont tantôt en face des pétales, et tantôt en face de leurs intervalles. Dans d'autres groupes naturels, tels que celui des Olacacées, ne voyons-nous pas des genres à peine distincts (piant aux autres caractères, et que l'organisation de leur gynécée rend tout à fait inséparables les uns des autres, avoir, les uns des étamines opposilipétales, comme les Anacolosa ou les Strom- 3-^|S TRAlTf: hosia, et les niilrcs des t'Inmiries allcniipélalcs, comme eeiinins TIcisteria? ^}[\h le peu d'impoiianee de ces dissemblances est démontré }»ar l'étude même des Heurs de la plupart des lleisleria et de tous les Ximenia. qui ont dix étamines, dont cinq super- posées aux pétales et cinq allcrnes. Les unes ou les autres peu- vent manquer, sans que le reste de l'organisation florale soit le moins du monde modifié. En tout cas, il est bien difficile, pour ne pas dire impiossible, d'admelire, en pareil cas, que les pétales, nés après les élamines, ne constituent qu'une portion exiérieure du faisceau starninal, séparée après tout du reste du faisceau. Celte liypotlièse ne serait admis- sible (jue dans le cas où l'étamine, soit simple, soit composée, serait exactement superposée au pétale. Dans l'élat acluel de nos connaissances, les Buettnériées et les l.asiopétalées ont deux ver- licillcs à l'androcée. Les pièces du verticille alternip('(a!e sont solitaires, stériles, pélaloïdes. Celles du verticille oppositipétalc sont ferliles, solitaires, ou dédoublées jiar parties, ou en très- petit nombre. Le Glossostemon n'a [las d'étamines opposilipé- tales, et ses élamines allernipétales sont en parlie ferliles et en partie stériles, mais bien plus nombreuses ; de lacon qu'on ne peut même pas considérer ce genre comme appartenant [tositi- vement aux Buetlnériées, et que, s'il doit, en effet, faire parlie de ce groupe, il y est assez anormal pour ne pouvoir suffire à l'explication de leur organisation fondamentale. EXPLICATION DES FIGURES. Plancue II. Theobroma Cacao L. FiG. 1. Jeune bouton. FiG. 2. Corolle dans un bouton jeune. On distingue déjà, dans ctiaque pétale, la portion supérieure /, tordue dans la préfloraison, séparée par un rétré- cissement r de la base a dilatée en forme de cuilleron. FiG. 3. Jeune bouton dont le périanllie a été coupé en se pour montrer les éta- mines fertiles e et stériles es. Fie. 4. Un faisceau d'étamines jeune et vu par la face interne. (Ce dessin est DU DÉVELOl'l'KMENT DE LA FLEUH ET DU FRU!T. 3/l9 peu exact en ce sens que chacune des loges des anthères a trop l'apparence d'une anthère particulière. ) FiG. o. Gynécée jeune (de ^uc/tn^r/a). FiG. 6, Gynécée jeune, avec une loge ouverte par le dos. On voit les deux séries d'ovules qui se tournent le dos et dont les deux enveloppes sont distinctes. BUETTNERIA GRACILIPES Dcne. FiG. 7. Portion d'une jeune inflorescence. Dans l'aisselle d'une bradée ?>, on voit à gauche une fleur pourvue déjà d'une portion de son calice. Elle est accompagnée de deux bractées latérales h' V . L'une d'elles, placée à droite, est fertile ; elle a dans son aisselle une très-jeune fleur sur le côté de laquelle se trouve une bractéole 6", dans l'aisselle de laquelle se développera une troisième fleur si l'évolution de l'inflorescence va plus loin. FiG. 8. Jeune boulon dans lequel une portion du calice est née. Les trois premiers sépales (s', s', s^) existent ; ils sont inégauy. Entre eux, à la place qu'occuperont les sépales 4 et o, se voit le petit bourrelet circulaire qui soulèvera ultérieurement l'ensemble des sépales. FiG, 9. Calice plus âgé. Les sépales sont tous à peu près de la même taille, et ils sont unis inférieurement par une portion commune. FiG. \ 0. Calice encore plus âgé et complètement fermé. FiG. 11. Bouton dont on a enlevé le calice se. Autour de l'axe déprimé nais- sent les pétales p, tous du même âge. FiG. 12. Pétale jeune, ayant la forme d'une foliole entière. FiG. 1 3. Pétale un peu plus âgé, où se produit la distinction entre la portion concave de la base a et le sommet rétréci /. FiG. 14. Pétale plus âgé encore, avec les deux portions o et l plus dis- tinctes. FiG. 1 o. Pétale où se distingue le commencement d'un onglet rétréci, au-des« sous de la portion dilatée et concave o, qui commence à faire saillie en dessous et en dedans du limbe. FiG. 16. Pétale plus âgé. L'onglet est plus développé. La portion dilatée a présente déjà des irrégularités sur son contour. Le limbe / est devenu beau- coup plus aigu. FiG. 17. L'onglet est maintenant étroit et allongé. Le limbe l s'est recouvert de poils en dehors et vers les bords. La portion dilatée a commence à pré- senter la forme d'un cuilleron. FiG. 1 8. Pétale presque adulte. Les mêmes portions, portant les mêmes lettres, ont pris à peu près leur forme définitive. FiG. 19. Naissance des étamines es qui sont superposées aux pétales pp. Le calice se a été coupé. FiG. 20. En dedans du calice coupé se, on voit les pétales p, les étamines oppo- silipélales e, sous forme de mamelons presque spliériques, et, dans leurs 350 TKAITÉ intervalles, cinq petites élamines allernipélales e' qui commencent à faire saillie. FiG. 21. Apparition des carpelles c. En dedans du calice enlevé se, on voit les pétales p qui ont pris la forme de folioles, les étainines opposilipétales e dont les deux loges commencent à être distinctes, les étamines alternipé- tales e', sous forme de très- petits mamelons. Plus intérieurement, le récep- tacle s'est élevé avant de porter les feuilles carpellaires, en face des grandes élamines. FiG. 22. Fleur plus Agée. Toutes les mômes parties, portant les mômes lettres que dans la figure précédente, ont pris plus de développement. En dedans de chaque feuille carpellaire c, il y a maintenant une loge ou cavité assez profonde, ouverte par le haut. FiG, 23. Coupe longitudinale d'une fleur un peu plus Agée que la précédent.?, ûlémes lettres. Dans les étamines ce, placées en face des pétales p, on peut distinguer maintenant un filet et une anthère. Les étamines alternipélalos e' sont devenues au contraire des corps stériles, sans anthère. Les feuilles carpellaires c limitent en dehors des loges bien plus profondes, sur la paroi interne desquelles on voit de petites saillies o/, premier rudiment des ovules. FiG. 24. Même fleur que dans la figure précédente, mais entière. Mêmes lettres. FiG. 25. Fleur plus âgée. Mêmes lettres, se, calice coupé. Les pétales p ont déjà leurs trois portions dis'inctes. L'anthère des étamines opposilipétales t; est également constituée. Les élamines stériles e' sont tronquées au som- met. Les feuilles carpellaires c se sont unies dans une grande hauteur ; leurs sommets seuls demeurent distincts. FiG, 26. L'une des loges ovariennes, ouverte par sa paroi dorsale, pour mon- trer de chaque côté de l'angle interne un mamelon ovulaire. FiG. 27. Coupe longitudinale d'une fleur un peu plus âgée que celle que repré- sente la figure 26. Les filets staminaux sont devenus très-distincts des anthères e et forment une sorte d'urcéole dont le bord supérieur s'élève déjà au-dessus du point d'union du filet et du conneclif. Dans la loge ouverte, on voit un des ovules ol qui s'est allongé, et dont les enveloppes ont déjà paru, FiG. 28. Fleur plus âgée encore. Mêmes lettres que dans les figures précé- dentes. Fio. 29. Un ovule grossi, un peu plus âgé que celui de la figure 27. On voit qu'il est à peu près dressé et orlholrope, et qu'au-dessous du nucelle n, la secondine se et la primine pr, fort éloignées l'une de l'autre, ont pris un certain développement. FtG4 30. Loge ovarienne ouverte par le dos, nionlranl les ovules alor.s qu'ils ont cessé d'être collatéraux, qu'ils ont pris une légère obliquité, et que leur nucelle est presque entièrement recouvert par leurs envelo])pes. Fi6. 31 . Fleur adulte, épanouie, grossie. DU DÉVELOPPEMICNT DE LA FLEUR ET DU FRUIT. 351 FiG. 32. Diagramme floral, FiG. 33. Poiiion, grossie davantage, de la fleur adulte, pour montrer la forme définitive des pétales p, ;ivec leurs différentes portions, et, autour du gynécée c, la configuration de la portion centrale de Tandrocée. C'est une sorte d'enceinte à cinq angles mousses, répondant aux staminodes e'. Ceux-ci surmontent l'enceinte sous forme de piliers ou de pyramides tron- quées, alternes avec les lobes stigmatifères. Le filet des élamines fertiles a été coupé, ce, au point où il se dégage de l'enceinte commune. NOUVEAUX MATKUIAUX POUR StllVIK A L\ CONNAISSANCE DES CYCADËES Par M. F. A. W, MIQIJCL, Directeur de l'ilerliier rovul de Le\dc, SIXIEME PAUriE (I). Révision. — (Classification. Cycas. Lorsque je donnai, dans la pniniièrc partie de ces .Matéiiaux, une revue du genre Cycas, je n'étais pas à môme de comparer ([neU|iies espèces décrites par Grifliili, vu (pTil m'avait été iuij)os- sible de me procurer les Nolulœ ad plantas asiaticas, publiées à Cnlculla. ('ela m'ayant enfin réussi tout récemment, je puis aujour- d'hui couiblcr la lacune rpii était restée dans mon travail. La compilation, laite avec soin, dont le genre Cycas a été l'ob- jet de la part de M. A. De Candollc (DC. Prodr., vol. XYI), fut exécutée d'une inanière tout à l'ait indépendante de mon travail. Par suite de circonstances particulières, l'auteur avait été obligé de se liàler. On trouvera plus loin l'indication de quelques points de différences entre nos vues respectives. Il faut sans doute alli'i- buer à un lapsus calami l'assertion que le racbis des feuilles a une « pnefoliatio stricta », que les folioles seules on! la jiréfoliaisou circinale, et que le cône mâle provient d'un boui'geon latéral. Bien (pie, à l'égard de ce dernier point, il n'existe pas de recher- ches organogéniques spéciales, la circonstance (ju'a[)rès la chute du cône mâle, le sonunet de la plante se iiunUie, plaide [)ourlant cil faveiu' de l'opinion o[)posée. (1) Voy. Adansonia, I\, I5i. NOLVEAUX MATÉIUALX POUR SERVIR A. LA CONxNAISSANCE, LTC. 353 h]n ce qui concerne les espèces, je relèverai ci-dessous (juelques inexactitudes de moindre importance. Les,Cycas décrits et figures par GriCnth diflerent sous beaucoup de rapports des espèces connues jusqu'à présent; j'ai essayé de les caractériser par les diagnoses suivantes : 1. C. JenJiinsiana Grwf . ^ Noiulœ ad pkmtas asiaticas [i{" 185/i), p. 9, t;ib. 360, fig. 1 et 2, et tab. 36'2, fig. 1 (carpophylla). Truncus sœpe ramosus ; Iblia quadripedalia petiolo lateribus spi- nuloso longo suffulta. foliolis coriaceis linearibus falcatis costa utrinquc proéminente ; carpopbylia brcvia (vix 5 poil, longa) rubi- gineo-tomentosa, lamina sterili partem reliquam œquante lato- cordato-triangulari crasse cuspidata pectinato-pinnatitida , seg- mentis parti indivisse - transverse sequilongis apicibus cum laminœ facie interiore glabris; ovulis in superiore carpopiiylli parte fcrtili utrinquc 1-5 (numéro in carpellis exterioribus mi- nori). — Truncus diametro usque tripedali ; foliola 7-8 poil, longa, 3^ lin. kita. Semina matura ellipsoidea leviter compressa, 18 lin. longa, 1"2 et 16 lata, e tusco flavescentia. — Crcscit in Assam inferiore, circa Gowaliatty, ubi detexit Jenkins. — Ab hacspecic non diversa videtur : C. pectinata Griff., /. c, p. 10, tab. cit., fig. 3, cnjns carpo- [ihylla fere matura seminibus ideo magnis gioboso-ellipsoideis flavesccntibus instructa, lamina sterili iisdem sursum magis rc- pulsa. An sit diversa ab homonyma supra cnumerata, in Horto Calcuttcnsi cuita et ab Hamilton ita dicta, ultro inquiretur. Si conspecilica sit, nomcn ab Hamilton datum servari oportct. 2. (\ dilatcUa G?AFi\, l.c.^ p. 15. Folia cum petiolo circiter /i pcdes longa, petiolo canaliculato-convexo lateribus spinuloso; Ibliola 7-8 poil, longa, 3^ Hn. lata, basi decurrenti-inserta valde coriacea; carpopbylia lèrrugineo-tomenlosa, lamina sterili subcor- data, lateribus pectinata, segmentis subulatis subpungcnlibus viri- dibus, apice latiore subulato-acuminata, [larfe fcrtili pauciovulala. -— Locus natalis non adnofatus. IX. (Décembre 1870.) '23 35/j NOUVEAUX MATÉRIAUX 3. Cycas macrocarpai^v^wv.^ l. c, j». 11 et p. 13; lab. 360 : figura ad sinistrum absque numéro ; tab. 3G'2. fig. 11. Ti'iincus 10-12-pedalis; Iblia usqne 8-pedalia, peliolo siiblelragoiio niigulis lalcralibus spinulosis; foliola nuincrosissima siibopposita dccur- rcnli-inserta liiicaria sublalcala iii acumcn subpungcns scnsiin alteiuiala, marginibus ocbrolcucis rcciirvala, 10-16 poil, longa, ^ lala; coiiiis masc. breviter pedunculalus 13-l/i i)oll. alliis, aii- dro[)byllis nibiginoso-tomcntosis cuncatis (cxccpto aciiniinc siibii- lalo rcfracto-aiTCcto scmipoHicari) 9 lin. longis, () apicc lalis; carpopbylla bruneo-tomentosa elongata gracilia(iisquo lO-l^ poil, longa), lamina sterili parva triangulari basi intégra caîtcriini suij- spinoso-pauci-pectinata (segmentis glabris ccntrali miilto uiajori), pluri-(iisque 8-) ovulata; semina inatnra ellipsoidca Icvitcr com- pressa, '2-3 poil, longa. — Prope Aijcr Ihinnus et Tabong (.Ma- lacca), ubi probabiliter plantata. Obs. Cycadis species scxta Gkht., /. c, p. 1() et [)rop. lab. 377, absque nomine descripla, in Mcnjui délecta, in lilloribus maris unibrosis prope Cliedea copiose [)roveniens, videtur eadem ae C. Ilumphii. La valeur de ces espèces, qui du reste paraissent être très- caraetérisées, ne pourra être jugée que par une comparaison ulté- rieure avec les écbantillons originaux. Ce n'est qu'à l'égard de (piel(pies-nnes de ses espèces que GrilTilli déclare les avoir com- parées à d'autres pour fixer les différences. En outre, il iaul tenir compte de ce que les dcscri[)tions datent d'époques diverses de la vie active de l'auteur, et qu'elles ont tous les caractères de simples annolalions préliminaires. — En comparant ses figures de C. 'len- kinsiana et de C. pectitiala (sans autorité), il m'a été impossible de saisir une différence entre ces deux espèces. Or il est très- probable qu'il a connu le Ct/cas pedinata IIam., et, par suite, il est i)ernns de su[)poscr ([ue le nom de JcnJdnsiana n'était que provisoire. Si Griffilli les avait réellement regardées comme des espèces distinctes, il aurait iudubilablcmcul l'ait menlion de leur POUIl SLKVIIV A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 355 rcssciublnnce prononcée et de la manière dont elles diffèrent. — J'ai décrit précédemment un cône mfde de C. pectinata^ qui m'a été communiqué du jardin botanique de Calcutta. Aussi longtemps toutefois que l'identité du C. pectiiiala Ham. avec le C. pectinata des Nolulœ de Griffith, et de celui-ci avec le C. Jenkinsia?ia Gru-t., ne sera pas démontrée, ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de ne rien changer aux noms actuels. Je n'ose décider si le C. circinalis que Griffith mentionne (/. c, p. 2 et 5) est l'espèce véritable, fondée sur les tlgurcs de ÏHortus Malaharicus^ ou bien le C. Rumphii, qui porte le nom de C. cir- cinalis dans le jardin botanique de Calcutta et dans les ouvrages de Roxburgh, La description du carpophylle, qui se trouve page 5, ne s'accorde pas avec le C. Rumphii. C'est avec plus de confiance (juc je rapporte à cette dernière espèce, d'après la forme du car- pophylle, que Griffith décrit clairement, son Cycas n" 6 [Notidœ^ p. 16). Delà remarquable espèce sans épines de la Nouvelle-Calédonie, Cycas Armstrongii Miq., j'ai reçu de l'étafjlissement de M. Van Houlte, à Gand, une feuille qui évidemment a appartenu à une plante plus âgée que la feuille de Kew dont il a été question plus haut; toutes deux proviennent du reste de la même espèce, mais elles diffèrent un peu, par des folioles plus longues, de la feuille rapportée dePort-Essington. — La feuille enhère (de Van Houlte) est longue de plus de 2 pieds; pétiole entièrement dépourvu d'ai- guillons, cylindriquc-triquètre, d'un vert foncé; folioles conformes à la description donnée précédemment, mais au nombre de 20 à chaque côté, les plus grandes longues de 8 pouces, larges de 5 lignes, les inférieures longues de 5 {- pouces. Excephalartos. — Macrozamia. Je n'ai que [)eu de chose à ajouter au sujet des genres Ence- phalarios et Macrozamia. J)e VE. Ghellinkii Lem. [Zamia Hort.) rapporté à VE, cyca- difoUus, j'ai reçu un exem[»laire origmal, d'un àgc peu avance. 356 NOUVEAUX MATÉfUAUX Tronc ovoïde, à laine épaisse; cinq feuilles, mesurant en lon- gueur, avec leur court pétiole, 2 pieds, et en largeur 4-2 ^pouces; folioles très-nombreuses, linéaires-étroites, insérées presque hori- zontalement, longues de 2-1 J pouces, convexes en dessus, con- caves et de couleur pâle en dessous; pétioles et rachis laineux et quadrangulaires comprimés. Sous le nom de Zamia cycadifolia^ M. Verscbaffclt a envoyé au jardin botanique d'Utreclit le rare E. caffer : feuilles, y compris le pétiole (qui mesure J ^ de pied), longues d'environ 2 pieds; folioles au nombre de 50-56 à cbaque côté, les moyennes longues de 3 pouces et larges de S lignes, du reste répondant sous tous les rapports à la description donnée antérieurement. Du Macrozamia PauliGuilielmi^ M. Van Houttc m'a envoyé des feuilles de 3 pieds de longueur, comptant 170 folioles à chaque côté. Je dois aussi à la bienveillance de MM. Haage et Schmidt d'Erfurt (dans le célèbre établissement desquels celle espèce, introduite d' Australie sous le nom d'£'. villosus, a fleuri au mois d'octobre 1868 ) communication d'une figure du cône maie en fleur. — J'ai reçu encore de M. Van Houttc des feuilles du M. tenuifolia Wori. Kcw., lesquelles m'inspirent quehjues doutes au sujet de la réunion de celte espèce avec le M. Pauli Guilielmi. Zamia. -— Cep.atgzamia. Le genre Zamia^ tel qu"il est circonscrit aujourd'hui, forme un groupe très-naturel, surtout depuis que M. Brongniart en a séparé le genre Ceratozarnia. I^n ce qui concerne les caractères tirés des androphylles, je dois toutefois répéter la remarque déjà faite antérieurement, que, dans aucune espèce, ces androphylles ne sont exactement pelles, mais qu'ils inclinent toujours i)lus ou moins vers la forme en coin, de sorle qu'il n'existe pas de limilc fixe entre le stipe et le pclta. Entre les degrés extrêmes de celle modificalion, il y a un passage continu d'une espèce à l'aulre. C'est pour ne pas avoir connu cette circonslance, que j'avais cru autrefois pouvoir diviser le genre Zamia qu seclions d'après celte POUR SERVIR A LA CONNAISSANCF: DES CYfADÉES. .^57 différence, et que j'avais proposé comme type d'une de ces sec- lions, Microcycas, le Z. calocoma, qui à cette époque se trouvait encore très-isolé. Mais l'étude d'un plus grand nombre d'espèces me convainquit bientôt que cette classificntion ne pouvait se sou- tenir. Dans les Z. Brongnnrtii et Z. Pœppigiana^ qui du reste diffèrent tant de l'espèce que je viens de citer, on trouve la même tendance à affecter la forme en coin, fait sur lequel ^r. Grisebacb (Calai, pi. Cuhens., p. 217) a encore attiré l'attention tout récemment, et que j'avais déjà signalé dans le Prodr. sijst. Cycad., p. 23. Pour ces raisons, je ne puis en aucune façon suivre M. A. De Candolle, qui reconnaît à cette section Microcycas une valeur encore plus grande et qui l'élève (Prodr., XVI, p. 538) au rang de genre distinct. J'attribue ce résultat à la circonstance que l'auteur, sur les 26 espèces mentionnées par lui, n'en a vu que 6, et encore seulement en échantillons desséchés et incomplets. — La distribution des espèces en groupes est, dans le genre Zamia comme dans tous les genres naturels, chose difficile. M. De Can- dolle propose deux groupes, nommés l'un Chigua, Vnutve Euza- mia : le premier, à « pelloe mascuiae heptagonoe » (c'est-à-dire à six faces latérales et une face externe, avec stipe large); le second, à « peKae superne vix inflaf* subconvexae plus minus hexagonoe, wfacicbus lateralibus nullis aut vix distinctis, stipile angusto » . Mais cette classification est artificielle, ne fournit pas de ligne de dé- marcation, et repose sur une appréciation morphologique inexacte des androphylles, lesquels, tous construits siu' un même modèle, ne subissent que des modifications légères. Et, en effet, dans l'application de cette méthode, les espèces les plus disparates se trouvent rapprochées l'une de l'autre, tandis que des espèces analogues sous tous les rapports sont séparées par de grands intervalles. Entre les genres Zamia et Ceratozamia il existe une différence plus profonde que ne l'indiquerait le fait seul d'avoir des peltœ inermes ou pourvues de deux cornes. Aux caractères que j'avais signalés autrefois on en a ajouté plus tard d'autres, empruntés à 358 NOUVE\UX MATÉRIAUX la structure anatomique de la tige et des feuilles, et dont j'ai fait mention plus haut.— Quant au Lepidozamia de Regel, dès \S&2 je l'avais fait connaître comme espèce de Macrozamia^ de sorte que ce genre doit être entièrement supprime. Dans la détermination des espèces du genre Zamia^ et l'on peut dire de toutes les Cycadées, on rencontre des difficultés assez sérieuses. Rarement on est embarrassé de distinguer le genre, môme quand il s'agit d'exemplaires stériles. Mais l'espèce ne s'offre ordinairement à nous que dans un seul exemplaire, et des différences d'Age, ainsi que des modifications individuelles assez notables, viennent compliquer l'appréciation. Il est à noter en effet que chez les Cycadées les caractères individuels s'accusent telle- ment, que des pieds de la même espèce, parvenus au môme âge, montrent encore des différences manifestes. Des exemplaires complets, avec tige et feuilles, ne se trouvent en général que dans les jardins botaniques, tandis que les exemplaires sauvages ne sont représentés dans les herbiers que par leurs feuilles, et quelquefois seulement par leurs cônes. Les Cycadées é[irouvent aussi des changements frappants par la culture. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à comparer, par exemple, des pieds différents de Zamia integrifolia dans les jardins botaniques. En regardant la figure du Botanical Magazine [[^h. 1850) comme l'image du type vrai et invariable de l'espèce, on serait conduit à édifier toute une série d'espèces distinctes. Le Cycas revoluta existe dans nos jardins avec des pétioles tantôt longs, tantôt courts, avec des folioles longues ou courtes, rapprochées ou distantes, étroites et plus ou moins enroulées, ou larges et planes. Les folioles du Cycas Rum- phiiei des espèces voisines deviennent d'autant plus étroites que la température est plus basse. Le Cycas siamensis développe dans nos serres des feuilles qui diffèrent, sous une foule de rapports, de celles que portaient les mêmes exemplaires lors de leur intro- duction de Siam en Europe. Ces variations, toutefois, ne dépendent pas uniquement des influences extérieures, elles sont aussi en partie individuelles. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 359 Dans qiie](|ucs groupes, ces difficiiUcs se font sentir à un très- haut degré ; en ce qui concerne le genre Zamia, ce sont les petites espèces à folioles étroites [angustifolia^ Yalesii^ slricla^ etc.), qui, déjà très -semblables entre elles, varient considérablement, suivant l'âge, la culture, etc. Le nombre des folioles, par exemple, aug- mente continuellement avec l'âge, et leur longueur ainsi que leurs nervures subissent des changements remarquables. — Des exem- plaires reçus récemment de plusieurs jardins belges m'ont permis de faire à ce sujet quelques observations, que je vais faire con- naître en même temps que la description d'une espèce nouvelle. Zamia Yatesii. Juvenilis sed jam fructifera profert folia petiolis elongatis, lamina brevi dense foliolata, foliolis utrinque v. c. 10; adullior foliis ratione laminœ brevius (f ped.) pctiolatis, lamina longiore (1 f pedali), foliolis densis vel distantioribus 4 5-22 utrinque, usque 7 f poil, longis, 2-7-nerviis. Compagc foliolo- rum flaccidiore iisque apice pauci-serratis cœterum inter affines distincta, cum Z. angusti folia Jacq. quatenus ex ejus icône et exemplari audi. a me antea explorato constat, haud conjungi posse videtur. Zamia angiistissima. Exemplaris provectioris folia hic descri- bam : pelioli ima basi valde dilatati cœterum subsemiterctes, 3-4 { poil, long! ; rhachis pedalis vel longioi", foliolis utrinque 2/i-32 subsequilongis, 6|-8 poil, longis, rhachi antice planiusculse insertis, inferioribus opposilis, superioribus fere vel omnino alter- nis, basi parum angustatis, versus apicem pedetentim attenuatis, in apicem integerrimum extremo subteretiusculum acutum termi- natis, in universum valde augustatis, vix 1 lin. latis, marginibus leviter incrassatis et subrevolutis, supra in vivo planis vel leviter convexis, subtus nervis prominulis 3, quorum médius centricus vel leviter excentricus, passim subquinquenerviis, laterali nervo lum utrinque sub margine recondito ; siccatorum nervi supra dis- tinctiores évadant et hac in rc ex aetate et compage differentiae observantur, — Hsec Z. striclœ ccrtc pcrquam affinis, apice 360 NOUVEAUX MATÉRIAUX foliolorum intcgerrimo in his provectioribiis ctiam i(a observalo ab ea constanter diffère videtiir. — Probabiliter hue pertinet Z. muliifoliata A. DC. Prodr.^ l. c. \). 5/i5. Sous le nom de Zamia Polemkini, on trouve depuis quelque temps une espèce dont je n'ai vu que des exemplaires jeunes, lesquels pourraient peut-eire appartenir au Z. Loddigesii. Truncus ellipsoideus, perulis e basi lala abrupte lanceolatis cuspidatis; petiolus aculeatus ; foliota elliplico-oblonga, superiora et foliorum aliorum magis lanceolala, ab{ longitudinis ab apiee inde serrulafa, utrinque attenuala. Zamia floridana A. DC, /. c, p. 5/i/i, est le vrai Z. pumila de Linné. Pursh l'avait trouvé dans la Floride : «Z. integrifoUa))', des échantillons recueillis plus tard par M. Torrey, dans le même pays, m'ont été communiqués par M. Asa Gray, et c'est de la même source que provient l'espèce décrite par M. De Candolle. Dans sa Flora Americœ sept., II, p. 6/i8, Pursh dit : « Dans la Floride orientale, cette espèce ne se trouve qu'en Floride, car toutes les recherches que j'ai faites pour la découvrir en Géorgie sont restées sans succès. » — Or M. De Candolle cite, au sujet du Z. pumila : « Florida (Torrey) »; et il est évident que, dans les deux cas, il s'agit de la même plante. Zamia Ferschaffeltii, n. sp. Petioli aculeati teretiusculi apice tetragoni; rhachis dorso convexa antice bifacialis; foliota pauci- juga basi lata rhachi antice inserla (basibus oppositorum prorsus conliguis) lalo-oblongove-lanceolata sensim aeuminata, basi nunc supra jnunc infra convexiora, in margine superiorc rectiore ad | ab apice, in inferiore ad { spinoso-serrulala, coriacea, luclda, nervis 30-35 simplicibus paucioribusque bitidispellucidis utrinque prominulis striulata. A Z. muricata differt : foliolis crassioribus, ratione tblii majoribus, basi lata magis in antica rhacheos facie quani in iateribus insertis (itaut, ubi opposita sunt foliota, iiisertiones plane sint contigute), supra basin POUR SRRYIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. oGl vix conslrictis, per totam loiigitudinem magis œquilatis nec ad formam ellipticain tendenlibus, nervis ulrinque promineulibus striatis, petioli dense, aculeati t'ornia, denique patria. — l'lanla3 adultioris (runcus sub- conicus senjipedum altiis, inferne \ pedis crassus, des([uaniatus. folia pauca tantum adsunt. Pctiolns proprius 10-14 poil, longus ex olivaceo pallide fusculus, aculeis teretiiisculus tenuibus apice pallidis palentibus vel leviter decurvis, rectls vel levitei' arcuali;--, prœsertim in parte !- infe- rioie petioU conCertis armatus, ima basi snbstipidaceo-dilatalus, caîterum pra^er supremam parteni obtuso-tetragonam leretiusculus, pennam oloi'inam crassus, li/iac/iis tenuior inter suprema foliola in apiculum mucronilbrmem rigidum aculum excurrens, dorso convexa, anlice bifa- cialis, acie obtusa interjecla, ubique inermis, ^ pedem longa, sed proba- biliter etiam longior, viridis. Foliola tere opposita vel supposita vel fere alterna, sed propter insertionem latam etantice sitam opposita contigua, 5-juga vel jiigis pauilo numerosioribus, crasse coriacea, sed flexibilia, supra saturateviridia Uicida, subtus pallide gramineo-viridia.margiiiibus Iwvibus leviter incurva, supra basin insertionis ^ poUicem perpendicu- lariter latam non nisi leviter augustata, ;equilato-lanceolata sursum sensini augustata in acumen acutuni, serraturis versus apicem pedetentim coufertioribus demumconferlissimis^ recta vel lœviter l'alcata, basi nunc supera nunc infera convexiore, in universum margine superiore rectiore, inferiore (nec constanter) leviter convexiore, nervis in medio f'oliolo 30-35, aliquibus, et infra t tblioli longitudinem, bifidis striulata, 9-12 poil, longa, 1 [ -1 1 vulgo pauilo infra médium lata. Ex imperio Mexicano introduxit A. Verscbaifelt, qui in Catalogis Z. fascam latifoliam dixit. Système. D'après les principes aujourd'hui admis, le groupement des geni^es suivant leui\s affinités mutuelles repose sur les caractères morphologiques, eslimés selon leur valeur relative. Dans le cas présent, il est impossible de prendre en considération l'élément paléontologique, l'aftinité d'après la généalogie, vu que nous ne connaissons pas suffisamment les relations des Cycadées de la période actuelle avec celles des époques précédentes. M. A. De Candolle a fait à la classification que j'avais suivie dans le Prodromus syst. Cycad. qucliiues modifications, qui, tout en paraissant de peu d'importance au premier abord, sont pour- o62 NOUVEAUX MATÉRIAUX tant le résultat d'une appréciation des caractères à laquelle je ne puis me rallier. — Ce n'est peut-être qu'un changement superdu d'avoir remplacé le nom de ma première tribu, Cycadinœ, par celui de « Cycadeœ » (pour la famille entière, c'est le terme « Cycadaceœ » qui a été^choisi). — Mais il en est autrement lorsque le savant antenr réunit mes 2' et 3" tribus, Stangerieœ et En- cephalarleœ, en une seule « Encephalarteœ » , qu'il partage ensuite en deux sous-tribus (« Stangerieœ et Encephalarteœ »). La diffé- rence entre ces deux groupes est si essentielle, que j'applaudirais plulôt à un changement desliné à marquer une opposition plus tranchée, qu'au changement en sens inverse dont il est ici ques- tion. — Placer le genre Diooti dans la tribu des Encephalarteœ me paraît un classement très-inexact, tant à cause de l'insertion des folioles, laquelle est plutôt articulée que non articulée^ qu'à cause de la forme des androphylles, ({ui sont construits d'après le type de plusieurs espèces de Zamia (par exemple des Z. LimUeyi, Brongniarili, etc.). Il faut ajouter à cela le mode différent de croissance des tiges et l'absence des interruptions caractéristiques dans la couche du cambium, par laquelle toutes les Cycadées américaines se distinguent des Encephalarteœ^ et dont j'ai fait mention dans la cinquième partie de ces Matériaux. Il en est de môme des cellules spéciales, semblables à des cellules libériennes, de l'épiderme des feuilles, lesquelles sont propres aux genres américains. Je fais suivre ici un tableau de toutes les Cycadées, rangées d'après les affinités naturelles. Ord. GYCADE/E. Tiib. I, CYCADIN/E. I. Cycas LiNN. § 1 . OvLilis tomentosis eniersis. 1. C. rcvolutaTnuNB. — Ludens : « planitblia, jS brevifrons, y inermis (C. inormis Mio. in Cat. Horl . Anistel. excJ. s-yn. Lour.]. POim SERVIR A L\ CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 363 § 2. Oviilis glabris, carpopliylli marginibus basi immersis. a. Petiolo lateribus spinuloso. 2. C. siamensis Miq. 3. C. dilatata Gimff. h. C. Jenkinsiana Ghiff. 5. C. pt3ctinata IIam., ciim piwced. iillro eonCcreiKbi. 6. C. circmalis Linn. 7. C. modia R. Br. 8. C. aiigulata II. Br. 9. C. macrocarpa Griff. 10. C. gracilis Mio. 11. C, spbaM'icrt KoXB. 12. C. RumphiiMiQ. 13. C. Thouarsii R. Br. 14. C. Riuminiana Hort. Mosqu. Dubia3, stériles, supra (in parte 1) eriumeratai hic oniissœ. b. Petiolo inermi. 15. C. Annstrongii MîQ. Tiib. II. STANGERlEyï:. II. btangeria Th. Moore. 1. St. paradoxa Ejusd. Trib. IIL ENCEPHALARTE^. III. Macrozamia Mio- § 1. Genuinœ, 1. M. Fraseri Miq. 2. M. MiqiieliiFR. Muell. 3. M. spiralis MiQ. h. M. Macdonelii F. Muell. 5. M. Oldfieldii Miq. 0. M. Maclcayi Miq. § 2. Parazamia Miq. 7. M. Paidi Guilielmi Hill et F. Muell. § 3. Lepidozamia Miq. 8. M. Perolïskvana Miq. 36/t NOUVEAUX MATÉRIAUX IV. Boweida Hook. fil. 1 . B. spectabilis Ejusd. V. Encephalartos Lehm. §1. Foliolis linearibus. 1. E. cycadifolius Lehm. 2. E. pungens Lehm. 3. E. tridenlatus Lehm. § 2. Foliolis lanceolalis. h. E. elongatus Lehm. 5. E. Lehmanni Eckl. G. E. loiigifolius Lehm. 7. E. lanuginosus Lehm. 8. E. caffer 3Iio. § 3. Foliolis ellipticis oblongisvc, utplurimuni ulroqutî margiue spinulose deiitatis. 9. E. villosus Lemaibe. 10. E. Altensteinii Lehm. — (3 semidenlatiis, — y erioceplialus. § h. Foliolis lalis glaucis pra3sertim niargine inferiore lubato- dentalis. H. E. liorridus Lehm. — (SHallianus, — y aquitulius. 12. E. lalifVons Lehm. Trib. IV. ZAMIE^. VL Dioon Lindl. 1. D. ediile Lindl. — ^ imbricatum, — y angustifoliuni. VIL Ceratozamia Ad. Brongn. § 1. Genuinœ, petiolis acideatis, foliolis prœsertim juvenilium latiusculis. 1. G. mexicana A. Brongn. — Pro aetate valde diversa. 2. G. Miqueliana H. Wendl. § 2. Species petiolo inermi foliolis lineari-angustis insignis. 3 . G. Kuesteriana Regel. POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DES CYCADÉES. 365 VIII. Zamia Linn. , excl. sp. § 1. Petiolis aculeatis, foliolis mngnis. a. gl abris. 1. Z. Skinneri Warcz. % 2. Z. muricata Willd. 3. Z. Lockligesii iMiQ. b. subtus furfuraceis, U. Z. furfuracea Ait. c. multijugis angustis. 5. Z. Lindleyi Warcz. 6. Z. spartea A. DG. Piwïr. § 2. Petiolis iiiermibus. a. Foliolis lalis vel latiusculis. f apice obtuso irregulariler serrulatis. 7. Z. integrifolia Ait. 8. Z. debilis Willd. 9. Z. média Linn. 10. Z. pumila Linn. ff apice obtuso velacuto aut acuminato magis distincte serrulatis, serra turis quandoque et in margines descendentibus. 11. Z. Pœppigiana Mart. et Kichl. 12. Z. Fischeri MiQ. 13. Z. Kickxii Miq. 1^. Z. OttonisMiQ. 15. Z. pygma3a Sims. b. Foliolis lariceolatis. ■|- integerrimis. 16. Z. calocoma Miq. 17. Z. pseudoparasitica Yates. •{"j- soTulatis. 18. Z. Brongniartii Wedd. 19. Z. lenuis Willd. 366 NOUVEAUX JIATÉkIAUX c. Foliolis auguste linearibus, 20. Z. Yatesii Miq. 21. Z, aiigustil'olia Jacq. 22.. Z. stricta Miq. 23. Z. angustissima Miq. Le nombre total des espèces anjourd'lmi l'oiinues, et distribuées en huit genres, s'élève donc à : Zamia 23v ^yc^^ ^^ jSomme des espèces vivantes : 6/», dont : Encephalartos 12 j Macrozamia sf Amérique 27 Ceratozamia 3/ ^/■''''?"^ (1) ^^^ Dioon 1\ ^^'^(2) 11 Bowenia .... 1 ] Nouvelle-Nol lande 13 Stangeria 1/ En comparant cette classification avec le tableau donné dans le Vrodromus DC, on remarque plusieurs différences, dont quelques- unes ont déjà été signalées ci-dessus ou bien sont suffisamment intelligibles d'elles-mêmes; mais il y en a d'autres, au sujet des- quelles je veux donner quelques mots d'explication, pour autant qu'elles ont rapport à la synonymie ou à la nomenclature, ou qu'elles sont de nature purement systématique. Je n'entre dans aucun détail morphologique ou anatomiquc, ces sujets n'étant pas traités dans le Prodromus DC. Cycas celebica Miq. , Commentar. phijlogr. , p. 126, fait partie des synonymes de C. Rumphii. Il en est de même de C. circinalis Pijavana. — C. Thouarsii R. Br. est regardé comme douteux par M. DC. Mais il y a d'autant moins lieu de supposer que Du Pelit-Thouars n'aurait vu à Madagascar que des exemplaires cultivés, que l'on a trouvé aussi un Cycas à Vile Maurice, proba- blement le même que celui qui est indubitablement indigène aux (1) Sans Cycas. (2) Y couipiis le Cycan Tliouarsiù POUR SliUVIR A LA CONiNAISSANCE DES CYCAUÉES. 367 îles Comorea. La figure que Du Pelit-TIiouars a donnée du carpo- phyllc fait connaîlrc celte partie commie si bien caractérisée, si différente de ce ([u'elle est dans toutes les autres espèces, que, à moins de soupçonner cet auteur d'une inexactitude grossière, il n'y a pas de motifs de rejeter le (\ Tlwuarsii de R. Brown. Le C. inermis décrit [lar Loureiro doit, d'après la communica- tion de M. Caruthers, relative à l'exemplaire stérile du Britisli ÎMuseum, disparaître comme espèce, ainsi que M. A. De Candolle avait eu la bonté de me le faire savoir. De VEncephalarlos longifolius, il faut exclure les deux variétés que j'y avais rapportées; la varietas Hookeri DC. est le vrai représentant de l'espèce. — A VE, caffer appartient, non comme variété, mais comn^.e simple synonyme, VE. brachyphyllus. Dioon strobilaceum est le même que D. eduk. Le nom de Zamia Chiyua Seem. doit, en toute justice, s'efl\i- cer devant celui de Z. Lindleyi. — Z. spartea DC. est une des rares Cycadées que je n'ai vu ni à l'état vivant, ni à l'état dessé- ché; mais, d'après la description détaillée, je la regarde comme une espèce bien dislincle. — Z. lalifolia Lodd., dont je n'ai vu quedes folioles et dont la plante mère a disparu, n'est pas, suivant toute probabilité, une espèce, mais un jeune état du Z. furfuracea. — Z. mexicana Miq., adopté par DC, est une des jeimes formes de l'espèce si variable Z. Loddigesii. — Z. Galeotii De Yiuese n'est autre chose (juc le Ceratozamia mexicana Brongn. Les espèces de Ceratozamia que j'avais admises antérieurement sont placées par M. A. DC. parmi les espèces douteuses. Comme les caractères que j'avais mentionnés ne se sont pas montrés con- stants, j'ai ramené ces espèces au C. mexicana. Par rapport aux deux autres espèces, elles offrent de grandes différences. Il reste d'ailleurs toujours inccriain si la connaissance des organes de la fructification ne conduirait pas à distinguer un plus grand nombre d'espèces. SOCIETE LINNEENNF. DE l'A!\IS Extrait des procès -verbaux. SÉANCE DU 23 DÉCEMBRE 18G8. Le Président annonce la présentation de quatre membres nou- veaux : MM. D. Brandza, professeur à l'université de Jassy. F. Hérincq, préparateur au Muséum. J. Poisson, id. E. Tison, étudiant en médecine. M. E. MussAT. — Sur (e genre Cupularia Giien. et Codr. — L'éta- blissement de ce genre aux dépens de quelques espèces fran- çaises du genre Inula repose sur une erreur d'observation. Les plantes dont il est question n'ont pas le fruit couronné d'une dou- ble aigrette, comme l'admettent les auteurs de la Flore de France, mais bien d'une aigrette simple. Chacun des poils de cette aigrette se montre terminé à sa base par une sorte de renflement gib- beux, au niveau duquel il se rompt facilement à la maturité du fruit. Celui-ci reste alors surmonté d'une sorte de cupule fortement crénelée, qui a pu paraître indépendante de l'ai- grette plumeuse, mais qui n'en est en réalité que la base. Le genre Cupularia parait, en conséquence, destiné à disparaître de la nomenclature. M. E. Bureau. — Sur les fruits du Cresccnlia Cujcte. — Ces fruits, mûrs et frais, arrivés ce jour môme du Bi'ésil, sont en parlait état de conservation. Le groupe des Cresccntiées est actuellement, selon l'auteur, un mélange de types dont les uns sont des Bignoniacées, dont les autres doivent être réparlis entre plusieurs familles voisines. M. A. Buui'.GEois. — Sur le développement du lladis. — Le SOCIÉTÉ LIINNÉENINE DE PAHIS. 369 Radis olTre uiio parlicularité singulière, résultant de la présence, à sa partie supérieure, de deux sortes d'oreillettes descendantes, dont on a expliqué l'origine de diverses manières, et auxquelles Gaudichaud, qui pensait qu'elles provenaient de la couche externe de la tigelle, déchirée par le grossissement des parties sous-ja- centes, donnait le nom de gaîne cotylédonaire. L'étude histogénique du Radis, depuis le commencement de sa germination jusqu'à l'âge adulte, a amené l'auteur aux conclusions suivantes : Au-dessous des cotylédons, la couche des cellules corticales acquiert une grande épaisseur. Dans la zone moyenne de cette épaisseur, les cellules deviennent de plus en plus grandes, comme plus disten- dues, et plus lâches ; elles finissent par se flétrir. Elles détermi- nent ainsi la séparation complète del'écorce en deux couches: une, qui entoure le hois, et une extérieure, qui enveloppe la fiartie hypocotylée de la tige et une plus ou moins grande hauteur de la racine. Cette séparation de la couche externe n'est pas d'abord visible à l'extérieur; mais la racine, s'allongeant, sort bientôt de son étui qui ne croît plus, et, en grossissant, elle le déchire en deux sortes d'oreillettes qui se flétrissent de bas en haut. Le Radis a donc une coléorhize, analogue à celle des Monocotylédones, mais de formation plus tardive. Celte racine semble acquérir l'aspect tubéroïde par suite, exclusivement, du développement considé- rable de son tissu cellulaire. On voit facilement, sur les coupes, que les faisceaux fibro-vasculaires sont devenus relativement rares et dissociés, à mesure que les cellules sont devenues plus nom- breuses et plus grosses. Elles ne se remplissent pas d'ailleurs de fécule, mais d'un liquide acre, facile à en exprimer, et qu'on ne retrouve plus quand ces cellules ont disparu. SÉANCE DU 13 JANVIER 18G9. La Société procède au vote pour le renouvellement du Bureau et du Conseil d'administration. Sont élus à la majorité dos voix : MM. Bâillon, i)résidcnt. MussAT, secrétaire -trésorier. IX. (Décembre 1870.) 2U 570 SOCIÉTÉ LlNNÉliNNE UK PARIS. MM. Ramey, BOCQUILLON, f , , ^^ ., .- > membres du Conseil. Marchand, l Brandza, J SÉANCE DU 17 FÉVRIER 1869. M. E. MussAT. — Observations sur l'aigrette des Composées. — L'étude de la structure anatomirjue et des développements de l'aigrette des Inula, Pulicaria, etc., porte l'auteur à mettre en doute la nature caîicinale de cet organe. M. H. Bâillon. — Absorption de l'eau par les feuilles. — Exposé d'expériences diverses tendant à démontrer que cetle absor[)tion se produit, dans certains cas, en quantité suflisantc pour empocher la mort des parties. SÉANCE DU 10 MARS 1869. M. A. Bourgeois. — Sur l'ordre et le lieu d^ apparition des fais- ceaux vasculaires dans la graine en germination. — Comme des graines mutilées auraient vite pourri dans la terre, elles ont été placées dans le pétiole renflé du Pontederia crassipes. Les graines employées étaient celles du Haricot, qui ne renferment pas de trachées quand elles n'ont pas commencé à germer. 1" Une graine de Haricot, dépouillée seulement de ses deux enveloppes, a bien germé : les deux ])remiers faisceaux de trachées se trouvaient à l'insertion des cotylédons; leur moitié supérieure dans la base du cotylédon, leur moitié inférieure dans la zone de cambium de l'axe, lequel cambium se continue avec celui des cotylédons. 2° Les cotylédons, détachés, sont seuls placés dans le Pontederia. On n'y trouve jamais de trachées, bien que ces cotylédons volu- mineux renferment, à la place où seront les nervures, des filets de matière amorphe, analogue au cambium de la zone généra- trice de l'axe. SOCIÉTÉ LIlNNÉENNK DE PARIS. 371 3" On place dans les mômes conditions le jeune axe avec sa gemmule seule ; la base des cotylédons a été enlevée complète- ment. Dans ce cas la plantule ne vit pas plus de deux jours ; mais cela sut'lit pour y voir naître une trachée ou deux, accolées; leur partie inférieure, qui est la plus longue, située dans la zone de cambium de l'axe; leur partie supérieure pénètre un peu dans la base du pétiole de la première feuille de la gemmule. Donc : I. Pour qu'il se formât une trachée, il a fallu à la fois la présence de l'axe et celle d'une feuille cotylédonaire ou d'une feuille de la gemmule. II. Le premier faisceau trachéen s'est toujours montré, en partie dans la zone génératrice de l'axe, et en partie dans la base d'un cotylédon ou d'une feuille de la gemmule ; c'est-à-dire à l'en- droit où le cambium de l'axe se continue avec le cambium d'un appendice. M. L. Neumann. — Végétation aquatique d'un Livistona aus- tralis. — Placé dans l'eau, où il développa de nombreuses racines adventives, ce Palmier, habitué graduellement à ce milieu, tandis qu'on le cultive ordinairement dans des lieux secs, a pris un énorme développement. M. E. Ramey. — Sommeil des cotylédons des Légumineuses. — Dans le Mimosa jmdica^ le Clianthus Dampieri^ etc. , les cotylé- dons, à peu près horizontaux pendant le jour, se relèvent le soir de manière à se rapprocher beaucoup de la verticale. M. Bâillon a fait remarquer que celte diicction est celle que prennent pendant le sommeil les feuilles du Portulaca oleracea. SÉANCE DU lli AVRIL 1869. M. A. Bourgeois. ~ Sur la végétation d'un Saule creux. — Dans un point où le tronc était réduit à l'écorcc, un bourgeon advenlif s'était développé extérieurement en un rameau feuille. Celui-ci, a[»rès avoir traversé l'écorce, descendait verticalement 372 SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE PARIS. jusqu'au fond de In cavité où il avait émis de 'nombreuses racines fixées dans la terre accumulée à ce niveau. M. H. BocQuiLLOiN. — Développement du gynécée dans la Pa- riétaire et la Rhubarbe. — Le dévelop[)ement organiiiuc et analo- mique démontre que les faisceaux fibro-vasculaires du carpelle sont, dès leur naissance, complètement distincis de ceux qui tiennent au hile. Des observations laii.es sur les pistils les plus différents montrent que toujours les faisceaux fibro-vasculaires des carpelles naissent cl restent parfaitement distincts de ceux du réceptacle floral qui, à l'âge adulte, semblent se conlinuer dans les ovules. M. L. Marchand. — Organogénie de focrea des Polygonées. — Cet organe ne commence pas par deux mamelons latéraux, comme cela aurait lieu si Ton avait affaire à deux stipules, mais bien par un bourrelet circulaiie dès le début. SÉANCE DU 9 JUIN 1869. M. D. Brandza. — Sur ranatomie du M cnyi\nihes. — Dans le rhizome, il y a, entre l'écorcc proprement dite et le bois, une cou- che épaisse d'un parenchyme particulier, à rangées de cellules cir- conscrivant de grandes lacunes de forme variable. Ce parenchyme communique avec la moelle par des traînées cellulaires. Dans ces cellules, il y a des granules et des masses protoplasmiques. Les faisceaux fibro-vasculaires comprennent des vaisseaux scalari- formes. M. H. Bâillon. — Sur certaines fleurs hermaphrodites du Co- rylus Avellana. — Outre les fleurs mâles dont l'épanouissement a lieu en hiver et qui sont flétries depuis longtemps quand les fleurs femelles renferment des ovules, l'aufeur a conslaté cette année, aux mois de mai et de juin, qu'il y a çh et là des fleurs anormales à gynécée déjà bien dévelop()ép et (pii portent sur l'ovaire uncpcli(e SOCIKTÉ LINNÉENNïï DE PARIS. .373 étamine à anthère normale, pleine de pollen. Celui-ci servirait-il, à celte époque, à la fécondation? SÉANCE DU 9 FÉVRIER 1870. La Société procède au renouvellement de son Bureau et de son Conseil d'administration. Sont nommés à la majorité des siiflVa^es exprimés : MM. Bâillon, président. MussAT, secrétaire-trésorier. Ramey, a BOCQUILLON,/ , T ^ ., > membres du Consen. Bureau, i Poisson, J M. H. Bâillon. — Sur la disséminalion des noyaux du Dors- tenia Contrayerva. — Le fruit des Dorstcnia est une drupe, comme celui de tant d'autres Artocarpées. Le mésocarpe de cette drupe, très-mince sur les deux faces du fruit, s'épaissit sur les bords, et forme là une sorte de pince à branches très-élastiques , qui pressent sur l'endocarpe et le chassent avec élasticité à une dis- tance relativement considérable. Le Dorstenia projette donc, à la maturité, non ses graines, mais ses noyaux. M. Bureau. — Sur plusieurs genres peu connus d' Artocarpées de la Guyane. — Le Perebea guyanensis Aubl. est la plante que M. Trécul a désignée sous le nom iVOlmedia? grandifolia; et le Maquira guyanensis Aubl. est identiijue avec le Perebea lauri- folia Tréc. Les genres Maquira et Perebea sont évidemment très- voisins l'un de l'autre par leurs fleurs maies réunies en nombre considérable (plus de cent) sur un réceptacle discoïde et couvert en dessous de bractées imbriquées, assez semblable, par conséquent, au réceptacle des Composées; par leurs fleurs femelles, groupées en nombre bien moindre sur un réceptacle analogue ; par leur stigmate à (]eu\ lobes ovales, très-courts, etc.; mais ils se distiu- 374 SOCIÉTÉ LINNÉF.NNR DE PAHIS. gucnt très-bien par la situation de l'ovaire, qui est supère dans le Perebea et infère dans le Maquira. Nous voyons ici un caractère réputé du premier ordre perdre ti'llenient de sa valeur, qu'il ne peut plus servir qu'à la distinction des genres. C'est, du reste, un fait général que le changement de valeur d'un même caractère suivant les groupes naturels où il se présente, et nous ne devons pas perdre l'occasion d'insister sur ce fait^ parce qu'il ne nous paraît pas que jusqu'ici on en ait suffisamment tenu compte dans les travaux taxinomiques. Tout près du genre Perebea^ on doit placer le genre Noyera Tréc. , dont le port est semblable, mais qui en diffère par les lobes du stigmate filiformes et par les ovaires profondément enfoncés dans des loges creusées dans le tissu du réceptacle. Ce dernier genre est lui-même très-voisin du Castilloa de l'Amérique centrale, qui n'en dilïère guère que par les fleurs milles réduites à des étamines entremêlées de bractées, et par le périgone des fleurs femelles, qui est de forme pyramidale. SÉANCE DU 9 MARS 1870. M. U. BAn.LON. — Sur les ovules des Cabombées. — Dans la plupsu^t des ouvrages classiques, les Cabomba sont décrits comme ayant des ovules orthotropes. Personne ne se range donc, mais à tort, à Topinion de M. Schleiden, qui, dans les Archives de Wieg- mann{[X, 230), a décrit et figuré comme anatropes les ovules du C. aquatica. Cela lient sans doute à ce que, dans cette plante, les ovules présentent assez souvent un état anormal particulier. Un ou deux ovules y demeurent parfois orthotropes ou à peu près, suspendus, avec le micropylc en bas; mais c'est là un arrêt de développement. Normalement, les ovules des Cabomba finissent toujours par être anatropes, descendants, avec le micropylc dirigé en haut et en dehors. Il en est de même dans le Brasenia peltata. Dans ces plantes, la pluiiart des auteurs paraissent avoir pris pour le téginnent séminal superficiel la couche interne du péri- carpe, c'cst-à-din^ un noyau qui envelopi)e la graine; car le SOCIÉTÉ LINNÉENNE PK PAniS. 375 (rui( es(, à proprement parler, drupiicé, avec un mésocarpe peu charnu, et un endocarpe particulier autour de chaque semence. M. E. Bureau. — Sur quelques fruits de Bignoniacées. — M. Lévy, voyageur-naturaliste, actuellement au Nicaragua, vient d'envoyer quelques fruits peu connus de plantes de cette famille. L'un d'eux est celui du Callichlamys riparia. Il a été décrit par M. Miquel, et il doit se trouver, par conséquent, au Musée de Leyde ; mais il est bien possible qu'il n'y en ait pas ailleurs en Eu- rope. C'est une énorme capsule elliptique, aplatie et à valves li- gneuses parallèles à la cloison. Les graines sont nombreuses, grandes, plates et entourées d'une aile colorée fort large; elles sont disposées par un grand nombre de rangées de chaque côté de la cloison. M. Lévy a envoyé, en même temps que le fruit, le bois du Callichlamys riparia ^ et ce bois, qui était jusqu'ici inconnu, présente des particularités fort curieuses. On y voit, sur de jeunes rameaux, quatre saillies intérieures de l'écorce, sem- blables à celles qu'on rencontre chez toutes les Bignoniacées pour- vues de cirrhes ; mais ici ces saillies n'augmentent ni de nombre, ni de volume en vieillissant; sur une tige de 14 centimètres de diamètre, elles sont même tout à fait oblitérées, et l'on remarque que l'excès d'accroissement de l'écorce, qui les produit, a fait place à un excès d'accroissement du bois; car, autour de la masse ligneuse centrale sont disposés irrégulièrement des faisceaux li- gneux périphériques très-analogues à ceux qu'on rencontre dans la famille des Sapindacées. Cet euseuible de particularités anato- miques doit désormais faire partie des caractères qui constituent le genre Callichlamys. L'autre fruit appartient à un genre nouveau, [)articulier à TAmérique centrale et dont les fleurs existent dans les collections recueillies par OErsted. 11 est en forme de fuseau et à valves épaisses et convexes, comme celles des Adenocalymna; mais les graines sont aplaties et minces comme celles des Bignonia. M. H. Bâillon. — Sur r organisation et les affinités des Salva- dorées. — Les Snlvadorées ne sont pas des plantes à corolle ,^70 '^or.IKTK LINN1^EN^T hF. PARIS. gamopétnle ; mais quelquefois leurs pélalcs sont collés bords à bords, quoique primilivement indépendants. La polypétalie n'est aucunement déguisée dans les Monelia. VAzima et YActegiton forment deux sous-gem'es du Munelia. Le genre Salvadora ne renferme, sans doute qu'une espèce à formes et à variétés nom- breuses. Le Dobera est encore mal connu et n'apparlicnl peut-être pas au genre Salvadora. Les Salvadorées ne peuvent constituer qu'une tribu ou série dans la famille des Célastracées, Les épines des Monetia ne sont que des feuilles réduites à leur nervure mé- diane indurée. SÉANCE DU 13 AVRIL 1870. Le Président annonce la présentation de trois membres nou- veaux : MM. A. DE SoLAND, président de la Société Linnéenne de Maine- et-Loire. DuTAiLLY, licencié es sciences naturelles, à Paris. Vandercolm, docteur en médecine, à Paris. M. E. Ramey. — Sur la végétation des Cuscutes. — Ces plantes sont généralement décrites comme vivaces et se reproduisant par bulbilles. L'auteur a vainement cherché ces propagules. Les expé- riences faites par lui sur les Cuscutes indigènes lui font penser qu'elles sont annuelles. Il est inutile d'insister sur l'importance pratique de ce fait. M. P. AscHERSON. — Sur la pérennité des Cuscutes. — Les espèces exoli(jues cultivées dans les serres tempérées du Jardin de Berlin n'ont jamais été vivaces. Les espèces européennes, ob- servées à l'état sauvage, aux environs de Breslau, se comportent absolument de même. M. L. Neumann. — Surlaculture et les produits des Ellseococca. — Ces plantes végètent très-bien dans les serres tempérées de la Faculté de médecine ; elles pourront être cultivées avec succès SOCIÉTK LINNÉENNE DE PATOIS. o77 en Algérie. Les graines donnent une iiuile concrèle et un vernis siccatif excellent. Les semences ont donné 60 pour 100 d'iiuile. M. DuTAiLLY. — Recherches analomo - physiologiques sur le Chanvre. — i' L'embryon du Chanvre présenic des trachées en voie de formation ou complélcmeut développées. 2° Les matières nutritives contenues dans ses cellules, huile ou aleurone, subissent des modifications plus ou moins considé- rables, selon que les trachées sont plus ou moins développées. Donc, dans la graine du Clianvre, l'action vitale n'est que ra- lentie et donne naissance à des phénomènes identiques avec ceux que produirait une germination lente. o" La structure des cotylédons prouve que l'accroissement de la feuille en épaisseur s'effectue grâce à une couche génératrice médiane dans laquelle les faisceaux tibro-vasculaires des nervures se trouvent distribués, et qui produit des éléments nouveaux, aussi bien vers la face supérieure que vers la face inférieure de la feuille. M. H. Bâillon. — Sur le nouveau genre Rameya. — Genre de la famille des Ménispermacées, dont les fleurs sont incomplète- ment connues, mais sont remarquables parleur gynécée, qui, composé d'un nombre indétuii de carpelles réunis en capitule, donne au jeune fruit une grande ressemblance avec celui d'un Geum ou d'une Potentille. Dans une espèce (douteuse) du genre, la graine a pu être étudiée ; elle renferme un embryon dont un seul cotylédon prend tout son développement, l'autre étant réduit à une petite masse égale à peu près à la radicule. Ce genre com- prend quelques espèces des îles orientales de l'Afrique tropicale, notamment de Madagascar. M. H. Bâillon. — Sur les ovules des Protéacées. — Ces ovules varient parleur nombre et leur direction. Les uns sontorthotropes, elles autres anatropes. Cependant on sait que, dans tous les cas, ils ont le micropyle inférieur. Cette constance de direction s'expli- 378 SOCIÉTÉ LINNKENNE DE PARIS, que par révolution des ovules qui, alors qu'ils sont anatropcs, ne [leuvenl pas être considérés comme s'étant réfléchis. T.a région cl)alazi(jue seule s'est, dans ce cas, dcvelop[)ée outre mesure. M. E. MussAT. — Sur la constitulion physique et chimique de Valeurone. — Le rôle physiologique de l'aleurone est encore peu connu, et de sa constitulion chimique on ne sait, pour ainsi dire, qu'une chose, à savoir que c'est une suhstance dont les pro- priétés rappellent à la fois celles des matières ternaires et celles des corps azotés. Un des premiers points à élucider dans son his- toire, c'est de savoir si l'aleurone est un corps bien défini, comme la fécule, ou bien un corps à composition variable. L'auteur n'a pas encore eu à sa disposition une quantité assez grande de suh- stance pour faire cette élude, mais ce qu'il a pu voir jusqu'à pré- sent lui permet de croire que l'aleurone n'est pns une individua- lilé chimique. Il a pu constater, en effet, que les aleurones de diverses provenances laissent des quantités variables de cendres quand on les soumet à l'action de la chaleur. SÉANCE DU 11 MAI 1870. M. E. Ramey. — Sur deux Graminées nouvelles pour la flore parisienne . — Cesdeux plantes ont été trouvées, dans le cou- rant de l'été dernier, sur les pelouses ou dans les rochers des Buttes Chaumonl. L'une est V Anthoxanthum Puelli, qui, étant annuel, a bien pu être introduit avec les graines des gazons. La même hypothèse parait moins admissible pour la seconde plante, VAira brigantiaca, qui est vivace et couvrait en abon- dance les pierres qui supportent le temple de la Sibylle. M. II. Bâillon. — Sur l'histologie des tiges de /'Anamirta Gocculus. — Avec l'organisation générale de celles des Ménisper- macées, ces tiges présentent : '\° parmi les fibres et les vaisseaux, des laticifères à contenu laiteux abondant, formant de grandes trauii'es verticales; !2" une gaine interne pour chaque fais- SOCIÉTI^: LINNÉENNR DE PARIS, 370 ccau primitif, laquelle fait suile aux rayons médullaires et est formée de longs éléments tubideux, solides, pleins de matière verte ; 3° dans la moelle, un grand nombre de cellules scléreuses, disséminées dans le parenchyme normal, isolées ou rapprochées en masses sphéroïdales, allongées ou fusiformes, à parois très- dures, traversées par des canaux très -nets, simples ou rameux. Ces cellules, si fréquentes parmi les Polycarpicées, se retrouvent dans les Menispermum et dans d'autres genres ; elles renferment un contenu particulier, finement granuleux, plus ou moins teinté; elles paraissent avoir seules conservé une vitalité évidente, alors que les cellules ordinaires de la moelle ne renferment plus guère que des gaz. M. E. Râmey. — Sur certaines fleurs doubles de /'Anémone coronaria. — Dans cette nouvelle forme monstrueuse, non-seule- ment les parties de la fleur, mais celles de l'involucre ont subi la transformation pétaloïde. Depuis quelques aimées, ces monstruo- sités se reproduisent par pattes dans les cultures. M. H. BwLLO^ .— Sur les deux genres Brandzeia e^ Vouaca- poua. — Le premier de ces genres est nouveau, voisin à la fois des Cœsalpinia et des Mimosées. Ses fleurs sont régulières et décandres. Les graines ont un albumen considérable, d'aspect cristallin et soluble dans l'eau. Le B. filicifolia, seule espèce con- nue, est un arbre de Madagascar. Le genre Vouacapoua d'Aublet n'est pas synonyme à'A?idira. C'est un type distinct de CaeBal- piniées, voisin du Uatesia, à ovaire uniovulé et à fruit déhiscent. Cette plante se trouve souvent, dans les collections, parmi les Con- naracées, dont elle a le port et jusqu'à un certain point le fruit. M. E. Bureau. ^Sur le ^enre Tanœcium. — L'auteur présente un fruit envoyé de la Martinique par M. Hahn : c'est celui d'une Bignoniacée jusqu'ici très-mal représentée dans les collections de Paris : le Tanœcium crucigerum Seem. (Bignonia crucigeraL.). M. Miers a parfaitement montré, dans les Annals and Mag. of 380 SOCIÉTÉ LINNÉRNNF DE PARIS. natnral History, scr. 3, I. VIII, p. 113, que le genre Tanœcium doit être placé près du genre Adenocalymna, iWQQ lequel il a la plus grande analogie, et il en a donné une monographie excel- lente. Les trois espèces de Tanœcium mentionnées dans le Pro- dromus (IX, !2/i5) appartiennent à trois ûnnilles différcnles : le Tanœcium albiflorum DC. fait seul réellement partie du genre et est une vraie Bignoniacée ; le Tanœcium parasiticum Sw. est un Schlegelia Miq., de la famille des Cyriandracées, et le Tanœ- cium paniculatum Sieb., est une Verbénacée. SÉANCE DU 8 .TUIN 1870. M. H. Bâillon. — Organocjénie des feuilles du Sarracenia pur- purea. — Semblables au début aux feuilles normales, elles pré- sentent plus tard une dépression au sommet; celle dé|>ression augmentant, la feuille devient une feuille pellée plus profonde que de coutume. L'opercule n'est qu'une découpure du limbe vers son sommet. La membrane qui tapisse intérieurement l'urne n'est autre chose que l'épiderme supérieur de la feuille. M. E. Bamey. — Sur une virescence de /'Agrostemma cœli Rosa. — Cette plante, cultivée de semis tous les ans, a présenté, dans une proportion toujours croissante, des faits de nanisme, puis de laciniures de pétales, enfin de virescence, avec stérilité com- plète des organes sexuels. Aujourd'hui la plupart des individus n'ont plus de fleurs ; elles sont remplacées par des rameaux. Si les faits continuent à se produire dans la môme proportion, avant peu d'années il n'y aura plus un seul porte-graine. M. H. Bâillon. — Sur dés fleurs monslrucuses de Sassafras officinale. — Les Sassafras planlés au bois de Boulogne et qui, cette année, ont fleuri abondamment, portaient un grand nombre de fleurs affectées d'anomalies du gynécée. Dans les unes, la feuille carpellaire était ouverte et ne portait rien sur les bords; mais, en face d'elle, un petit axe placé dans le fond de la fente SOCIÉTÉ LlNNÉliNNE DE PARIS. 381 portait un ovule plus ou moins bien organisé. Conclusion : le pla- centa est indépendant de la feuille carpellairc. Dans un nombre au moins égal d'autres fleurs, le carpelle était béant ; mais un de ses bords supportait l'ovule, parfait ou rndimentaire. Conclusion : le placenta est de nature foliaire. Les monstruosités peuvent donc servir à démontrer deux opinions tout à fait opposées. M. DuTAiLLY. — De la significalion morphologique de la vrille de la Vigne vierge. — 1° Toute feuille située au nœud immédiate- ment supérieur à celui qui ne porte pas de vrille est constam- ment dépourvue de ses deux bourgeons axillaires. 2° Les vrilles sont disposées par systèmes binaires alternant de chaque côté de la tige. 3° Chacun de ces systèmes résulte de l'élongalion, pro- portionnelle à celle de la tige, des deux bourgeons qui, norma- lement, devraient se trouver à l'aisselle de la feuille qui en est dépourvue. FIN DU TOME NEUVIEME. BRRATA, p. 149, ligne 3, au lieu de palliter, lisez pallide. V. \ 49, ligne 20, ai.î lieu de iiistitlam, lisez pislillum. P. 2! 3, ligne 13, au lieu de Screber, lisez Schreber. P. 224, ligne 13, au lieu de Sperx, lisez Sperk. P, 251, ligne 33, au lieu de c»-ovulé, lisez 2-ovuIé. TABLE DES PLANCHES niLLATlVIiS AUX MÉMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. Planches. I. Organogénie florale des Santalacées. Fig. 1-2i. Saulahm album. — Fig. 22-30. Thcsiitm humifitsum, II. Euponutlia Fig. i. E. Bennelln. — Fig. 2-5. E. laurina. m. Fleurs monsirueuses. Fig. 1. Sassafras oflicinalc. — Fig. 2. Prunus Amyijdalus. IV. Vouacapoua amcricana. V. Organogénie (loralo dos Buetlnérices. Fig. 1-6. Theohroma Cacao. — Fig. 7-33. /hiellucria graciUpcs. VI. Drandzeia filicifoUa. VIT. Kalenickzenkia daviesioides. VIII el IX. Myosurandra moschata. X. Salvadorées. Fig. 1-3. Monetia [ActeQ-ilon) sarmenlosa. — Fig. 4-8. Salvadora persica. XI. Fig. 1. Rametja capilala. — Fig. 2. Triclisia subcordata. TABLE DES MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. I. Traité du développement de la fleur et du fruit. — Santalacées. . . 1 II. Recherches organogéniquos sur les Eupomaiia '22 m. Nouveaux matériaux pour servir à la connaissance des Cycadées (suite), par M. Miquel 29 IV. Études sur l'herbier du Gabon du musée des colonies françaises (suite) 74 V. Recherches sur les vaisseaux laticifères (suite), par M. A. Trécul. . 81 VI. Sur un C/unionan(/ius à feuilles alternes 106 VII. Singulière composition de la nervure dorsale dans leCanangaodorala, par M. A. Guillard 107 VIII. Sur les graines du Bouc/ia?-t/a(m 109 IX. Observations sur les Monimiacées 111 X. Note sur les Ambavilles de l'île de la Réunion, par M. E. J. Cordemov. 131 XI. Recherches sur les vaisseaux laticifères (suite), par M. A. Trécul. , 135 XII. Slirpes exoiicœ novœ (suite) 146 XIII. Sur un Amandier à ovules anormaux 152 XIV. Nouveaux matériaux pour servir à la connaissance des Cycadées (suite), par M. Miquel 154 XV. Observations sur l'accroissement de la lige des végétaux pendant le jour el pendant la nuit, par M. Rauwenhoff 181 XVI. Note sur les Slorciciclla 204 XVII. Sur le Voiiacapou de la Guyane 206 XVIIi. Sur la symétrie des fleurs des Casses 212 XIX. Sur les noms génériques de Légumineuses proposés par Schreber. 213 XX. Description du nouveau genre Z/rum/cc/a 215 ■:> TABLE DES FAMILLES ET DES GENRES.' 383 XXI. Sur un nouveau genre d'Anonacées, à tleursdinièresetunicarpellées. 218 XXII. Sur la valeur du genre Iloffmanserjgia 220 XXIII. Sur une différence fondamentale entre l'organisation florale des Bauhiniées et celle des Amherstiées 222 XXIV. La doctrine de la Gymnospermie dans le règne végétal , par M. G. Sperk 224 XXV. Sur les Znccaginia de la Flore du Chili 226 XXVI. Note sur le Pancovia W 229 XXVII. Observations sur les Légumineuses-Papilionacées 230 XXVIII. Sur les deux genres Potameia et Dilobeia de Du Petit-Thouars. 241 XXIX. Sur l'organisation et les affinités du genre Fterostemon 245 XXX. Sur un nouveau procédé d'extraction de l'aleurone, parM.E.MussAT. 247 XXXI. Mémoire sur les ovules des Protéacées 250 XXXII. Recherches analomo-physiologiques sur le Chanvre, par M. G. DUTAILLY 263 XXXIII. Recherches sur lorganisation et les affinités des Salvadorées. . 277 XXXIV. Observations sur les Légumineuses-Papilionacées (suitej. . . . 291 XXXV. Recherches sur le Ravensara 299 XXXVI. Sur les genres Chasmunlhera et Jateorhiza 305 XXXVII. Organogénie florale des Cassytlm 308 XXXVIII. Sur les aîUnllés des Erythrospermum 311 XXXIX. Sur une Ménispermacée à carpelles nombreux 313 XL. Sur la dissémination des noyaux du Dorsfema Con(rai/erv(j 318 XLI. Études sur l'anatomie, la physiologie et le développement des tiges et des racines (suite) 320 XLII. Observations sur le Myosurandra 325 XLIII. Sur le développement des feuilles des Sarracenja 331 XLIV. Organogénie florale des Mormga 333 XLV. Traité du développement de la fleur et du fruit (suite). — Buett- nériées 336 XLVI. Nouveaux matériaux pour servir à l'histoire des Cycadées (suite), par M. MiQUEL 351 XLVII. Société Linnéenne de Paris. Extraits des procès-verbaux (suite). 359 TABLE DES FAMILLES ET DES GENRES DONT IL EST TRAITÉ DANS CE VOLUME. Agroslemma, 380. Aira, 378. Amygdalus, 152. Amylobacter, 134. Anamirta, 378. Anémone, 379, Anlhoxanlhum, 378. Apalaloa, 214. Arllirociianthus, 296. Asagrœa, 232. Atherosperma, 133. Bcrberis, 322. Bocoa, 237. Bouchardatia, 1 09. Bowenia, 73, 364. Brandzeia, 215, 37'J' Brasenia, 374. Bremontiera, 234. Brongniartia, 240. Buetlneria, 349. Bueltnériées, 336. Cabomba, 374. Callichlamys, 375. Calycanlhus, 133. 38/1 TABLE DES FAMILLES ET DES GENRES. Cananga, I 07. Cannabis, 263, 377. Cassia, 212. Cassylha, 307. Ccralozamia, 179, 364. Clinmocmelcs, 1 48. Chasinantlicra, 305. Cliimonantluis, I 06, 133. Cissus, 381. Clianllius, 371. Connarus, 1 51 . Conocephalus, 99. Coryhis, 372. Coiiblandia, 237. Counuirouna, 214. Crescentia, 368. Ctenoflon, 236. Cupularia, 368. Cuscuta, 376. Cycadées, 29, 154, 351, 362. Cycas, 44, 362. Dilobeia, 243. Dioon, 180, 364. Dorslcnia, 318, 373. Doryphora, 133. Elœococca, 376. Encephalartos, 59, 157, 364. Erythrospermum, 311. Eupomatia, 22. Exochorda, 149. Eysenhardtia, 239. Glossostemon, 346. Gomorlega, 134. Gomphia, 75. Hedycarya, 133. Herrania, 340. HofTmanseggia, 220. Horlonia, 133. Huberiia, 134. Inula, 370. Iodes, 1 46. Jaleorhiza, 305. Kaleniczenkia, 297. Lasiopétalées, 341. Leontice, 320. Livistona, 371 . Macrozamia, 64, 363. M;iquira, 373. ISlcnyanlhes, 372, .Mimosa, 371. Mollinedia, 133. Monelia, 289. Moiiiinia, 1 33. Moniiniacées, 111. Moringa, 333. Miisacrcs, SI. Myosurandra, 325. M\ristica, 79. Ochna, 74. Ocluxicrex, 74. l'ahneria, 133. Pancovia, 229. Parielaria, 372. Parinariuni, 1 48. Porebea, 373. Peumus, 133. Phlebocalymna, 147. Poissonia, 295. Polijgonées, 372. Polameia, 241. Proléacces, 250, 377. Psoralea, 233, 291. Pterostemon, 245. Raiiieya, 313, 377. Ra|)hanus, 348. Uavcnsara, 299. Rourea, 149. Runiex, 372. Salix, 371, Salvadora, 289. Salvadorées, 277, 375. Sanlidacces, 2. Sanlaliim, 19. Sarracenia, 331 , 380. Sassafras, 380. Siparuna, 133. Slangeria, 167, 363. Storckiella, 204. Tanibourissa, 133. Tanîcciuni, 379. Theobroma, 338, 348. Thosiuni, 20. Tounalca, 214, 238. Tricholobus, 1 50. Tridimeris, 21 8. Voiiacapoua, 206, 379. XanUiocercis, 293. Zamia, 173, 365. Zuccairnia, 226. l'IN DES TAin.Ii?. l';irL<, — Imiiriiiifric tic H. Mautim;!, nii' Miijiiuii SANTAl.ACKKS ri j . IL HtitUon fl A Ftitfnft dcl . j_-ji. Sant)ilii/)i (tlhit/u . I' ricarl -rr. :?i'_.'J(<'sn>n/(\v Turv- linp A Saltnon il J'artJ- GralDowski Kili. Imp.Becq^uel.PaTis. OS uraTidrai moscliatà Pi.. I.\. A. Faguet liel. Tliiébaiill se. Mynsurandra woRchala . 7 (I SAL V AnoKKK. S. l'r. V. ^A K.."ii.--t Ac\ . riiicbault yc-. 1.1,;. 1-3. Mouetin (Actc-iton) sannentosa. - Imo. i-«. Salvailora persica. I>. . \l MF-NISl'i;i« M \{;fiRS racii-l il.l. Tl".l..iult l. Hiimei/ti capilotii. — 2. Trklixid ■oihcurdnld. Ce Recueil, entièrement composé de travaux inédits relatifs à la botanique pure ou appliquée, paraît par livraisons de deux feuilles, avec planches. Le prix du volume pour Paris, est de 15 fr. Chacun des volumes I à IX se vend séparément 15 fr. Prix des quatre premiers volumes réunis : 50 fr. S'adresser à M. Achille BOURGEOIS, 5, rue de l'Ancienne-Comédie, à Paris, ou à M. F. SAVY, 2U, rue Hautefeuille. OUVRAC.ES DU MÊME AUTEUR ■ QUI SE TROUVEPiT A LA LIBRAIRIE VICTOR MASSON ET. FILS, Pljce (le l'Êcole-de-Médecine, ET CHLZ SAVY, 2k, RUE HAUTEFEUILLE. JUonographie de la. famille des» Aurantiacéess. Thèse in-4, 1855. Des luouvesuents dans les organes sexuels des végétaux et dans les produits de ces organes. Thèse soutenue le 16 décembre 1856, in-4. Étude générale du groupe des Eupliorblacées. Paris, 1858, 1 vol, gr. in-8, avec atlas cartonné. Monographie des Uuxacées et des Stylocérées. Paris, 1859, 1 VOl. gr. in-8, avec planches. Itcehcrehes organogéniqnes sur la fleur femelle des Conifères. Mémoire présenté à l'Académie des sciences le 30 avril 1860. In-8, avec planches. Mémoire sur le développement du fruit des Morées. Lu à l'Académie des sciences le 7 janvier ^ 861 . In-8, avec planche. Mémoire sur la symétrie et Torganogénie florale des Marantées. Lu à l'Académie des sciences le 4 mars 1861. ln-8, ayec planche. Keelicrclies sur l'organisation, le développement et l'anatomie des Caprifoliacées. ln-8, avec planches. Premier et Deuxième Mémoires sur les Loranthacées. In-S, avec planche. Programme du cours d'histoire naturelle médicale, fait à la Faculté de médecine de Paris, Traité du développement de la fleur et du fruit. Paraît par livraisons in-8, avec planches. CHEZ MM. HACHETTE ET Ci'\ 79, BOULEVARD SALM-GECMAIN. HISTOIRE DES PLANTES Par M. n. BAILLOK. ILLUSTRÉE DE NOMBREUSES FIGURES GRAVÉES SUR BOIS. 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